Cycle Portugal Ici et là-bas,Hier et aujourd’hui

Par Ana, le 9 mai 2018

A l’Apollo Ciné 8 du 9 mai 22 mai, Rochefort sur Toile vous propose un Cycle autour du thème « Portugal ici et là-bas, hier et aujourd’hui » qui traverse le temps de 1940 à nos jours, et nous mène du Portugal en France pour revenir Portugal, de enfance sous la dictature aux conséquences de la crise actuelle en passant par l’émigration des années 70.

Les trois films du cycle seront programmés tout au long des deux semaines : Menina de Cristina Pinheiro : soirée-rencontre avec la réalisatriceAniki Bobo de Manoel de Oliveira, et Saint Georges de Marco Martins

 

Informations pratiques et toutes les séances du cycle

 

Menina

de Cristina Pinheiro

Soirée- rencontre avec la réalisatrice

MERCREDI 9 MAI à 20h15

Synopsis

« Je m’appelle Luisa Palmeira, j’ai dix ans. Ma famille, c’est tous des Portugais. Mais moi, je suis Française, j’suis pas comme eux, j’fais pas de faute quand je parle. Ma mère, elle est plus belle que Marilyn Monroe, sauf quand elle met ses lunettes. Mon père, il a une moto rouge et il me laisse gagner au bras de fer. L’autre jour, il m’a dit qu’il allait disparaître. Mais moi, je le crois pas. » L’histoire d’une famille portugaise installée en France à la fin des années 70 à travers le regard d’une petite fille.

Un film tout public à partir de 11 ans.

Réalisatrice

Cristina Pinheiro est née à Tours où ses parents se sont installés après avoir quitter le Portugal. Elle a grandi avec cette double culture qui a conditionné son amour du langage. Elle réalise en 2002 un premier court métrage Morte Marina, puis un second Ligua en 2012.

Menina , produit par Mezzanine Films, est son premier long métrage. Le film a obtenu le « Ingmar Bergman debut award » en 2018, au Festival de Göteborg, en Suède.

Critiques

Ce premier film est une chronique poétique et profonde d’une enfance entre deux cultures, dans les années 1970 où les « Portos » s’intégraient à la société française en baissant la tête. Fantasmant sur des références qu’elle ne maîtrise pas forcément (des oeillets révolutionnaires, Salazar qu’elle confond avec Saint-Lazare, mais aussi une photo de Marilyn Monroe…), Luisa est aussi prête à tous  les rituels vaudou pour garder son père. Dans des paysages camarguais magnifiquement mis en lumière, cette fillette nous rappelle qu’il faut connaître ses racines pour pouvoir en faire le deuil. – Guillemette Odicino pour Télérama

Menina, candeur nature. Sensible et poétique, le premier film de Cristina Pinheiro suit le malaise d’une enfant née en  France de parents portugais. – Jérémy Piette pour Libération

Un premier film très accompli sur une famille d’origine portugaise dans la France des années 1970 … Son premier atout est son rapport aux acteurs : elle (Cristina Pinheiro) les regarde attentivement, amoureusement, et ils lui rendent bien … L’autre carte importante dans le jeu de Pinheiro, c’est le lieu du film : Port-Saint-Louis-du-Rhône, zone de cabanons vivotant à l’ombre des raffineries, no man’s land côtier que l’on prend au début pour un bout de Portugal. Un décor naturel superbe, qui amène une promesse d’ailleurs dans cette histoire au ras du quotidien le plus âpre. – Serge Kaganski pour Les Inrockuptibles

Aniki Bobo

de Manoel de Oliveira

Synopsis

Une bande d’enfants dans les rues de Porto : leurs jeux, leurs rivalités, leurs codes secrets comme cette comptine, Aniki Bobo, mot de passe nécessaire pour pénétrer dans leur univers. Tous élèves dans la même classe, ils se retrouvent après l’école pour se baigner dans le Douro.

Un film tout public à partir de 10 ans.

 

Réalisateur

Manoel de Oliveira est né le 11 décembre 1908 à Porto, ville où il est mort en 2015, à l’âge de 106 ans. Aniki Bobo est son premier long métrage tourné en 1941, d’après une nouvelle de l’écrivain Rodrigues de Freitas. Les critiques de l’époque y ont vu les prémices du néo-réalisme portugais mais le régime de Salazar n’appréciera pas et Manoel de Oliveira ne réalisera son second long métrage qu’une dizaine d’années plus tard.

Considéré comme le maître du cinéma portugais, il a réalisé plus d’une trentaine de longs métrages, tournant jusqu’à la fin de sa vie. Il a obtenu à Cannes, en 2008, la Palme d’or pour l’ensemble de son oeuvre.

Critique

On a découvert Manoel de Oliveira sur le tard et avec la dernière partie de son oeuvre, une période disons bretchienne où son approche est très distanciée, utilisant des intermédiaires tels que la représentation théâtrale, la mise en abyme, ou la confusion entre fiction et réalité. Mais la carrière du doyen lusitanien débuté au temps du muet et connu divers revirements esthétiques. Ainsi, lorsqu’on découvre Aniki Bobo (1942), on s’aperçoit qu’Oliveira fut un précurseur du néoréalisme et de la Nouvelle Vague. Aniki Bobo développe plusieurs aspects qui feront l’identité du cinéma de l’après-guerre : absence de héros emblématiques refus de la romantisation et des artifices de studio, attention aux gens simples, prégnance des décors réels en un mot, le regard documentaire qui investit la fiction pur lui donner de nouvelles lettres de noblesse.

Saint Georges

de Marco Martins

Synopsis

Jorge, boxeur fauché et sans emploi, voit sa femme le quitter pour repartir au Brésil avec leur fils. Le Portugal étant au bord de la faillite, les sociétés de recouvrement prospèrent. Pour sauver sa famille, Jorge décide alors d’offrir ses services à l’une d »entre elles, malgré leurs méthodes d’intimidation peu scrupuleuses.

Réalisateur

Marco Martins est né à Lisbonne en 1972. Il a suivi des cours à New York et a travaillé avec Wim Wenders, Pedro Costa et Manoel de Oliveira. Après plusieurs courts métrages, il réalise en 2005, Alice, son premier long métrage présenté à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs.

Critiques

Dans cette ville où les jours aussi tristes que les nuits, Jorge marche. Il marche sans cesse, sans trop savoir s’il avance, au demeurant, précédé au suivi d’une caméra qui le cerne, comme les frères Dardenne traquent l’héroïne de Rosetta. Même fièvre, même fureur, même douleur. Même tendresse, aussi dans le regard du réalisateur. Pour ces résignés qui s’abandonnent à leur sort, telles des victimes expiatoires, mais aussi pour ces petits magouilleurs tentant de tricher avec le système qui, de toute façon, aura le dernier mot … Seule la dignité éclaire ce film pur, sombre et beau. C’est elle que l’on sent s’infiltrer dans le coeur – voire l’âme – du héros (interprété par un comédien magnifique, Nuno Lopes). Elle lui permet d’éviter, en fait, le piège qui le menace : se détruit lui-même en poussant les autres à mourir pour rien. – Pierre Murat pour Télérama 

Dans Saint Georges de Marco Martins, le comédien portugais Nuno Lopes campe superbement un boxeur aux abois, qui lutte pour survivre et garder sa famille. Un film coup de poing contre un monde cynique. – Marie-Noëlle Tranchant pour Le Figaroscope

Saint Georges nous met KO. Ce film portugais sur un homme qui s’enfonce pour sauver les siens sur fond de crise économique est bouleversant. – Catherine Balle pour Le Parisien

Avec Saint Georges, le réalisateur portugais Paco Martins signe une histoire de boxe prenante inspirée d’un récit authentique. Marie-Noëlle Tranchant pour Le Figaro

 

Informations pratiques et toutes les séances du cycle

2 commentaires sur “Cycle Portugal Ici et là-bas,Hier et aujourd’hui”

  1. cho dit :

    Vu hier Sao Jorge ( Saint Jorge). L’acteur principal Nuno Gomes ( le père de Menina) est méconnaissable. Après la dictature qui poussa les Portugais à l’exil, la crise économique ( l’horreur économique) des dernières années. . On a envie de crier : « Sauve-toi Jorge ! »Un film fort et terrible. A voir absolument !

  2. cho dit :

    aniki bobo de Manoel de Oliveira, quel régal ! Oui, cent fois oui aux films du patrimoine sur grand écran !

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