Du 8 au 14 novembre à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 8 novembre 2017

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, dans le cadre du cycle RST de films français d’animation : La Jeune fille sans mains, pass 14€ pour 4 films, sinon au tarif Rochefort sur Toile, 6€ n’importe quelle séance,

également pour les films Art & Essai suivants: Detroit de Kathryn Bigelow, Numéro Une de Tonie Marshall, et d’Après une Histoire Vraie de R. Polanski.

La Jeune fille sans mains,

film d’animation de Sébastien Laudenbach, suivi d’une vidéo dans laquelle S. Laudenbach commente la genèse de son film

*** Soirée RST Jeudi 9 novembre à 20h30 ***

Synopsis

En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière…

Séances en Version Française (VF)

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

 Critique

Au commencement, il y a ce conte des frères Grimm, d’une cruauté inouïe. Où un meunier à bout de force, affamé et ruiné, vend sa fille au diable, contre une rivière d’or et l’illusion du bonheur. Puis coupe les mains de la belle innocente pour mieux la livrer, souillée et mutilée, à son tourmenteur. Et ce n’est que le début d’une longue litanie de malheurs, noyades, trahisons, traques et tentatives d’infanticide… De cet implacable récit métaphorique sur la noirceur de la nature humaine, Sébastien Laudenbach tire un film d’animation lumineux, une oeuvre qui ne cesse de se réinventer sous nos yeux. Les silhouettes, suggérées en quelques traits sûrs et gracieux, dont la pureté rappelle le travail de Matisse, se forment et se défont : le mouvement des corps est aussi celui du dessin en train de naître, de s’élancer sur le papier. Dans ce tableau si vivant, aéré par un vaste fond blanc, les couleurs surgissent en léger décalage, en transparence, en superposition. Elles animent de bleu profond le feuillage d’un arbre, le rouge alarmant d’une traînée de sang… On retrouve aussi un peu de Raoul Dufy dans cette vibration, cette drôle de chorégraphie à contre-temps entre les lignes claires et les divagations du pinceau.

Au-delà de sa beauté méditative, à couper le souffle, le film s’empare de l’histoire originelle avec une liberté et une poésie étonnantes. Il développe les thèmes les plus sombres — la toxicité possible des rapports parents-enfants, la vénalité, la lâcheté, la violence —, mais aussi les plus simples — la sexualité, l’amour, l’enfantement, la jouissance d’être vivant — avec la même la même sincérité délicate. Pas de fausse pudeur à la Disney, dans ces scènes où le lait jaillit joyeusement d’un sein, où le diable est nu. Ce n’est pourtant pas qu’un film « pour adultes ». Il invite simplement, autrement, tous les publics, enfants compris, à contempler sans ciller la danse de l’art et de la vie. — Cécile Mury, Télérama

et toujours dans le cycle RST Films d’animation français, cette semaine :

Zombillénium

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

le Roi et l’Oiseau

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Suite du cycle RST de films français d’animation la semaine prochaine :

Vendredi 17 novembre : Louise en hiver de Jean-François Laguionie , suivi d’une rencontre avec la comédienne Dominique Frot, la voix de Louise

Egalement le film Le Tableau , programmé pendant le cycle

Autres films Art et Essai, cette semaine :

Detroit

de Kathryn Bigelow

Synopsis

Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation.
À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…

version française

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

version originale sous-titrée

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Toute l’intelligence de Kathryn Bigelow est justement de ne pas prendre parti en décrivant un face-à-face ultra-manichéen dans lequel aucun Afro-américain n’aurait rien à se reprocher. Son choix est de nous faire observer de l’intérieur la mécanique avec laquelle la brutalité dont font preuve les membres de la police municipale –que même les militaires désapprouvent– va inexorablement mener à l’irréparable. Dans ce huis-clos étouffant, filmé en quasi-temps réel pendant une quarantaine de minutes qui semble interminable, la tension est à son paroxysme. La gestion du temps et de l’espace au profit d’une montée de l’intensité aussi brute est une véritable leçon de cinéma, rendue d’autant plus prenante que les interprétations des acteurs sont irréprochables. La maîtrise de Bigelow lui a également permis de savoir ne pas poursuivre inutilement sa reconstitution longtemps au-delà du point de rupture vers lequel il se devait de nous mener. Elle a préféré alimenter sa troisième partie consacrée aux conséquences du drame, ce sur quoi de nombreux cinéastes auraient fait l’impasse. Julien Dugois

Numéro Une

de Tonie Marshall

Synopsis

Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l’énergie, jusqu’au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d’influence lui propose de l’aider à prendre la tête d’une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d’ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s’annonçait exaltante, mais c’est d’une guerre qu’il s’agit.

en version française

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Numéro une est un film qui veut dire et montrer beaucoup de choses sans pour autant perdre de vue un certain sens de ce que doit être le cinéma populaire, et c’est tout à son honneur. Il en pâtit parfois, multipliant les personnages et les détours narratifs (des restes du projet initial de série ?) qui frôlent parfois l’indigestion. Si les personnages féminins s’en sortent plutôt bien (de Suzanne Clément à Francine Bergé et Anne Azoulay, les comédiennes s’acquittent à merveille de rôles qui tenter d’exister sans sombrer dans la caricature en quelques scènes à peine, une gageure pas toujours relevée), les seconds rôles masculins sont moins bien servis… Tout du moins, ceux qui représentent « l’ennemi », symbolisé essentiellement à travers les personnages interprétés par Richard Berry et Benjamin Biolay. Tonie Marshall en rajoute parfois trop dans le côté retors et graveleux de ces hommes d’un autre âge, portés par une fierté masculine mal placée, divisés en un combat de coqs ridicule là où la fameuse solidarité féminine, elle, s’exerce jusqu’au bout. La démonstration est un poil simpliste et aurait mérité un peu plus de nuance. Ce qui n’entache pas pour autant la belle réussite de ce film qui montre une nouvelle facette de Tonie Marshall : moins fantaisiste, en prise avec un présent et une urgence qui vont bien à son cinéma. Fabien Reyre

d’Après une Histoire Vraie

de R. Polanski

Synopsis

Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public.
La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire.
Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne.
Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

en version française

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Déroutant parce que le réalisateur du Locataire s’aventure ici – très prudemment – sur une matière neuve. Il y a d’abord la légère teinte satirique que les personnages secondaires (Josée Dayan en éditrice, Vincent Perez en compagnon journaliste littéraire) confèrent à l’ensemble. Ces coups de canif donnés dans le tissu social – l’intelligentsia parisienne – sur lequel Polanski prospère depuis des décennies sont l’amorce d’un autre thème : la romancière se trouve dépourvue face aux nouveaux bruits du monde, ceux qui n’arrivent plus par les fenêtres ouvertes mais par les écrans. On finit par se demander si l’apparition d’Elle n’est pas la réponse à une prière exigeant la fin des tortures infligées sur toutes les toiles.

Cette modernité toxique est mise en scène sur un tempo de cinéma classique. Si le cadre et la lumière sont contemporains, le découpage et le montage ressemblent à ceux du cinéma américain de l’âge d’or, une sensation accentuée par la partition légèrement désuète d’Alexandre Desplats. Ce parti pris a pour avantage et pour inconvénient de conférer une certaine légèreté à cette promenade dans les affres de la création. Thomas Sotinel

Et toujours les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour adhérer à Rochefort sur Toile, télécharger votre Bulletin d’Adhésion à partir de http://rochefort-sur-toile.net/adherer-2/

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