Du 30 mai au 5 juin 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 29 mai 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 30 mai au 5 juin, au tarif Rochefort sur Toile, Foxtrot de Samuel MaozSense 1 et 2 de Ryusuke HamaguchiLuna d’Elsa DiringerSugarland de Damon Gameau, et toujours L’intelligence des arbres de Julia Dordel et Guido Tölke, En guerre de Stéphane Brizé et Everybody knows d’Asghar Farhadi6€ toutes les séances.

Foxtrot

de Samuel Maoz

Synopsis

Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Yonatan effectue son service militaire sur un poste frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours. Le couple est bouleversé. Les masques tombent.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Foxtrot parle d’Israël, une société du trauma. La difficulté, pour les hommes de ma génération, c’est que nous n’avons jamais été autorisés à nous plaindre de quoi que ce soit. Face à ce qu’avaient vécu nos parents, nos professeurs, revenus des camps, nous n’étions que des enfants gâtés, nés dans un pays où le ciel est bleu et la mer magnifique. Mais où la guerre n’était jamais finie. Cette société du trauma où nous vivions nous a complètement dérangés, c’était un lavage de cerveau. Quand on voit le jeune soldat dans Foxtrot, on se demande ce qu’il peut bien faire avec ses camarades au milieu du désert. Il vit cette guerre infinie dans laquelle nous avons été élevés et dont nous ne sommes jamais sortis. Qu’elle soit réelle ou non.

L’Holocauste puis les guerres que nous avons menées pour survivre ont créé une mémoire traumatisée qui est toujours plus forte que n’importe quelle réalité, n’importe quelle autre logique. Le trauma se transmet de génération en génération, entretenant le sentiment que nous sommes en danger constamment, même si ce n’est pas vrai, et le résultat est que nous sommes dans une guerre sans fin. Foxtrot parle de ce cercle du traumatisme dans lequel les Israéliens sont enfermés. Comme les danseurs de foxtrot qui font une série de pas pour revenir exactement à leur position de départ. Frédéric Strauss

Sense 1 et 2

de Ryusuke Hamaguchi

Synopsis

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d’écouter ses émotions et celles des autres…

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Senses est une véritable merveille, une fresque chorale d’une beauté et d’une profondeur confondantes, dépeignant de sublimes portraits de femmes au quotidien, et à travers elles, le paysage étendu d’une certaine désaffection contemporaine.

Scènes anodines en surface, mais où les enjeux se nouent en profondeur, en un cosmos étourdissant de trajectoires croisées, de non-dits, de gestes esquissés et de souffles suspendus. On touche alors du doigt le projet de Hamaguchi : sonder les plus infimes mouvements de l’existence, cette intériorité inaccessible des personnages, où se dessine, à chaque seconde, le pacte décisif qui lie l’individu à la société. Un pacte personnel, émotionnel, sensuel et politique. Une position dans le monde. Mathieu Macheret

Luna

d’Elsa Diringer

Synopsis

Luna vit près de Montpellier et travaille dans une exploitation maraîchère. Elle est belle, drôle, elle dévore la vie. Elle serait prête à tout pour garder l’amour de Ruben. Au cours d’une soirée trop arrosée avec ses amis, ils agressent un jeune inconnu. Quelques semaines plus tard, celui-ci réapparait dans la vie de Luna. Elle va devoir faire des choix.

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Luna, le tout premier long-métrage d’Elsa Diringer t’embarque au coeur de l’été initiatique d’une adolescente en mal de repères… et madmoiZelle en est la fière partenaire ! Voici 3 raisons de foncer le voir au ciné.

Le temps d’un été, Luna va se découvrir, apprendre à s’aimer et à s’ouvrir aux autres. Le film réussit à aborder des sujets graves avec simplicité, en maintenant une tension palpable jusqu’au dénouement. QueenCamille

Sugarland, documentaire australien

de Damon Gameau

Synopsis

Le sucre est partout ! Toute notre industrie agroalimentaire en est dépendante. Comment cet aliment a pu s’infiltrer, souvent à notre insu, au cœur de notre culture et de nos régimes ? Damon Gameau se lance dans une expérience unique : tester les effets d’une alimentation haute en sucre sur un corps en bonne santé, en consommant uniquement de la nourriture considérée comme saine et équilibrée.

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Car si l’on ressort de « Sugarland » avec plusieurs idées en tête (la nécessité de réduire notre consommation en sucre, le besoin de manger des fibres et d’être attentif à la composition des achats qu’on effectue…), on retiendra aussi du film l’impérative urgence d’éduquer les jeunes générations à d’autres goûts que le « sucré ». Gameau en fait bien entendu un peu trop par moments, lorsqu’il ingurgite des équivalents s’alimentant en morceaux de sucre ou qu’il montre en gros plan la dentition d’un ado élevé au soda, mais le message est clair et le film ludique. Olivier Bachelard

Mais c’est la mise en scène et en images qui emporte indéniablement l’adhésion. Il joue la carte d’un ton de comédie, très ironique, avec à la clé nombre de parodies de formes télévisuelles et autres, comme la comédie musicale. Il ne délaisse pas pour autant le sérieux de son propos, didactique dans le bon sens du terme. L’appel à de nombreux effets spéciaux inventifs, générateurs d’effets comiques et pertinents participent grandement du plaisir d’apprendre. Un axe qui vise tout particulièrement la jeunesse, très concernée par la surconsommation de sucre. L’appel à Kyan Khojandi (« Bref ») pour doubler en français Damon Gaveau va dans le même sens. Les témoignages d’adolescents sur leur addiction au sucre sont, de ce point de vue, consternants. Mais visent tout autant les parents et les autres adultes… A consommer sans modération. Jacky Bonnet

L’intelligence des arbres, film documentaire

de Julia Dordel, Olivier Bachelard et Guido Tölke

Synopsis

Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Le film L’intelligence des arbres sort en France. L’intelligence désigne, selon les dictionnaires, l’organisation du réel en pensées par le mental ou la faculté de connaître et de comprendre. Ce moyen-métrage traite des émotions attribuées aux arbres et des relations que ces grands végétaux entretiennent entre eux, et avec leur environnement, en milieu forestier.Il met en regard le point de vue de Peter Wohlleben, garde forestier allemand, et celui de scientifiques, en particulier Suzanne Simard, professeur d’écologie forestière à l’université de Colombie-Britannique (Canada). Chrystelle Carroy/Forestopic

En guerre

de Stéphane Brizé

Synopsis

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte?parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Habité, Vincent Lindon se fait la voix du peuple alors qu’il harangue ses collègues et interpelle les responsables de l’entreprise pour leur rappeler leurs promesses. À l’opposé des rôles de taiseux (Quelques heures de printemps, La loi du marché), il campe ici un homme qui parle, se défend et résiste. Un leader acharné face à un patronat solidaire qui ne manque pas de faire profit des failles du système et du désespoir des grévistes conduisant à la désunion. Alors que, depuis plusieurs décennies, la Grande-Bretagne peut compter sur Ken Loach pour offrir quelques piqûres de rappel virulentes et sans détour face à l’injustice sociale (son dernier Moi, Daniel Blake ne manquait pas de cette révolte saine), la France peut désormais compter sur Stéphane Brizé, en ce mois de mai où la colère gronde dans les usines comme dans les rues, pour un (r)appel aux luttes convergentes. Les documentaires n’ont pas le monopole de l’actualité. Le bleu du miroir Ni « documenteur » ni brûlot romanesque, le film trouve son équilibre et sa puissance dans un entre-deux passionnant, dans une capacité à distinguer et à resserrer les enjeux dramatiques, à en souligner les enchaînements et la complexité, à en incarner toute la dimension humaine. Un vrai contrepoint aux images de reportages télé dont le récit est truffé, rappel constant de la manière dont cette guerre permanente, livrée à nos portes, presque sous nos yeux, est rapportée chaque jour, par bribes, tronquées, hâtives, commodément digestes. La destinée de l’irréductible Laurent Amédéo et l’histoire incandescente et douloureuse de cette lutte collective sont plus difficiles à avaler parce qu’elles n’offrent pas d’issues faciles, de réponses rassurantes. Elles se contentent de souligner l’urgence de faire face. Une insuffisante mais nécessaire condition de survie, résumée en exergue par une citation de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Cécile Mury

Everybody knows

d’Asghar Farhadi

Synopsis

A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Les séances en version française

Me.30 Je.31 Ve.1 Sa.2 Di.3 Lu.4 Ma.5

Critique

Qu’il soit en Iran, en France, en Espagne, Asghar Farhadi creuse son œuvre de cinéaste du dérèglement intime et du désordre social. Il regarde les hommes tomber et souffrir : une tragédie compassionnelle.  Jo Fishley

Le clocher domine un village où Laura (Penélope Cruz) revient avec ses deux enfants, mais sans son mari Alejandro (Ricardo Darin), resté en Argentine, à l’occasion du mariage de l’une de ses sœurs. Elle y retrouve Paco (Javier Bardem), ex-amant, acheteur de la part de la propriété familiale dont Laura avait hérité. Ces interférences entre les transactions amoureuses, juridiques et économiques, qui ont déjà tant servi au cinéaste, sont un temps cachées par l’enthousiasme décontracté avec lequel Farhadi filme une fête familiale en Espagne. Ce pourrait presque être un film de famille chaleureux, avec, en prime, la lumière euphorisante de José Luis Alcaine. A ceci près que, bien avant que ne s’abatte la catastrophe, Farhadi dispose artistement les embûches qui feront tomber ses personnages. L’excitation des retrouvailles masque à peine la résurgence des rancœurs. A la nuit tombée (la première moitié du film se déroule sur une journée), rien ne va déjà plus, si bien que lorsque l’on apprend qu’Ana (Inma Cuesta) a été enlevée, Farhadi a déjà emmené son film dans le crépuscule des regrets, des remords et des soupçons. Thomas Sotinel

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page, ou bien participez et allez à l’AG le lundi 28 mai à 18h30 au Palais des Congrès

2 commentaires sur “Du 30 mai au 5 juin 2018 à l’Apollo Ciné 8”

  1. cho dit :

    Quel dommage que Senses soit en français !

  2. VERILHAC Anne dit :

    Bonsoir, aura t-on le plaisir de retrouver les quatre protagonistes du film de Ryusuke Hamaguchi, Senses 1 et 2 prochainement dans notre cinéma préféré ? Belle programmation cette semaine merci.
    Anne Verilhac

    PS : Senses était bien en VOSTF

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