Du 13 au 19 septembre à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 13 septembre 2017

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile – 6€ toutes les séances –

Le Caire confidentielUne femme fantastiqueLe Redoutable,  Que Dios nos perdone, Crash test Aglaé120 battements par minuteLe Prix du SuccèsLes Proies

également les prochains films et les soirées Rochefort sur Toile à venir

Le Caire confidentiel, film germano-suédois de Tarik Saleh

Synopsis

Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du Président Moubarak.

Critique

Le titre rappelle l’un des meilleurs romans noirs de James Ellroy, L.A. Confiden-tial. A raison : comme l’écrivain américain dans son évocation du Los Angeles des années 1950, le cinéaste Tarik Saleh offre une intrigue criminelle captivante de bout en bout, avec tous les ingrédients du genre — femme fatale incluse. Mais aussi le portrait, social et politique, d’une mégalopole à un moment clé de son histoire, avec ses puissants qui se croient au-dessus des lois et ses misérables utilisés pour les basses oeuvres… puis éliminés quand ils deviennent trop gênants. Le scénario du film s’inspire de l’assassinat d’une célèbre chanteuse libanaise dans un palace de Dubai en juillet 2008. Un magnat de l’immobilier et membre du Parlement égyptien, proche de la famille de Hosni Moubarak, qui dirigeait alors le pays, avait été reconnu coupable d’avoir versé 2 millions de dollars à un haut gradé de la police cairote pour tuer son ancienne maîtresse. Les deux hommes ont été condamnés à respectivement quinze et vingt-cinq années de prison. Le réalisateur, Suédois d’origine égyptienne, a transposé le fait divers en janvier 2011, alors que Le Caire est en pleine ébullition révolutionnaire — l’Egypte va bientôt connaître son printemps arabe. Le récit y gagne un surcroît de tension dramatique quand son héros, l’inspecteur Noureddine, voit son enquête parasitée puis menacée par les manifestations sur la place Tahrir — et leur répression de plus en plus violente. Ces rassemblements pour la démocratie visaient aussi à dénoncer les exactions et les magouilles des forces de l’ordre. Dans une mise en scène animée par un sentiment d’urgence, Tarik Saleh décrit ainsi une société et sa police gangrenées par la corruption. Le moindre flic de quartier touche son bakchich. Et quand un enquêteur veut arrêter un suspect en dehors de sa juridiction, il doit verser sa dîme au collègue qui règne sur le district concerné. Au début du film, Nourredine est un policier comme les autres, pas plus — mais pas moins — « ripou » que ses pairs. Il est même promis à un brillant avenir s’il continue de servir le système en fermant les yeux — et en se servant au passage. Mais Nourredine est de la trempe d’un Philip Marlowe, le privé désabusé des livres de Raymond Chandler (Le Grand Sommeil, Adieu, ma jolie) : il y a une vraie intégrité morale derrière son cynisme. Un coup de foudre amoureux, mais aussi le sort atroce réservé à une immigrée soudanaise vont réveiller sa soif de justice. Son supérieur faussement paternaliste a beau le promouvoir commissaire pour calmer ses ardeurs, rien n’y fait : Nourredine veut s’attaquer aux maîtres du pays, quitte à risquer sa vie. Le personnage est magnifique et son interprète, Fares Fares, grand échalas au visage taillé à la serpe, étonnant… — Samuel Douaire, Telerama

Les séances en version originale sous-titrée

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Une femme fantastique, film chilien de Sebastian  Lelio

Synopsis

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir. Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne … une femme fantastique !

Les séances en version originale sous-titrée

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Critique

Le début, superbe, donne le ton. La musique hypnotique de Matthew Herbert, qu’on connait notamment comme collaborateur de Björk, est une autre piste : la voix intérieure d’un personnage en quête de grâce, qui renvoie dans les cordes les voix de ceux qui s’opposent à elle. Marina ne se prépare pas que pour une bataille, mais aussi pour celles à venir. C’est une héroïne fascinante, moderne, que Lelio croque avec bienveillance et une profonde humanité dans cette merveille d’intelligence et de finesse. Nicolas Bardot

Le Redoutable, film français de Michel Hazanavicius

Synopsis

À Paris, en 1967. Le célèbre réalisateur Jean-Luc Godard tourne son film La Chinoise. La tête d’affiche n’est autre que la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 17 ans sa cadette. Ils se sont rencontrés peu de temps avant, sur le tournage du film Au hasard Balthazar de Robert Bresson en 1966. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient.

À sa sortie, La Chinoise reçoit un accueil assez négatif et cela déclenche chez Jean-Luc une profonde remise en question. À cela vont s’ajouter les évènements de Mai 68. Cette crise que traverse le cinéaste va profondément le transformer. Il va passer d’un statut de réalisateur « star » à celui d’un artiste maoïste hors du système autant incompris qu’incompréhensible.

Critique

Le Redoutable ressemble par endroits à une suite de vignettes, un improbable film à sketch enchaînant les roulades. Si elles sont toutes exécutées avec une révérence maniaque envers l’œuvre Godardienne (la quantité de clins d’œil et d’hommage est renversante), elles peuvent apparaître vaines à qui ne se concentrera que sur le parcours du protagoniste principal.

Car Michel Hazanavicius ne cherche absolument pas le biopic, pas plus qu’il n’entend à faire de son anti-héros un être traversé de véritables enjeux dramatiques. À la manière de Jean Dujardin, il use de Louis Garrel comme d’un effet spécial permanent, une matière plastique, bouffonne, moulin à absurdité d’une précision métronimique, ressort comique inusable, qui passe au lance-flamme non pas un Godard que le film aime (vachement) mais bien une conception de l’intellectuel médiatique dont il est dit qu’elle est vouée à assécher l’artiste et appauvrir la réflexion. Simon Riaux

Les séances en version française

Que Dios nos perdone, film espagnol de Rodrigo Soroyen

Synopsis

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « Indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion… Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ?

Les séances en version originale sous-titrée

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Critique

Sous la chaleur étouffante du ciel madrilène, le thriller. Osé. Haletant. Plombant.
Un genre qui sied bien à nos voisins de la péninsule ibérique qui alignent les jalons dans le domaine.

Le tueur en série du bien-nommé Que Dios Nos Perdone n’est pas un amateur de bombas latinas à trucider à la chaîne, mais bel et bien un tueur de vieilles dames, violemment assassinées dans leur troisième âge, mais aussi outragées, violées.
Il fallait oser pareil script tortueux où flics et tueur abject partagent un goût détestable pour la violence… Frédéric Mignard

Crash test Aglaé, film français d’Eric Gravel

Synopsis

Aglaé est une jeune femme célibataire qui n’a que deux passions dans sa vie : le cricket et son emploi ! Elle est ouvrière dans une compagnie de crash-test automobile et brille particulièrement dans ses fonctions. Mais quand on annonce que l’usine est délocalisée en Inde, la révolte s’organise pour conserver les emplois en France, mais Aglaé n’y prend pas part car elle accepte les conditions de travail à l’autre bout du monde devant ses patrons médusés. Sauf que l’entreprise refuse de lui payer un billet d’avion pour se rendre sur place. Aglaé ne se démonte pas et décide de partir en Inde par ses propres moyens. Elle sera accompagnée par deux de ses collègues…

Les séances en version française

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Critique

Un petit grain de folie pour une comédie loufoque pleine de charme.

Le casting, très féminin, est parfait ! India Hair (« Rester vertical »), avare en sourires, donne à son personnage la profondeur suffisante pour en faire une anti-héroïne passe-partout à laquelle n’importe qui peut s’identifier. Julie Depardieu (« Un secret ») et Yolande Moreau (« Séraphine ») collent à leur personnage respectif comme un chewing-gum sous la chaussure. Le scénario d’Éric Gravel fourmille d’idées mais le récit semble parfois trop théâtralisé et sa réalisation s’en ressent, surtout dans la première partie du film qui passe trop d’un acte ou d’un décor à un autre. La suite est plus fluide et on a droit aux plus beaux moments de l’histoire, notamment avec cette troupe de chanteurs slaves et ce soldat kazakh. De nouveaux personnages attachants attendent encore le spectateur jusqu’au bout du périple. Crash test validé pour ce premier long métrage plein de fantaisies. Mathieu Payant

120 battements par minute, film français de Robin Campillo

Synopsis

En plein début des années 1990, le sida se propage depuis près de dix ans et les militants d’Act Up-Paris s’activent pour lutter contre l’indifférence générale. Parmi eux, Nathan est nouveau dans un groupe et va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Les séances en version française

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Critique

Brut et douloureusement vivant, le nouveau film de Robin Campillo frappe juste et fort. Là où d’autres auraient opté pour un enrobage sucré à l’américaine, 120 Battements Par Minute choisit et dénonce un sujet qui dérange, avec un recul pragmatique qui évite les facilités du mélodrame pour narrer une vérité qui tâche. Prônant la vie et l’amour comme éternel rempart face à la mort, Robin Campillo parvient à jongler des émotions fortes contrastées par une indifférence indignée, en narrant un combat toujours d’actualité et pourtant trop silencieux. 120 Battements par Minute ébranle et fait partie de ces films qui ne sont pas là pour être aimés, mais pour faire réagir. Pari réussi. Et en plus c’est un beau film. Dunno

clac clac clac clac clac clac clac. Ce son à la fois étrange et familier, que l’on entend régulièrement tout au long de 120 battements par minute (Grand Prix du Jury au festival de Cannes 2017, lire notre entretien avec Robin Campillo), c’est celui provoqué par les claquements de doigts des militants de Act-Up lors de leurs nombreuses réunions hebdomadaires. Des doigts qui claquent doucement pour signifier une approbation ou un bravo, plutôt que des applaudissements ; c’est qu’ici, on n’est pas au spectacle. Act-Up, c’est une lutte, une guerre acharnée contre l’ignorance, le mépris, le dégoût et l’indifférence qu’inspiraient, dans les années 1980 et 1990, les malades du Sida à l’opinion publique, aux politiques et même à une partie de la communauté scientifique. Des claquements de doigts pour éveiller les consciences, pour sortir le monde de sa léthargie face à l’horreur d’une maladie à laquelle personne ne comprenait rien ou, pire, ne voulait rien comprendre.

Faire un film en 2017 sur l’engagement d’Act-Up Paris à cette époque de l’Histoire (celle du virus, celle de la communauté homosexuelle, celle de la société française) relevait vraisemblablement d’une nécessité personnelle pour son réalisateur et scénariste, Robin Campillo. Fabien Reyre

Le Prix du Succès, film français de Teddy Lussi-Modeste

Synopsis

Brahim est un humoriste en pleine ascension. Sa réussite, il la doit à lui-même et à l’amour qu’il porte à Linda. Bon fils, il soutient les siens depuis toujours. Mais pour durer, Brahim doit sacrifier son grand frère, manager incontrôlable. Si l’échec peut coûter cher, Brahim va payer un tribut encore plus lourd au succès.

Critique

Inspiré par son histoire personnelle, le réalisateur issu de la Fémis questionne les dessous du succès à travers une comédie dramatique portée par un trio d’acteurs talentueux. Tahar Rahim sort de ses rôles habituels pour rentrer dans la peau d’un stand-upper. Souvent dans des compositions plus sérieuses ou plus graves, l’acteur français continue de se positionner comme un comédien majeur du cinéma actuel en mêlant plusieurs registres autour d’un même personnage. Alternant scènes comiques lors de spectacles, scènes sérieuses entouré de sa famille, ou moments plus graves lorsque les conflits éclatent avec son frère, son personnage reste convaincant quel que soit le ton. C’est également accompagné de deux acteurs français de choix que Tahar Rahim rend le film crédible. Maïwenn joue le rôle de Linda, sa femme, pour son retour en tant qu’actrice et Roschdy Zem devient Mourad, son frère et manager. Gwennaëlle Masle

Lussi-Modeste est clairement peu intéressé par la représentation des fastes de la vie des people et beaucoup plus par ce que la fortune et la gloire imposent à des gens issus des quartiers populaires. Brahim sait apprécier sa célébrité et le confort matériel qu’elle lui apporte, pourtant il se sent redevable auprès de sa famille, et en particulier son frère. La caméra s’attache à donner un mouvement aux scènes avec Brahim mais avec douceur, sans hystérie, comme pour montrer que la vie du jeune homme est constamment portée par un double désir : celui d’aller de l’avant et celui de fuir, d’échapper à tout ce qui peut l’entraver, en particulier ce frère tant aimé mais encombrant. La seule qui parvient à le canaliser, c’est Linda, l’amante bienveillante et complice pro, celle qui incarne l’avenir, professionnel et personnel. Dans un rôle a priori plutôt impitoyable (la petite amie) mais écrit avec soin, Maïwenn apporte une grâce et une détermination bienvenues. Fabien Reyre

Les séances en version française

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Les Proies, film nord-américain de Sofia Coppola

Synopsis

Virginie, 1864. Alors que la guerre de Sécession fait rage, le pensionnat pour jeunes filles tenu par l’autoritaire Martha Farnsworth tente de continuer à vivre. Le temps s’écoule au ralenti pour les cinq étudiantes et leur institutrice Edwina. Jusqu’au jour où l’une d’entre elle rencontre dans les bois John McBurney, un soldat blessé sur le champ de bataille et qui s’est enfui. Elles décident de le recueillir et le soigner, tiraillées entre la peur et le désir. L’intrusion de l’homme va peu à peu créer des rivalités et des drames…

Critique

Propulsée et célébrée avec Virgin Suicide et Lost in Translation, Sofia Coppola a entamé par la suite une descente plus ou moins dramatique, selon les avis. Marie-Antoinette a vivement partagé, tandis que Somewhere et The Bling Ringdévoilaient cruellement les limites de son cinéma, la faute à des discours très simplistes et une mise en scène clinquante. Les Proies, nouvelle adaptation du livre de Thomas P. Cullinan filmé par Don Siegel avec Clint Eastwood en 1971, amorce un mouvement inverse : la réalisatrice y redéploie une partie de ses talents, instaurant une belle ambiance et un cadre terriblement cinégénique. Malheureusement, il manque une réelle profondeur à ce thriller pudibond, qui semble avoir peur de rentrer dans le vif de son sujet. Ainsi, lorsque défile le générique de fin, il y a l’amère sensation que le film aura été un peu vain, et incapable de tirer parti des forces en présence, les acteurs et la trame ayant tout pour créer un thriller tordu et palpitant. Geoffrey Crété

Film de rimes et de boucles, les Proies est aussi un film de bascule. Pour la première fois, l’homme y est envisagé sous l’angle de la prédation, une menace sexuelle, un frisson de danger, fût-ce d’abord pour lui-même. Pour la première fois, surtout, Sofia Coppola n’a pas fait un film de jeune fille, mais un film de femme. Elle a l’âge pour ça, bien sûr, mais cette évolution vient noircir son petit bout de lorgnette, sa manière, en passe de se transformer en œuvre, en exploration, en perspective. Une maison, sept femmes, un homme à leur merci. Rien de plus, rien de moins. Mais beaucoup de possibilités. Guillaume Bonnet

Les séances en version française

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

Les séances en version originale sous-titrée

Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19

p.s. *** IMPORTANT *** N’oubliez pas de renouveler votre soutien à Rochefort sur Toile pour l’année dès le 1er septembre, en téléchargeant votre Bulletin d’Adhésion à partir de http://rochefort-sur-toile.net/adherer-2/ et en le renvoyant vite-fait à Anne, notre trésorière.

Prochainement

semaine du 20/9 : « Visages villages » et en avant-première jeudi 21/9  « L’atelier » de Laurent Cantet , dans le cadre du festival « Ecran Vert »
semaine du 27/9 : « Gabriel »et « Wallay »
et en novembre, le cycle : le cinéma d’animation français

Prochaines soirées-rencontres avec Rochefort sur toile

Le  jeudi 5 octobre :        Kiss and cry de Lila Pinell et Chloé Mathieu, en visio-conférence avec la réalisatrice Chloé Mahieu
Le jeudi 12 Octobre  :  La pyramide humaine de Jean Rouch, avec  Nadine Ballot (actrice du film) et Catherine Ruelle (journaliste) pour la présentation du festival « Visions d’Afrique »
Partagez sur vos réseauxShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someonePin on Pinterest

1 commentaire sur “Du 13 au 19 septembre à l’Apollo Ciné 8”

  1. segouat dit :

    « une femme fantastique » un film superbe, avec un personnage étonnant , émouvant
    un film militant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *