Du 12 au 18 septembre 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 12 septembre 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 12 au 18 septembre, Une valse dans les allées de Thomas HullerUnder the tree de Hafstein Gunnar SigurossonPremière année de Thomas Lilti et toujours Guy d’Alex Lutz, My Lady de Richard Eyre, The Guilty de Gustav Möller, et Blackkklansman de Spike Lee au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Il est  également temps de renouveler votre adhésion.

Une valse dans les allées, film allemand

de Thomas Huller (2h05)

Synopsis

Le timide et solitaire Christian est embauché dans un supermarché. Bruno, un chef de rayon, le prend sous son aile pour lui apprendre le métier. Dans l’allée des confiseries, il rencontre Marion, dont il tombe immédiatement amoureux. Chaque pause-café est l’occasion de mieux se connaître. Christian fait également la rencontre du reste de l’équipe et devient peu à peu un membre de la grande famille du supermarché. Bientôt, ses journées passées à conduire un chariot élévateur et à remplir des rayonnages comptent bien plus pour lui qu’il n’aurait pu l’imaginer…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

Un film, aux effluves profondément mélancoliques et poétiques, qui décrit avec grâce et pudeur, à travers les yeux de son héros principal, toujours à la limite du basculement, l’univers des ouvriers de l’ancienne Allemagne de l’Est.

La délicatesse et la pudeur sont peut-être les qualificatifs principaux de ce film qui résolument, se rapproche des grands. On saluera la maturité d’un réalisateur encore jeune qui est capable de mettre en scène des ouvriers, des gens de peu dirait Pierre Sansot, sans jamais céder à la caricature ou le mépris. Il prend le temps avec ces deux belles heures de film, de faire du cinéma, au sens d’une mise en spectacle et en lumière d’humanités simples.

Derrière cette apparente sobriété de la mise en scène, se cache une réflexion dense et aboutie sur l’état des ouvriers, à la façon d’une œuvre de Kaurismäki, qui préférerait, à la violence des images, à la rugosité de la dénonciation, la douceur d’un poème. Laurent Cambon

Under the tree, film icelandais

de Hafstein Gunnar Sigurosson (1h28)

Synopsis

Atli, accusé d’adultère par sa femme, est forcé d’emménager chez ses parents. Il se retrouve malgré lui plongé au sein d’une querelle de voisinage, dont le déclencheur est l’ombre imposante d’un arbre entre les deux maisons. Leur banal conflit se transforme en guerre sans pitié.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

Effectuant un va-et-vient permanent entre l’intrigue maritale et la querelle de voisinage, le cinéaste ne semble jamais vouloir réellement choisir un ton. Partisan d’un réalisme psychologique quand il s’agit d’évoquer la dissolution d’un couple qui se dispute une garde d’enfant, Sigurdsson joue la carte de la comédie (de plus en plus) noire pour relater la guerre absurde que se mènent les voisins d’une morne ville de banlieue islandaise. Les qualités réelles d’écriture et de mise en scène des deux parties sont hélas désamorcées par leur irrémédiable incompatibilité de ton. Restent un vrai sens du cadre et de la direction d’acteurs qui donnent envie que le réalisateur explore désormais ses différentes veines d’inspiration dans des films distincts. François-Xavier Taboni

Parti d’un fait mineur, c’est l’escalade, et la musique de Daniel Bjarnason nous fait basculer dans le toujours plus sombre. D’un sujet pas facile, le réalisateur arrive tout de même à apporter des touches d’humour, pas toujours de très bon goût, mais qui font sourire. Les comédiens sont tous parfaits avec une mention pour la mère Inga, interprétée par Edda Björgvinsdottir, qui est juste détestable, mais tellement incroyable dans son rôle.

Un humour noir et grinçant juste jubilatoire. Un long métrage inattendu mais efficace. Dame Skarlette

Première année, film français

de Thomas Lilti (1h32)

Synopsis

Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu’à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

Les séances en version française

Critique

Le voici le grand film populaire français de cet automne. Sujet contemporain – le bachotage auquel sont soumis les étudiants en première année de médecine et au-delà -, jeunes comédiens parfaitement castés – la confirmation Vincent Lacoste («Victoria»), la révélation William Lebghil («Ami Ami») – et une science du rythme et de l’écriture qui confirme après «Hippocrate» le talent de chroniqueur de Thomas Lilti. Yannick Vely

Guy
d’Alex Lutz (1h41)

Synopsis

Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Les séances en version française

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

On ne sait ce qu’il faut le plus admirer : la justesse des pastiches, la sobriété avec laquelle Lutz recourt aux documents d’époque – scopitone, extraits d’émissions de variétés – ou, sur un registre plus ambitieux, sa tentative de saisir, avant qu’elle ne disparaisse, une certaine manière d’être un homme. Se refusant presque trop systématiquement aux paroxysmes (la relation entre le fils caché et le père se gonfle de non-dits jusqu’à la fin du film), Alex Lutz procède par expressions un peu désuètes, par gestes d’un autre temps. Il peut compter aussi sur un entourage hors pair : Nicole Calfan est parfaite en ancienne combattante des guerres du Top 50, attachée de presse d’une fidélité indéfectible. Elodie Bouchez et Dany se partagent le rôle d’Anne-Marie, reine des nuits dans les années 1980 devenue entrepreneuse de fitness.

Il faut assortir ces louanges d’un avertissement : le risque de l’hyperréalisme est d’être touché par la contagion des maux dont souffre l’objet représenté. Et si l’on s’est ennuyé d’innombrables samedis soirs devant les émissions de variétés du service public, si l’on redoute de voir la télévision allumée le dimanche après-midi lors d’une visite familiale (Michel Drucker tient ici son propre rôle), il faudra surmonter ces phobies pour profiter de l’intelligence diabolique de Guy.  Thomas Sotinel

My Lady
de Richard Eyre (1h46)

Synopsis

Faut-il obliger un adolescent à recevoir la transfusion qui pourrait le sauver ? Fiona Maye, Juge de la Haute Cour, décide de lui rendre visite, avant de trancher. Leur rencontre bouleversera le cours des choses.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Les séances en version française

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

Tiré du best-seller de Ian McEwan, à qui l’on doit également l’intrigue de Reviens-moi, My Lady vaut principalement pour la performance magistralement nuancée de son actrice principale, Emma Thompson. L’actrice y est Fiona Maye, une Juge de la Haute Cour, spécialisée dans les affaires familiales. Rompue aux décisions façon jugement de Salomon, elle doit cette fois décider du sort d’un jeune témoin de Jéhovah qui refuse une transfusion qui pourrait lui sauver la vie et, en même temps, faire face à la déliquescence de son mariage. Si la réalisation de Richard Eyre ne fait rarement mieux que le téléfilm BBC moyen, l’interprétation tout en retenue et en silences pesés de l’actrice dégage une intensité qui n’est renforcée que par le jeu ardent du jeune Fionn Whitehead incarnant l’adolescent bouleversé. Perrine Quennesson

The Guilty
de  Gustav Möller (1h25)

Synopsis

Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

Les séances en version française

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

Prix de la Critique lors du Festival International du Film Policier de Beaune 2018, The Guiltyest un exercice de style parfaitement exécuté. Un huis-clos aussi captivant que bouleversant dans lequel l’acteur danois Jakob Cedergren apparaît plus électrisant et charismatique que jamais. Du très grand art, et accessoirement du très beau cinéma danois. Wesley Bodin

Blackkklansman  – J’ai infiltré le Ku Klux Klan
de Spike Lee  (2h16)

Synopsis

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions

En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d’en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le « Grand Wizard » du Klan, David Duke, enchanté par l’engagement de Ron en faveur d’une Amérique blanche. Tandis que l’enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu’une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d’aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.

Les séances en version française

Me.12 Je.13 Ve.14 Sa.15 Di.16 Lu.17 Ma.18

Critique

BlacKkKlansman est tout à la fois un polar avec flic undercover, une comédie campagnarde à la Coen, un brûlot anti-Trump (avec force clins d’œil à l’actu et une coda glaçante sur les images des rassemblements racistes de Charlottesville), une dissertation méta sur l’histoire de la représentation des Noirs dans le cinéma américain (extraits de Naissance d’une nation et Autant en emporte le vent, conversations sur la blaxploitation, apparition émotion de Harry Belafonte…). Sans doute un peu trop pour un seul film. Paradoxalement, c’est aussi cette dispersion thématique et esthétique, cette incapacité de Lee à choisir entre ses activités de cinéaste et d’éditorialiste, qui font le charme bizarre, un peu malade, du film, traversé de vraies fulgurances (l’« épiphanie » du héros à un meeting du Black Panther Stokely Carmichael). Un objet finalement aussi foutraque et intrigant que… la carrière de Spike Lee elle-même.  Frédéric Foubert

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Et toujours :

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