Du 24 au 30 juillet 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 25 juillet 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 24 au 30 juillet 2019, Noureev de Ralph FiennesLe chant de la forêt de  Joao Salaviza et Manou à l’école des goélands (animation) d’Andrea Block et Christian Haas, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Noureev

Biopic de Ralph Fiennes, 2h07

Synopsis

Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l’Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d’amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d’un bon œil ses fréquentations « occidentales » et le rappellent à l’ordre. Confronté à un terrible dilemme, Noureev devra faire un choix irrévocable, qui va bouleverser sa vie à jamais. Mais qui va le faire entrer dans l’Histoire.

Séances en Version Originale (VO)
Me.24 Je.25 Ve.26 Sa.27 Di.28 Lu.29 Ma.30
17h40 17h40 19h45 19h45 10h50 19h45 17h40
15h30

Ralph Fiennes ressuscite le mythe Noureev et son « saut vers la liberté »

« Quand on évoque Noureev, les gens pensent à l’immense danseur parce qu’il a redéfini le ballet dans le monde occidental« , affirme l’acteur et réalisateur dans un entretien avec l’AFP.

Son film « The White Crow » (Le Corbeau Blanc) sort en salles le 19 juin en France où, près de 60 ans plus tôt, à l’aéroport du Bourget, un danseur soviétique de 23 ans prononce cette simple phrase « Je voudrais rester dans votre pays » et entre dans l’Histoire.

Mais Ralph Fiennes 56 ans, qui réalise son troisième film, a voulu surtout peindre le petit garçon né au sein d’une famille pauvre de Tatars musulmans et qui devient un « jeune homme avec un extraordinaire sens du destin« , un artiste « à la personnalité sanguine« .

– « Le saut vers la liberté » –

Le film immortalise la scène où, face à des membres du KGB paniqués essayant de retenir Noureev (le danseur ukrainien Oleg Ivenko), un officier français s’interpose et lance « On est en France ici!« .

« Le grand saut vers la liberté« , titre le lendemain la presse internationale qui y a vu une victoire du « monde libre« .

« Il a pris une décision sur où il allait exister. Il décide de quitter sa patrie car le système était tellement paranoïaque à propos de l’expression individuelle« , rappelle M. Fiennes.

Comme dans les deux premiers films qu’il a réalisés — « Coriolanus » (2011) et « The Invisible Woman » (2013) –, Fiennes est à la fois derrière et devant la caméra, jouant le rôle d’Alexandre Pouchkine, le professeur de ballet d’exception de Noureev en Russie.

Un choix qui a été imposé à l’acteur du « Patient anglais » et le Voldemort de Harry Potter: « Je ne le voulais pas, mais c’est un film très difficile à financer et on m’a dit +si vous êtes dedans, cela aiderait sa production« .

Ralph Fiennes évoque « l’angoisse » de convaincre les producteurs du choix d’un danseur inconnu à l’anglais bancal pour jouer un grand rôle, perfectionner ses notions de russe mais surtout parler du danseur le plus connu de l’histoire moderne.

Lors de la tournée parisienne du Kirov de Léningrad (actuel Mariinsky de Saint-Pétersbourg), Noureev provoque l’ire du KGB en sortant avec ses nouveaux amis parisiens, le danseur Pierre Lacotte (Raphaël Personnaz) plus connu aujourd’hui comme chorégraphe, et Clara Saint (Adèle Exarchopoulos), ex-fiancée d’un fils d’André Malraux, alors ministre de la Culture.

Fondé sur la biographie de Julie Kavanagh, le film est ponctué de flashbacks: la naissance à bord du Transsibérien, la faim à Oufa, dans l’ouest russe, et un père dur opposé à ce que son fils danse. Enfant, « Rudik » n’avait pas de chaussures pour aller à l’école. Après sa mort en 1993 à Paris, une de ses paires de chaussons de danse est vendue 9.200 dollars (8.130 euros).

Le biopic évoque ses coups de sang et sa sexualité. « Il n’a jamais fait son coming-out mais n’a jamais caché son homosexualité« , une fois en Occident, selon Ariane Dollfus, auteure de la biographie « Noureev L’insoumis« .

– Traître ou ambassadeur ? –

« Il a été un traître pour l’Union soviétique mais le meilleur ambassadeur de la danse russe« , selon Mme Dollfus. « Il a été un visage de la Guerre froide, des rebelles années 60 mais aussi des années sida« , précise-t-elle. La maladie emporta la star à 54 ans.

Noureev a valorisé le rôle des hommes dans des ballets qui donnent la primauté aux ballerines, il a revisité des classiques un peu partout dans le monde, comme à l’Opéra de Paris où il a dirigé la danse de 1983 à 1989.

En Russie, où il ne fut autorisé à retourner qu’en 1987 pour revoir sa mère mourante et ne fut réhabilité qu’après sa mort, son personnage divise toujours: en 2017, la première du ballet « Noureev » au Bolchoï, de Kirill Serebrennikov, aujourd’hui assigné à résidence, avait été retardé de six mois après une controverse sur une photo du danseur nu.  l’Express

Le chant de la forêt

drame de João Salaviza et Renée Nader Messora (1h54)

Synopsis et détails

Ce soir, dans la forêt qui encercle ce village au nord du Brésil, le calme règne.
Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô marche dans l’obscurité, il entend le chant de son père disparu qui l’appelle. Il est temps pour lui d’organiser la fête funéraire qui doit libérer son esprit et mettre fin au deuil.
Habité par le pourvoir de communiquer avec les morts , Ihjãc refuse son devenir chaman. Tentant d’échapper à son destin, il s’enfuit vers la ville et se confronte alors à une autre réalité : celle d’un indigène dans le Brésil d’aujourd’hui.

Séances en Version Originale (VO)
Me.24 Je.25 Ve.26 Sa.27 Di.28 Lu.29 Ma.30
17h45 17h45 17h45 17h45 10h50 20h00 17h45
17h45

La critique de Frédéric Strauss, Télérama :

Le dépaysement est radical, et s’impose en seulement quelques plans. Un jeune homme marche dans une forêt exotique, guidé jusqu’à un lac par un chant étrange, une voix venue de l’au-delà : celle de son père défunt. Il demande que la cérémonie rituelle mettant fin au deuil soit organisée, afin que son âme puisse reposer en paix. La surface du lac prend feu, des flammes bleues s’élèvent. Et un autre monde s’ouvre à nous.La beauté de cette entrée en matière a de quoi laisser le spectateur désorienté. Tout comme la suite : dans l’eau boueuse d’une piscine creusée à même la terre, des filles batifolent en parlant de garçons. L’important, pour elles à cet instant, c’est qu’il n’y aura bientôt plus de vernis à ongles Hot kiss et qu’il va falloir aller en acheter à la ville. Mais où est-on donc ? Dans un village appelé Pedra Blanca, sur la terre indigène krahô, au cœur de la savane brésilienne du Cerrado. Ces précisions géographiques, le film n’a pas besoin de les donner pour définir son territoire : un lieu où le sacré, venu de la nuit des temps, rencontre la modernité profane et une joie de vivre décontractée. Simple contraste, ou conflit ? Pour le jeune Ihjãc, un combat intérieur va se jouer là.

En entendant le chant de la forêt, en entrant en communication avec son père mort, l’orphelin est devenu l’élu, passeur entre deux mondes, chaman. Mais cette place, Ihjãc n’en veut pas : c’est près de sa femme et de son fils qu’il se sent bien, dans la tendresse d’un bonheur rassurant. L’ordre magique des choses se rappelle alors à lui et réaffirme son emprise : dans la forêt, la blessure que lui inflige un perroquet est le signe qu’il doit se soumettre aux pouvoirs qui le possèdent et les servir. Pour échapper à ce destin et à l’oiseau qui est désormais son maître, Ihjãc part à la ville. Où il n’est plus qu’un indigène déraciné, un va-nu-pieds en perdition… Un discours critique sur la société brésilienne s’inscrit en pointillé mais la poésie reste la tonalité la plus forte autour de ce personnage fascinant de jeune homme mélancolique qui promène partout son double fantôme, ce chaman qui est en lui.

Si le film séduit d’abord par son étrangeté, il nous plonge peu à peu dans des peurs, des croyances. Le pouvoir du maître perroquet, on le redoute pour Ihjãc. Le Chant de la forêt est un envoûtement cinématographique. Sous sa vérité de document ethnographique, un imaginaire sorcier est à l’œuvre, qui nous transporte jusque dans cet ailleurs ultime qu’est l’invisible. Les deux réalisateurs expliquent que les caméras numériques ne pouvaient pas être utilisées dans les zones reculées où ils ont tourné. Ils en ont donc trouvé une vieille, fonctionnant avec de la pellicule, et cette caméra avait, disent-ils, une âme. On ne peut en douter face à ces images magnifiquement habitées.

Manou à l’école des goélands

Film d’animation allemand, d’Andrea Block et Christian Haas (1h30)

Synopsis

C’est l’histoire d’un martinet orphelin, élevé par des goélands. Courageux comme ses parents et astucieux comme tous les siens, il parviendra à réunir ces deux familles d’oiseaux qu’à priori tout oppose.

Séances en Version Française (VF)
Me.24 Je.25 Ve.26 Sa.27 Di.28 Lu.29 Ma.30
15h45 15h45 15h45 15h45 15h45 15h45 15h45
17h45 17h45

Critique par Nicolas Didier, Télérama :

La différence est une force. La preuve avec ce film d’animation allemand, sur fond de rivalités entre oiseaux qui vaut surtout pour la beauté de ses paysages en images de synthèse. A partir de 4 ans.

Louable histoire de tolérance entre volatiles, ce film d’animation 3D allemand est le premier long métrage réalisé par le duo Christian Haas-Andrea Block (fondateurs de LUXX Studios, en 2006). Où les scènes de vol, épatantes, compensent largement les quelques maladresses (un doublage en français un peu faiblard).

L’argument pour leur donner envie : La spécialité de Christian Haas et Andrea Block, ce sont les effets visuels (The Grand Budapest Hotel, White House Down). Si les expressions faciales des oiseaux laissent à désirer, le décor, lui, est sublime : une ville méditerranéenne baignée de lumière, avec plage, marché, terrasses de cafés. On a rarement vu paysages aussi bien modélisés en 3D.Ce qu’ils vont apprendre : Aux plus grands, les dialogues paraîtront explicatifs. Aux plus petits, ils enseigneront qu’une communauté repliée sur elle-même court à sa perte et que la solidarité entre espèces est une vertu. Car la différence devient souvent une force. Le martinet ne sait pas nager mais il peut, par exemple, anticiper les variations de la météo (l’arrivée d’une tempête), ce dont les goélands sont incapables.

Le moment qu’ils vont vraiment aimer : La scène de la course entre les jeunes goélands (qui planent) et Manou (qui bat des ailes) permet d’apprécier pleinement la grande qualité des images de synthèse. Soit un plan-séquence virevoltant, à travers végétation et bâtiments – la caméra semble embarquée sur le dos d’un oiseau.

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Et toujours :

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