Du 23 au 29 mai 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 24 mai 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 9 au 15 mai, au tarif Rochefort sur Toile, La route sauvage d’Andrew Haig, The third murder d’Hirokazu Kore-HedaL’intelligence des arbres de Julia Dordel et Guido Tölke, et toujours En guerre de Stéphane BrizéEverybody knows d’Asghar Farhadi et Place publique de Agnès Jaoui6€ toutes les séances.

La route sauvage

d’Andrew Haig

Synopsis

Charley Thompson a quinze ans et a appris à vivre seul avec un père inconstant.
Tout juste arrivé dans l’Oregon, le garçon se trouve un petit boulot chez un entraineur de chevaux et se prend d’affection pour Lean on Pete, un pur-sang en fin de carrière.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29
20h00

Critique

Pour son premier film américain, le cinéaste britannique Andrew Haigh prolonge une œuvre principalement consacrée à l’extériorisation de pulsions auparavant refoulées ou camouflées. Qu’il s’agisse de Week-End, où Russel rechignait à afficher publiquement son homosexualité, ou de 45 ans, où Kate apprenait que son couple vivait dans l’ombre du premier amour de son mari, les films de Haigh reposent souvent sur le motif de la fissure : chercher à briser la glace et à abattre les clôtures du confinement.

Comme dans Week-End et 45 ans, le récit se suspend là où il pourrait (re)commencer : si la trajectoire nomade a été accomplie, le mouvement reste possible, puisque le jeune adolescent a encore tout le temps pour écrire un nouveau chapitre de son histoire. C’est ce refus de pesanteur, cette interdiction de signifier l’arrêt définitif du récit, qui fait toute la beauté envoûtante de La Route sauvage et de l’œuvre de son cinéaste. Alain Zind

The third murder

d’Hirokazu Kore-Heda

Synopsis

Le grand avocat Shigemori est chargé de défendre Misumi, accusé de vol et d’assassinat. Ce dernier a déjà purgé une peine de prison pour meurtre 30 ans auparavant. Les chances pour Shigemori de gagner ce procès semblent minces, d’autant que Misumi a avoué son crime, malgré la peine de mort qui l’attend s’il est condamné…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29
17h45

Critique

Un coupable presque parfait. Misumi, déjà condamné pour un double meurtre trente ans plus tôt, a avoué le vol et l’assassinat de son patron. Avant de modifier sa version des faits au fil des in­terrogatoires. Au cours de sa contre-­enquête, le grand avocat Shigemori se persuade que son client pourrait être innocent…  Dans The Third Murder, c’est l’inverse : à partir d’un fait divers sordide, Hirokazu Kore-eda parvient à insuffler, par petites touches, de la délicatesse et même de la tendresse dans son récit si noir. Il signe, contre toute attente, l’un de ses films les plus émouvants. Samuel Douhaire

L’intelligence des arbres, film documentaire

de Julia Dordel et Guido Tölke

Synopsis

Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Les séances en version française

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29
20h15

Critique

Le film L’intelligence des arbres sort en France. L’intelligence désigne, selon les dictionnaires, l’organisation du réel en pensées par le mental ou la faculté de connaître et de comprendre. Ce moyen-métrage traite des émotions attribuées aux arbres et des relations que ces grands végétaux entretiennent entre eux, et avec leur environnement, en milieu forestier.Il met en regard le point de vue de Peter Wohlleben, garde forestier allemand, et celui de scientifiques, en particulier Suzanne Simard, professeur d’écologie forestière à l’université de Colombie-Britannique (Canada). Chrystelle Carroy/Forestopic

En guerre

de Stéphane Brizé

Synopsis

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte?parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

Les séances en version française

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29
13h30
15h35
20h15

Critique

Habité, Vincent Lindon se fait la voix du peuple alors qu’il harangue ses collègues et interpelle les responsables de l’entreprise pour leur rappeler leurs promesses. À l’opposé des rôles de taiseux (Quelques heures de printemps, La loi du marché), il campe ici un homme qui parle, se défend et résiste. Un leader acharné face à un patronat solidaire qui ne manque pas de faire profit des failles du système et du désespoir des grévistes conduisant à la désunion. Alors que, depuis plusieurs décennies, la Grande-Bretagne peut compter sur Ken Loach pour offrir quelques piqûres de rappel virulentes et sans détour face à l’injustice sociale (son dernier Moi, Daniel Blake ne manquait pas de cette révolte saine), la France peut désormais compter sur Stéphane Brizé, en ce mois de mai où la colère gronde dans les usines comme dans les rues, pour un (r)appel aux luttes convergentes. Les documentaires n’ont pas le monopole de l’actualité. Le bleu du miroir Ni « documenteur » ni brûlot romanesque, le film trouve son équilibre et sa puissance dans un entre-deux passionnant, dans une capacité à distinguer et à resserrer les enjeux dramatiques, à en souligner les enchaînements et la complexité, à en incarner toute la dimension humaine. Un vrai contrepoint aux images de reportages télé dont le récit est truffé, rappel constant de la manière dont cette guerre permanente, livrée à nos portes, presque sous nos yeux, est rapportée chaque jour, par bribes, tronquées, hâtives, commodément digestes. La destinée de l’irréductible Laurent Amédéo et l’histoire incandescente et douloureuse de cette lutte collective sont plus difficiles à avaler parce qu’elles n’offrent pas d’issues faciles, de réponses rassurantes. Elles se contentent de souligner l’urgence de faire face. Une insuffisante mais nécessaire condition de survie, résumée en exergue par une citation de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Cécile Mury

Everybody knows

d’Asghar Farhadi

Synopsis

A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29
19h50

Les séances en version française

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29

Critique

Qu’il soit en Iran, en France, en Espagne, Asghar Farhadi creuse son œuvre de cinéaste du dérèglement intime et du désordre social. Il regarde les hommes tomber et souffrir : une tragédie compassionnelle.  Jo Fishley

Le clocher domine un village où Laura (Penélope Cruz) revient avec ses deux enfants, mais sans son mari Alejandro (Ricardo Darin), resté en Argentine, à l’occasion du mariage de l’une de ses sœurs. Elle y retrouve Paco (Javier Bardem), ex-amant, acheteur de la part de la propriété familiale dont Laura avait hérité. Ces interférences entre les transactions amoureuses, juridiques et économiques, qui ont déjà tant servi au cinéaste, sont un temps cachées par l’enthousiasme décontracté avec lequel Farhadi filme une fête familiale en Espagne. Ce pourrait presque être un film de famille chaleureux, avec, en prime, la lumière euphorisante de José Luis Alcaine. A ceci près que, bien avant que ne s’abatte la catastrophe, Farhadi dispose artistement les embûches qui feront tomber ses personnages. L’excitation des retrouvailles masque à peine la résurgence des rancœurs. A la nuit tombée (la première moitié du film se déroule sur une journée), rien ne va déjà plus, si bien que lorsque l’on apprend qu’Ana (Inma Cuesta) a été enlevée, Farhadi a déjà emmené son film dans le crépuscule des regrets, des remords et des soupçons. Thomas Sotinel

Place publique

d’Agnès Jaoui

Synopsis

Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, soeur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions. Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux. Alors que Castro assiste, impuissant, à la chute inexorable de son audimat, Hélène tente désespérément d’imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein…

Les séances en version française

Me.23 Je.24 Ve.25 Sa.26 Di.27 Lu.28 Ma.29

Critique

« Place publique » est loin d’être une simple caricature d’une bourgeoisie médiatique en soif de visibilité. La psychologie des principaux personnages est intelligemment travaillée pour que chacun ne soit pas cantonné à ses défauts ou à ses qualités, bien au contraire. Certes, le format « film chorale » ne permet pas de retrouver l’infini justesse de ton du « Goût des autres », mais l’ensemble est bien construit et ne souffre d’aucun temps mort. En effet, outre les bons mots qui font mouche, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri font un subtil état des lieux des rapports humains dans un monde hyper-connecté. Bien écrit, leur scénario prouve que tout n’est pas qu’une question de notoriété. Les sentiments, la peur de vieillir, le manque de reconnaissance finissent toujours par fissurer les carapaces ripolinées que l’on expose sur la place publique. En résulte une comédie efficace et sincère qui elle, mérite largement un joli succès… public. Gaëlle Bouché

Pour parler de cinéma :

le  jeudi 24 mai à partir de 18h , café ciné au Srey Nane Café  , 7 rue du 14 juillet.

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page, ou bien participez et allez à l’AG le lundi 28 mai à 18h30 au Palais des Congrès

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