Du 8 au 14 mai 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 8 mai 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 8 au 14 mai 2019,

Working woman de Michal AviadRetour de flamme de Juan Vera, et toujours Le vent de la liberté de Michael Bully Herwig,  La lutte des classes de Michel Leclerc et Dumbo de Tim Burton, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances

A noter dans vos calepins! Rochefort sur  Toile organise un cycle de films d’Amérique Latine :  du 16 au 24 mai 2019

                                  ¡ Vamos al ciné !

5 films seront projetés et 5 soirées spéciales seront organisées . Pass à 23 euros pour les 5 films.

Working woman

Drame israélien de Michal Aviad (1h30, vost)

Synopsis

Orna travaille dur afin de subvenir aux besoins de sa famille. Brillante, elle est rapidement promue par son patron, un grand chef d’entreprise. Les sollicitations de ce dernier deviennent de plus en plus intrusives et déplacées. Orna prend sur elle et garde le silence pour ne pas inquiéter son mari. Jusqu’au jour où elle ne peut plus supporter la situation. Elle décide alors de changer les choses pour sa famille, pour elle et pour sa dignité.

Séances en Version Originale sous titrée (VOST)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
20h30 18h10 13h45 20h30 13h30 15h45 18h10
20h30 18h10 20h30

Critiques

Un choc ! Un séisme dont les répliques vous poursuivront toujours. A travers un film d’apparence classique, la réalisatrice née à Jérusalem Michal Aviad, va marquer votre âme et votre sensibilité à jamais. Par la description d’une emprise lente, insidieuse, « Working woman » vous jette à la figure en quoi consiste exactement le harcèlement sexuel et décrit sans pathos ses conséquences : le chaos au sein de la famille, la sidération, le dégoût. Orna et Ofer se sont lancés dans l’ouverture d’un petit resto et le chemin n’est pas pavé de roses : les clients tardent à y prendre leurs marques ; il n’y a guère que les créanciers qui soient assidus. Mais l’amour qui les unit leur donne la force, chaque jour, de faire face et de s’occuper de leurs trois bouts de chou. Lorsque Orna trouve du boulot chez un riche promoteur immobilier, ils se disent que c’est sans doute une bonne solution pour injecter de l’argent frais dans les finances du ménage. Et puis, soyons clair : elle se sent valorisée et s’éclate dans ce boulot où elle se montre efficace. Elle est même devenue indispensable à son patron, Benny. Un peu trop…

Le glissement vers l’intolérable sera si rampant, que l’avidité de Benny parviendra à contourner la prudence teintée de défiance d’Orna. Premier signe : il lui demande de lâcher ses cheveux, puis la pousse à s’acheter une tenue classe pour recevoir des clients français. Lorsqu’ils travaillent, Benny réduit de plus en plus la distance entre les corps. Et puis un jour, il lui vole un baiser. Benny promet : ça ne se reproduira plus, il ne sait pas ce qui lui a pris… Mais l’emprise recommence, machiavélique. Ofer lui-même va jouer un rôle inconscient en demandant à Orna de réclamer une avance à son patron. Lors d’un voyage d’affaires à Paris, Benny va franchir le Rubicon.

« Working Woman » montre aussi la société israélienne comme on l’a rarement vue. Il y a, en particulier, une scène passionnante où Orna tente de vendre plusieurs appartements à quelques couples âgés et parvient à les convaincre en leur assurant que, s’ils signent tous ensemble, une grande pièce du rez-de-chaussée leur sera réservée pour qu’ils puissent s’y retrouver tous ensemble, parler, prier.

Si jusqu’ici la souffrance de ces milliers de femmes victime de harcèlement à travers le monde vous est restée abstraite, « Working woman » va résolument changer la donne. Jacques Brinaire, La Nouvelle République

Dans la façon de filmer de Michal Aviad, on remarque 3 constantes : l’utilisation presque exclusive de plans séquence, le plus souvent assez longs ; le fait de filmer le plus souvent Orna de dos lors de ses déplacements ; le fait de parsemer son film de scènes au cours desquelles 2 événements se déroulent, celle en premier plan étant nette, celle en arrière plan étant floue. Ces choix permettent de donner autant d’importance aux gestes qu’aux mots, ce qui correspond bien au déroulement d’un harcèlement, et de privilégier le point de vue de Orna dans ce qui est montré.

C’est (malheureusement !) un sujet universel que Michal Aviad a choisi de traiter dans son deuxième long métrage de fiction : le harcèlement que subissent de nombreuses femmes dans le cadre de leur travail, que ce soit de la part de leurs employeurs, de leurs supérieurs hiérarchiques ou de simples collègues. Aidée par une très bonne distribution, elle le fait avec beaucoup de tact, en s’écartant du spectaculaire et du graveleux. Si le choix de ce sujet l’autorise à ne jamais aborder de façon frontale la situation politique en Israël, le fait que ce travail se déroule dans les affaires immobilières lui permet de montrer comment son pays et les agents immobiliers vendent aux plus riches, souvent en provenance de l’étranger, les derniers espaces naturels en bord de mer. Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film.fr 

Retour de flamme

Comédie argentine de Juan Vera (2h09, vost et vf)

Synopsis

Marcos et Ana, mariés depuis 25 ans, traversent une crise de la cinquantaine. Le départ de leur fils pour ses études à l’étranger remet en question leur quotidien de couple. Ils décident alors de se séparer d’un commun accord. De prime abord fascinant et intense, le célibat se révèle bientôt monotone pour elle et presque un cauchemar pour lui.

Séances en Version Originale sous titrée (VOST)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
13h30 13h30 15h45 13h30 10h50 13h30 13h30
17h55 17h50 17h50 17h55 15h30 17h50 17h50
19h45 20h10 19h50 19h45 20h10 20h10 20h10

Critiques

Un couple de quinquas pourtant heureux décide de se séparer… La réflexion sur l’appel de la liberté fait mouche, portée par un duo d’acteurs épatants.

Marcos est un universitaire à l’humour teinté de cynisme. Sa belle épouse, Ana, le trouve toujours aussi drôle, et lui la désire (presque) comme au premier jour. Ils ont 50 ans ; ils sont mariés et heureux depuis vingt-cinq ans dans ce grand appartement où se sont accumulés leurs souvenirs. Pourtant, quand leur unique fils quitte le foyer, le couple commence à s’interroger. S’aiment-ils encore vraiment ? A force de chercher la petite bête, ils décident de se séparer…

Inutile de prolonger le suspense puisque le titre français est programmatique : Marcos et Ana se retrouveront. Mais ce n’est pas ce qui compte dans cette comédie de rééducation sentimentale sur « l’amour le moins probable », comme le dit, bien mieux, le titre original. Car le réalisateur fait le choix, malin, de marier un sujet à la mode (l’amour après 50 ans) et une réflexion, plus amère, sur les sirènes de la liberté, l’obsession moderne de vibrer encore et toujours. Pendant que madame, finalement, s’ennuie au lit avec d’autres hommes, monsieur succombe au schéma du démon de midi. La chair n’est pas forcément triste, mais, aussi nouvelle soit-elle, elle reste étrangère. La mise en scène demeure très classique mais l’intelligence des situations et des dialogues est constante. Une partition rêvée pour deux interprètes épatants : la lumineuse Mercedes Morán, vue dans Neruda de Pablo Larraín, et, surtout, Ricardo Darín. Œil qui frise, sourire charmeur, justesse absolue entre désir d’explorer et regret d’hier, la star argentine est irrésistible. Guillemette Odicino, Télérama

Marcos et Ana ont 50 ans et sont mariés depuis 25. Complices, amis, confidents, les deux tourtereaux semblent former un couple parfait, un de ceux qui durent, résistant aux aléas du temps et de l’existence. Mais lorsque leur fils va quitter le foyer familial pour poursuivre ses études à l’étranger, un vide s’installe, laissant la place à de nombreux questionnements. Est-ce encore de l’amour ou une simple habitude ? Est-ce que les sentiments amoureux ont laissé place à une affection de coutume ? Sans attendre les réponses, le duo décide de se séparer, espérant trouver dans le célibat une nouvelle liberté et une seconde jeunesse. Rares sont les films qui ont aussi bien traité la déliquescence de la passion romantique. Retour de flamme est un portrait attendrissant de deux êtres qui traversent une crise existentielle sans en comprendre vraiment les contours. Aidé par Mercedes Morán et Ricardo Darín, deux des figures de proue du cinéma argentin contemporain, le producteur réussit haut la main son passage à la réalisation. Il se focalise sur les relations internes de ce couple, peintes avec beaucoup de naturel, sans aucune outrance et nous livre une comédie romantique touchante et attendrissante. Retour de Flamme a fait un véritable carton en Argentine avec plus de 800 000 spectateurs. Diagonal Cinéma

Le vent de la liberté

thriller historique allemand de Michael Bully Herbig (2h06 vost et vf)

2 prix et 2 nominations au festival 2 cinéma de Valenciennes 2019; 1 prix au festival international du film d’histoire de Pessac 2018

Synopsis

1979. En pleine guerre froide, deux familles ordinaires d’Allemagne de l’Est rêvent de passer à l’Ouest. Leur plan : construire une montgolfière et survoler la frontière. Une histoire incroyable. Une histoire vraie.

Séances en Version Française (VF)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
16h30 17h30
Séances en Version Originale sous titrée (VOST)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
17h30 17h45 17h30

Critiques

Le réalisateur allemand Michaël Bully Herbig, spécialiste des divertissements télévisuels et des comédies à succès, sidéré par le peu d’intérêt de la jeunesse pour l’histoire de l’Allemagne de l’Est, s’appuie sur les témoignages des membres encore vivants des deux familles qui ont vécu il y a tout juste quarante ans ces événements, pour faire revivre tout un pan de l’histoire de son pays en relatant, non sans humour, les péripéties rocambolesques de citoyens bien décidés à retrouver leur liberté à l’Ouest. Après avoir lu un reportage sur un festival de montgolfières, Peter et Doris Strelzyk et leurs amis Petra et Günter Wetzel envisagent de s’évader en ballon. Construire une montgofière ne paraît pas si difficile pour Peter, qui a reçu une formation de technicien aéronautique et possède de bonnes notions de physique et de mathématiques. Plus téméraires que leurs amis, les Strelzyk et leurs enfants tentent seuls un premier décollage qui se solde par un échec et laisse assez de traces pour lancer la Stasi à leur trousse. Si elle parvient à remonter jusqu’à eux, ce sera la prison pour les parents et le placement en foyer pour les enfants. Il faut donc trouver très très vite le moyen de renouveler l’expérience. Pour cela, leurs amis décident de les aider et de partir avec eux.

Certes, le dénouement est connu. Pourtant, on tremble avec ces malheureux emprisonnés suffocant sous leur couvercle, malgré quelques longueurs ou ellipses difficilement crédibles, mais que l’on admet comme telles au nom de l’authenticité annoncée et de l’aspect rocambolesque recherché. Le récit reste vif de bout en bout et nous bouscule sans drame ni minauderie entre aventure historique, thriller et film policier. Pour nous faire vivre au plus près cette évasion considérée comme la plus spectaculaire de l’Allemagne de l’Est, le réalisateur s’attache à restituer les moindres détails de cette oppression permanente à laquelle il faut échapper, de la peur qui pousse à se méfier de tout le monde, y compris de ses enfants, mais aussi de la tension qui entoure les préparatifs du départ.
Une histoire authentique qui, à l’heure de la montée des extrêmes et du repli sur soi, rappelle qu’il est impératif de veiller à ce que jamais le souffle de la liberté ne se détourne de nos démocraties. Claudine Lavanneur pour àVoiràLire

C’est ce genre de film où l’on sursaute même quand quelqu’un frappe doucement à la vitre de la voiture. « Le Vent de la liberté » n’est pourtant pas un film d’horreur, mais un long-métrage inspiré d’une histoire vraie, celle d’une famille d’Allemagne de l’Est qui, en 1979, s’est construit une montgolfière pour passer illégalement en Allemagne de l’Ouest.

Rythmé par une musique oppressante, « Le Vent de la liberté » a une toile de fond politique – il évoque certains aspects de la dictature communiste en RDA –, mais c’est en fait un véritable thriller nourri de rebondissements. On est suspendus au destin de cette famille qui risque sa vie, se retrouve poursuivie par la Stasi (le service de police politique de la RDA) et mise en danger de l’intérieur.

Une histoire incroyable et très émouvante, servie par une mise en scène haletante. Catherine Balle pour Le Parisien

La lutte des classes

Comédie française de Michel Leclerc (1h44)

Synopsis

Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d’origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect ! Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l’école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds? Pris en étau entre leurs valeurs et leurs inquiétudes parentales, Sofia et Paul vont voir leur couple mis à rude épreuve par la « lutte des classes ».

Séances en Version Française (VF)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
15h40 13h30 15h30 16h05 15h40
20h30 20h30

Critiques

Presque dix ans après Le nom des gens, Michel Leclerc repart au combat avec les mêmes armes : pertinence, humour, tolérance et loufoquerie. A travers ce titre à double lecture, il s’interroge sur l’école qui ne remplit plus son rôle d’ascenseur social et sur les tensions communautaires qui en découlent, mettant à mal les idéaux d’égalité chers aux générations précédentes.
Vêtu de son éternel Perfecto, la démarche chaloupée, Paul (Edouard Baer) cultive son image d’ancien batteur punk, à tendance anar. Indifférent à la réussite sociale et au regard des autres, il s’accroche désespérément à ses idées de gauche, celles d’une gauche révolue et refuse de toute son âme de se conformer aux diktats de cette société à pensée unique obligatoire, quitte à s’embourber dans ses propres contradictions.

A son grand dam, Sofia (Leïla Bekhti), jeune femme issue de l’immigration qui a gravi les échelons de la réussite, forme avec lui un couple communément appelé bobo. Elle est avocate et c’est elle qui fait vivre la famille. Elle revient dans la banlieue populaire de son enfance mais elle a changé de classe sociale, ce qui la place entre deux mondes et la met d’autant plus mal à l’aise que son fils Corentin est pris pour le « petit Blanc », plutôt destiné à l’école privée selon les nouveaux codes communautaires en vigueur . Paul découvre alors que le monde, en changeant aussi radicalement, l’a fait changer de case. Il n’est plus le gaucho qui faisait peur aux bourgeois : il est le bourgeois, et ça lui est insupportable. Mais finalement être systématiquement contre tout, est-ce bien la meilleure solution pour sortir de cette situation complexe ?

Sans aucun cynisme, Michel Leclerc prend un malin plaisir à grossir les traits de caractère de ses personnages jusqu’à la limite de la caricature pour nous amuser de leurs incohérences et nous les rendre plus proches. Sur un ton gentiment provocateur mais toujours bienveillant, il aborde bon nombre de sujets brûlants : la religion, le voile, le harcèlement scolaire, la formation des enseignants, le repli sur soi… et réussit même l’exploit de ne jamais se prendre les pieds dans l’écueil de la pesanteur.

Entouré d’une flopée de rôles secondaires récréatifs, Edouard Baer (qui a récemment obtenu le prix d’interprétation masculine au Festival 2 Valenciennes) délaisse son habituel registre de séducteur bien sous tous rapports pour se glisser avec un bonheur communicatif dans la peau de ce libertaire propre à susciter à la fois attachement et agacement, tandis que Leïla Bekhti apporte équilibre et conviction à Sofia plutôt tournée vers la défense des minorités et au parcours bien différent de celui de son compagnon. La mixité tant culturelle que politique de leur couple donne naissance à un duo inattendu et touchant. C’est donc sans difficulté que l’on partage le regard plein de tendresse que posent les auteurs du film sur ces êtres si imparfaits qu’ils créent instantanément reconnaissance et empathie.
Si La lutte des classes est avant tout une comédie divertissante, elle nous invite aussi, sans aucune idée moralisatrice, à une réflexion toute de douceur et d’humour sur l’avenir de nos valeurs républicaines.  Claudine Lavanneur – àVoiràLire

Ecole publique ou privée ? Le cinéaste du Nom des gens confronte les idéaux d’un couple de bobos au réel. Et décape les clichés avec fantaisie.

Cela va bientôt faire dix ans que Michel Leclerc et sa coscénariste Baya Kasmi ont commis Le Nom des gens, fable revigorante sur l’engagement — à gauche toute — et l’héritage politique laissé aux enfants. Le film ruait dans les brancards socialistes, déjà flageolants à l’époque. Les militants étaient encore sous le choc de l’abandon de Lionel Jospin, de la montée du Front national… Depuis ont eu lieu les attentats contre Charlie Hebdo et ceux du Bataclan, et « gauche » et « droite » ne veulent plus dire grand-chose… Comment vivre sans repères quand on s’est toujours abrité derrière des étiquettes rassurantes ?

Paul (Edouard Baer, parfait) est un rebelle, un pirate, quadra qui porte fièrement son blouson de cuir et se maquille encore les yeux en noir quand il va donner un concert de punk-rock devant des sans-abri. Depuis toujours, il emmerde le système… qui le lui rend bien. Il vit avec Sofia, brillante avocate qu’on aurait qualifiée de « Beurette » dans les années Mitterrand. Parents attentionnés, ils essayent d’élever leur fils selon leurs principes d’ouverture d’esprit, de tolérance et d’alimentation bio. Mais quand ils déménagent à Montreuil, leurs certitudes percutent la grande mixité de l’école publique du quartier, la bien nommée « Jean-Jo » (pour Jean-Jaurès, municipalité de gauche oblige). « Il faut s’avoir s’adapter aux autres », conseille Sofia à son fils. « C’est aux autres de s’adapter à toi », riposte Paul, selon une attitude hyperindividualiste que certains pourraient qualifier de droitière…Parce que tous leurs potes passent à l’ennemi (c’est-à-dire se tournent vers l’école privée), Paul et Sofia vont durcir leur position, jusqu’à risquer de mettre leur couple, et leur fils, en danger. Vivre en accord avec ses idéaux égalitaires quand son enfant devient « le blanc de service » est insupportable à Sofia, la fille d’immigrés qui a pu profiter de l’ascenseur social offert par l’Education nationale. Traitée de « Blanche » à Montreuil, elle reste « l’Arabe de service » dans son cabinet d’avocats parisien. D’ailleurs, elle veut accuser ses supérieurs d’« abus de discrimination positive ». Le monde devient fou ? Oui et, si on ne fait pas attention, la catastrophe guette, prévient Michel Leclerc.Sans moralisme, il va guider Paul et Sofia vers le chemin de la réconciliation. A l’aide d’un scénario à l’humour malin qui s’amuse à retourner les clichés ou à les confronter à une réalité devenue absurde. A la sortie de l’école, Paul propose à son fils d’inviter à la maison une copine. Mais quand il se tourne vers la mère, toute recouverte d’un voile noir, il a un mouvement de recul. « Une autre fois peut-être », disent les deux parents… Car la mère de la copine a été tout autant effrayée par le look anar de Paul. De quoi la peur se nourrit-elle ? Des différences mais surtout de l’ignorance. A Montreuil, on partage des potagers, mais au centre culturel on ne croise que des bobos. Les autres ne s’y sentent ni légitimes ni concernés. On pourrait reprocher aux scénaristes d’enfoncer des portes ouvertes, mais leur propos échappe au manichéisme grâce à la poésie qui s’invite ici ou là, sur un air de Jeanne Cherhal ou dans un finale rocambolesque, où tout le monde se retrouve autour d’un voile fabriqué en Chine… Tant qu’il y a de l’amour, de l’humour — et des luttes à mener —, il y a de l’espoir. Anne Dessuant – Télérama

Festival 2 Valenciennes 2019 – Prix de la critique

Dumbo

Film américain de Tim Burton, Aventures (2h04)

Synopsis

Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…

Séances en Version Française (VF)
Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14
15h25 15h25 15h25

Critiques

Travaillant constamment la photographie et les textures, comme l’enchevêtrement de techniques en dur et du numérique, le réalisateur retrouve une richesse graphique qu’il paraissait avoir abandonnée. Et alors qu’il s’immerge totalement dans cette fable où ses thèmes récurrents s’égrènent les uns après les autres, il nous fait la surprise de l’émotion.

Elle prend de l’ampleur avec la déclaration d’amour au spectacle vivant qui structure le film. En particulier lors d’un dernier acte où les blessés se relèvent et où les bonimenteurs bonimentent, à la faveur d’une séquence qui s’amuse à multiplier les illusions au sein d’un même plan. Une séquence pour mieux en appeler au souvenir d’un cinéma analogique, à l’amour dévorant de trucage qu’on ne s’attendait à revoir dans un blockbuster de tonton Mickey.

Même la partition aussi envahissante que grossière de Danny Elfman ne peut rien y faire, pas plus que l’animation parfois vilaine du petit éléphant : il émane du film de purs saillies sentimentales, de longues plages d’émerveillement, auxquelles les remakes live de Disney ne nous avaient pas habitués.

Parce qu’à la manière d’un monstre de foire, Dumbo ne se laisse jamais appréhender ou attraper, qu’il déjoue les enjeux attendus et se renouvelle sans cesse, il touche au cœur.  Simon Riaux, Ecran Large

Grand cirque créatif mêlant des numéros d’une beauté infinie à la tristesse de l’envers du décor. Le rire est parfois cruel. Micro-critique de Vince490

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