Du 27 septembre au 3 octobre à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 27 septembre 2017

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile – 6€ toutes les séances – avec votre adhésion

Petit paysanGabriel et la montagneVisages Villages, Gauguin – Voyage de Tahiti et Le Redoutable

également les prochains films et les soirées Rochefort sur Toile à venir

Petit paysan, film français de Hubert Charuel

Synopsis

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa soeur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver

Critique

La Semaine de la Critique de Cannes a pour habitude de sélectionner des films au geste radical. Si celui d’Une Vie violente est lié à la narration, la radicalité de Petit paysan est davantage reliée à la caractérisation de son personnage principal. Pierre, éleveur de vaches laitières, est confronté à une épidémie touchant ses bêtes. Ne pouvant se résoudre à perdre son troupeau, il utilise tous les moyens (même les plus radicaux) pour dissimuler ses vaches malades, en premier lieu auprès de sa sœur, vétérinaire.

Petit paysan se situe à mi-chemin entre la chronique naturaliste et le thriller mental. Il démontre même que dans le monde paysan, l’un ne va pas sans l’autre. Hubert Charuel, qui aurait pu devenir paysan s’il avait repris l’exploitation familiale, sait de quoi il parle. Il sait aussi précisément où poser sa caméra car c’est la ferme de ses parents, celle où il a grandi, qui lui sert de décor. Aux acteurs professionnels se mêlent des acteurs non professionnels, amis ou famille du réalisateur, qui apportent encore une touche d’authenticité (et de légèreté) au film.

Les séances en version française

Le film d’Hubert Charuel n’essaie jamais de faire de Pierre un héros. Il le montre en décalage constant avec son entourage, ce qui injecte dans le récit une part d’humour bienvenue. Un récit qui devient de plus en plus asphyxiant à mesure que Pierre entre dans l’engrenage infernal du mensonge et de la dissimulation pour protéger ses vaches. L’incursion du film de genre dans le monde paysan transforme alors Pierre en meurtrier sanguinaire dans des scènes filmées de façon extrêmement sèche et presque fantastique. Pierre, éleveur passionné, qui sombre, c’est aussi le symbole des difficultés et des contradictions du monde paysan. Un mélange des genres qui reste très crédible et donne une réelle force à cette peinture passionnée et honnête du travail paysan. Le Passeur critique

Gabriel et la montagne, film brésil-français de Fellipe Barbosa

Synopsis

Avant d’intégrer une prestigieuse université américaine, Gabriel Buchmann décide de partir un an faire le tour du monde. Après dix mois de voyage et d’immersion au cœur de nombreux pays, son idéalisme en bandoulière, il rejoint le Kenya, bien décidé à découvrir le continent africain. Jusqu’à gravir le Mont Mulanje au Malawi, sa dernière destination.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.27 Je.28 Ve.29 Sa.30 Di.1 Lu.2 Ma.3

Critique

le récit nous invite à partir sur les traces de cet idéaliste décidé à côtoyer la pauvreté au plus près pour mieux l’appréhender. Il voyage sans argent ou presque, est capable de nouer des liens immédiats avec les autochtones et de s’adapter à leurs coutumes avec un tel désir de se fondre dans le paysage qu’il en frôle parfois le ridicule. Son enthousiasme forcené, son naturel enjoué et son allure éternellement trépidante le transforment en lutin clownesque mais authentique, sur lequel le réalisateur, à coup de scènes cocasses et joyeuses, pose un regard bienveillant et moqueur. Au cœur des superbes paysages d’Afrique (Kénya, Tanzanie, Zambie et les chutes Victoria et Malawi), on célèbre tout en douceur l’amitié réciproque et l’abolition des différences sociales et ethniques.

Pourtant, l’arrivée de son amie Cristina dévoile quelques failles insondables en nous révélant une autre facette de la personnalité de notre héros.

Pourtant, et c’est bien là la force de cette étude de caractère, tous ceux qui l’ont connu ne gardent que des souvenirs chaleureux et émus de leur rencontre avec cet homme blanc à nul autre pareil et dont la personnalité hors du commun les ont marqués à tout jamais. Leurs témoignages vibrants de sincérité font agréablement basculer cette fiction vers le documentaire et donnent pleinement son sens à cette odyssée fatale. Claudine Levanneur

Visages Villages, film français d’Agnès Varda

Synopsis

La cinéaste Agnès Varda et le photographe JR décident de sillonner les routes de France à bord de la camionnette-studio de JR. Leur but ? Aller à la rencontre des gens, leur parler, les photographier, développer les photos et les afficher en grand dans leurs propres lieux. JR et Varda croisent des ouvriers, des agriculteurs, une vendeuse. Agnès Varda AV voudrait également que JR montre enfin ses yeux, toujours dissimulés derrière des lunettes noires, comme ceux de Godard dans le court-métrage burlesque de «Cléo de Cinq à sept»…

Les séances en version française

Me.27 Je.28 Ve.29 Sa.30 Di.1 Lu.2 Ma.3

Critique

Ce pourrait être un post-scriptum aux Plages d’Agnès (2008), superbe autobiographie, tout en inventions et bricolages, mais aussi aux Glaneurs et la Glaneuse (2000), documentaire à succès, jalonné de rencontres insolites. Comme dans ces films-là, Agnès Varda apparaît très souvent. La voilà de nouveau sur la route avec ses caméras, mais, cette fois, accompagnée par un coréalisateur et partenaire à l’image : le plasticien JR, connu mondialement pour coller ses immenses photographies sur des maisons, des ponts, des monuments. Principe de départ : l’octogénaire et le trentenaire débarquent dans des villes ou des villages français et conçoivent ensemble des installations pour rendre hommage à des gens du coin et pour faire surgir de la beauté dans des lieux familiers ou, au contraire, abandonnés. Les deux artistes, filmés comme les personnages d’une comédie à tandem, se charrient gentiment. Louis Guichard

Le film (financé en partie via la plateforme Kiss Kiss Bank Bank) semble n’avoir aucun plan de route et c’est le hasard qui prédomine, quitte parfois à donner une impression de brouillon et à laisser les deux baroudeurs divaguer de manière peu productive. Pourtant, il y a aussi de la joie, de la mélancolie et de la douceur dans ce qui est visible à l’écran. C’est que JR et Agnès Varda ont la volonté de mettre l’autre en avant, de réunir, de construire une petite collectivité, même éphémère. Ils amènent les personnages qui sont avant tout des personnes réelles à se livrer, à s’émouvoir. De cette femme, dernière habitante d’une rue promise à la destruction, qui voit tout à coup son portrait en géant s’étaler sur sa maison, à ses familles réunies à Pirou (une plage de Normandie) sorte de village fantôme jamais habité et soudain peuplé de rires, en passant par ses trois femmes de dockers qui s’étirent en grand sur les conteneurs et acceptent de « s’asseoir dans leurs cœurs ». La solitude est aussi interrogée, revisitée. Chloé Margueritte

Gauguin, Voyage de Tahiti, film français d’Edouard Deluc

Synopsis

1891. Gauguin s’exile à Tahiti. Il veut trouver sa peinture, en homme libre, en sauvage, loin des codes moraux, politiques et esthétiques de l’Europe civilisée. Il s’enfonce dans la jungle, bravant la solitude, la pauvreté, la maladie. Il y rencontrera Tehura, qui deviendra sa femme, et le sujet de ses plus grandes toiles.

Critique

En se concentrant sur le premier voyage à Tahiti en 1891, le film cherche ouvertement à reconstituer la genèse de la période la plus célèbre de l’artiste tout en la contrebalançant d’aspects moins reluisants de sa personnalité comme son caractère autoritaire et machiste. Thomas Choury

Un biopic captivant centré sur le peintre post-impressionniste mort aux îles Marquises en 1903. Un film beau, puissant, rendu d’autant plus éblouissant par la présence d’un Vincent Cassel à son plus haut niveau. Wesley Bodin

Les séances en version française

Me.27 Je.28 Ve.29 Sa.30 Di.1 Lu.2 Ma.3

Le Redoutable, film français de Michel Hazanavicius

Synopsis

À Paris, en 1967. Le célèbre réalisateur Jean-Luc Godard tourne son film La Chinoise. La tête d’affiche n’est autre que la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 17 ans sa cadette. Ils se sont rencontrés peu de temps avant, sur le tournage du film Au hasard Balthazar de Robert Bresson en 1966. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient.

À sa sortie, La Chinoise reçoit un accueil assez négatif et cela déclenche chez Jean-Luc une profonde remise en question. À cela vont s’ajouter les évènements de Mai 68. Cette crise que traverse le cinéaste va profondément le transformer. Il va passer d’un statut de réalisateur « star » à celui d’un artiste maoïste hors du système autant incompris qu’incompréhensible.

Critique

Le Redoutable ressemble par endroits à une suite de vignettes, un improbable film à sketch enchaînant les roulades. Si elles sont toutes exécutées avec une révérence maniaque envers l’œuvre Godardienne (la quantité de clins d’œil et d’hommage est renversante), elles peuvent apparaître vaines à qui ne se concentrera que sur le parcours du protagoniste principal.

Car Michel Hazanavicius ne cherche absolument pas le biopic, pas plus qu’il n’entend à faire de son anti-héros un être traversé de véritables enjeux dramatiques. À la manière de Jean Dujardin, il use de Louis Garrel comme d’un effet spécial permanent, une matière plastique, bouffonne, moulin à absurdité d’une précision métronimique, ressort comique inusable, qui passe au lance-flamme non pas un Godard que le film aime (vachement) mais bien une conception de l’intellectuel médiatique dont il est dit qu’elle est vouée à assécher l’artiste et appauvrir la réflexion. Simon Riaux

Les séances en version française

Me.27 Je.28 Ve.29 Sa.30 Di.1 Lu.2 Ma.3

p.s. *** IMPORTANT *** N’oubliez pas de renouveler votre soutien à Rochefort sur Toile , en téléchargeant votre Bulletin d’Adhésion à partir de http://rochefort-sur-toile.net/adherer-2/ et en le renvoyant vite-fait à Anne, notre trésorière pour obtenir votre carte valable pour l’année à partir du 1er septembre.

Egalement

En avant-première jeudi 21/9  L’atelier, film français de Laurent Cantet , dans le cadre du Festival « Ecran Vert » qui commence aujourd’hui (tarif 4€)

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Prochainement

En novembre, le cycle : le cinéma d’animation français

Prochaines soirées-rencontres avec Rochefort sur toile

Le  jeudi 5 octobre : Kiss and cry de Lila Pinell et Chloé Mathieu, en visio-conférence avec la réalisatrice Chloé Mahieu
Le jeudi 12 Octobre : La pyramide humaine de Jean Rouch, avec  Nadine Ballot (actrice du film) et Catherine Ruelle (journaliste) pour la présentation du festival « Visions d’Afrique »
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