Du 17 au 23 octobre 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 17 octobre 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 17 au 23 octobre, First Man de Damien Chazelle, à nouveau Dilili à Paris de Michel Ocelot (animation)et toujours  Mademoiselle de Joncquières d’Emmanuel Mouret, I Feel Good de Benoît DelépineUn Peuple et son Roi de Pierre Schoeller, Les Frères Sisters de Jacques Audiard au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Pensez à  renouveler votre adhésion.

First Man, le premier homme sur la lune

de Damien Chazelle (2h22)

Synopsis

Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Les séances en version française

Les séances en version originale sous-titrée

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Critiques

Ryan Gosling campe un Neil Armstrong très juste, exigeant et modeste, renfermé, aimanté par sa mission et peu porté à exprimer ses émotions. Comme tel, il est captivant, et donne au film son ton de simplicité grave. L’engagement politique et technique de la conquête, le danger et l’émerveillement devant l’infini, tout est là, sans aucune esbroufe. Marie-Noël Tranchant

Si « First Man » fait beaucoup penser au film de Kaufman, le ton en est radicalement différent. On passe de « L’Etoffe des héros », lyrique et plein d’humour, à un « First Man » à l’image réaliste, dénué d’émotion. Cela ne dessert pas les choix de Damien Chazelle, fidèle à l’homme dont il fait le portrait, au-delà de son acte historique. Et cela commence par son traumatisme subi lors de la perte prématurée de son premier enfant. Un choc qui le mènera à se réfugier dans sa mission au sein du programme Gemini, comme ingénieur, puis Apollo, comme astronaute, au détriment de sa vie familiale. Une situation qui rappelle, plus prosaïquement, le vécu de nombreuses familles d’aujourd’hui… Jacky Bornet

Dilili à Paris (animation)

de Michel Ocelot (1h35)

Synopsis

Dans le Paris de la Belle Époque, en compagnie d’un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle rencontre des hommes et des femmes extraordinaires, qui lui donnent des indices. Elle découvre sous terre des méchants très particuliers, les Mâles-Maîtres. Les deux amis lutteront avec entrain pour une vie active dans la lumière et le vivre-ensemble…

Les séances en version française

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Critique

On le connaît bien, Michel Ocelot. C’est le septuagénaire qui nous a offert quelques-uns des plus beaux films d’animation français : Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar, Princes et princesses… C’est celui qui n’a eu de cesse de renouveler en permanence son cinéma, explorant de nouveaux horizons esthétiques. Kirikou et la sorcière témoignait le premier de sa formidable capacité de jouer avec la géométrie des espaces et la profondeur des décors dans lesquels il fait évoluer ses personnages. En grand innovateur, Ocelot surprend une fois encore, les plans de Dilili à Paris étant composés à la fois de dessins originaux et de véritables photographies en prises de vues réelles, qui rappellent au spectateur que le cinéma est fondamentalement un art de lumières, d’images, de montage et de trucages.
Il y a fort à parier que ce road trip policier, techniquement très maîtrisé et teinté de poésie et d’humanité, sera considéré, à juste titre, comme le film d’animation événement de ce début d’automne. Arthur Champilou, avoir-alire

Mademoiselle de Joncquières

d’Emmanuel Mouret (1h49)

Synopsis

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère…

Les séances en version française

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Critique

Emmanuel Mouret est ici au sommet de son art, où, plus que jamais, la délicatesse des sentiments s’exprime par une symphonie de formes raffinées. Juliette Goffart

Cécile de France et Edouard Baer, acteurs d’aujourd’hui dont on aime la gouaille, sont parfaits dans ces personnages auxquels ils confèrent aisance et modernité. Ils dominent un casting remarquable qu’il faudrait citer entièrement, de Laure Calamy à Alice Isaaz.

La conscience morale… L’intensité amoureuse est si forte et la fortune si grande et le temps si disponible, qu’elle s’élance dans un projet que nous n’avons pas les moyens de mettre en fabrication. Jenny Ulrich, Bande à part

I Feel Good

de Benoît Delépine (1h43)

Les séances en version française

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Synopsis

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Critique

Jacques n’a qu’une obsession : devenir immensément riche. Comme Bill Gates ou Bernard Tapie. Dans un grand cahier, il s’est même fabriqué un album Panini ridicule avec leurs photos. Ce pauvre type qui croit dur comme fer au miracle libéral est un crétin, un bon à rien. Quand il débarque dans une communauté Emmaüs près de Pau diri­gée par sa sœur, Solange, il pense avoir trouvé, enfin, la grande idée. Celle qui va révolutionner la vie des pauvres, et tout changer pour lui.

Benoît Delépine et Gustave Kervern ont toujours filmé des héros malheureux quittant la grand-route de la société de consommation pour bifurquer vers les chemins de l’anar­chie et de la tendresse. Pas étonnant si, pour leur huitième long métrage, ils montrent une authentique communauté Emmaüs, qui offre une seconde vie aux objets (et à ceux qui les réparent). Ce bric-à-brac géant les inspire : leur mise en scène a rarement été aussi élégante et poétique. Chaque plan est minutieusement composé. Les montagnes de vieux cintres ou de vélos où les bénévoles travaillent semblent sortis d’un vieux Polaroid de notre enfance, toujours en état de marche… Dans sa forme même, cette fable grinçante proclame que tout se recycle, reste utile et beau.

Le propos mêle dénonciation du mythe de la réussite individuelle et manifeste pour la beauté intérieure. La solidarité de Solange, bonne âme disciple de l’abbé Pierre (Yolande Moreau, planante), se confronte à la psychose libérale de son frère. Car Jacques est malade : en peignoir de bain et mules ou en costard d’occasion, seul sous la pluie, il soliloque, enfilant les formules entrepreneuriales comme des perles absurdes. C’est un grand rôle pour Jean Dujardin. Devenu expert en abrutis, l’acteur donne à son personnage une subtilité pathétique inédite, avec, dans le regard, une fixité inquiétante. Il faut soigner ce type, quitte à s’y mettre à plusieurs. Le choc aura finalement lieu dans un pays de l’ex-Union soviétique, où Delépine et Kervern mêlent les cendres des idéologies au comique le plus gore. Avant une surprise finale, enthousiasmante, qui donne une furieuse envie d’un autre monde… Guillemette Odicino, Télérama

Un Peuple et son Roi

de Pierre Schoeller (2h01)

Synopsis

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Les séances en version française

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Critique

La démonstration de Pierre Schoeller semble être que l’Histoire ne s’écrit pas que dans la rue, il prend soin à mettre en parallèle à ces quelques hérauts du peuple, les débats virulents qui se jouent entre leurs représentants à l’Assemblée, puis à la Convention nationale. Des discours politiques de fond, certes moins cinégéniques – car filmés de façon plan-plan – que les émeutes qui se déroulent à l’extérieur, mais qui offrent pourtant quelques-unes des pistes idéologiques les plus intéressantes à suivre de cette reconstitution. Une troisième ligne narrative, bien plus illustrative, est assurée par cet autre rôle-titre qu’est Louis XVI. C’est d’ailleurs le roi qui offre au scénario, dans une improbable scène onirique, sa seule transgression au parti pris qui limite la représentation des figures politiques importantes de l’époque aux seuls faits historiques avérés. Julien Dugois

La Révolution française a souvent été réduite, au cinéma, à du catéchisme révolutionnaire. Lancé sur trop de pistes, Pierre Schœller s’éparpille, au risque du survol ou de la confusion. Son film apporte des éclairages nouveaux (sur le rôle décisif des femmes, notamment) mais pèche par manque de fiction. Il y a bien du rythme, des chansons, une profusion de personnages, mais tout va trop vite, tout glisse. Face au voleur de poules, au verrier, aux lavandières, on a le sentiment d’assister à une bande-annonce, sans pouvoir s’attacher à aucun d’eux. Pas sûr que le casting, défilé de têtes étoilées, soit un atout…

Paradoxalement, le plus captivant, le plus nouveau, ce n’est pas le peuple, mais le roi (Laurent Lafitte), loin des caricatures habituelles. Et la politique, qui était déjà au cœur du film précédent de Pierre Schœller, L’Exercice de l’Etat. Les interventions des différents députés, les débats à l’Assemblée, fortement documentés, font du film un ratage intéressant. Mais un ratage tout de même. Jacques Morice

Les Frères Sisters

de Jacques Audiard (1h57)

Synopsis

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Les séances en version française

Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23

Critique

Un western crépusculaire en forme de conte fraternel. Une pépite. Joe Fishley

Outre ses ruptures de ton, le récit surprend par ses rebondissements, qui relancent l’action vers de nouveaux enjeux. Jacques Morice

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Et toujours :

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