Du 26 juin au 2 juillet 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 26 juin 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 26 juin au 2 juillet 2019

Le Centre International de la Mer (CIM- Corderie Royale), la NEF (Nouvelle Ecriture Film d’animation) et ROCHEFORT SUR TOILE

Vous invitent à une soirée ciné –lecture : Rivages imaginaires de Jean-François Laguionie – Le jeudi 27 juin à 20h15 <<<< oui à 20h15 !!!!

En présence de Jean-Francois Laguionie (écrivain et réalisateur)

–   Projection de 3 courts métrages du réalisateur et lecture de ses textes par Dominique Frot

–    Présentation de l’animatique de Louise en Hiver qui permettra de comprendre l’élaboration du film .

Les Mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Durée : 1h18

Séances en Version Française (VF)
Me.26 Je.27 Ve.28 Sa.29 Di.30 Lu.1 Ma.2
20h15

Et toujours, Parasite de Bong Joon Ho, Nevada de  Laure de Clermont TonnerreLe Daim de Quentin Dupieux au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Parasite

Thriller de Bong Joon-Ho, 2h12

Palme d’Or 2019, Cannes

film avec avertissements

Résumé

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Séances en Version Originale (VO)
Me.26 Je.27 Ve.28 Sa.29 Di.30 Lu.1 Ma.2
15h20 15h20 15h20 15h20 10h50 15h20 15h20
19h45 19h45 19h45 19h45 15h20 19h45 19h45
19h45

La critique de Jacques Morice, Télérama (on adore) :

Le fils d’une joyeuse famille au chômage est engagé auprès d’une famille richissime. Entre film d’horreur, farce populaire terrifiante et manifeste libertaire, le cinéaste coréen a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes 2019.

Ils sont quatre à vivre dans un sous-soI miné par l’humidité, où sont entassés en piles hautes des cartons à pizzas. Ils vivotent en vérité, se débrouillant comme ils peuvent, avec des petits boulots et toutes sortes de combines. Il y a les parents et leurs enfants, deux jeunes adultes, tous au chômage. De quoi faire pleurer dans les chaumières ? Pas vraiment. Car une bonne humeur règne au sein de cette famille unie de gentils profiteurs, qui prend somme toute la vie du bon côté, trinquant volontiers tous ensemble dès qu’une bonne opportunité se présente à eux. Justement, il y en a une. Le fils a été recommandé par un ami pour assurer des cours particuliers d’anglais à la jeune fille d’une famille richissime. Il s’y rend. La maison est une merveille d’architecture. C’est d’abord une gouvernante qui le reçoit. Puis il voit la mère, très chic, aimable mais aussi un peu lunaire. Il est engagé.

Pour la suite, on s’interdit d’en dire plus, au risque de spoiler. Et Dieu sait que des surprises et des retournements de situations (notamment un twist dément, au mitan exactement), ce sixième film de Bong Joon-ho (Memories of murder, The Host, Snowpiercer…), grand de Corée, en regorge. Servi par un scénario extrêmement habile et original (coécrit par le cinéaste lui-même, avec Han Jin-won), Parasite est une sorte de thriller socio-politique dont la conduite du récit laisse pantois. Est-ce d’ailleurs un thriller ? On pourrait aussi parler de farce (il y a des moments de grande bouffonnerie), de terreur, d’allégorie sur l’atomisation violente de la Corée ou de manifeste en forme de noyautage libertaire.

Engrenage captivant qui tient de la partie de cache-cache

Le mélange des genres, les ruptures de ton, Bong Joon-ho les orchestre brillamment, avec un souci plastique et cinématographique viscéralement attaché à l’exigence d’un cinéma populaire. On emploie « viscéralement » à dessein, car le film déploie une symbolique très forte autour du tréfonds des êtres et de la société, de ce qui est enfoui, souterrain, de ce que l’on ne veut plus voir ou de ce qu’on dissimule honteusement. De la misère et des humiliations, qui finissent toujours par remonter à la surface et nous exploser en pleine gueule. Le cinéaste tire la sonnette d’alarme, mais en stimulant l’imaginaire, à travers un engrenage captivant qui tient de la partie de cache-cache.

Où les riches, qui masquent leur morgue derrière un excès de délicatesse, et les nécessiteux, se confrontent, s’entrecroisent et sont parfois mis en miroir. L’égoïsme touche aussi la famille des parasites, laquelle se retrouve aussi menacée d’explosion. Le film sonde à travers elle les thèmes de la paternité (défaillante ou non), de la fraternité et de la reproduction, non sans parfois retrouver quelques points communs avec Une affaire de famille, de Kore-eda. Comme lui, Parasite fait d’ailleurs partie de ces rares films qu’on serait prêt à recommander à tout le monde, cinéphiles ou non. Vous l’aurez compris, voilà un film riche et foisonnant, qui a bien mérité le prix suprême du Festival de Cannes.

Nevada

Drame franco-américian de Laure de Clermont-Tonnerre, 1h36

Synopsis

Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille… Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.

Séances en Version Française (VF)
Me.26 Je.27 Ve.28 Sa.29 Di.30 Lu.1 Ma.2
15h40 15h40 15h40 15h40 15h40 15h40 15h45
20h00 20h00 20h00 20h00 20h00 20h00 20h00

CritiqueFilm.fr : L’homme est un animal comme les autres

Depuis le rôle qui l’a révélé en 2012 dans Bullhead de Michaël R. Roskam, Matthias Schoenaerts enchaîne les interprétations musclées de têtes brûlées. Rien de mal à cela, puisque l’acteur belge maîtrise parfaitement cet emploi et le perfectionne progressivement au fil de ses films. Ainsi, le prisonnier qu’il incarne dans Nevada est initialement l’exemple presque caricatural du condamné à perpétuité qui n’a plus rien à foutre de quoique ce soit, une brute murée dans son mutisme qui ne fait preuve d’aucune ambition. A la fin du récit, la transformation n’est heureusement pas radicale, grâce à la délicatesse avec laquelle la réalisatrice accompagne l’éclosion timide d’une conscience sociale chez Roman. Car l’intrigue a beau se dérouler sur le sol américain, dans la poussière des grandes étendues désertiques de l’ouest des États-Unis, la sensibilité du film est au contraire plus proche d’une modération européenne, c’est-à-dire pleinement consciente que les rares grains de sable venus perturber le fonctionnement impassible de l’industrie carcérale s’y font écraser sans pitié. Le protagoniste du premier long-métrage de Laure De Clermont-Tonnerre n’a rien d’un révolutionnaire à l’idéologie fermement campée, en opposition manichéenne à ses geôliers, par ailleurs laissés largement hors champ. C’est davantage du côté de l’abandon d’un nombrilisme féroce au profit d’une banalité presque inoffensive que se situent les enjeux de sa douce rédemption.

L’impatience du punching-ball hippique

Violence contre camaraderie, dedans contre dehors, rigidité des procédures de détention contre impétuosité des instincts viscéraux : toutes ces oppositions sommaires n’ont pas vraiment cours dans Nevada. La fébrilité contenue du personnage principal s’y use, au fur et à mesure qu’il suit le programme de réhabilitation sur une trajectoire en dents de scie, qui sait toutefois éviter les extrêmes. Le mythe de l’homme qui se sent comme un roi une fois qu’il est monté à cheval y est au mieux alimenté partiellement, dans un souci permanent, quoique nullement oppressant, de ne pas cultiver de faux espoirs, à la fois auprès du spectateur, trop familier des passages obligés du genre, et d’un groupe de personnages dont le scénario ne cherche jamais à percer tous les secrets. De ce trait volontairement approximatif découle une certaine noblesse des situations et des relations, par exemple dans le lien qui unit, autant qu’il les sépare, Roman et le vieux maître du paddock, interprété par Bruce Dern. Un lien qui s’étend même à la collectivité le temps d’une brève séquence, prise en sandwich entre des événements plus tragiques, lorsque les détenus et les futurs acheteurs de mustangs s’unissent dans ce geste américain fort ambigu qu’est le chant de l’hymne national, avec la main sur le cœur, s’il vous plaît. C’est au plus tard à cet instant-là que se révèle toute la finesse avec laquelle la mise en scène navigue à travers les clichés potentiels d’un univers peut-être pas réinventé par elle, mais en tout cas conjugué sans faux pas notable.

Le Daim

Comédie de Quentin Dupieux  1h17

Synopsis

Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

Séances en Version Française (VF)
Me.26 Je.27 Ve.28 Sa.29 Di.30 Lu.1 Ma.2
13h30 13h30 13h30 13h30 13h30 13h30 13h30
18h00 18h00 18h00 18h00 18h00 18h00 18h00
22h30 22h30 22h30 22h30

L’avis de àVoiràLire

Après avoir tenté, l’an dernier avec Au Poste !, de mêler sa fantaisie à un genre ultra codifié, en l’occurrence le polar à la française, Quentin Dupieux se lance un défi inverse : réussir à retranscrire la folie inhérente à son cinéma, sans avoir recours à des transgressions narratives de l’ordre du surréalisme. Rien de mieux pour cela que de nous faire suivre la plongée d’un personnage dans une névrose autodestructrice. C’est à Jean Dujardin, qui n’avait jusque-là pas encore eu l’occasion de travailler avec le réalisateur, qu’est revenu le privilège d’incarner cet homme qui perd peu à peu sa raison, au profit d’un amour inconditionnel pour son manteau. Etonnamment, l’acteur nous livre, dans la peau de ce sociopathe, dont on ne connaît finalement rien d’autre que le prénom, Georges, l’une de ses meilleures prestations, puisqu’il réussit à apparaître, dans un premier temps, comme véritablement pitoyable, alors que son manteau semble encore lui servir à combler un manque d’affection, se transformant ensuite en personnage terriblement menaçant.
Adèle Haenel livre elle aussi une prestation solide, apparaissant comme ce qui semble être un ange gardien, jusqu’à ce que le scénario suscite un doute : qui manipule qui ? Toute la misanthropie de Dupieux apparaît ainsi dans le caractère tout aussi destructeur qui peut naître de la relation fétichiste de George avec son manteau en daim, que de celle qu’il va entamer avec cette jeune femme qui semble s’intéresser à lui.

La dénonciation du matérialisme se retrouve dès lors doublée d’un discours fataliste magnifiquement anxiogène. Et pourtant, Quentin Dupieux réussit à rendre son récit agréable à suivre grâce à quelques touches d’humour noir et décalé, ainsi que des choix musicaux plutôt déroutants, comme il en a le secret. Il renoue également avec le style visuel, identifiable à une lumière pâle assez laiteuse, qu’il avait déjà expérimenté dans Wrong et Wrong Cop. On retrouve donc bien le Dupieux que l’on connaît ; et pourtant, il nous surprend en parvenant à faire avancer son récit du début à la fin, sans jamais que celui-ci ne subisse de rupture de ton, ni aucun autre dispositif absurde. C’est bien la folie du personnage, et non pas celle du cinéaste, qui est à l’écran. Défi réussi.

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Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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