Du 30 août au 5 septembre à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 30 août 2017

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile – 6€ toutes les séances – Le Prix du Succès120 battements par minute et Les Proies

Les Proies, film nord-américain de Sofia Coppola

Synopsis

Virginie, 1864. Alors que la guerre de Sécession fait rage, le pensionnat pour jeunes filles tenu par l’autoritaire Martha Farnsworth tente de continuer à vivre. Le temps s’écoule au ralenti pour les cinq étudiantes et leur institutrice Edwina. Jusqu’au jour où l’une d’entre elle rencontre dans les bois John McBurney, un soldat blessé sur le champ de bataille et qui s’est enfui. Elles décident de le recueillir et le soigner, tiraillées entre la peur et le désir. L’intrusion de l’homme va peu à peu créer des rivalités et des drames…

Critique

Propulsée et célébrée avec Virgin Suicide et Lost in Translation, Sofia Coppola a entamé par la suite une descente plus ou moins dramatique, selon les avis. Marie-Antoinette a vivement partagé, tandis que Somewhere et The Bling Ringdévoilaient cruellement les limites de son cinéma, la faute à des discours très simplistes et une mise en scène clinquante. Les Proies, nouvelle adaptation du livre de Thomas P. Cullinan filmé par Don Siegel avec Clint Eastwood en 1971, amorce un mouvement inverse : la réalisatrice y redéploie une partie de ses talents, instaurant une belle ambiance et un cadre terriblement cinégénique. Malheureusement, il manque une réelle profondeur à ce thriller pudibond, qui semble avoir peur de rentrer dans le vif de son sujet. Ainsi, lorsque défile le générique de fin, il y a l’amère sensation que le film aura été un peu vain, et incapable de tirer parti des forces en présence, les acteurs et la trame ayant tout pour créer un thriller tordu et palpitant. Geoffrey Crété

Film de rimes et de boucles, les Proies est aussi un film de bascule. Pour la première fois, l’homme y est envisagé sous l’angle de la prédation, une menace sexuelle, un frisson de danger, fût-ce d’abord pour lui-même. Pour la première fois, surtout, Sofia Coppola n’a pas fait un film de jeune fille, mais un film de femme. Elle a l’âge pour ça, bien sûr, mais cette évolution vient noircir son petit bout de lorgnette, sa manière, en passe de se transformer en œuvre, en exploration, en perspective. Une maison, sept femmes, un homme à leur merci. Rien de plus, rien de moins. Mais beaucoup de possibilités. Guillaume Bonnet

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

120 battements par minute, film français de Robin Campillo

 Synopsis

En plein début des années 1990, le sida se propage depuis près de dix ans et les militants d’Act Up-Paris s’activent pour lutter contre l’indifférence générale. Parmi eux, Nathan est nouveau dans un groupe et va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Les séances en version française

Critique

Brut et douloureusement vivant, le nouveau film de Robin Campillo frappe juste et fort. Là où d’autres auraient opté pour un enrobage sucré à l’américaine, 120 Battements Par Minute choisit et dénonce un sujet qui dérange, avec un recul pragmatique qui évite les facilités du mélodrame pour narrer une vérité qui tâche. Prônant la vie et l’amour comme éternel rempart face à la mort, Robin Campillo parvient à jongler des émotions fortes contrastées par une indifférence indignée, en narrant un combat toujours d’actualité et pourtant trop silencieux. 120 Battements par Minute ébranle et fait partie de ces films qui ne sont pas là pour être aimés, mais pour faire réagir. Pari réussi. Et en plus c’est un beau film. Dunno

clac clac clac clac clac clac clac. Ce son à la fois étrange et familier, que l’on entend régulièrement tout au long de 120 battements par minute (Grand Prix du Jury au festival de Cannes 2017, lire notre entretien avec Robin Campillo), c’est celui provoqué par les claquements de doigts des militants de Act-Up lors de leurs nombreuses réunions hebdomadaires. Des doigts qui claquent doucement pour signifier une approbation ou un bravo, plutôt que des applaudissements ; c’est qu’ici, on n’est pas au spectacle. Act-Up, c’est une lutte, une guerre acharnée contre l’ignorance, le mépris, le dégoût et l’indifférence qu’inspiraient, dans les années 1980 et 1990, les malades du Sida à l’opinion publique, aux politiques et même à une partie de la communauté scientifique. Des claquements de doigts pour éveiller les consciences, pour sortir le monde de sa léthargie face à l’horreur d’une maladie à laquelle personne ne comprenait rien ou, pire, ne voulait rien comprendre.

Faire un film en 2017 sur l’engagement d’Act-Up Paris à cette époque de l’Histoire (celle du virus, celle de la communauté homosexuelle, celle de la société française) relevait vraisemblablement d’une nécessité personnelle pour son réalisateur et scénariste, Robin Campillo. Fabien Reyre

 Le Prix du Succès, film français de Teddy Lussi-Modeste

Synopsis

Brahim est un humoriste en pleine ascension. Sa réussite, il la doit à lui-même et à l’amour qu’il porte à Linda. Bon fils, il soutient les siens depuis toujours. Mais pour durer, Brahim doit sacrifier son grand frère, manager incontrôlable. Si l’échec peut coûter cher, Brahim va payer un tribut encore plus lourd au succès.

Critique

Inspiré par son histoire personnelle, le réalisateur issu de la Fémis questionne les dessous du succès à travers une comédie dramatique portée par un trio d’acteurs talentueux. Tahar Rahim sort de ses rôles habituels pour rentrer dans la peau d’un stand-upper. Souvent dans des compositions plus sérieuses ou plus graves, l’acteur français continue de se positionner comme un comédien majeur du cinéma actuel en mêlant plusieurs registres autour d’un même personnage. Alternant scènes comiques lors de spectacles, scènes sérieuses entouré de sa famille, ou moments plus graves lorsque les conflits éclatent avec son frère, son personnage reste convaincant quel que soit le ton. C’est également accompagné de deux acteurs français de choix que Tahar Rahim rend le film crédible. Maïwenn joue le rôle de Linda, sa femme, pour son retour en tant qu’actrice et Roschdy Zem devient Mourad, son frère et manager. Gwennaëlle Masle

Lussi-Modeste est clairement peu intéressé par la représentation des fastes de la vie des people et beaucoup plus par ce que la fortune et la gloire imposent à des gens issus des quartiers populaires. Brahim sait apprécier sa célébrité et le confort matériel qu’elle lui apporte, pourtant il se sent redevable auprès de sa famille, et en particulier son frère. La caméra s’attache à donner un mouvement aux scènes avec Brahim mais avec douceur, sans hystérie, comme pour montrer que la vie du jeune homme est constamment portée par un double désir : celui d’aller de l’avant et celui de fuir, d’échapper à tout ce qui peut l’entraver, en particulier ce frère tant aimé mais encombrant. La seule qui parvient à le canaliser, c’est Linda, l’amante bienveillante et complice pro, celle qui incarne l’avenir, professionnel et personnel. Dans un rôle a priori plutôt impitoyable (la petite amie) mais écrit avec soin, Maïwenn apporte une grâce et une détermination bienvenues. Fabien Reyre

 

Les séances en version française

p.s. *** IMPORTANT *** N’oubliez pas de renouveler votre soutien à Rochefort sur Toile pour le 1er septembre, en téléchargeant votre Bulletin d’Adhésion à partir de http://rochefort-sur-toile.net/adherer-2/ et en le renvoyant vite-fait à Anne, notre trésorière.

A noter également (hors A&E – RST), pour le film de Christopher Nolan,  Dunkerque :

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *