Du 7 au 13 juin à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 7 juin 2017

Cette semaine allez à l’Apollo Ciné 8 tous les jours! Au tarif Rochefort sur Toile – 6€ toutes les séances – Tramontane, L’amant double, Félicité, Born to be Blue, Citoyen d’honneur, et toujours Rodin,  Django et Les fantômes d’Ismaël                                                              

Félicité, film du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis

Résumé

Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto. Pour le sauver, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues d’une Kinshasa électrique, un monde de musique et de rêves. Ses chemins croisent ceux de Tabu.

On est conquis dès l’ouverture du film, cette longue scène dans le bar de nuit où Félicité chante, est magnifique. On sait tout de suite que ce film va nous faire vibrer. La première image est le visage en gros plan de Félicité. Félicité est chanteuse dans un bar de nuit bruyant. L’alcool, la moiteur, font hausser les voix, échauffent les esprits, rapprochent les corps . Félicité se tient devant le micro, droite, le regard fixe. Et soudain elle chante, sa voix s’élève, electrise.  Les femmes, les hommes dansent, parfois en transe. Et puis il y a Tabu, au centre, ivre. Tabu qu’elle va reconnaitre quand il vient pour réparer son réfrigérateur. Framboise

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

À l’image de cet orchestre symphonique de Kinshasa à qui Alain Gomis confie ses interludes, une puissante sérénité finit par émerger d’un chaos qu’on pensait insurmontable. Et elle peut tout simplement se nicher dans un long fou-rire qui s’empare par vagues des trois personnages enfin réunis dans un même plan. Clément Graminiès

Born to be blue, film américano-britano-canadien de Robert Budreau

Résumé

Un Biopic musical envoutant en hommage au légendaire trompettiste de Jazz des années 60′ : Chet Baker !

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Le film démarre dans les années 60 alors que la carrière de Baker est au plus bas et qu’un producteur de films vient lui proposer de tenir le rôle principal d’un long-métrage centré sur lui. Une offre audacieuse réellement faite par Dino De Laurentiis à Baker mais dont le film envisagé ne verra jamais le jour. Budreau s’en sert alors d’argument principal pour fantasmer la vie de Chet Baker telle qu’il se plaît à l’imaginer et non pas comment elle a été. Se libérant de cette contrainte de véracité historique, Budreau dresse donc un portrait nuancé, fantasmé, parfois onirique et forcément intéressant. Alexandre Coudray

Tramontane, film arménien-libanais de Vatche Boulghourjian   

Résumé

Rabih, un jeune chanteur aveugle, est invité avec sa chorale à se produire en Europe. Lors des formalités pour obtenir son passeport, il découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents. Un mensonge qui l’entraîne dans une quête à travers le Liban, à la recherche de son identité. Son périple dresse aussi le portrait d’un pays meurtri par les conflits, incapable de relater sa propre histoire.  

Choix puissant de jouer de la cécité comme révélateur de l’aveuglement d’un pays sur son passé, et de son incapacité à l’introspection. Le héros malgré lui entame un parcours de titan, au rythme de sa détermination et au son de sa voix. Pour déverrouiller et libérer la parole. Le réalisateur et la musicienne et compositrice Cynthia Zaven ont finement construit une trame sonore qui nourrit la dramaturgie, en accompagnant off le voyage géographique et intérieur de Rabih, et dans l’image, en le faisant chanter la musique traditionnelle arabe, où excelle hors écran son interprète né aveugle Barakat Jabbour. Avec comme climax, un final bouleversant d’émotion contenue et promesse d’apaisement. La musique comme vecteur sensoriel, lien existentiel et baume humain. Présenté à la Semaine de la Critique à Cannes, où il a reçu leRail d’or, le film a fait le tour du monde, notamment primé à Namur, Bruxelles, Dubaï et Pula. Olivier Pélisson

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Citoyen d’honneur, film argentin de Mariano Cohn et Gaston Duprat 

Résumé

Après avoir refusé de grands prix prestigieux aux quatre coins du monde, Daniel Mantovani, Prix Nobel de littérature, accepte une invitation à visiter sa ville natale en Argentine, dont il s’est inspiré pour tous ses livres. Mais accepter cette invitation est la pire décision qu’il ait jamais prise et il doit s’attendre à tout, étant donné qu’il retrouvera les personnes qui ont inspiré les personnages de ses romans !

Les séances en version originale sous-titrée

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Le film est centré sur le personnage de l’écrivain Daniel Mantovani, prix Nobel de littérature, qui retourne dans son bled natal, qu’il a quitté à 20 ans en laissant une amoureuse éplorée. Il est devenu une célébrité, habite une superbe maison à Barcelone et voyage dans le monde entier pour donner des conférences ou soutenir de nobles causes. Il est adulé par beaucoup, sans doute méprisé par d’autres.Et le voilà qui se retrouve à Salas, donc, son village natal, dans une microsociété qui est bien entendu en décalage complet avec les sphères dans lesquelles il évolue depuis plus de 30 ans. Une grande partie du ressort comique repose justement sur ce décalage. Ceci étant, et c’est en cela que le film est vraiment très fin, on va vite s’apercevoir que – au delà d’une forme qui est bien entendu totalement différente, et qui disons le nous fait rire – cette microsociété n’est pas sur le fond fondamentalement différente de celle qu’il est habitué à fréquenter. Marcus31

L’amant double, film français de François Ozon

Résumé

Chloé (Marine Vacth) souffre de maux de ventre récurrents. Sa gynécologue estimant qu’il s’agit d’un problème psychologique, elle décide de consulter le psychologue Paul Meyer (Jérémie Renier). Au fil des séances, l’état de la jeune femme s’améliore tandis que des sentiments naissent entre elle et son analyste. Finalement, Paul et Chloé entament une relation et s’installent ensemble.

Un jour, tandis que Paul est censé travailler à l’hôpital, Chloé l’aperçoit dans la rue en train de discuter avec une inconnue. Le soir, elle en parle à Paul qui lui assure qu’elle s’est trompée. Après quelques recherches, Chloé finit par découvrir l’existence d’un frère jumeau, Louis Delord, également psychologue…

Les séances en version française

L’Amant double témoigne du plaisir et de l’habileté avec lesquels François Ozon manie visiblement les codes du cinéma de genre. Au niveau thématique, le récit est une nouvelle exploration des paradoxes, des contradictions et des ambiguïtés propres à un être humain « double » par nature, dans son rapport aux autres et à sa propre sexualité. Mais bien que maîtrisé dans sa forme, le film ne parvient que ponctuellement à toucher (et à troubler) le spectateur – son audace au final assez contenue et sa psychologie plus simpliste qu’il n’y paraît contribuant sans doute à limiter la portée de l’ensemble. Bertrand Mathieux

Rodin, film français de Jacques Doillon

Résumé

À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit sa première commande de l’Etat : La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme Le Baiser et Le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Balzac, rejeté de son vivant, deviendra le point de départ incontesté de la sculpture moderne.

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Jacques Doillon signe une œuvre peu commune et magnifique : tout en créant sa propre matière, il renvoie en écho l’acte créatif de Rodin comme articulation principale d’un film dont la narration n’est que secondaire. Il faut alors peut-être beaucoup aimer le travail de conception et d’élaboration artistiques en général, et plus particulièrement celui de Rodin pour entrer dans ce film miroir qui loin d’un biopic vise à sacraliser une œuvre à jamais immortelle. Où l’on voit les affres de l’artiste face à la glaise qu’il tutoie sévèrement avant de lui donner la forme adéquate. Et puis Camille Claudel. Son histoire s’inscrit pleinement sur la palette du réalisateur toujours aussi proche de la vérité que les étreintes des amants sont des esquisses sculpturales. De l’écran à la sellette, le même vertige de la création. La même passion. Entre Rodin et Doillon, une belle osmose célébrée par une palette de comédiens ad hoc. L’heure de la sortie

« De toutes mes forces » évite sciemment les discours moralisateurs et larmoyants au profit de beaux et longs silences lourds de conséquence. Bon choix. Wesley Bodin

La qualité première du film se trouve dans le casting, qu’il s’agisse d’acteurs professionnels (l’impériale Yolande Moreau ou la jeune Jisca Kalvanda) ou débutants, comme le héros incarné par Khaled Alouach, dont on entendra parler. Chad Chenouga a su – et c’est assez rare pour le souligner – diriger les adolescents avec une grande justesse, évitant la plupart des clichés et canalisant l’énergie brute d’acteurs non-professionnels. On regrette parfois que le scénario suive la trajectoire archi-classique du jeune héros se battant pour s’extraire de son sort, mais la mise en scène alerte et le refus du pathos apportent à l’ensemble un charme pénétrant. Hugo BrownCe menteur professionnel, qui ne se remet pas de la perte de sa mère, avec un brin de culpabilité non avoué et non assumé – du moins au début du film –, abuse de la gentillesse des gens qui l’entourent et n’en fait qu’à sa tête. Il joue un rôle face à tous ses camarades, ses profs, le personnel du centre et lui-même… Olivier Bachelard, Abus de Ciné

Django, film français d’Etienne Comar

Résumé

En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale…

Si le film comporte évidemment des séquences musicales, c’est avant tout pour cette période de la vie de Django Reinahrdt qu’il faut aller le voir Django. Les connaisseurs n’apprendront probablement pas grand chose mais, c’est tout de même intéressant de voir comment l’artiste a géré ces événements difficiles pour sa famille et lui. Etienne Comar livre un premier film réussi, pas sans défauts mais, qui fait largement le travail. Cinephiliacr

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Les fantômes d’Ismaël, film français d’Arnaud Desplechin

Résumé

Une femme disparue depuis 21 ans refait surface et bouleverse la vie de son mari et de sa nouvelle compagne.

Dans Les Fantômes d’Ismaël, film-somme d’Arnaud Desplechin, qui donnera le coup d’envoi du Festival de Cannes et sortira le 17 mai au cinéma. Indispensable.

Dans ce film porté par la fougue, se croisent des vivants et des morts. Ici Ismaël, un réalisateur psychiquement agité (Mathieu Amalric), qui tente de nourrir une fiction de cinéma inspirée du parcours diplomatique de son frère, Ivan (Louis Garrel). Son ami cinéaste, Bloom (László Szabó), inconsolable depuis la disparition de sa fille, Carlotta (Marion Cotillard), projette en boucle, sur un écran domestique, des diapositives d’elle enfant. Voici aussi Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne, qui partage la vie d’Ismaël, qu’elle aime d’une infinie douceur.
Un beau jour, comme sortie des flots marins, Carlotta refait surface. Elle, dont chacun avait plus ou moins fait le deuil, s’incarne à nouveau et se présente au regard des siens. Quel vertige ! Dans une scène en bord de mer, d’une très belle sobriété (contrastant avec le caractère quasi baroque de l’ensemble), elle viendra tendre la main à Sylvia et tentera de réinvestir la vie et le territoire de son mari, Ismaël. Anne-Claire Cieutat 

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Les Fantômes d’Ismaël, traversé par l’eau vive, exulte, déclare son amour à la fiction, au cinéma, à l’art, à la vie. Il nous invite à rejoindre notre axe, à vivre en phase avec le moment présent. Il tord ainsi le cou aux esprits chagrins, et fait la nique aux névroses diaboliques. Pour peu qu’on soit suffisamment en forme pour le recevoir (Les Fantômes d’Ismaël n’est pas un film reposant !), il incite au mouvement, à la marche, et croit en l’amour vrai et possible. Car, oui, Desplechin peut aussi être sentimental. Son film est une source d’alacrité. Il lui va bien au teint. Bande-a-part

Pour les opéras et ballets, 18 euros sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

Partagez sur vos réseauxShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someonePin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *