Du 22 au 28 novembre à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 21 novembre 2017

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile, 6€ toutes les séances

Le jeune Karl Marx de Raoul Peck, Faute d’amour de Andrey Zvyagintsev, L’Atelier de Laurent Cantet, Au revoir là-haut d’Albert DupontelD’après une histoire vraie de R. Polanski, et toujours Zombillénium d’Arthur de Pins, Alexis Ducord

Et à Noter bientôt <<< suivre ce lien

Le jeune Karl Marx

de Raoul Peck

Synopsis

1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la « Révolution industrielle », cherchent à s’organiser devant un « capital » effréné qui dévore tout sur son passage.
Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer ». Entre parties d’échecs endiablées, nuits d’ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la « bible » des révoltes ouvrières en Europe : « Le manifeste du Parti Communiste », publié en 1848, une oeuvre révolutionnaire sans précédent.

 

Les séances en version originale sous-titrée

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

Critique

Comme le titre l’indique sobrement, Le Jeune Karl Marx se concentre sur une époque de la vie du philosophe allemand antérieure à celle des sempiternelles images où il apparaît derrière son épaisse barbe blanche tel qu’on le voit dans les livres d’histoire.
Rassurez-vous, il ne s’agit pas de son enfance, ni de ses études de droit, mais de la période entre 1842 et 1848, où il avait entre 25 et 30 ans. L’intérêt de couvrir cette partie de sa vie est que c’est à ce moment qu’il a dépassé les statuts de théoricien utopiste pour s’approcher à ceux d’économiste matérialiste et de leader politique. Telle qu’elle est racontée dans le film, cette bascule se fait grâce à la rencontre avec un autre auteur engagé de son âge, l’anglais Friedrich Engels. L’approche choisie par Peck est justement de démontrer que c’est de la complémentarité entre les deux hommes, mais aussi avec leurs femmes respectives, qu’a pu émerger le modèle de pensée qui est, encore aujourd’hui, la base de toutes les grandes révolutions sociales. L’intérêt d’un tel postulat est de tordre le cou à cette notion de culte de la personnalité qui justement gangrène ces combats collectifs au nom du communisme. avoir-alire.com

Cette aventure intellectuelle est, aussi, le récit émouvant d’une amitié. Entre Marx, le bourgeois en rupture de ban, et Engels, l’héritier d’un riche industriel du textile qui préfère la compagnie des ouvriers à celle des capitalistes, la complicité est quasi immédiate. August Diehl et Stefan Konarske (formidables l’un et l’autre) interprètent les deux révolutionnaires en débatteurs rompus à toutes les subtilités de la dialectique, convaincus de leur supériorité, voire même arrogants. Mais aussi comme de grands gamins joueurs, risque-tout, émerveillés de leur propre audace. Leur jeu plein de fougue et de passion apporte le surcroît de vie qui manque parfois à la mise en scène, élégante et soignée, mais trop illustrative — un peu trop « bourgeoise », en somme… Samuel Douhaire

Faute d’amour

de Andrey Zvyagintsev

Synopsis

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser… Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

Critique

Andreï Zviaguintsev, au sommet de son art, signe un film sobre et bouleversant, qui lui a valu le prix du jury du 70e Festival de Cannes. Arnaud Schwartz

L’atelier

de Laurent Cantet

Synopsis

La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d’écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière connue. Le travail d’écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n’intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l’anxiété du monde actuel, il va s’opposer rapidement au groupe et à Olivia, que la violence du jeune homme va alarmer autant que séduire.

Les séances en version française

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

Critique

Depuis ses premiers films, Laurent Cantet se passionne pour les classes sociales dans lesquelles sont enfermés les individus, et la manière dont ils se débattent pour en sortir. La classe, de collège cette fois, était le sujet même d’Entre les murs, Palme d’or en 2008. Avec L’Atelier, le cinéaste révèle, dans le sud de la France, d’autres jeunes, plus vrais que nature, et tous épatants : Boubacar, le plaisantin bon enfant, Fadi le glandeur qui se rebelle quand Antoine l’attaque (« Avec ce que tes copains ont fait au Bataclan…»), ou Malika, fière que son grand-père immigré se soit intégré grâce aux chantiers de La Ciotat. Mais c’est bien sur Antoine que le réalisateur resserre son objectif, comme Olivia, l’intellectuelle, braque son regard sur lui : leur duo, leur duel, devient l’enjeu de L’Atelier. Guillemette Odicino

Au revoir là-haut

d’Albert Dupontel 

Synopsis

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.

Les séances en version française

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

Critique

Au revoir là-haut n’est pas un film de guerre ni même un film sur la guerre mais un film sur l’après-guerre. Par le biais de ces quelques destins d’anciens soldats ayant partagé une même tranchée ou de celui d’une petite orpheline, négligeant alors les personnages secondaires (Émilie Dequenne, Mélanie Thierry, Kyan Khojandi), le récit s’articule autour de la thématique de la reconstruction de soi, qu’elle soit littérale, par le biais de chirurgie plastique, qu’on refuse d’ailleurs, ou au sens (dé)figuré, forgée dans le papier mâché de masques changeants et dans la mise en scène à laquelle chacun s’adonne, comme si le mensonge et la vilenie, même chez nos « héros », étaient les seules manières de survivre au retour dans le monde. Ainsi se fabrique-t-on sa famille au détriment de la vraie et retourne-t-on le profit contre les profiteurs de guerre dans cette histoire qui pisse sur les monuments aux morts comme pour réfuter les valeurs du travail, de la famille et de la patrie, pour mieux construire son monument aux vivants.

Formellement, Dupontel a mis les petits plats dans les grands et signe un film avec autrement plus de gueule que le précédent. Adieu l’image de téléfilm et les cadrages hasardeux, place à la photo d’époque et aux cadres de BD, à l’esprit cartoon ou du burlesque muet dans les gags et la gestuelle des comédiens, tous réjouissants. Néanmoins, derrière les mouvements audacieux et les gags millimétrés, c’est la direction artistique qui séduit la rétine et marque de façon indélébile, notamment par la poésie de ces masques qui paraissent citer autant le Judex de Franju que les caricaturistes politiques. Robert Hospyan

Zombillénium

d’Arthur de Pins, Alexis Ducord

Synopsis

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

Les séances en version française

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

d’Après une Histoire Vraie

de Roman Polanski

Synopsis

Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public.
La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire.
Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne.
Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

Les séances en version française

Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28

 

Critique

Déroutant parce que le réalisateur du Locataire s’aventure ici – très prudemment – sur une matière neuve. Il y a d’abord la légère teinte satirique que les personnages secondaires (Josée Dayan en éditrice, Vincent Perez en compagnon journaliste littéraire) confèrent à l’ensemble. Ces coups de canif donnés dans le tissu social – l’intelligentsia parisienne – sur lequel Polanski prospère depuis des décennies sont l’amorce d’un autre thème : la romancière se trouve dépourvue face aux nouveaux bruits du monde, ceux qui n’arrivent plus par les fenêtres ouvertes mais par les écrans. On finit par se demander si l’apparition d’Elle n’est pas la réponse à une prière exigeant la fin des tortures infligées sur toutes les toiles.

Cette modernité toxique est mise en scène sur un tempo de cinéma classique. Si le cadre et la lumière sont contemporains, le découpage et le montage ressemblent à ceux du cinéma américain de l’âge d’or, une sensation accentuée par la partition légèrement désuète d’Alexandre Desplats. Ce parti pris a pour avantage et pour inconvénient de conférer une certaine légèreté à cette promenade dans les affres de la création. Thomas Sotinel

A noter:

Ciné – concert  KEATON/CHAPLIN -partenariat la Poudrière /Rochefort sur Toile

Direction artistique Daniel Yvinec ,  musiciens Lafont/Poncelet le samedi 9 décembre à la Coupe d’Or à 20h 30 tarif : 7 euros , gratuit – de 14 ans

Et toujours

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour adhérer à Rochefort sur Toile, télécharger votre Bulletin d’Adhésion à partir de http://rochefort-sur-toile.net/adherer-2/

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