Du 22 au 28 mai 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 22 mai 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 22 au 28 mai 2019, ROCHEFORT SUR TOILE POURSUIT SON CYCLE  – ¡ Vamos al ciné latino !

Projection pendant la semaine, et soirées spéciales!!! 4 films en présence de Cédric Lépine, Critique de Cinéma:

Vendredi 24 mai à 20 h : ROJO de Benjamin Naishtat (avant-première)

Samedi 25 mai à 18 h : JERICO le vol infini des jours de Catalina Mesa

Samedi 25 mai à 20 h : LA FIANCEE DU DESERT de Cecilia Atan et Valeria Pivato

Dimanche 26 mai à 18 h : UN COUP DE MAITRE de Gaston Duprat suivi d’un pot de clôture du cycle au bar du cinéma

Pass 5 films : 23 € (on pourra encore voir Sergio et Sergueï d’Ernesto Daranas), 6 € pour 1 film

Pour vos agendas : Prochain apéro-ciné : mercredi 5 juin à 19 h, à La Terrasse Colbert, Place Colbert.

Thème de la soirée : La plage et la mer dans les films d’animation, en pré-embule à la soirée Ciné-Lecture du 27 juin « le Monde Imaginaire de Jean-François Laguionie ».

Les sorties Art & Essai de la semaine : Douleur et gloire de Pedro AmoldovarLes plus belles années d’une vie de Claude Lelouch90’s de Jonah Hillet toujours L’adieu à la nuit de André Téchiné et Retour de flamme de Juan Vera, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

ROJO

Drame, Thriller argentin de Benjamín Naishtat, (2018) 1h49  en AVANT PREMIERE

Trois prix au Festival International de San Sebastian en 2018 : meilleur acteur, meilleur réalisateur et meilleure photo.

Synopsis

Argentine, 1975. Claudio, avocat réputé et notable local, mène une existence confortable, acceptant de fermer les yeux sur les pratiques du régime en place. Lors d’un dîner, il est violemment pris à parti par un inconnu et l’altercation vire au drame. Claudio fait en sorte d’étouffer l’affaire, sans se douter que cette décision va l’entraîner dans une spirale sans fin.

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
20h00 11h00

Un coup de maître (Mi Obra maestra)
Comédie argentine de Gastón Duprat (2018, 1h41)

Synopsis

Arturo, propriétaire d’une galerie d’art à Buenos Aires, expose régulièrement Renzo, un peintre excentrique, insupportable et en panne d’inspiration. Entre le marchand sans scrupules et la gloire déchue des années 1980, l’amitié est chaotique. Un jour, Renzo est victime d’un accident et perd la mémoire. Profitant de cette situation, Arturo élabore un plan osé pour le faire revenir sur le devant de la scène artistique.

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
20h30 15h50 15h50 18h00

SERGIO et SERGEÏ

Comédie cubaine d’Ernesto Daranas (2019, 1h33)

Prix du public aux festivals de la Havane, Cinélatino, Toulouse, Filmar Genève, Barcelone, Albertville

Synopsis

1991 : la Guerre froide est terminée, l’URSS s’écroule. Sergeï, un cosmonaute russe reste coincé dans l’espace, oublié par les Soviétiques qui ont bien d’autres soucis sur Terre… À Cuba, à l’aide d’une fréquence radio, Sergio entre en contact par hasard avec Sergeï et va tout mettre en œuvre pour le ramener sur terre. Mais sans le savoir, Sergio est sur écoute et espionné…

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
18h00 13h45
17h50

 JERICO le vol infini des jours

Documentaire colombien de Catalina Mesa (2018), 1h18

Prix du public et prix du meilleur documentaire au festival Cinelatino (Toulouse, 2017).

Synopsis

À Jericó, village pittoresque de la région d’Antioquia, des femmes d’âge et de conditions sociales différentes, souvent pleines d’allégresse, confient leurs secrets, évoquent la vie qui passe, leurs joies et leurs peines. Ces paroles de femmes, recueillies dans l’intimité de leurs maisons, touchent par leur authenticité. Un hommage à l’esprit féminin d’Antioquia.

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
18h15 18h00 18h00

La Fiancée du désert -La novia del desierto

Drame chilio-argentin de Cecilia Atán et Valeria Pivato (2017, 1h20) avec Paulina Garcia

Prix du meilleur premier film au Festival international du nouveau cinéma latino américain de La Havane en 2017

de Cecilia Atan et Valeria Pivato

Synopsis

Teresa, 54 ans, a toujours travaillé au service de la même famille jusqu’au jour où elle est contrainte d’accepter une place loin de Buenos Aires. Elle entame alors un voyage à travers l’immensité du désert argentin, et ce qui semblait être le bout du chemin va s’avérer être le début d’une nouvelle vie…

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
18h10 20h30 16h00 20h00

Egalement, en art et essai, au tarif Adhérent Rochefort Sur Toile :

Douleur et gloire

drame espagnol de Pedro Almodóvar , 1h52 (vost)

Synopsis

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner

Séances en Version Française (VF)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
13h30 13h30 13h30 15h20 13h30 13h30
20h10 22h30 20h10
Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
15h50 15h50 15h50 20h10 11h00 15h50 15h50
20h10 20h00 15h45 20h10
20h10

La critique de Elisabeth Franck Dumas, Libération

Un homme d’âge mûr, entre deux eaux. Voilà le programme de Douleur et Gloire. Il est annoncé dès le premier plan du film de Pedro Almodóvar : Salvador, cinéaste fameux en panne d’inspiration, lévite dans une piscine. Les deux eaux qui l’entourent pourraient s’appeler douleur et gloire, ou passé et présent, ou comédie et drame. Il n’y a pas à choisir : tout marche avec tout, dans ce grand bordel qu’est la vie, tout comme jadis, dans le cinéma de son enfance, l’odeur de la pisse se mêlait à celle du jasmin. Mais Douleur et Gloire n’est pas la cathédrale baroque et hystérique qu’on pourrait attendre d’un film avec un tel titre, d’un tel cinéaste. Non, si Pedro Almodóvar n’a pas eu peur de se frotter ici aux grands totems, la vie et l’œuvre, le désir et la création, la réalité et la fiction, il l’a fait avec un calme et une évidence qui ont quelque chose de stupéfiant, faisant de ce film l’un de ses meilleurs, et de ses plus autobiographiques.

Névroses : Douleur et Gloire décrit le retour à la vie d’un homme à qui Antonio Banderas prête ses traits, et Almodóvar ses névroses (autant que ses habits). Mais qu’on se rassure encore : il n’a rien de narcissique ni de complaisant. Il est, plutôt, d’une humanité telle qu’il ménage à chaque rôle, du médecin se penchant sur la kyrielle de maux dont est atteint Salvador (migraines, lombalgies, acouphène, dépression, addiction…) jusqu’à sa mère mourante lui assénant sans aigreur quelques terribles reproches, une épaisseur et une dignité auxquels les comédiens, tous exceptionnels, donnent magnifiquement corps.

Lorsqu’on rencontre Salvador, il est dans cet état quasi catatonique où l’ont plongé la mort de sa mère et une opération du dos. C’est un de ses vieux films au titre programmatique, Sabor, présenté à la Cinémathèque de Madrid, qui va le remettre sur le chemin de la vie, chemin dont les diverses stations n’auront rien de catholique : découverte de l’héroïne, qui s’avérera machine à ressouvenir, retrouvailles avec un comédien jadis détesté, puis avec un amant adoré (l’occasion d’un magnifique baiser de retrouvailles et d’adieux) et, enfin, remémoration du tout «premier désir», enfoui, dont le surgissement va permettre à Salvador de reprendre pied. Des scènes de jeunesse ponctuent ces embardées, et elles ont dès le départ la saveur idéale de l’enfance – la jeune mère a les traits de Penélope Cruz, qui elle-même ressemble à Sophia Loren, et le lavage du linge au bord de la rivière est l’occasion d’une superbe scène de chant qui s’affiche d’emblée comme moment de cinéma.

Drogue et baisers : La remémoration n’est autre que le premier moment de la création, et il ne s’agira pas ici de démêler réalité et fiction – qu’importe ce qui vient de la vie du cinéaste, meubles, tableaux, vêtements, chevelure, et ce qu’il a inventé, le plus intéressant se trouve toujours à la croisée des deux. Par exemple : cette incroyable maison troglodyte où l’enfant habite avec ses parents. Elle signifie que l’enfance est un territoire souterrain et légendaire, et ses murs lumineux sont de chaux, blancs comme des écrans de cinéma. Ils seront le creuset de projections enfantines, et la boucle se bouclera gracieusement jusqu’à l’écran vide des films à venir, écrans blancs comme on dit page blanche, que Salvador, bercé de mots et de manque, s’emploiera à emplir. Dans une série de mises en abyme bouleversantes, ce sera son comédien, Alberto, qui, s’emparant d’un texte de Salvador, viendra se poster devant un autre écran blanc, hissé sur une scène de théâtre, pour dire l’histoire de son ami, avant que Salvador à son tour ne parvienne à l’habiter, cet espace, dans le tout dernier et sublime plan du film.

Les souvenirs circulent d’un corps à l’autre, la drogue et les baisers s’échangent, les objets se lèguent, les vérités se disent, avec une générosité redoublée à l’image par l’échange miraculeux opérant entre Banderas et Almodóvar, le comédien donnant vie au cinéaste et complice de toujours sans jamais le singer. C’est ainsi que Douleur et Gloire touche à l’universel : se livrant à l’archéologie à ciel ouvert d’une conscience, il ne fait rien d’autre que nous enjoindre à faire de même. A l’image de Salvador qui, enfant, apprit à écrire au premier objet de son désir en lui tenant la main, peut-être nous prend-il aux tripes pour nous engager à devenir, nous aussi, les modestes auteurs de nos propres vies.

Louis Guichard, Télérama : (On aime passionnément)

Un cinéaste vieillissant se plonge dans les méandres de son passé… Autobiographie ou fiction ? L’Espagnol brouille les pistes autant qu’il se dévoile. Avec brio.

C’est une affaire d’hommes, bien davantage que dans la plupart des films de Pedro Almodóvar. Mais pour le cinéaste, un homme est d’abord un fils. Les premiers souvenirs qui assaillent Salvador (Antonio Banderas) le ramènent ainsi à son enfance, dans une Espagne rurale et ensoleillée, auprès de femmes — dont sa mère bien-aimée (Penélope Cruz) — qui lavent le linge au bord d’une rivière. Images idylliques de joie de vivre, d’innocence et de nature. Portrait d’une mère en infatigable travailleuse, aimante, digne et radieuse, malgré la pauvreté : le tableau est peut-être trop beau pour être vrai.

La limpidité, la luminosité de ces scènes peuvent tromper ou aveugler. Il en va ainsi de la mise en scène d’Almodóvar et de son écriture. Le film commence dans la plus grande simplicité, en s’attachant à un alter ego évident de l’auteur, ce Salvador vieillissant, reclus dans la pénombre de son luxueux appartement madrilène. Diminué par les souffrances physiques (asthme, migraines, arthrose, acouphènes…), cerné par la nostalgie et la tristesse, il ne se sent plus la force d’exercer pleinement son métier de cinéaste et, donc, ne trouve plus de sens à sa vie. Impossible de deviner, alors, quelle direction va prendre Douleur et gloire, ni quel en sera le sujet : ce brio de narrateur imprévisible demeure une rareté. Quand Salvador retrouve l’un de ses acteurs d’il y a trente-deux ans, pour une présentation à la Cinémathèque, l’énigme se renforce : l’ancien interprète, toxicomane et éteint, semble voué à rester un passeur dans cette histoire. Mais le passeur de quoi ?

Ce dessein qui se dérobe, cette fausse transparence et ces mystères tiennent, pour beaucoup, au jeu spécial auquel Almodóvar s’adonne cette fois-ci : brouiller la frontière entre l’autobiographie et l’autofiction. Salvador dit, à propos d’un scénario abandonné dans son ordinateur : « C’est un texte où je fais des aveux, alors que je ne veux pas qu’on m’identifie. » Douleur et gloire étincelle par le choc de deux désirs contraires d’Almodóvar : celui de se raconter, sur un mode quasi testamentaire, et celui de rester à jamais secret, protégé par la fiction et l’imaginaire. L’exemple le plus frappant, et le plus beau, concerne cette mère vénérée, qui traverse tout le film, à des âges différents, et qu’on verra, selon les scènes, avec des yeux marron ou très clairs… Et capable, sur le tard, de cette sentence terrible : « Tu n’as pas été un bon fils. »

La vie d’Almodóvar, en fait, se confond avec sa filmographie. C’est pourquoi défilent non seulement des acteurs familiers (y compris la discrète Cecilia Roth), mais aussi des reflets émouvants de Volver (hymne à la mère, déjà jouée par Penélope Cruz). Ou de La Mauvaise Education : enfant, Salvador, scolarisé chez les religieux, devient le soliste délicat de la chorale, mais, ici, sans la terreur sourde du film de référence. Ces scènes, à la fois proches et dissemblables de leur original, ajoutent au trouble : outre l’écart possible entre la réalité et son double cinématographique, voilà l’écart qui sépare les différentes reconstitutions d’un même souvenir.

Au cœur de ce système d’échos et de réminiscences, le cinéaste ménage des moments inédits, exceptionnels. Salvador reçoit la visite de l’homme qui fut son grand amour, des décennies auparavant. Leur conversation, entre retrouvailles et adieux, et leur baiser d’anciens amants resteront parmi les plus grandes scènes du maître, dont l’art atteint alors à une sobriété déchirante. Douleur et gloire remonte aussi à la découverte de sa sexualité, par le héros, encore enfant. Le décor inouï, une caverne aménagée en logement, la lumière blanche qui tombe directement du ciel par une ouverture dans la roche et l’évanouissement de l’enfant devant la nudité entraperçue d’un ouvrier concourent à un sommet de cinéma, à la fois mental et charnel. Pour boucler la boucle, ce souvenir inspirera à Salvador un projet intitulé El primer deseo (« Le Premier Désir »)… Deseo, comme la société de production d’Almodóvar, créée à ses débuts, avant la gloire.

Les plus belles années d’une vie

Comédie dramatique de Claude Lelouch (1h31)

Synopsis

Ils se sont connus voilà bien longtemps. Un homme et une femme, dont l’histoire d’amour fulgurante, inattendue, saisie dans une parenthèse devenue mythique, aura révolutionné notre façon de voir l’amour.
Aujourd’hui, l’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de sa mémoire. Pour l’aider, son fils va retrouver celle que son père n’a pas su garder mais qu’il évoque sans cesse. Anne va revoir Jean-Louis et reprendre leur histoire où ils l’avaient laissée…

Séances en Version Française (VF)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
13h30 13h30 13h30 13h30 11h10 13h30 13h30
15h30 15h30 15h30 15h30 13h45 15h30 15h30
20h20 17h35 20h00 20h00 15h45 20h20 20h20
20h20 22h30 20h30

La critique par Odile de Plas, Télérama :

Filmer, cinquante-deux ans plus tard, un très vieil homme et une très vieille femme au son de « chabadabada » ? Claude Lelouch n’a plus peur de rien, il l’avoue lui-même : venu un certain âge, on peut tout oser… Alors pourquoi ne pas réunir à nouveau les quatre acteurs de son plus gros succès, Un homme et une femme (1966), Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée mais aussi les enfants d’alors, Souad Amidou et Antoine Sire ? La plus grande qualité de Lelouch, c’est certainement son amour du cinéma et son envie de le partager. Ce nouveau film, par-delà les années, est un vibrant hommage au septième art. A tout un cinéma, une génération, qui est en train de disparaître. Car Trintignant, c’est bien sûr le Jean-Louis du film matrice, mais c’est aussi Michel dans Et Dieu créa la femme (de Roger Vadim) et Roberto dans Le Fanfaron (de Dino Risi). Et Anouk Aimée (Anne), c’est aussi la Maddalena de La dolce vita (de Federico Fellini) et la Lola de Jacques Demy… Tous ces visages s’entrechoquent avec les extraits, nombreux, du film de 1966 : un demi-siècle de cinéma défile, sur une musique de Francis Lai. Claude Lelouch joue de cette nostalgie, en parfait maître de cérémonie.

La première scène est tragique : un lent mouvement de caméra nous rapproche de Trintignant, tout recroquevillé sur sa chaise roulante, dans une maison de retraite. Pour le secouer, son fils va chercher celle qu’il n’a jamais oubliée, Anne. On attend avec impatience et crainte la scène des retrouvailles. Lelouch a alors une idée aussi pudique que féconde : Jean-Louis ne la reconnaît pas et raconte à cette étrangère le souvenir de son amour passé. Difficile de retenir son émotion… Mais l’humour et une vivifiante lucidité évitent le naufrage, quand Trintignant se dit qu’Anne « doit être vieille et moche comme moi » ou lorsqu’il s’énerve, après l’avoir enfin reconnue : « Mais pourquoi vous faites plus jeune que moi ? » Et, dans un sourire canaille, il rajeunit soudain en avouant, charmeur : « Vous savez, j’étais joli quand j’étais jeune… » Alors, même si Lelouch a toujours un drôle de goût en musique (pourquoi Calogero ?), on lui pardonne ses aphorismes et ses couchers de soleil trop rouges, car il nous offre un moment unique. Un émouvant flash-back sur toute une vie de cinéphile.

90’s

Comédie dramatique américaine de Jonah Hill (1h24)

SYNOPSIS 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Dans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère caractériel. Quand une bande de skateurs le prend sous son aile, il se prépare à passer l’été de sa vie…
Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
18h10 18h10 18h10 18h10 18h10 18h10

La critique de àVoiràLire :

Plus encore que dans la justesse avec laquelle Jonah Hill a dépeint la jeune population qui fréquente les skate-parks, la qualité de ce premier film vaut surtout pour la finesse avec laquelle il est parvenu à observer leurs interactions sans avoir recours à une mise en scène qui vienne appuyer leurs sentiments. « L’esprit de meute », tel qu’il le nomme lui-même, mais aussi la relation tumultueuse que le jeune Stevie entretient avec sa mère et son grand frère, deviennent le moteur de son scénario. Celui-ci devient aussi intemporel sans pourtant jamais tomber dans le carcan mélodramatique. Le meilleur exemple en est la fin dans laquelle les champs-contrechamps qui s’échangent rapidement entre cette mère (interprétée par la splendide Katherine Waterston, vue notamment dans Inherent Vice ou Les Animaux fantastiques et sa suite) et les potes de son fils avec qui elle est en conflit, alors que cette scène aurait aisément pu se transformer en stupide démonstration tire-larmes. De la même manière, la délicatesse avec laquelle Jonah Hill a croqué ces personnages se ressent dans l’absence de surenchère en grossièreté gratuite lorsque, presque inévitablement, ces adolescents évoquent leur éveil sexuel. Une commodité obséquieuse qui a valu à Larry Clark de perdre une part importante de son public.

Mais la vraie plus-value de 90’s vient assurément des jeunes acteurs débutants, recrutés pour la plupart en casting sauvage pour leur aisance au skate-board. C’est avec vivacité et véracité qu’ils parviennent – sans doute grâce aux conseils avisés de leur réalisateur, qui pour rappel a déjà été deux fois nommé à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle – à donner de l’épaisseur à leurs rôles. Grâce à ce soin tout particulier apporté à l’authenticité de ces adolescents et à l’énergie qui transpire de la direction d’acteurs, il n’est pas nécessaire de partager les goûts musicaux des personnages pour se retrouver dans les difficultés qu’ils rencontrent en quittant l’enfance. C’est à cette universalité que l’on reconnaît les films propres à marquer leur époque. Autant dire que Jonah Hill a frappé fort pour son premier coup. Chance du débutant ? L’avenir nous le dira.

L’adieu à la nuit

drame français de André Téchiné (1h43)

Synopsis

Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada.  Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

Séances en Version Française (VF)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
13h30 15h30 15h40 13h30 13h30
15h40 15h40 15h40

Retour de flamme

Comédie argentine de Juan Vera (2h09, vost et vf)

Synopsis

Marcos et Ana, mariés depuis 25 ans, traversent une crise de la cinquantaine. Le départ de leur fils pour ses études à l’étranger remet en question leur quotidien de couple. Ils décident alors de se séparer d’un commun accord. De prime abord fascinant et intense, le célibat se révèle bientôt monotone pour elle et presque un cauchemar pour lui.

Séances en Version Originale (VO)
Me.22 Je.23 Ve.24 Sa.25 Di.26 Lu.27 Ma.28
17h50 17h50 17h45 17h50 17h50 17h50

Critiques

Un couple de quinquas pourtant heureux décide de se séparer… La réflexion sur l’appel de la liberté fait mouche, portée par un duo d’acteurs épatants.

Marcos est un universitaire à l’humour teinté de cynisme. Sa belle épouse, Ana, le trouve toujours aussi drôle, et lui la désire (presque) comme au premier jour. Ils ont 50 ans ; ils sont mariés et heureux depuis vingt-cinq ans dans ce grand appartement où se sont accumulés leurs souvenirs. Pourtant, quand leur unique fils quitte le foyer, le couple commence à s’interroger. S’aiment-ils encore vraiment ? A force de chercher la petite bête, ils décident de se séparer…

Inutile de prolonger le suspense puisque le titre français est programmatique : Marcos et Ana se retrouveront. Mais ce n’est pas ce qui compte dans cette comédie de rééducation sentimentale sur « l’amour le moins probable », comme le dit, bien mieux, le titre original. Car le réalisateur fait le choix, malin, de marier un sujet à la mode (l’amour après 50 ans) et une réflexion, plus amère, sur les sirènes de la liberté, l’obsession moderne de vibrer encore et toujours. Pendant que madame, finalement, s’ennuie au lit avec d’autres hommes, monsieur succombe au schéma du démon de midi. La chair n’est pas forcément triste, mais, aussi nouvelle soit-elle, elle reste étrangère. La mise en scène demeure très classique mais l’intelligence des situations et des dialogues est constante. Une partition rêvée pour deux interprètes épatants : la lumineuse Mercedes Morán, vue dans Neruda de Pablo Larraín, et, surtout, Ricardo Darín. Œil qui frise, sourire charmeur, justesse absolue entre désir d’explorer et regret d’hier, la star argentine est irrésistible. Guillemette Odicino, Télérama

Marcos et Ana ont 50 ans et sont mariés depuis 25. Complices, amis, confidents, les deux tourtereaux semblent former un couple parfait, un de ceux qui durent, résistant aux aléas du temps et de l’existence. Mais lorsque leur fils va quitter le foyer familial pour poursuivre ses études à l’étranger, un vide s’installe, laissant la place à de nombreux questionnements. Est-ce encore de l’amour ou une simple habitude ? Est-ce que les sentiments amoureux ont laissé place à une affection de coutume ? Sans attendre les réponses, le duo décide de se séparer, espérant trouver dans le célibat une nouvelle liberté et une seconde jeunesse. Rares sont les films qui ont aussi bien traité la déliquescence de la passion romantique. Retour de flamme est un portrait attendrissant de deux êtres qui traversent une crise existentielle sans en comprendre vraiment les contours. Aidé par Mercedes Morán et Ricardo Darín, deux des figures de proue du cinéma argentin contemporain, le producteur réussit haut la main son passage à la réalisation. Il se focalise sur les relations internes de ce couple, peintes avec beaucoup de naturel, sans aucune outrance et nous livre une comédie romantique touchante et attendrissante. Retour de Flamme a fait un véritable carton en Argentine avec plus de 800 000 spectateurs. Diagonal Cinéma

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Et toujours :

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