Du 17 au 23 juillet 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 17 juillet 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 17 au 23 juillet 2019, Bunuel après l’âge d’or film d’animation de Salvador Simm, Companeros de Alvaro Brechner, et toujours L’autre continent de Romain  Gogitore et Parasite de Bong Joon Ho au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Bunuel après l’âge d’or

film d’animation espagnol de Salvador Simmo, 1h20

Synopsis

Suite au scandale de la projection de L’ÂGE D’OR à Paris en 1930, Luis Buñuel se retrouve totalement déprimé et désargenté. Un ticket gagnant de loterie, acheté par son ami le sculpteur Ramon Acin, va changer le cours des choses et permettre à Buñuel de réaliser le film TERRE SANS PAIN et de retrouver foi en son incroyable talent.

Séances en Version Originale (VO)
Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23
18h00 18h00 18h00 18h00 11h10 18h00 18h00
18h00

Centre national du cinéma et de l’image animée

Pour son premier long métrage d’animation, le réalisateur espagnol Salvador Simo s’est attaqué aux jeunes années de Luis Buñuel.  Adapté d’un roman graphique, Luis Buñuel après l’âge d’or – en compétition au Festival d’Annecy 2019 – raconte comment le cinéaste surréaliste, mis à l’écart après le scandale de L’Âge d’or, va opérer en Espagne un nouveau tournant dans son œuvre.

Pour Simo, l’animation n’est pas un genre qu’on traite différemment des autres. Il a envisagé son tournage en se concentrant sur l’histoire. « On a commencé par des lectures de scénario avec les acteurs et des répétitions. Puis les scènes ont été interprétées au sein du studio d’animation. La seule différence, c’est que le stylo a remplacé la caméra. Cela permettait aux acteurs de vraiment entrer dans leur rôle et d’améliorer le scénario. Après, on a fait l’animation. »

Le film a remporté le Prix spécial du jury au Festival Animation Is Film de Los Angeles et était en compétition au Festival d’Annecy où il a reçu la Mention du jury.

Compañeros

de Alvaro Brechner, 2h02

Synopsis

1973, l’Uruguay bascule en pleine dictature. Trois opposants politiques sont secrètement emprisonnés par le nouveau pouvoir militaire. Jetés dans de petites cellules, on leur interdit de parler, de voir, de manger ou de dormir. Au fur et à mesure que leurs corps et leurs esprits sont poussés aux limites du supportable, les trois otages mènent une lutte existentielle pour échapper à une terrible réalité qui les condamne à la folie. Le film raconte les 12 années d’emprisonnement vécues par trois des figures les plus célèbres de l’Uruguay contemporaine – dont son ancien président José « Pepe » Mujica.

Séances en Version Originale (VO)
Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23
17h30 19h55 17h30 20h00 10h50 19h55 17h30
17h30

Micro-critiques Télérama

“ Souffle coupé, sens aiguisés, regard sidéré, le spectateur assiste aux tentatives de démantèlement de la raison humaine. Kafka en Uruguay. ” (lekid)

L’autre continent

Drame de Romain Cogitore, 1h30

Synopsis

Maria a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria.

Séances en Version Française (VF)
Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23
15h30 17h35 15h30
20h15 20h15

La critique de Renaud Baronian

Elle, Suzanne, pleine d’énergie, fait visiter Taïwan à des groupes de touristes. Lui, Olivier, même âge, très timide et introverti, manie quatorze langues et travaille dans le même pays. Ces deux Français exilés au bout de l’Asie vont se rencontrer et s’aimer pour le meilleur et… pour le pire qui arrive rapidement. Olivier donne des signes de fatigue alarmants. On lui diagnostique une grave maladie. Les tourtereaux doivent tout abandonner pour rentrer en France afin qu’Olivier soit hospitalisé, avant de tomber dans le coma. Suzanne va l’accompagner dans son calvaire médical, le veiller…
Étonnant, enlevé, émouvant, « L’Autre continent » conte la violente cassure d’un rêve, celui de ces deux héros qui se voyaient bâtir, autour de leur amour et de leur passion pour l’étranger, leur vie loin de la France. Remarquablement interprété par Paul Amy et Déborah François, le film sidère surtout par la façon dont il va progressivement se concentrer sur la jeune femme.
Car si on a de la peine pour Olivier, diminué à l’extrême pour sa maladie, c’est Suzanne qui nous touche davantage et nous questionne. Elle qui rêvait d’exotisme, d’une vie extraordinaire, et qui se retrouve brusquement ramenée à la réalité d’un quotidien franco-français banal et triste. Elle qui, sans cesse, et tout en s’occupant d’Olivier, va garder le regard tourné vers cet ailleurs qui la fascine et auquel elle aspire. De là à de nouveau tout plaquer et repartir ? Pour le savoir, courez voir ce film magnifique…

Parasite

Thriller de Bong Joon-Ho, 2h12

Palme d’Or 2019, Cannesfilm avec avertissements

Résumé

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Séances en Version Originale (VO)
Me.17 Je.18 Ve.19 Sa.20 Di.21 Lu.22 Ma.23
17h50 19h45 17h30 19h30 17h30 19h45 15h30

La critique de Jacques Morice, Télérama (on adore) :

Le fils d’une joyeuse famille au chômage est engagé auprès d’une famille richissime. Entre film d’horreur, farce populaire terrifiante et manifeste libertaire, le cinéaste coréen a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes 2019.

Ils sont quatre à vivre dans un sous-soI miné par l’humidité, où sont entassés en piles hautes des cartons à pizzas. Ils vivotent en vérité, se débrouillant comme ils peuvent, avec des petits boulots et toutes sortes de combines. Il y a les parents et leurs enfants, deux jeunes adultes, tous au chômage. De quoi faire pleurer dans les chaumières ? Pas vraiment. Car une bonne humeur règne au sein de cette famille unie de gentils profiteurs, qui prend somme toute la vie du bon côté, trinquant volontiers tous ensemble dès qu’une bonne opportunité se présente à eux. Justement, il y en a une. Le fils a été recommandé par un ami pour assurer des cours particuliers d’anglais à la jeune fille d’une famille richissime. Il s’y rend. La maison est une merveille d’architecture. C’est d’abord une gouvernante qui le reçoit. Puis il voit la mère, très chic, aimable mais aussi un peu lunaire. Il est engagé.

Pour la suite, on s’interdit d’en dire plus, au risque de spoiler. Et Dieu sait que des surprises et des retournements de situations (notamment un twist dément, au mitan exactement), ce sixième film de Bong Joon-ho (Memories of murder, The Host, Snowpiercer…), grand de Corée, en regorge. Servi par un scénario extrêmement habile et original (coécrit par le cinéaste lui-même, avec Han Jin-won), Parasite est une sorte de thriller socio-politique dont la conduite du récit laisse pantois. Est-ce d’ailleurs un thriller ? On pourrait aussi parler de farce (il y a des moments de grande bouffonnerie), de terreur, d’allégorie sur l’atomisation violente de la Corée ou de manifeste en forme de noyautage libertaire.

Engrenage captivant qui tient de la partie de cache-cache

Le mélange des genres, les ruptures de ton, Bong Joon-ho les orchestre brillamment, avec un souci plastique et cinématographique viscéralement attaché à l’exigence d’un cinéma populaire. On emploie « viscéralement » à dessein, car le film déploie une symbolique très forte autour du tréfonds des êtres et de la société, de ce qui est enfoui, souterrain, de ce que l’on ne veut plus voir ou de ce qu’on dissimule honteusement. De la misère et des humiliations, qui finissent toujours par remonter à la surface et nous exploser en pleine gueule. Le cinéaste tire la sonnette d’alarme, mais en stimulant l’imaginaire, à travers un engrenage captivant qui tient de la partie de cache-cache.

Où les riches, qui masquent leur morgue derrière un excès de délicatesse, et les nécessiteux, se confrontent, s’entrecroisent et sont parfois mis en miroir. L’égoïsme touche aussi la famille des parasites, laquelle se retrouve aussi menacée d’explosion. Le film sonde à travers elle les thèmes de la paternité (défaillante ou non), de la fraternité et de la reproduction, non sans parfois retrouver quelques points communs avec Une affaire de famille, de Kore-eda. Comme lui, Parasite fait d’ailleurs partie de ces rares films qu’on serait prêt à recommander à tout le monde, cinéphiles ou non. Vous l’aurez compris, voilà un film riche et foisonnant, qui a bien mérité le prix suprême du Festival de Cannes.

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2018-2019 !!! ici >>>> formulaire de d’adhésion

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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