Du 14 au 20 mars 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 14 mars 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile, 6€ toutes les séances, Phantom Thread de  Paul Thomas Anderson, L’Apparition de Xavier Giannoli,   Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, et 3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance de Martin McDonagh. A noter, la prochaine soirée rencontre Rochefort sur Toile et des séances en V.O. au prix normal et en plus les 18, 19 et 20 mars  toutes les séances à 4€ pour le Printemps du Cinéma!

Phantom Thread

de Paul Thomas Anderson

Synopsis

Dans le Londres des années 50, juste après la guerre, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa soeur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Ils habillent aussi bien les familles royales que les stars de cinéma, les riches héritières ou le gratin de la haute société avec le style inimitable de la maison Woodcock. Les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma ne les supplante toutes pour y prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée et organisée au millimètre près.

Les séances en version française

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Les séances en version originale sous-titrée

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Critique

Avec PHANTOM THREAD et son corps-à-corps amoureux contrarié et bouleversant, Paul Thomas Anderson nous livre un film difficile à cerner par moments, mais finalement tout autant que le sont les relations humaines et les sentiments qui en découlent.
Il offre en tout cas un écrin cinématographique impressionnant à ce portrait d’un artiste aux prises avec son processus créatif, et à celui de cette femme qui lutte contre les dérives de celui qu’elle aime.

NDLR : Un mot sur la bande originale du film, entièrement composée par Jonny Greenwood du groupe Radiohead, et qui signe une partition presque essentiellement au piano et archi présente tout au long du film, densifiant encore un peu plus cette œuvre esthétiquement foudroyante. Elle – Go with the Blog/Cinema

Daniel Day-Lewis et Vicky Krieps fascinent dans « Phantom Thread », drame bourgeois à la cinématographie sophistiquée, à l’intrigue étouffante et à l’humour féroce. Le film le plus maitrisé de Paul Thomas Anderson.

Il serait vain de chercher à restituer en quelques mots le talent de Daniel Day-Lewis, les milles nuances de son regard, la précision de cet accent aristo et affecté, sa mine absorbée par le carnet de croquis, l’abattement de son corps dans la fatigue et la douleur. Il faut en revanche souligner la qualité de l’interprète d’Alma, Vicky Krieps qui, relativement inconnue, n’est pas précédée d’une réputation comme celle de l’acteur trois fois oscarisés.

À l’opposé de son précédent film (l’embrumé «Inherent Vice»), le réalisateur livre, quant à lui, l’une de ses œuvres les plus maîtrisées avec «Phantom Thread». Paul Thomas Anderson tient le rythme, varie le ton (entre «Rebecca» d’Alfred Hitchcock et une véritable satire du couple) sans perdre son film, et peut toujours renverser l’atmosphère d’une scène en l’espace d’une seconde (ce troublant premier essai…)

Aidé du piano hypnotisant de Jonny Greenwood et de costumes magnifiques, «PTA» compose une esthétique somptueuse, grâce à son beau travail de photographie, l’agilité de sa caméra, la rigueur de ses cadres-dans-le-cadre et l’utilisation éloquente des gros plans sur les visages. Des «close-up» à la Jonathan Demme («Le Silence des agneaux»), à qui le film est dédié. Clément Mathieu

L’Apparition

de Xavier Giannoli

Synopsis

Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques qui n’a rien à voir avec ce monde-là accepte de faire partie d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements.

Les séances en version française

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Critique

Xavier Giannoli prend le terme d’enquête au pied de la lettre. L’Apparition possède toutes les qualités d’un bon polar, avec ses interrogatoires, ses secrets, ses révélations et des rebondissements qui entretiennent le suspense jusqu’à l’épilogue. Mais le film, d’une ampleur romanesque peu commune dans le cinéma français d’aujourd’hui, est aussi une réflexion passionnante sur la foi. Sur le don de soi et l’abandon qu’elle implique, comme sur la manière de la vivre dans le chaos du monde contemporain. Le cinéaste filme en agnostique, jamais méprisant pour les fidèles en adoration devant la « voyante ». Il ne ridiculise pas non plus Borodine, le curé rebelle (Patrick d’Assumçao, grand second rôle), qui surprotège Anna en confident jaloux. Ni ne condamne Anton, (Anatole Taubman), l’homme d’Eglise dévoyé par l’argent et la notoriété, mais dont la foi semble sincère. Samuel Douhaire

Jusqu’à la garde

de Xavier Legrand    

Synopsis

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

Les séances en version française

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Critique

Le souffle court. Le lourd silence qui accompagne le générique de fin de Jusqu’à la garde est emblématique de sa réussite formelle. Violence sourde, malaise et tension irriguent ce drame familial qui voit un couple qui divorce se disputer la garde de leur plus jeune fils, Julien (11 ans). Du huis clos judiciaire (scène introductive) au cauchemar domestique (irrespirable séquence finale toujours en huis clos), le premier film de Xavier Legrand impressionne d’abord par sa maîtrise. Doublement primé à Venise (Lion d’argent du meilleur réalisateur et Lion du futur du meilleur premier film), Jusqu’à la garde est une variation efficace sur le thème de l’enfermement physique et mental. Guillaume Saki

La grande force du jeu des acteurs brille surtout par ce qu’ils ne disent pas. En effet, beaucoup de choses vécues par les personnages sont du domaine de l’indicible. Un père qui n’a pas conscience de sa propre violence et qui ne voit que l’injustice de sa situation. Des enfants qui le détestent ou qui en ont peur et qui cherchent avec leurs armes à fuir cette situation. Et une mère qui tente de protéger ses enfants et qui essaie d’échapper à son ex-mari.

Dans ce registre, Léa Drucker offre une performance de haute volée. Chacun de ses silences s’avère une tirade sur sa souffrance. Ceux-ci en disent également long sur la difficulté de sa tâche, assurer la sécurité de ses enfants et à couper les liens avec un homme dont elle connaît la dangerosité. La performance de Denis Ménochet dans le rôle d’Antoine Besson est tout aussi forte. Son mutisme montre à quel point il ne voit pas sa propre violence et ce qu’il inflige à ses proches. Michael Leete

Jusqu’à la garde est un bel objet insolite, qui prendra réellement le spectateur aux tripes, avec pourtant une démarche austère et dépouillée aux antipodes d’un cinéma de l’esbroufe. Gérard Crespo

3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance

de Martin McDonagh

Synopsis

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Les séances en version française

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Les séances en version originale sous-titrée

Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20

Critique

Mildred Hayes décide de louer trois panneaux publicitaires d’une route perdue de la petite ville d’Ebbing, et d’y placarder un message visant le manque d’efficacité des autorités. Un acte qui, en plus d’être un rappel de ce terrible drame, va ébranler la communauté et faire ressortir une forme de haine et de racisme générale – livrant ainsi un portrait sans concession de l’Amérique profonde.

Une quête de justice drôle et tragique

Avec un tel sujet, 3 Billboards aurait pu se concentrer sur sa part dramatique. D’autant plus avec cette héroïne, qui mène son combat face à la justice et son propre désespoir. Mais fidèle à son style, découvert avec Bons baisers de Bruges (2008) puis Sept psychopathes (2012), Martin McDonagh opte pour le mélange des genres, entre humour noir et tragédie. Le cinéaste trouve un équilibre parfait pour ne jamais basculer dans l’un plutôt que l’autre, grande force du film.

La drôlerie (on parle d’un humour noir assez fin) qui ressort incontestablement du film n’est jamais cynique, ni burlesque, simplement représentative des personnages singuliers qui composent le récit et offrent ainsi des situations au naturel étonnant. Pierre Siclier

Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats. Pierre Murat

Prochaines rencontres 

Rochefort sur Toile

vendredi 23 mars à 20h15 : l’atelier de conversation de Bernard Braustein

Et toujours

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguer le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page

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