Du 10 au 16 octobre 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 10 octobre 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 10 au 16 octobre, Soirée Rochefort sur Toile vendredi  12 Octobre à 20h15 RAFIKI  de Wanuri Kahiu et puis débat avec la journaliste Catherine Ruelle, Mademoiselle de Joncquières d’Emmanuel Mouret et toujours I Feel Good de Benoît DelépineUn Peuple et son Roi de Pierre Schoeller, Les Frères Sisters de Jacques Audiard, Première année de Thomas Lilti au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Venez prendre un Apéro-Ciné, et pensez à  renouveler votre adhésion.

Mademoiselle de Joncquières

d’Emmanuel Mouret (1h49)

Synopsis

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère…

Les séances en version française

Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16

Critique

Emmanuel Mouret est ici au sommet de son art, où, plus que jamais, la délicatesse des sentiments s’exprime par une symphonie de formes raffinées. Juliette Goffart

Cécile de France et Edouard Baer, acteurs d’aujourd’hui dont on aime la gouaille, sont parfaits dans ces personnages auxquels ils confèrent aisance et modernité. Ils dominent un casting remarquable qu’il faudrait citer entièrement, de Laure Calamy à Alice Isaaz.

La conscience morale… L’intensité amoureuse est si forte et la fortune si grande et le temps si disponible, qu’elle s’élance dans un projet que nous n’avons pas les moyens de mettre en fabrication. Jenny Ulrich, Bande à part

I Feel Good

de Benoît Delépine (1h43)

Les séances en version française

Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16

Synopsis

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Critique

Jacques n’a qu’une obsession : devenir immensément riche. Comme Bill Gates ou Bernard Tapie. Dans un grand cahier, il s’est même fabriqué un album Panini ridicule avec leurs photos. Ce pauvre type qui croit dur comme fer au miracle libéral est un crétin, un bon à rien. Quand il débarque dans une communauté Emmaüs près de Pau diri­gée par sa sœur, Solange, il pense avoir trouvé, enfin, la grande idée. Celle qui va révolutionner la vie des pauvres, et tout changer pour lui.

Benoît Delépine et Gustave Kervern ont toujours filmé des héros malheureux quittant la grand-route de la société de consommation pour bifurquer vers les chemins de l’anar­chie et de la tendresse. Pas étonnant si, pour leur huitième long métrage, ils montrent une authentique communauté Emmaüs, qui offre une seconde vie aux objets (et à ceux qui les réparent). Ce bric-à-brac géant les inspire : leur mise en scène a rarement été aussi élégante et poétique. Chaque plan est minutieusement composé. Les montagnes de vieux cintres ou de vélos où les bénévoles travaillent semblent sortis d’un vieux Polaroid de notre enfance, toujours en état de marche… Dans sa forme même, cette fable grinçante proclame que tout se recycle, reste utile et beau.

Le propos mêle dénonciation du mythe de la réussite individuelle et manifeste pour la beauté intérieure. La solidarité de Solange, bonne âme disciple de l’abbé Pierre (Yolande Moreau, planante), se confronte à la psychose libérale de son frère. Car Jacques est malade : en peignoir de bain et mules ou en costard d’occasion, seul sous la pluie, il soliloque, enfilant les formules entrepreneuriales comme des perles absurdes. C’est un grand rôle pour Jean Dujardin. Devenu expert en abrutis, l’acteur donne à son personnage une subtilité pathétique inédite, avec, dans le regard, une fixité inquiétante. Il faut soigner ce type, quitte à s’y mettre à plusieurs. Le choc aura finalement lieu dans un pays de l’ex-Union soviétique, où Delépine et Kervern mêlent les cendres des idéologies au comique le plus gore. Avant une surprise finale, enthousiasmante, qui donne une furieuse envie d’un autre monde… Guillemette Odicino, Télérama

Un Peuple et son Roi

de Pierre Schoeller (2h01)

Synopsis

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Les séances en version française

Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16

Critique

La démonstration de Pierre Schoeller semble être que l’Histoire ne s’écrit pas que dans la rue, il prend soin à mettre en parallèle à ces quelques hérauts du peuple, les débats virulents qui se jouent entre leurs représentants à l’Assemblée, puis à la Convention nationale. Des discours politiques de fond, certes moins cinégéniques – car filmés de façon plan-plan – que les émeutes qui se déroulent à l’extérieur, mais qui offrent pourtant quelques-unes des pistes idéologiques les plus intéressantes à suivre de cette reconstitution. Une troisième ligne narrative, bien plus illustrative, est assurée par cet autre rôle-titre qu’est Louis XVI. C’est d’ailleurs le roi qui offre au scénario, dans une improbable scène onirique, sa seule transgression au parti pris qui limite la représentation des figures politiques importantes de l’époque aux seuls faits historiques avérés. Julien Dugois

La Révolution française a souvent été réduite, au cinéma, à du catéchisme révolutionnaire. Lancé sur trop de pistes, Pierre Schœller s’éparpille, au risque du survol ou de la confusion. Son film apporte des éclairages nouveaux (sur le rôle décisif des femmes, notamment) mais pèche par manque de fiction. Il y a bien du rythme, des chansons, une profusion de personnages, mais tout va trop vite, tout glisse. Face au voleur de poules, au verrier, aux lavandières, on a le sentiment d’assister à une bande-annonce, sans pouvoir s’attacher à aucun d’eux. Pas sûr que le casting, défilé de têtes étoilées, soit un atout…

Paradoxalement, le plus captivant, le plus nouveau, ce n’est pas le peuple, mais le roi (Laurent Lafitte), loin des caricatures habituelles. Et la politique, qui était déjà au cœur du film précédent de Pierre Schœller, L’Exercice de l’Etat. Les interventions des différents députés, les débats à l’Assemblée, fortement documentés, font du film un ratage intéressant. Mais un ratage tout de même. Jacques Morice

Les Frères Sisters

de Jacques Audiard (1h57)

Synopsis

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Les séances en version française

Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16

Critique

Un western crépusculaire en forme de conte fraternel. Une pépite. Joe Fishley

Outre ses ruptures de ton, le récit surprend par ses rebondissements, qui relancent l’action vers de nouveaux enjeux. Jacques Morice

Première année, film français

de Thomas Lilti (1h32)

Les séances en version française

Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16

Synopsis

Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu’à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

Critique

Le voici le grand film populaire français de cet automne. Sujet contemporain – le bachotage auquel sont soumis les étudiants en première année de médecine et au-delà -, jeunes comédiens parfaitement castés – la confirmation Vincent Lacoste («Victoria»), la révélation William Lebghil («Ami Ami») – et une science du rythme et de l’écriture qui confirme après «Hippocrate» le talent de chroniqueur de Thomas Lilti. Yannick Vely

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Et toujours :

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