Du 20 au 26 février 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 19 février 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 20 au 26 février 2019, Miraï , ma petite soeur de Mamoru Hosoda (animation), Le château  de Cagliostro de Hayao Miyasaki  (animation) et toujours My beautiful boy de Felix Van Groeningen, Minuscule2 d’Hélène Giraud et Thomas Szabo (animation) et Green Book de Peter Farelly au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances

et pour vos agenda:

Prochain apéro-ciné  le 6 mars à 19h à la Terrasse Colbert, et

la prochaine soirée ciné-rencontre vendredi 15 mars à 20h 15 : Breath  de Simon Baker, en préambule au  festival Rochefort Pacifique cinéma et littérature.

Miraï, ma petite soeur

film japonais animation de Mamoru Hosoda (1h38)

Synopsis

Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Les séances en version française

Me.20

Je.21 Ve.22

Sa.23

Di.24

Lu.25 Ma.26

Critiques

A l’arrivée du bébé, le petit Kun se sent abandonné. Le créateur des Enfants loups dépeint les bonheurs et les affres de l’enfance avec grâce et subtilité.

Faut-il encore présenter Mamoru Hosoda, l’un des plus grands réalisateurs d’animation au monde, qui talonne le maître Hayao Miyazaki depuis plusieurs années avec des merveilles comme Les Enfants loups (2012) ou Le Garçon et la Bête (2015) ? Il y abordait à sa manière moderne des thèmes traditionnels comme la filiation et le temps. Son cinquième long métrage est, à nouveau, un petit miracle qui fera fondre même ceux que l’animation japonaise laisse habituellement froids.

Une vue du ciel sur un quartier de maisons bien serrées comme à la parade, puis la descente en piqué dans celle de Kun, un petit garçon qui attend à la fenêtre, en jouant à faire de la buée sur la vitre. Papa et maman vont bientôt rentrer de la maternité avec « le bébé ». Les voilà qui arrivent, Kun dévale maladroitement les escaliers et découvre sa petite sœur. Rapidement, le nourrisson accapare toute l’attention des parents. Kun trépigne, pris d’un gros chagrin. Il se sent abandonné, et ne peut s’empêcher de frapper la rivale avec l’un des wagons de son train électrique. Mais, pas à pas, il va découvrir qu’être grand frère, c’est pour la vie…

Premier instant de grâce quand la mère se penche pour faire découvrir le visage emmitouflé de Miraï (qui veut dire « avenir ») à son grand frère : sous les pinceaux de Hosoda, la mouflette a la fragilité d’un bouton de rose, l’éclat d’une pierre de lune. Avec un sens de l’observation et une précision exceptionnelle du dessin, il capte la vérité de chaque expression ou posture du petit garçon, qu’il dorme avec son pyjama un peu baissé sur les fesses, ou qu’il enjambe, hardi et malhabile, un obstacle trop haut pour lui. La petite enfance est saisie au tamis le plus fin, avec un héros dont les traits évoquent le visage d’un autre enfant de cinéma, mais en images réelles : celui de la jeune Ana Torrent dans L’Esprit de la ruche, de Victor Erice (1973). Quant à la manière du cinéaste de s’attacher aux détails du quotidien familial — les parents débordés par ce deuxième enfant, le père au foyer qui fait du mieux qu’il peut, les légères tensions conjugales —, elle vient, à l’évidence, du cinéma pointilliste d’Ozu.

Pour résorber la jalousie incontrôlable du petit frère, Mamoru Hosoda le fait voyager dans le temps. Partant d’un arbre, au centre du petit jardin de la maison, la chronique réaliste s’envole ou plonge régulièrement dans le passé ou l’avenir : Kun y rencontre, successivement, Miraï devenue collégienne, sa mère sous les traits d’une gamine délurée, ou son grand-père, jeune homme revenu blessé de la guerre. Rien de mieux qu’un arbre généalogique magique pour accepter sa place et son identité. Miraï, ma petite sœur est un merveilleux film sur la famille, pour toute la famille.  Guillemette Odicino, Télérama

Kun, petit garçon enjoué, assiste à l’arrivée dans son foyer de Miraï (prénom qui signifie « l’avenir »), sa petite sœur, un nourrisson qui accapare désormais toute l’attention de ses parents. Dérangé et jaloux, Kun va devoir apprendre à lui faire une place. Miraï, ma petite sœur retrace ainsi le processus émotionnel qui mène dou­cement le petit garçon du rejet à l’acceptation, qui n’est autre que la création d’un lien affectif envers cette sœur importune.

La beauté du film, qui ne sort presque pas du périmètre de la maison, tient à son observation fine des gestes, attitudes et expressions de la petite enfance : descendre un escalier, faire du vélo, réclamer l’attention des adultes, piquer une grosse colère… Autant de tranches de vie qui composent un précis du comportement enfantin. Sentant là une forme de restriction, Hosoda a cru bon d’étayer son étude avec des passages fantasmagoriques qui complexifient inutilement la fiction.

Miraï n’en demeure pas moins un film émouvant, par le caractère réciproque qu’il confère à l’apprentissage. Car il ne revient pas seulement au bambin farouche d’apprendre à partager, mais aussi aux parents inexpérimentés d’assimiler leurs rôles d’éducateurs, ce qui n’a rien d’évident (notamment pour le personnage, assez rare, du père au foyer). Ici, l’enfance ne désigne pas seulement un âge, mais aussi le tâtonnement universel des premières fois. Mathieu Macheret, Le Monde

Le château de Cagliostro

film japonais (animation) de Hayao Miyasaki (1h40)

Synopsis

Le célèbre Lupin dévalise un casino mais s’aperçoit que les billets volés sont des faux. En compagnie de son acolyte Jigen, Lupin enquête sur cette fausse monnaie qui le conduit au château de Cagliostro. Ils apprennent alors qu’une princesse, enfermée dans le château, détiendrait la clé d’un fabuleux trésor…

Les séances en version française

Me.20 Je.21

Ve.22

Sa.23

Di.24

Lu.25

Ma.26

Critiques

Sorti en France en VHS au début des années 80, Le château de Cagliostro n’a eu de cesse depuis de gagner du galon, notamment dans les années 90 où sa rareté en France en faisait un véritable bijou à acquérir dans les vide-greniers, puisqu’avant l’avènement des DVD, de la TNT, de l’internet et du téléchargement, le film était tout simplement impossible à se procurer. La canonisation de Miyazaki à la fin des années 90 avec Porco Rosso, mais surtout Princesse Mononoké, relança l’intérêt autour de cette oeuvre d’aventures mettant en scène le petit-fils d’Arsène Lupin, Edgar, affublé de ses deux acolytes habituels (le mafieux et le samouraï). Ici, l’irrésistible séducteur rigolo au visage simiesque, joue de ses manières pour pénétrer dans le mystérieux château d’un comte machiavélique qui détient prisonnier une jeune princesse et un trésor, objet de toutes les convoitises. A ses trousses, on retrouve également l’inspecteur Lacogne avec lequel Edgar assure toutes les prestations comiques.
Les décors gothiques et les gadgets modernes de l’époque se côtoient au service d’une intrigue riche en rebondissements et en situations effrayantes, parfois très proches de l’ambiance deCapitaine Flam (les sbires du comte déguisés en créatures amphibies et le score). L’animation monolithique de l’époque dégage un charme fou et c’est sans difficulté que l’on se retrouve séduit par ce manga quadragénaire.
Grâce à Splendor Films, le film débarque enfin en salle en France. Il aura fallu attendre 2019… Pour pareille oeuvre, cela tient autant de l’exploit que d’une injustice patente. A Voir à Lire

Le premier long métrage d’animation du génie Hayao Miyazaki (« Le Voyage de Chihiro ») datant de 1979, sort seulement en France le 23 janvier. « Le Château de Cagliostro » révèle la fascination du réalisateur pour la culture occidentale, son héros, voleur invétéré, se nommant Lupin (comme le personnage de Maurice Leblanc), alors que l’action se déroule dans un pays imaginaire européen. Une révélation.

Lupin et son acolyte Jigen s’aperçoivent après le braquage d’un grand casino de la côte méditerranéenne que leur butin est composé de faux billets. Sachant qu’un vaste trafic d’argent falsifié est basé dans la principauté voisine de Cagliostro, ils se rendent dans le château du maître des lieux, à l’origine de ces malfaçons. Ils y découvrent qu’une jeune princesse est détenue prisonnière sous l’emprise de Cagliostro qui veut l’épouser pour s’accaparer un fabuleux trésor dont elle à la clé.

Si la perfection des plus belles réalisations de Miyazaki est encore embryonnaire dans « Le Château de Cagliostro », le film reflète toute la fantaisie et le génie de son réalisateur. Son personnage de Lupin, avatar du célèbre Arsène Lupin de Maurice Leblanc, est inattendu dans un film d’animation principalement destiné au jeune public, mais que les plus âgés apprécieront aussi. Une ambiance gothique habite ce « Château de Cagliostro », dont le nom provient d’un célèbre occultiste, aventurier et escroc italien du XVIIIe siècle, Joseph Balsamo, comte de Cagliostro. La fabuleuse bâtisse s’inspire du château de Neuschwanstein de Louis II de Bavière qui inspira également le château de « La Belle aux Bois Dormants » de Walt Disney, devenu le logo du célèbre studio et qu’admire Miyazaki.
A la tête d’une organisation criminelle aux résonnances occultes, Cagliostro et ses sbires renvoient également à une tradition du roman noir (Anne Radcliffe) et populaire dont se sont emparés Louis Feuillade dans « Les Vampires » (1915), puis Georges Franju (« Judex ») ou Pierre Prévert dans « Les Compagnons de Baal » (1968). Bénéficiant du génie visuel propre à Miyazaki, mené à un train d’enfer avec humour avec une romance héroïque dans les règles de l’art, « Le Château de Cagliostro » ne décevra pas les amateurs du maître nippon. Il clôt enfin une filmographie jusqu’ici incomplète en France.

Jacky Bornet, Culturebox

My beautiful boy

Drame américain de Felix Van Groeningen (2h01)

Synopsis

Pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme billant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire. Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à l’héroïne et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance. Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille.

Les séances en version française

Me.20 Je.21 Ve.22

Sa.23

Di.24

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Ma.26

Critiques

D’une réalité criante et déchirante – Le film ouvre sur David qui s’informe sur la méthamphétamine afin de pouvoir comprendre ce que son fils vit et ainsi pouvoir l’aider. S’ensuit un saut en arrière d’un an et un montage erratique entre le passé et le présent afin d’établir la relation entre les deux protagonistes. Vient ensuite la lente descente aux enfers de Nic, le tout à froid, au travers les yeux de son père qui ne comprend pas, comme la majorité du public malheureusement. Les réactions incohérentes du jeune drogué ont provoqué des éclats de rire à travers toute la salle alors que le film était d’une réalité criante et déchirante. Puis viennent le séjour en cure de désintox et le retour à la maison du jeune homme fier de s’être sorti de cette situation. Je me dis que le film est bien, mais ce n’est pas un Basketball Diaries ou un Requiem for a Dream. Il reste tout de même plus d’une heure…

Puis, une discussion anodine fait chavirer son monde, sans que l’auditoire s’en aperçoive. Je vois les têtes devant moi qui valsent au rythme de la musique que Nic écoute dans la voiture, sourire béat au visage. J’appréhende le pire, la rechute est cachée derrière ce masque. À l’écran, le plan change, Nic est en détresse, son sponsor au bout du fil n’arrive pas à le calmer, vous devinez la suite.L’incompréhension d’un père face à son Beautiful Boy

En parallèle, David est aux prises avec son incompréhension face à son fils et à la façon dont il doit intervenir. Il peine à gérer ses émotions et les exprime de façon maladroite, mais tout à fait véridique. Steve Carell livre ici une performance criante de vérité. L’adolescent en moi avait envie de lui en foutre une au visage alors que le père que je suis maintenant aurait aimé pouvoir traverser l’écran et lui faire un énorme câlin.

Timothée Chalamet, qui incarne le jeune Nic, offre une performance nuancée. Jonglant à la perfection les moments où son personnage est à jeun et ceux où il ne fait que semblant de l’être.

Un visage réaliste et détaché de la dépendance – J’ai apprécié le choix de Felix Van Groeningen de montrer un visage réaliste et détaché de la dépendance, plutôt que de nous montrer l’hallucination au travers des yeux de Nic. Les plans de caméra et les blocages démontrent bien les situations de confrontation. Les décors réalistes viennent ancrer les personnages plutôt que de les transformer en caricature qui vivent dans la crasse. La bande sonore sortie tout droit du palmarès des rock stars droguées est phénoménale avec entre autres Nirvana, Neil Young, Amon Tobin, Aphex Twin et, bien sûr, John Lennon.

Je suis resté sans mots jusqu’à la fin du générique et j’ai pris plusieurs heures à digérer Beautiful Boy. Ce n’est certes pas un Basketball Diaries, Requiem for A Dream ou Trainspotting. Ces films, que j’appelle affectueusement mes Feel-Bad movies, je peux les regarder sans problème. Beautiful Boy est venu creuser au fond de mon être et m’a ébranlé, je crois que d’en faire la réécoute sera une tâche ardue. La critique de Yann Fournier sur GeeksandCom

Pour ce projet, Van Groeningen s’est inspiré de deux livres de souvenirs, écrits par un père, le journaliste David Sheff, et son fils Nic. David a eu Nic d’un premier mariage, il a ensuite deux autres enfants avec sa seconde femme. Pour des raisons non expliquées dans le film « Beautiful boy », on découvre que David a obtenu la garde quasi exclusive de Nic pendant toute son enfance. A l’écran, on découvre un père aimant et attentionné, qui nourrit une belle complicité avec son fils aîné. Quelle n’est donc pas sa surprise lorsqu’il découvre, au sortir de l’adolescence de Nic, que celui-ci est devenu un « drug addict », en particulier de la méthamphétamine, qui provoque des ravages.

« Beautiful boy » raconte un double calvaire. D’abord celui de David, qui souffre de sentir son amour totalement impuissant à sortir son fils de l’impasse. Ensuite, celui de Nic, incapable de suivre une cure de désintoxication efficace, en permanence tiraillé entre le manque et la honte de décevoir son père. Van Groeningen évite de sombrer dans le mélodrame dégoulinant, et s’il réussit cette prouesse, c’est grâce à son écriture et sa mise en scène pudiques, mais aussi et surtout grâce à l’excellence de son duo d’acteurs.

Steve Carell prouve une fois de plus – si besoin en était – qu’il est un des plus grands acteurs de composition d’aujourd’hui, il campe un père à la fois dévasté et pétri d’humanité. Quant au jeune Timothée Chalamet, révélé au printemps dernier avec sa nomination à l’Oscar du meilleur acteur pour « Call me by your name », il montre une maîtrise impressionnante dans le rôle de ce fils hypersensible et manipulateur malgré lui – un rôle qui, comme tous les rôles d’alcoolique ou de drogué, est un vrai piège, qui peut entraîner les acteurs à surjouer dangereusement.. Chez Chalamet, il n’en est rien -. Grâce au duo Carell/ Chalamet, « Beautiful boy » laisse une émotion profonde et durable chez le spectateur. Hugues Dayez de la RTBF 

Minuscule 2 – Les Mandibules du Bout du Monde

Film d’animation de Thomas Szabo et Hélène Giraud (1h32)

Synopsis

Quand tombent les premières neiges dans la vallée, il est urgent de préparer ses réserves pour l’hiver. Hélas, durant l’opération, une petite coccinelle se retrouve piégée dans un carton… à destination des Caraïbes !
Une seule solution : reformer l’équipe de choc ! La coccinelle, la fourmi et l’araignée reprennent du service à l’autre bout du monde. Nouveau monde, nouvelles rencontres, nouveaux dangers… Les secours arriveront-ils à temps ?

Les séances en version française

Me.20

Je.21

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Sa.23

Di.24

Lu.25

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Critiques

Entièrement français, ce second opus est encore plus réussi que le précédent. Une poésie et une invention à couper le souffle – Délocalisé dans la jungle et sur les plages de Guadeloupe après un prologue dans le parc du Mercantour, en écho au premier épisode qui s’y dérou­lait en intégralité, le film repose sur une belle histoire de solidarité entre insectes pour retrouver la coccinelle perdue. D’où des scènes tantôt comi­ques (les courses-poursuites), tantôt dramatiques (la cérémonie funéraire), et toujours d’une poésie et d’une invention à couper le souffle. Le message écologique sur les dégâts causés par l’avidité des hommes ne prend jamais le pas sur le récit. Les affrontements épi­ques entre les fourmis rouges et noires du premier épisode s’inspiraient ouvertement du Seigneur des anneaux et des codes du western. Cette fois, les aventures tropicales de la coccinelle citent Fitzcarraldo ou l’Homme de Rio. Avec ces allers-retours cons­tants entre ancien et moderne, le cartoon à la française atteint la perfection. Télérama

Une odyssée inventive et drôle – Dans Minuscule, la Vallée des fourmis perdues (long-métrage sorti en 2014), deux bandes rivales de fourmis se crêpaient férocement le chignon pour une boîte de sucre. Une guerre filmée à hauteur d’herbe et de racines, l’œil rivé au sol, à la façon des documentaires animaliers. En entreprenant le voyage vers les Caraïbes, Minuscule 2. Les Mandibules du bout du monde prend de la hauteur et emprunte une autre voie, celle du récit d’aventure. Les deux auteurs, Thomas Szabo et Hélène Giraud, l’ont voulu ainsi, soucieux avant tout de se renouveler, plutôt que de se reposer sur leurs lauriers et le César qui, en 2015, avait couronné leur premier film d’animation.

Trois personnages – la coccinelle, la fourmi et l’araignée – se retrouvent dans les deux films. Au même titre que la drôlerie, la magnificence des paysages, l’inventivité du récit, de l’image et des bruitages. Demeure également le procédé cinématographique qui consiste à tourner en décors réels et à y intégrer, ensuite, les insectes filmés en images de synthèse. Ce lien assure une continuité que le cadre ouvre, cependant, à d’autres horizons et à un champ plus large des possibles.

Le dépaysement bouscule les petits héros du film. Il semble aussi avoir créé chez les auteurs une véritable jubilation

Car en les entraînant dans les airs, sur les mers, dans le ventre d’un requin ou dans des grottes, Minuscule 2. Les Mandibules du bout du monde expose ses bestioles à un autre bestiaire et à de nouvelles péripéties. Le dépaysement bouscule les petits héros du film. Il semble aussi avoir créé chez les auteurs une véritable jubilation, si l’on en juge par le nombre de pistes qu’emprunte le récit, à la fois conte fantastique, odyssée et fable écologique. Et la liberté de mouvement que s’autorise la mise en scène, plus ample et plus fluide que dans le premier volet.

L’histoire n’évite pas toujours les digressions trop longues qui en font parfois perdre un peu le cap. Qu’importe. Les bébêtes retombent toujours sur leurs pattes. La magie qui s’opère dans cette rencontre de l’infiniment grand et de l’infiniment petit reste intacte. Et, dans ce virage qui l’emmène sous les tropiques, la saga produite par la société française Futurikon continue d’enchanter. Véronique Cauhapé, LE MONDE

Green Book

Drame-Biopic américain de Peter Farrelly (2h 10min)

Synopsis et détails

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

Les séances en version française

Me.20

Je.21

Ve.22

Sa.23

Di.24

Lu.25

Ma.26

Extraits de la critique de Sarah Ugolini, Le Quotidien du Cinéma

Quand l’humour et l’amitié viennent à bout des préjugés. C’est la leçon de tolérance que vient nous enseigner « Green Book : Sur les routes du sud ». Un road movie classique et esthétique qui nous plonge au cœur de l’Amérique ségrégationniste des années 60. Mais si le racisme ordinaire de l’époque est omniprésent tout au long de ce film tiré d’une histoire vraie, le centre de l’intrigue reste la naissance d’une amitié entre deux hommes que tout oppose. Cette fresque historique nous fait vivre la rencontre improbable entre Tony Lip, une brute épaisse ventripotente, peu cultivée et aux manières aussi rustres qu’hilarantes, et le Dr Don Shirley, un pianiste noir homosexuel aussi brillant que raffiné et distingué.
Le road trip de ce duo saugrenu qui quitte New York pour vivre l’aventure sur les routes du sud est donc le postulat de départ du film, dont le titre « Green Book » fait référence au guide utilisé par les automobilistes noirs pour les guider en voyage. Il comprenait notamment les hôtels, restaurants et autres établissements réservés aux Afro-Américains.

Au cœur de ce road movie, le duo comique formé par ce dandy confronté à un ours mal léché donne lieu à des répliques bien senties hilarantes, tant le contraste de leurs tempéraments est grand. Dr Shirley est un esthète dont la rigueur frôle parfois la rigidité, alors que Tony est une caricature d’exhubérance et de volubilité italienne qui jure, fume et mange (souvent les deux à la fois) avec un manque de finesse et de subtilité flagrants.

Leur confrontation donne lieu à des comiques de situation irrésistibles. Je fais notamment référence au moment de la dégustation du poulet frit qui est d’une drôlerie savoureuse pour le spectateur. Peu à peu la joie de vivre communicative de Tony va adoucir l’aspect hautain et autoritaire de Don, qui cache en réalité un mal-être et une profonde solitude.

En retour, l’intelligence et la culture du pianiste vont affiner les goûts de Tony en l’éveillant à la beauté de la musique classique. À son contact, il va s’élever et voir peu à peu disparaître les préjugés raciaux ancrés en lui durant des années par un mélange de clichés et d’ignorance. Une évolution du personnage incarnée par un Viggo Mortensen prodigieux de justesse, qui alterne subtilement humour et émotion.

L’hypocrisie de la ségrégation est mis en exergue par la situation sociale ambivalente de Don Shirley. Bien que riche et célébré en tant qu’artiste, il reste interdit de restaurants et d’hôtels prestigieux et est même privé de l’utilisation des toilettes chez les hôtes blancs chez lesquels il est invité à se représenter ! Un paradoxe qui trouve son paroxysme dans une phrase prononcée par un Don Shirley plein de colère et de douleur : « Donc si je ne suis pas assez noir et si je ne suis pas assez blanc, alors dis-moi Tony, je suis quoi ? »

Autant de manifestations insidieuses de la suprématie blanche qui règne alors en Amérique qui poussent les spectateurs à réfléchir, tant elles font écho à la hausse des crimes liés à la haine raciale dans les États-Unis de Donald Trump.

Viggo Mortensen est nommé pour le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie. Une nomination plus que méritée pour cet acteur de génie qui prouve une nouvelle fois son talent de caméléon.

Mahershala Ali, oscarisé l’année dernière pour son rôle de trafiquant de drogue au grand cœur dans « Moonlight », est quant à lui nommé pour le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle. Une distinction entre les deux acteurs que l’on peut presque regretter tant la magie du film repose sur leur duo et leurs deux interprétations magistrales.

Après des comédies déjantées à l’humour potache, voire graveleux, telles que « Dumb et Dumber » ou « Mary à tout prix », Peter Farelly fait de ce premier film en solo une ode bienveillante à la tolérance pleine d’humour et de dérision. À la fin de ce road movie, Oleg, un musicien de Don Shirley, affirme avec fierté pour son ami pianiste : « Le génie n’est pas suffisant, il faut du courage pour changer le cœur des gens.

Ce récit sentimental d’une humanité commune affirmée, nous incite à croire que rien n’est jamais perdu et qu’une histoire d’amitié peut parfois suffire à réduire à néant une vie entière de préjugés.

L’Express par Antoine Le Fur

Pourtant, loin d’être moralisateur, « Green Book » est un film bourré d’humour, dont les joutes verbales entre les deux personnages promettent de faire le bonheur des cinéphiles […]. Si le film fonctionne si bien, c’est sans doute dû à l’alchimie régnant entre ses deux comédiens à forts potentiels oscarisables, Viggo Mortensen et Mahershala Ali.

Mathias the Watcher sur Sens Critique

Alors autant le dire tout de suite, ce film est brillant non pas par sa réalisation mais par son duo d’acteurs. Ali & Mortensen sont juste impeccables tout du long (si on occulte le fait que la prestation d’Ali jouant l’homme bourré n’est pas tellement convaincante). Et c’est cette relation entre deux hommes qui n’ont rien en commun qui va arriver à tirer les bonnes cordes pour nous émouvoir. Un génie plongé dans sa solitude car le monde peut comprendre son art mais ne peut pas accepter sa personne et ceux qui peuvent accepter sa personne ne peuvent comprendre son art. Un génie qui va trouver un sens aux choses sous le regard du rustre de service. Une amitié improbable, n’ayons pas peur des mots, une bromance ! Le film est par moment vraiment drôle, par moment vraiment dur (sans jamais rentrer dans la dureté insoutenable de certaines exactions de l’époque) et parfois un peu stéréotypé également (ce qui n’était pas nécessaire mais ne gêne pas vraiment la vision du film à mon sens).

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Et toujours :

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