Du 14 au 20 août 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 14 août 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 14 au 20 août 2019, Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Once upon a time in Hollywood 

Thriller américain de Quentin Tarantino  (2h42), interdit au moins de 12 ans

Synopsis

En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Séances en Version Française (VF)
Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20
13h30 13h30 13h30 13h30 10h50 13h30 13h30
16h00 16h00 16h00 16h00 13h30 16h00 16h00
19h30 19h30 19h30 16h30 19h30 19h30
Séances en Version Originale (VO)
Me.14 Je.15 Ve.16 Sa.17 Di.18 Lu.19 Ma.20
17h20 17h20 17h20 17h20 19h30 17h20 17h20
19h30

La critique de Jacques Morice

Déclaration d’amour à une époque bénie jetant ses derniers feux, ce neuvième film impose une nonchalance inédite. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, Tarantino séduit.

Depuis sa Palme d’or, en 1994, avec Pulp Fiction, Quentin Tarantino est un cinéaste à la hauteur de la rock star. Chacun de ses nouveaux films est attendu comme un événement incontournable, à même d’intéresser plusieurs générations. Cette attente, il la met en scène, il sait en jouer et la déjouer à chaque fois (ou presque), trouvant le moyen de réinventer quelque chose, de surprendre, de déconcerter, tout en maintenant le fil d’une histoire qui la fonde en profondeur, à savoir sa cinéphilie dévorante, sans limite, éclectique. Une passion qui n’est pas pure et dure : elle va de pair avec toute la pop culture (musique, polars bon marché, émissions de radio, etc.) que ce bidouilleur exalté mixe et remixe, mieux que quiconque sans doute. Ainsi dans ce dernier film est-il question de cinéma mais aussi et surtout de télévision.

Once Upon a Time in… Hollywood est une déclaration d’amour presque tendre (si, si, vous avez bien lu) à une époque révolue. Le film se déroule sur plusieurs journées, au début d’août 1969. Hollywood doit alors composer avec la télévision, devenue un média de masse. Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) est justement un acteur de séries télé, de plus en plus abonné aux rôles de méchants. Il est sur le déclin, il doute, il picole trop. Un producteur (Al Pacino) l’incite à aller tourner en Italie un western spaghetti. Pour Rick, c’est le signe qu’il est devenu un has been. Il s’épanche auprès du cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), qui est plus que sa doublure : son homme à tout faire, son chauffeur et sa nounou. L’un est au service de l’autre, les deux n’ont pas les mêmes moyens, mais ils sont comme des frères.

En parallèle, on suit l’épouse de Roman Polanski, Sharon Tate (Margot Robbie), starlette sur le point d’être star. On connaît son nom et sa fin atroce, surtout aux Etats-Unis, où son assassinat par des hippies illuminés, membres d’une communauté regroupée autour de Charles Manson, a traumatisé le pays. Impossible ici, au risque de « spoiler » le lecteur, d’en dire plus sur la façon dont Tarantino a traité ce fait divers en alimentant, forcément, un certain suspense. Tout juste peut-on annoncer qu’il a surtout tenu à rendre un hommage qui se veut léger et fluide à Sharon Tate, en la filmant toujours en mouvement, fleur blonde pleine de candeur, gracile, rieuse. Le film, rappelons-le, est un conte (« Once Upon a Time »…). Il mêle astucieusement des éléments vrais avec d’autres, imaginaires. Rick y apparaît comme un panaché de Clint Eastwood (vedette de Rawhide) et de Steve McQueen (Au nom de la loi). Once Upon a Time in… Hollywood regorge ainsi de citations (voir encadré) et d’appropriations diverses.

Les cocktails sirotés par dizaines, les piscines, le vertige des descentes en voiture sur les pentes de Los Angeles (magnifiquement filmé), les rumeurs, les réputations qui se font et se défont, l’acteur liquéfié, rongé par l’angoisse, qui n’arrive pas à dire son texte (DiCaprio, émouvant) : tout cela s’enchaîne en mode mineur, sans intrigue véritable, sans trame à rebondissements. Le film tient de la balade indolente, de la remémoration. Il séduit mais prend aussi le risque de frustrer. Rien de spectaculaire ici, sinon le bain de sang final, catharsis cartoonesque jubilatoire et virtuose dans son déroulé. Pour le reste, Tarantino a rengainé ses flingues et sa perversion, pour quelque chose de plus doux. Il reste lui-même tout en étant un autre.

Doublure, décalque, reprise… le cinéaste joue avec ces notions. Y compris dans la musique, où il a fait le choix de titres fameux (des Rolling Stones ou des Mamas and the Papas…) repris par d’autres. Comme s’il ne fallait surtout rien de majeur, de profond, mais au contraire une forme de survol mélodieux. Une séquence, génialement anodine, résume bien cet effleurement. Brad Pitt (léger et puissant à la fois) doit réparer l’antenne de télévision de Rick, absent de la maison. Il débarque là-bas, prend quelques outils dans le garage, arrive sur le toit en deux, trois mouvements ahurissants d’agilité. Posté au soleil tout près de l’antenne bringuebalante, il enlève son tee-shirt, arborant un torse de marbre antique, malgré les cicatrices. La caméra s’attarde sur lui, qui surplombe le monde, regarde tout autour, entend le rock enjoué au loin qui s’échappe d’une fenêtre de la chambre de Sharon Tate. Dans ce moment suspendu passe la sensation d’une dolce vita hollywoodienne. Tout cela disparaîtra bientôt, l’innocence sera perdue.

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Et toujours :

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Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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