Du 10 au 16 avril 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 10 avril 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 10 au 16 avril 2019, C’est ça l’amour de Claire BurgerSibel de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti et Dumbo de Tim Burton, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances

C’est ça l’amour

Drame français de Claire Burger, 1h38

Synopsis

Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.
Séances en Version Française (VF)
Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16
13h30 13h30 18h10 16h00 16h00 16h00
20h20 18h10 20h20

Critiques

Librement inspiré de l’histoire de la réalisatrice, ce deuxième long métrage est, comme le précédent, tourné à Forbach, avec un casting en partie non professionnel. A l’énergie brute du naturalisme, se mêlent des visions mélancoliques ou burlesques. Comme ce moment cafardeux où Mario, au volant de sa voiture, écoute de l’opéra sur un parking la nuit. Déboule alors une femme, surgie de nulle part, qui l’oblige à questionner ses préjugés sur les différences entre les sexes…
Mine de rien, cette œuvre modeste, touchante, bouscule les conventions de genre, en offrant à Bouli Lanners un type de rôle plus souvent associé au caractère féminin. Celui d’un personnage très émotionnel, qui n’hésite pas à se définir par ses liens familiaux. « Toute ma vie, c’est vous aimer », balbutie-t-il à son épouse et ses enfants. Dans cette ville de l’Est à la fois sinistrée et pleine de vitalité, chacun se confronte à l’amour : la benjamine découvre sa sexualité avec une camarade de classe, la plus grande refuse les relations durables. Armelle, leur mère, refait sa vie… Mario, lui, devenu un poids pour ses proches, cherche sa place, notamment en intégrant une troupe théâtrale. Bouli Lanners est formidable, émouvant, tout comme ses deux jeunes partenaires. Et la réinterprétation par Mario, sur scène, d’un célèbre extrait du ballet Le Parc, d’Angelin Preljocaj, parviendrait presque à nous faire croire que l’on peut s’envoler, juste par la grâce d’un baiser. Hélène Marzolf, Télérama

 

Cet homme, Mario, a les traits du comédien Bouli Lanners, plus tendre et désorienté que jamais. Mario n’empêche pas sa femme Armelle de faire ses valises, mais il lui demande de revenir vite, après qu’elle ait pris le temps de pause dont elle a besoin. C’est ça aussi, l’amour, semble suggérer le film : savoir laisser partir. Ce n’est cependant pas tout à fait ainsi que les choses se passent. Mario continue de chercher sa femme, il voudrait lui parler, s’inscrit à un groupe de théâtre un peu pour dépasser ses limites, un peu pour se rapprocher d’elle, puisqu’elle travaille justement dans ce théâtre. La situation est surtout rude par rapport aux deux filles adolescentes du couple – Frida, 14 ans, et Niki, 17 ans presque 18 –, qui sont restées avec leur père. Avec elles, c’est une alternance incessante entre des moments de grande affection et de complicité (un pied qui caresse la jambe de papa pendant qu’on regarde la télévision ensemble) et des bouderies et des scènes, en particulier de la part de la plus jeune, qui vient de vivre sa première déception amoureuse et sent plus fort que l’aînée l’absence de la mère, car Niki est de son côté toute entière tournée vers l’âge de la majorité qui approche et l’indépendance qui va avec.

Au-delà des performances exceptionnelles de tous les membres de la troupe, la grande force de ce film, applaudi extrêmement chaleureusement hier par le public vénitien, face à un Lanners visiblement très touché, réside dans l’authenticité avec laquelle il raconte le quotidien d’une famille défaite, la douleur de la séparation, les enfants qui grandissent et s’éloignent, mais surtout l’abasourdissement d’un homme qui voudrait tout arrêter, car il aime sa famille et voudrait qu’elle reste unie, un homme « maternel », généreux et sensible, passionné d’art (une passion qu’il cherche à transmettre à ses filles) et si compréhensif avec les autres. « Toute ma vie, c’est vous aimer », dit Mario lors de ce qui est, peut-être, leur dernier moment tous les quatre ensemble, sur le grand lit de la maison. Reste qu’aimer, c’est aussi laisser partir, comme on disait, et la femme est tellement déterminée à continuer sa vie ailleurs, en prenant avec elle ses filles, que Mario est obligé de lâcher les rènes. Une occasion pour lui de se retrouver, et de vivre lui aussi plusieurs nouvelles premières fois importantes. Vittoria Scarpa pour Cineuropa après la projection de C’est ça l’amour à la Mostra de Venise (traduit de l’italien)

Sibel

Drame sentimental turc, réalisé par Çagla Zencirci et  Guillaume Giovanetti (1h35)

Synopsis

Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.
Séances en Version Originale (VO)
Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16
18h00 18h00 18h00 18h10 18h10

Critiques

L’émancipation d’une jeune muette face à l’intolérance de son village isolé. L’actrice Damla Sönmez, déjà star en Turquie, illumine ce conte politique.

Premier plan sur ses yeux si verts, si ouverts, en alerte : une jeune femme guette dans la forêt avec son fusil, puis se met à courir à perdre haleine jusqu’à une cabane, où elle dispose des entrailles animales dans une fosse. Sibel semble préparer un piège (pour qui, pourquoi ?), puis elle retourne travailler dans les champs, parmi d’autres femmes aux foulards bigarrés, qui sifflent pour se donner des nouvelles d’une plantation à l’autre, car « ici ça ne capte pas »…

A Kusköy, un petit village turc perdu dans une vallée proche de la mer Noire, tout le monde « parle » une langue sifflée inventée il y a des siècles pour s’entendre par-delà les reliefs. Pas d’autre choix que ce langage volatile, en revanche, pour la si belle Sibel, puisqu’elle est muette. La fière aînée du maire, rejetée en raison de son handicap, cherche à s’intégrer en tuant un loup, qui hante les villageois. Mais, un jour, c’est un homme traqué, blessé, qu’elle rencontre, sauve et cache. Car Sibel ne craint pas non plus ce « loup »-là…

Quel film captivant ! Venu du documentaire, le couple franco-turc Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti a su impliquer la population dans un conte forestier qui prend, de plus en plus violemment, les contours d’un suspense politique sur le courage obstiné d’une jeune femme, et son émancipation — sociale, sexuelle — dans une société patriarcale. Où la toxicité suprême est de rendre les femmes agressives entre elles, tant elles sont déchirées entre la fierté d’être données en mariage et leur instinct caché d’indépendance.

Le mouvement du film est cons­tant : les réalisateurs s’arriment à leur héroïne, quand elle rejoint l’homme, le déserteur, dans cette forêt qu’elle connaît comme sa poche. Ou lorsqu’elle marche, le menton insolemment levé, dans les rues du village, où tout le monde chuchote sur son passage. Jusqu’à la maison familiale, où elle remplit les tâches domestiques pour son père, veuf et écartelé entre son statut traditionnel et son amour filial — cette figure masculine, naturellement libérale, est magnifique. Cœur haletant d’une mise en scène où la nature et les couleurs éclatent de toutes parts, Sibel avance, le visage tour à tour terreux et barré de rouge à lèvres hâtivement effacé, qui laisse sur sa joue comme une peinture de guerre. Dans le rôle, Damla Sönmez, déjà star en son pays, et qui a mis six mois à apprendre la langue sifflée, est renversante : la plus belle des héroïnes pour faire entendre, très loin, le mot « liberté ». Guillemette Odicino, Télérama

Une jeune fille, l’héroïne éponyme, Sibel (Damla Sönmez, d’emblée inoubliable), muette, ne s’exprime que grâce à la langue sifflée du village. Bénéficiant de la protection autoritaire de son père veuf (Emin Gursoy), maire du lieu, elle n’en est pas moins tenue à l’écart par les autres femmes, qui la perçoivent comme maudite et craignent une contagiosité de son handicap. Un handicap qui, tout en la plaçant aux marges de cette micro-société et en lui déniant le statut de femme, lui permet de bénéficier de certains avantages, comme l’autorisation tacite de ne pas voiler ses cheveux ou encore celle, que lui envie tant sa sœur cadette, d’aller et venir librement, armée d’un fusil que lui a confié son père.

Il résulte de cet état de fait un partage clair de l’espace : les champs, le village, la maison, régis par les lois humaines, lieux dans lesquels la singularité de Sibel explose et conditionne tous ses échanges. Et la forêt vers laquelle elle fuit, protégée par son arme, et qui recouvre sa fonction originaire d’espace soustrait aux lois des hommes. Une forêt de conte, aussi, sur laquelle la jeune fille aux cheveux libres semble régner, et qui abrite sous ses arbres d’autres actants du conte : le loup, que l’héroïne traque, et qui est aussi comme une résurgence d’Asena, la louve chamanique, de laquelle seraient descendues les tribus turques ; la figure de la sorcière, qui prend ici les apparences d’une vieille folle, Narin (Meral Çetinkaya), que Sibel est la seule à côtoyer sans crainte et qui cache un antique chagrin, mais qui saura guider la jeune femme par ses paroles, entre prophétie et incantation ; et l’inconnu (Erkan Kolcak Kostendil), prince charmant ou ogre, selon ce qu’en décidera le conte… Un inconnu qui ancre toutefois le scénario dans le XXIème siècle, puisque la police qui le cherche le présente comme un dangereux terroriste, alors que lui affirme avoir au contraire fui le service militaire.

Au creux de cette forêt qui est son domaine, Sibel, homonyme de Cybèle, la déesse grecque de la nature sauvage, pourra laisser sa beauté et sa personnalité éclore. Mais la forêt offrira aussi comme une spatialisation de la mémoire collective, métaphorisant son inconscient, en se faisant gardienne et dépositaire des ossements que tous auraient préféré voir disparaître, puisqu’ils témoignent d’un ancien crime.

Porté par l’interprétation de Damla Sönmez, qui non seulement joue son personnage mais le danse, presque, de la tête aux pieds, tant sa gestuelle est précise, et servi par les cadrages inspirés d’Eric Devin, ce troisième long-métrage de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti ne se quitte qu’à regret, tant l’on voudrait poursuivre l’exploration des méandres de cette histoire, entre puissance de l’imaginaire archaïque et mordant de la réalité socio-politique. Anne Schneider, Sens Critique

Dumbo

Film américain de Tim Burton, Aventures (2h04)

Synopsis

Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…

Séances en Version Française (VF)
Me.10 Je.11 Ve.12 Sa.13 Di.14 Lu.15 Ma.16
15h40 15h40 15h40 15h40 10h50 13h30 13h30
20h10 20h10 20h10 15h40 15h50 15h50
20h10 20h20 20h20

Critiques

Travaillant constamment la photographie et les textures, comme l’enchevêtrement de techniques en dur et du numérique, le réalisateur retrouve une richesse graphique qu’il paraissait avoir abandonnée. Et alors qu’il s’immerge totalement dans cette fable où ses thèmes récurrents s’égrènent les uns après les autres, il nous fait la surprise de l’émotion.

Elle prend de l’ampleur avec la déclaration d’amour au spectacle vivant qui structure le film. En particulier lors d’un dernier acte où les blessés se relèvent et où les bonimenteurs bonimentent, à la faveur d’une séquence qui s’amuse à multiplier les illusions au sein d’un même plan. Une séquence pour mieux en appeler au souvenir d’un cinéma analogique, à l’amour dévorant de trucage qu’on ne s’attendait à revoir dans un blockbuster de tonton Mickey.

Même la partition aussi envahissante que grossière de Danny Elfman ne peut rien y faire, pas plus que l’animation parfois vilaine du petit éléphant : il émane du film de purs saillies sentimentales, de longues plages d’émerveillement, auxquelles les remakes live de Disney ne nous avaient pas habitués.

Parce qu’à la manière d’un monstre de foire, Dumbo ne se laisse jamais appréhender ou attraper, qu’il déjoue les enjeux attendus et se renouvelle sans cesse, il touche au cœur.  Simon Riaux, Ecran Large

Grand cirque créatif mêlant des numéros d’une beauté infinie à la tristesse de l’envers du décor. Le rire est parfois cruel. Micro-critique de Vince490

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