Du 30 janvier au 5 février 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 30 janvier 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 30 janvier au 5 février 2019, Monsieur de Rohena GeraLes chatouilles d’Andréa Bescond et Eric Métayer, et toujours Green Book de Peter Farelly et Les invisibles de Louis Julien Petit au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances

Monsieur

drame romantique indien français, de Rohena Gera (Vostf, 1h39)

Synopsis

Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d’une riche famille de Mumbai. En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Ratna sent qu’il a renoncé à ses rêves. Elle, elle n’a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément.
Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir, s’effleurer…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30

Je.31

Ve.1

Sa.2 Di.3

Lu.4

Ma.5

Critiques

FESTIVAL DE CANNES 2018 – Semaine de la Critique – Compétition -Prix de la Fondation Gan à la Distribution
FESTIVAL DU FILM ROMANTIQUE DE CABOURG – Prix du Public
FESTIVAL DE SAINT-JEAN-DE-LUZ – Prix du Jury -Prix du Public

A Bombay, Ratna (Tillotama Shome) est employée chez Ashwin (Vivek Gomber), fils d’une riche famille de la ville. Il ne manque de rien et traîne pourtant une forme de mélancolie qui le rend doux. Elle a quitté sa province pour échapper à l’assujettissement familial et au poids de son veuvage, une situation jugée encore taboue dans de nombreuses villes indiennes. Bien qu’instruit et respectueux, Ashwin n’échappe pas aux règles d’une tradition qui sépare les domestiques de leur patron. Ratna le sert à table et retourne prendre son repas, assise par terre, dans la cuisine. Ils échangent peu dans cet appartement où va se dérouler un huis clos dont la réalisatrice va tirer parti pour mettre en scène la séparation, cadrant l’un et l’autre de ses personnages dans des portes ou à travers des fenêtres et glissant la caméra entre deux pièces que sépare une cloison. Mais dans cet espace de promiscuité où les corps ne peuvent pas toujours éviter de se frôler, naissent, à travers les silences, des sentiments contre lesquels Ratna comme Arshwin ne peuvent pas lutter. Parvenant à échanger timidement quelques phrases, puis à se parler plus ouvertement, elle va trouver en lui une source d’encouragement à ses désirs de mener une vie nouvelle ; il va recevoir d’elle une écoute qui rompt sa solitude et va l’obliger à se demander quel homme il est au sein de cette société dans laquelle il vit.
Rohena Gera filme avec une grande délicatesse ces deux êtres suspendus à un amour interdit, dont les émotions affleurent sans être prononcées. Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime, préférant la montrer en train de se battre pour s’élever dans la société, en train de danser, de sortir de l’appartement pour se rendre dans sa famille à la campagne, tandis que Ashwin lui y est contraint, empêché, prisonnier de son cocon. Bombay et le monde extérieur ne lui apparaissant guère autrement, dans le film, que de la terrasse de chez lui.
Monsieur porte l’empreinte de la douceur et de la détermination qui émanent de sa réalisatrice. Et cette histoire d’amour qu’elle inscrit fermement dans une réalité sociale et politique dont elle espère faire bouger les lignes, dit à la fois son besoin de dénoncer le statut réservé aux femmes indiennes tout autant qu’aux laissés-pour-compte, et son envie d’espérer. Véronique Cauhapé, Le Monde

Ratna, très jeune veuve originaire de la campagne, est domestique chez Ashwin, le fils d’une famille riche de Bombay. Elle porte un sari comme les femmes de sa condition et remplit consciencieusement sa tâche de servante ; elle ne lâche pas pour autant son rêve de trouver un emploi dans la couture et la mode, tout en payant les études de sa jeune sœur, pour lui éviter un mariage forcé. Le jeune maître, lui, est revenu au pays à la demande de son père, après avoir vécu à New York, et il se sent dorénavant en porte-à-faux, entre tradition et modernité, traînant une douce déprime. Ces deux êtres qui vivent ensemble mais séparés par un infranchissable fossé social apprennent à se regarder, à se considérer, à se soutenir. Entre eux, le trouble naît. Mais chez ces gens-là, monsieur, on ne tombe pas amoureux de la bonne.

Porté par l’intensité tendre de son interprète principale, Tillotama Shome, ce premier long métrage franco-indien recèle une remarquable construction dramatique, loin de Bollywood et proche des drames sentimentaux de l’âge d’or de Hollywood. De petites humiliations ancillaires en frémissements d’émancipation, la cinéaste restitue avec une cruelle précision les carcans sociaux toujours actuels en Inde, où la condition féminine est l’une des pires au monde, et où certains hommes aussi se sentent corsetés. La mise en scène, d’un classicisme gracieux, exploite à merveille le huis clos de l’appartement commun : les portes et les vitres cadrent les corps et les séparent, mais les couloirs sont propices aux frôlements de plus en plus sensuels et aux regards solidaires. Une simple danse, en bas de l’immeuble, suggère un embrasement. Jusqu’à un dénouement à la fois heureux et mélancolique, où de l’empêchement amoureux naît une double libération. Et c’est à l’héroïne de ce Elle et Lui indien que la cinéaste donnera le dernier mot. Celui du courage.  Guillemette Odicino, Télérama

Les chatouilles : une vie brisée par le viol

drame français d’Andréa Bescond et Eric Métayer (1h43 mn)

Synopsis

Odette a huit ans, elle aime danser et dessiner. Pourquoi se méfierait-elle d’un ami de ses parents qui lui propose de « jouer aux chatouilles » ? Adulte, Odette danse sa colère, libère sa parole et embrasse la vie. 

Les séances en version française

Me.30

Je.31

Ve.1

Sa.2

Di.3

Lu.4

Ma.5

Critiques

Si dans un premier temps, la mise en scène allégorique fantasme le chaos des souvenirs d’enfance d’Odette et les entremêle au présent au point d’égarer le spectateur, son dynamisme et son refus de sombrer dans la noirceur transforment vite ce drame difficilement supportable en combat admirable. « Il nous faut construire avec ce qui nous est arrivé, pas contre » déclare Andréa Bescond. En effet, il en faut de l’abnégation pour ne pas haïr cet homme apparemment bien sous tous rapports qui fait l’admiration des parents de la petite victime mais excelle surtout dans l’art de la manipulation de la manière la plus abjecte qui soit. La fillette n’imagine pas d’autre issue que de se taire et son corps tout entier se remplit d’une rage et d’une culpabilité mélangées qu’elle doit absolument expulser aujourd’hui, faute d’avoir pu être écoutée au moment des faits. Car si insupportable soit-elle, si cette violence sexuelle continue de perdurer (un enfant sur cinq serait victime de ce type d’abus rappelle le film), c’est bien grâce au secret (le meilleur allié du pédo-criminel) dont elle s’entoure, comme le décrit entre rage et résilience la jeune réalisatrice, forte de ce qu’elle a vécu.

S’appuyant sur un casting de premier choix, elle fait revivre avec précision une famille de classe moyenne immédiatement identifiable. Soucieuse de faire vivre confortablement tous ses membres mais trop préoccupée par son quotidien, elle est incapable de discerner les vrais problèmes. Karin Viard, capable de passer en quelques secondes de la colère à la douceur, semble prendre un malin plaisir à prêter ses traits à cette mère de famille sèche et peu sympathique qui, pour protéger l’apparence de normalité sociale qui lui est indispensable, s’installe dans un déni si extrême qu’il parvient même à être drôle même s’il laisse supposer qu’elle aussi traîne un lourd passé inavoué. Clovis Cornillac incarne, à l’opposé, un homme simple et bienveillant, entièrement tourné vers l’amour qu’il porte à sa fille. Mais trop naïf pour voir le mal surtout là où il ne semble avoir aucune raison d’exister, il se fera berner de la même façon. Car le doux Pierre Deladonchamps au physique avenant et jusqu’ici abonné aux rôles de personnages respectables se coule admirablement dans la peau de cet homme à la froideur implacable et parvient sans peine à nous convaincre qu’il n’existe pas un portrait-type du pédophile.
De ce parcours généreusement lumineux, dépourvu de haine et même souvent émaillé de jolies notes de tendresse, on retiendra le bonheur d’avoir partagé, le temps d’un film, la renaissance de ceux qui avec courage apprennent à remonter la pente de leur vie. Claudine Levanneur, àVoiràLire

D’une enfance traumatisée par le viol, Andréa Bescond tire un récit alerte sur la résilience et la joie de vivre malgré tout. Un tour de force.

Il n’est pas question de guili-guili, mais d’un sujet grave : les abus sexuels sur enfants. Sauf que les réalisateurs choisissent de le traiter avec une légèreté sin­gulière, et un décalage qui se révèle le meilleur facteur de résilience. Andréa Bescond peut revendiquer le droit à ce parti pris : cette histoire est la sienne. Après son livre et son spectacle, Les Chatouilles ou la danse de la colère, dont le film est un prolongement, elle choisit de rendre son propos plus universel.

Il était une fois la petite Odette, devenue jeune trentenaire, qui atterrit dans le bureau d’une psy. Pour la première fois, devant cette praticienne, elle rompt la loi du silence et de la honte : elle a été abusée, violée, régulièrement, dans son enfance, par… le meilleur ami de ses parents, ce type si sympathique qui venait déjeuner le dimanche. Comment hurler que cet homme admiré par son père et sa mère (parce qu’il a bien réussi dans la vie) est un malade, une ordure, qui s’enferme avec vous dans la salle de bains, et vous culpabilise quand vous essayez de murmurer « non » ? La petite blonde au teint clair se tait…

Le couple de réalisateurs prend toutes les libertés, jeux avec le fantasme et pas de côté, pour installer une distance avec le sujet. Les lieux et les époques s’emboîtent, les souvenirs passent par les portes du cabinet de la psy ou de la chambre d’Odette comme à travers les cloisons amovibles d’une maison de poupée. L’enfance garde son mot à dire, même si la réalisatrice-danseuse-actrice est devenue, adulte, l’énergie et la rage incarnées.

Autour d’elle, de grands interprètes : Pierre Deladonchamps, glaçant en pédophile mielleux, Clovis Cornillac, bouleversant de simplicité en père qui n’a pas vu le mal, et Karin Viard, la mère. Une femme raide, cassante, peu sympathique, mais dont l’actrice fait un personnage ambigu, sans doute lourd d’un passé sur lequel elle ne s’est pas attardée : la vie est dure, alors elle l’est, elle aussi, devenue. Une femme de cette génération qui n’a jamais eu le temps nécessaire pour demander réparation. Et c’est la grande réussite de ces Chatouilles de montrer à quel point il est bon et beau de se réparer. Guillemette Odicino, Télérama

Green Book

Drame-Biopic américain de Peter Farrelly (2h 10min)

Synopsis et détails

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

Les séances en version française

Les séances en version originale sous-titrée

Me.30 Je.31

Ve.1

Sa.2 Di.3

Lu.4 Ma.5

Extraits de la critique de Sarah Ugolini, Le Quotidien du Cinéma

Quand l’humour et l’amitié viennent à bout des préjugés. C’est la leçon de tolérance que vient nous enseigner « Green Book : Sur les routes du sud ». Un road movie classique et esthétique qui nous plonge au cœur de l’Amérique ségrégationniste des années 60. Mais si le racisme ordinaire de l’époque est omniprésent tout au long de ce film tiré d’une histoire vraie, le centre de l’intrigue reste la naissance d’une amitié entre deux hommes que tout oppose. Cette fresque historique nous fait vivre la rencontre improbable entre Tony Lip, une brute épaisse ventripotente, peu cultivée et aux manières aussi rustres qu’hilarantes, et le Dr Don Shirley, un pianiste noir homosexuel aussi brillant que raffiné et distingué.
Le road trip de ce duo saugrenu qui quitte New York pour vivre l’aventure sur les routes du sud est donc le postulat de départ du film, dont le titre « Green Book » fait référence au guide utilisé par les automobilistes noirs pour les guider en voyage. Il comprenait notamment les hôtels, restaurants et autres établissements réservés aux Afro-Américains.

Au cœur de ce road movie, le duo comique formé par ce dandy confronté à un ours mal léché donne lieu à des répliques bien senties hilarantes, tant le contraste de leurs tempéraments est grand. Dr Shirley est un esthète dont la rigueur frôle parfois la rigidité, alors que Tony est une caricature d’exhubérance et de volubilité italienne qui jure, fume et mange (souvent les deux à la fois) avec un manque de finesse et de subtilité flagrants.

Leur confrontation donne lieu à des comiques de situation irrésistibles. Je fais notamment référence au moment de la dégustation du poulet frit qui est d’une drôlerie savoureuse pour le spectateur. Peu à peu la joie de vivre communicative de Tony va adoucir l’aspect hautain et autoritaire de Don, qui cache en réalité un mal-être et une profonde solitude.

En retour, l’intelligence et la culture du pianiste vont affiner les goûts de Tony en l’éveillant à la beauté de la musique classique. À son contact, il va s’élever et voir peu à peu disparaître les préjugés raciaux ancrés en lui durant des années par un mélange de clichés et d’ignorance. Une évolution du personnage incarnée par un Viggo Mortensen prodigieux de justesse, qui alterne subtilement humour et émotion.

L’hypocrisie de la ségrégation est mis en exergue par la situation sociale ambivalente de Don Shirley. Bien que riche et célébré en tant qu’artiste, il reste interdit de restaurants et d’hôtels prestigieux et est même privé de l’utilisation des toilettes chez les hôtes blancs chez lesquels il est invité à se représenter ! Un paradoxe qui trouve son paroxysme dans une phrase prononcée par un Don Shirley plein de colère et de douleur : « Donc si je ne suis pas assez noir et si je ne suis pas assez blanc, alors dis-moi Tony, je suis quoi ? »

Autant de manifestations insidieuses de la suprématie blanche qui règne alors en Amérique qui poussent les spectateurs à réfléchir, tant elles font écho à la hausse des crimes liés à la haine raciale dans les États-Unis de Donald Trump.

Viggo Mortensen est nommé pour le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie. Une nomination plus que méritée pour cet acteur de génie qui prouve une nouvelle fois son talent de caméléon.

Mahershala Ali, oscarisé l’année dernière pour son rôle de trafiquant de drogue au grand cœur dans « Moonlight », est quant à lui nommé pour le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle. Une distinction entre les deux acteurs que l’on peut presque regretter tant la magie du film repose sur leur duo et leurs deux interprétations magistrales.

Après des comédies déjantées à l’humour potache, voire graveleux, telles que « Dumb et Dumber » ou « Mary à tout prix », Peter Farelly fait de ce premier film en solo une ode bienveillante à la tolérance pleine d’humour et de dérision. À la fin de ce road movie, Oleg, un musicien de Don Shirley, affirme avec fierté pour son ami pianiste : « Le génie n’est pas suffisant, il faut du courage pour changer le cœur des gens.

Ce récit sentimental d’une humanité commune affirmée, nous incite à croire que rien n’est jamais perdu et qu’une histoire d’amitié peut parfois suffire à réduire à néant une vie entière de préjugés.

L’Express par Antoine Le Fur

Pourtant, loin d’être moralisateur, « Green Book » est un film bourré d’humour, dont les joutes verbales entre les deux personnages promettent de faire le bonheur des cinéphiles […]. Si le film fonctionne si bien, c’est sans doute dû à l’alchimie régnant entre ses deux comédiens à forts potentiels oscarisables, Viggo Mortensen et Mahershala Ali.

Mathias the Watcher sur Sens Critique

Alors autant le dire tout de suite, ce film est brillant non pas par sa réalisation mais par son duo d’acteurs. Ali & Mortensen sont juste impeccables tout du long (si on occulte le fait que la prestation d’Ali jouant l’homme bourré n’est pas tellement convaincante). Et c’est cette relation entre deux hommes qui n’ont rien en commun qui va arriver à tirer les bonnes cordes pour nous émouvoir. Un génie plongé dans sa solitude car le monde peut comprendre son art mais ne peut pas accepter sa personne et ceux qui peuvent accepter sa personne ne peuvent comprendre son art. Un génie qui va trouver un sens aux choses sous le regard du rustre de service. Une amitié improbable, n’ayons pas peur des mots, une bromance ! Le film est par moment vraiment drôle, par moment vraiment dur (sans jamais rentrer dans la dureté insoutenable de certaines exactions de l’époque) et parfois un peu stéréotypé également (ce qui n’était pas nécessaire mais ne gêne pas vraiment la vision du film à mon sens).

Les invisibles

Comédie de Louis-Julien Petit, France,  1h42

Synopsis

Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

Les séances en version française

Me.30

Je.31

Ve.1

Sa.2

Di.3

Lu.4

Ma.5

Critiques

Contre l’avis du maire, des assistantes sociales hébergent des femmes SDF. Une comédie sociale savoureuse où ces « invisibles » tiennent leur propre rôle.

Lady Di, Brigitte Macron, Beyoncé et les autres trépignent devant les grilles de L’Envol. Enfin, pas les vraies, mais des sans-abri qui se choisissent un pseudonyme lorsqu’elles viennent trouver un peu de répit dans ce centre d’accueil de jour pour femmes dans le Nord. Une douche, un café, quelques heures au chaud. Elles saisissent aussi la main que leur tendent les travailleuses sociales Audrey et Manu, et les bénévoles comme Hélène. Mais un jour, le couperet tombe : seulement 4 % des femmes accueillies à L’Envol ont réussi à se réinsérer. Bien trop peu pour la municipalité, qui « ne peut plus continuer à dépenser sans résultats » et en conclut qu’il faut fermer le centre. Manu et Audrey décident d’y installer clandestinement un atelier thérapeutique et un dortoir…

Cinq ans après son premier long métrage, Discount, dans lequel les employés d’un supermarché low cost se rebiffaient, Louis-Julien Petit orchestre l’acte deux d’une désobéissance civile jubilatoire. Avec Les Invisibles, il réussit un tour de force : transposer une saisissante matière documentaire sur le quotidien des femmes sans domicile fixe (1) en pétillante comédie sociale. Tout sonne juste. Le casting, porté par quatre attachantes figures de résistantes : Audrey Lamy et Corinne Masiero, si sincères en assistantes sociales risque-tout, Déborah Luku­muena, exquise tornade, et Noémie Lvovsky, parfaite « Bree Van de Kamp de Roubaix » (la bourgeoise bien comme il faut de la série Desperate Housewives) dont le couple vole en éclats… A leurs côtés, on découvre Dalida ou Edith Piaf, une dizaine de femmes qui, toutes, ont connu la grande précarité ou la rue et, pour beaucoup, tiennent ici leur premier rôle, parfois inspiré de leur propre vie. Dirigées avec humour et filmées avec cœur, elles se révèlent. Marie-Hélène Soenen, Télérama

Ce film, aussi dur et dramatique soit-il, est un feel good movie. Le spectateur en ressort grandi, heureux et plein d’espoir, riche de réelles solutions proposées à des gens qui sont dans la misère, et cela, pour tous les types de profils. Vient s’ajouter à cela une peinture d »une administration française compréhensive et non-systématiquement diabolisée, ainsi qu’une histoire d’amour aussi improbable que mignonne.

Ce film est l’occasion également de mieux comprendre le travail des différents acteurs de ce secteur et la place de la loi et de la norme. Il est alors possible de mieux comprendre pourquoi certaines décisions sont prises, qui semblent absurdes. Il s’agit ici de faire comprendre pourquoi l’aide doit être organisée et ne peut être que sporadique. Car comme quand César donnait du pain et des jeux à ses foules pour leur faire oublier la famine, la misère et les morts incessantes des soldats dans ses conquêtes, l’aide qui consiste à donner le gîte et le couvert pour un jour à un sans-abri n’est pas vraiment une aide, mais peut-être même constituer un risque de handicap.

« Les invisibles » est un film essentiellement féminin. Et il est peut-être dommage de noter qu’une partie du salut final vient d’un personnage masculin, alors que tout le combat a été mené par des femmes. Les hommes sont peu développés et représentent souvent des stéréotypes, mais ce sont eux qui apportent une touche comique au film. Abus de ciné

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