Soirée-rencontre « Le sel de la terre » – vendredi 30 novembre – 20h15 – Apollo ciné 8

Par Christelle, le 27 novembre 2018

Pour clôturer notre cycle Wim Wenders, nous vous proposons le film « Le Sel de la Terre », un documentaire de 2014 réalisé par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.
La projection du film sera suivie d’une rencontre en visio-conférence avec l’un des réalisateurs Juliano Ribeiro Salgado.

Le film

109 mn, nationalité France, Brésil

Récompenses

Festival de Cannes 2014 – Prix spécial Un certain regard
César 2015 – Meilleur Film Documentaire
Festival International de San Sebastian 2014 – Prix du public

Synopsis

Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète. Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe.

Critiques

Critique du 22/08/2018 Par Pierre Murat, Télérama

C’est une photo prise par Sebastião Salgado jeune : dans une mine d’or brésilienne, des grappes humaines, comme accrochées au vide, escaladent une longue pente avec, sur le dos, des sacs pleins de terre, ou d’or, qui sait ? On dirait une image extraite d’Aguirre, la colère de Dieu, le film de Werner Herzog. Lorsque Wim Wenders découvre ce cliché, il y a de nombreuses années, il l’achète, rencontre son auteur, l’apprivoise, s’en fait un ami. A qui il rend hommage dans ce documentaire. A plusieurs reprises, avec tendresse, il filme le visage de son vieux copain qui se projette sur ses clichés d’autrefois. Pour nous signaler la beauté secrète ou parce qu’il découvre, soudain, devant nous, un détail oublié : que viennent faire, par exemple, ces chaussures dans cette échoppe de cercueils de l’extrême Nord brésilien ?
Aidé par le fils du photographe, Wenders suit la carrière de son ami, de son exil, après l’instauration de la dictature dans son pays natal, jusqu’à nos jours. Les albums se succèdent ainsi, fruits de longs efforts : ceux sur l’Amérique latine, le Sahel ou les exodes forcés des populations opprimées… La force de certaines photos saisit : Sebastião Salgado semble constamment opposer la beauté de la nature aux efforts inouïs des hommes pour l’anéantir. Sur l’association délicate qui lie aujourd’hui le photographe, devenu spécialiste de la reforestation brésilienne, à un groupe réputé pour ses méthodes anti-écologiques, le film demeure muet. Wenders évite soigneusement tout ce qui pourrait fâcher. Il reste jusqu’au bout admiratif.

arteTV

Un chercheur d’or adossé à un poteau en bois au milieu de la fourmilière de la mine d’or de Serra Pelada au Brésil. Devant cette photographie qu’il découvre pour la première fois dans une galerie, Wim Wenders déclare : « Je ne savais pas qui l’avait prise, mais je me suis dit que ce devait être un grand photographe et un aventurier. » L’auteur de ce cliché n’est autre que Sebastião Salgado, un ancien économiste et réfugié politique brésilien, tombé amoureux de la photographie à 29 ans grâce à sa femme Lélia. Sa passion le  oussera à explorer les quatre coins du monde. À travers son objectif, il révèle depuis quarante ans les grandes tragédies humaines : la famine au Sahel, les exodes de population en Yougoslavie ou encore le génocide au Rwanda, qui le marque profondément. « Je ne croyais plus en rien. Personne ne méritait de vivre. » Désillusionné, le photographe se détourne de son art. Accompagné de son épouse, il décide de rentrer au Brésil, sur sa terre natale du Minas Gerais, et de reboiser dès 1998 les terres arides de la ferme familiale. Après huit ans de travail, le couple ressuscite l’écosystème de la mata atlântica, la forêt primaire. Ce vaste chantier redonne espoir à Salgado qui reprend son appareil pour démarrer un nouveau projet photographique intitulé « Genesis », hommage magistral à la nature et sa beauté.

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