Du 27 novembre au 4 décembre 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 28 novembre 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 28 novembre au 4 décembre, Soirée en cloture du cycle « Wim Wenders » vendredi 30 novembre à 20h15 : « Le sel de la terre« . Le film sera suivi d’une rencontre avec le co-réalisateur Juliano Salgado (fils du photographe) en visio conférence, depuis l’Amazonie. En plus les films RST : Un amour impossible  de Catherine Corsini et toujours L’ état des choses de Wim Wenders et En liberté de Pierre Salvadori et au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

D’autres soirées autour du cinéma cette semaine et la prochaine, allez voir sur le blog RST

Le Sel de la Terre, film Documentaire, France, Brésil

de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (1h09)

Synopsis

Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète. Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe.

Récompenses: FESTIVAL DE CANNES 2014 – Prix spécial Un certain regard ; CESARS 2015 – Meilleur Film Documentaire ; FESTIVAL INTERNATIONAL DE SAN SEBASTIAN 2014 – Prix du public

Les séances en version originale sous-titrée

Aujourd’hui Je.29 Ve.30

Sa.1

Di.2

Lu.3

Ma.4

Critique

C’est une photo prise par Sebastião Salgado jeune : dans une mine d’or brésilienne, des grappes humaines, comme accrochées au vide, escaladent une longue pente avec, sur le dos, des sacs pleins de terre, ou d’or, qui sait ? On dirait une image extraite d’Aguirre, la colère de Dieu, le film de Werner Herzog. Lorsque Wim Wenders découvre ce cliché, il y a de nombreuses années, il l’achète, rencontre son auteur, l’apprivoise, s’en fait un ami. A qui il rend hommage dans ce documentaire. A plusieurs reprises, avec tendresse, il filme le visage de son vieux copain qui se projette sur ses clichés d’autrefois. Pour nous signaler la beauté secrète ou parce qu’il découvre, soudain, devant nous, un détail oublié : que viennent faire, par exemple, ces chaussures dans cette échoppe de cercueils de l’extrême Nord brésilien ?

Aidé par le fils du photographe, Wenders suit la carrière de son ami, de son exil, après l’instauration de la dictature dans son pays natal, jusqu’à nos jours. Les albums se succèdent ainsi, fruits de longs efforts : ceux sur l’Amérique latine, le Sahel ou les exodes forcés des populations opprimées… La force de certaines photos saisit : Sebastião Salgado semble constamment opposer la beauté de la nature aux efforts inouïs des hommes pour l’anéantir. Sur l’association délicate qui lie aujourd’hui le photographe, devenu spécialiste de la reforestation brésilienne, à un groupe réputé pour ses méthodes anti-écologiques, le film demeure muet. Wenders évite soigneusement tout ce qui pourrait fâcher. Il reste jusqu’au bout admiratif.  Pierre Murat, Télérama

Un chercheur d’or adossé à un poteau en bois au milieu de la fourmilière de la mine d’or de Serra Pelada au Brésil. Devant cette photographie qu’il découvre pour la première fois dans une galerie, Wim Wenders déclare : « Je ne savais pas qui l’avait prise, mais je me suis dit que ce devait être un grand photographe et un aventurier. » L’auteur de ce cliché n’est autre que Sebastião Salgado, un ancien économiste et réfugié politique brésilien, tombé amoureux de la photographie à 29 ans grâce à sa femme Lélia. Sa passion le poussera à explorer les quatre coins du monde. À travers son objectif, il révèle depuis quarante ans les grandes tragédies humaines : la famine au Sahel, les exodes de population en Yougoslavie ou encore le génocide au Rwanda, qui le marque profondément. « Je ne croyais plus en rien. Personne ne méritait de vivre. » Désillusionné, le photographe se détourne de son art. Accompagné de son épouse, il décide de rentrer au Brésil, sur sa terre natale du Minas Gerais, et de reboiser dès 1998 les terres arides de la ferme familiale. Après huit ans de travail, le couple ressuscite l’écosystème de la mata atlântica, la forêt primaire. Ce vaste chantier redonne espoir à Salgado qui reprend son appareil pour démarrer un nouveau projet photographique intitulé « Genesis », hommage magistral à la nature et sa beauté. Arte

Un amour impossible

de Catherine Corsini (2h15)

Synopsis

À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d’une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c’est pourquoi elle se bat pour qu’à défaut de l’élever, Philippe lui donne son nom. Une bataille de plus de dix ans qui finira par briser sa vie et celle de sa fille.

Les séances en version française

Me.28

Je.29

Ve.30

Sa.1

Di.2

Lu.3

Ma.4

Critique

Un jour, Rachel a droit à une dernière promenade avant que son pervers narcissique adoré ne parte vers un avenir bourgeois dont il l’exclut. Catherine Corsini filme la jeune femme marchant au milieu d’un bois où le muguet forme un gigantesque tapis de promesses de bonheur. Niels Schneider la regarde, de loin, déjà distant. Le comédien est impressionnant de charme toxique et froid. Virginie Efira, elle, trouve son plus beau rôle à ce jour, son visage transfiguré par l’amour s’éteignant, d’un coup, quand tombe le couperet du mépris. Des années plus tard, un séjour sur la Côte d’Azur, où, encore, l’espoir renaît pour s’éteindre aussitôt dans un restaurant de Villefranche-sur-Mer, dans une mise en scène qui évoque les mélodrames de Douglas Sirk.

Mais c’est bien l’histoire d’amour entre Rachel et sa fille qui compte. Chaque détail du quotidien, de la complicité entre cette mère célibataire et cette gamine choyée, rapidement plus intelligente que la moyenne. La dévotion souriante et maternelle contre la rage qui grandit au cœur de l’adolescente (Estelle Lescure, une révélation). Le rejet, puis le pardon, et la réconciliation tardive de deux femmes, toutes deux victimes de la même humiliation sociale.

Un amour impossible est, aussi, une fresque méticuleuse, émouvante, sur la vie des années 1950 et 1960 en province, quand la modernité s’installe petit à petit et que l’émancipation des femmes commence, discrètement, au bureau et dans les cuisines en formica des nouveaux « grands ensembles ». En évoquant alors autant Annie Ernaux que Christine Angot, Catherine Corsini réussit un grand film d’époque, à la fois doux et implacable, sur la condition féminine. Guillemette Odicino, Télérama

Il fallait de grands comédiens pour incarner cette histoire terriblement poignante, qui réjouit, bouleverse puis oppresse au gré des étapes et des visages arborés par le récit. Et heureusement, Catherine Corsini a pu compter sur une immense Virginie Efira, qui mériterait bien son César tant sa performance est dévastatrice. La comédienne belge confirme son immense talent, qui n’attendait qu’un rôle à sa juste mesure pour s’exprimer pleinement. Non seulement elle y est juste, mais Virginie Efira fait tout passer dans son interprétation formidable de sobriété, qui joue du moindre regard, du moindre geste, de la moindre parole pour véhiculer des ressentis épidermiques. Mieux, l’actrice tire ses partenaires dans la bonne direction, emportant avec elle un Niels Schneider que l’on n’a que trop rarement vu aussi bon. Grand film étalé sur près de vingt ans et marqué par une impressionnante finesse d’approche, Un Amour Impossible emporte tout sur son passage. On en ressort tremblotant, voire même en larmes, épris d’empathie et marqué au fer rouge par la cruauté de l’histoire, avec l’envie de dire à nos mères protectrices qu’on les aime. Nicolas Mieux, Mondociné

L’Etat des Choses

de Wim Wenders (1h57)

Synopsis

Au Portugal, dans un hôtel dévasté par une tempête, une équipe de cinéma tourne The Survivors, le remake d’un film de science-fiction des années cinquante. Mais le producteur disparaît soudain sans laisser d’argent, et le tournage doit être arrêté. La consternation fait place au desoeuvrement, puis a l’attente…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.28 Je.29

Ve.30

Sa.1 Di.2 Lu.3 Ma.4

Critique

L’état des choses est un film arrêté qui continue de se faire par d’autres moyens, comme si le cinéma débordait sur la vie et que les personnages, investis de leur statut, déroulaient à l’infini d’autres potentialités fictionnelles, dans un noir et blanc de circonstance, hommage au cinéma expressionniste, mais surtout manière d’envisager le réel par contraste. Si l’une des protagonistes ne parvient pas à saisir l’alliance de la clarté et de l’ombre sur son appareil photographique, on comprend que son regret véhicule en creux le choix esthétique du réalisateur, qui permet une diversité de plans magnifiques, où s’épanouissent les thématiques chères à Wenders : la rêverie, la déambulation, la solitude. Il n’est pas une inflexion qui ne laisse au spectateur le goût amer de l’absurde, même lorsque le film bifurque vers le polar dans sa dernière partie, où le très recherché Gordon apparaît enfin et ratiocine à l’image des autres personnages. Ce producteur qui a lâché tout le monde existe-t-il ? Ou appartient-il à un autre film, dont le tracé implacable signerait sa fin ? Le dénouement, superbe et inattendu, nous laisse face à nos interrogations. Jérémy Gallet Lion d’or à la Mostra de Venise

En liberté

de Pierre Salvadori (1h48)

Synopsis

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

Les séances en version française

Me.28 Je.29

Ve.30 Sa.1

Di.2

Lu.3 Ma.4

Critique

Une comédie policière haut de gamme où les héros se coursent dans un ballet burlesque, en quête du droit d’être et de paraître. Explosif.

En liberté ! porte bien son point d’exclamation : c’est une interjection, un coup de tremplin – et des retrouvailles vivifiantes avec les grandes obsessions de l’auteur. Le décor est celui de la comédie policière. Au hasard d’une descente dans un club BDSM, Yvonne (Adèle Haenel) découvre que son défunt mari et collègue, flic dont elle entretient la légende chaque soir en contant ses exploits passés à leur fils ébahi, était en fait un ripou de la pire espèce. Les inrockuptibles

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