Du 9 au 15 octobre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 9 octobre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 9 au 15 octobre 2019, Ad Astra de James GrayLa fameuse invasion des ours en Sicile  (animation) de  Lorenzo Mattotti. Le cycle « Jeunes Réalisatrices » avec 3 films cette semaine : Les éblouis de Sara SucoSoirée rencontre en présence de la réalisatrice vendredi 11 octobre à 20h00 (en avant première), Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Curiosa de Lou Jeunet – Cycle de 3 semaines avec 6 films – pass à 18 € pour 4 films au choix. Et toujours Alice et le maire de Nicolas PariserBacurau de Kléber Mendonça Filho et Juliano DornellesAu nom de la terre d’Edouard Bergeon et Shaun le mouton, la ferme contre-attaque de Will Becher et Richard Phelan au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Enfin, n’oubliez pas de renouveler votre adhésion pour soutenir votre association rochefortaise des amoureux du cinéma!

Ad Astra

de James Gray, 2h04

Synopsis

L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
17h50 17h50 17h50 17h50 17h50 17h50 17h50

Frédéric Foubert, Première

On pourrait envisager la filmographie entière de James Gray comme une reformulation de l’oeuvre de Francis Ford Coppola. De Little Odessa à The Immigrant, il aura passé les vingt premières années de sa carrière, et ses cinq premiers films, à réfléchir et réinvestir les thématiques du Parrain (l’immigration, les héritages impossibles, la famille qui protège et étouffe…) en les ramenant à une dimension moins épique, plus modeste et intime. Avec The Lost City of Z, il quittait l’ombre des Corleone pour s’attaquer à Apocalypse Now – le voyage, la remontée du fleuve, l’énigme existentielle, le face-à-face avec soi-même au bout du chemin. Ad Astra, sa première incursion dans le registre de la science-fiction, poursuit l’entreprise du précédent film et remixe lui aussi le souvenir de l’odyssée vietnamienne de Coppola. L’astronaute Roy McBride (Brad Pitt) est chargé de partir aux confins du système solaire à la recherche de son père (Tommy Lee Jones), pourtant donné pour mort depuis des années. En chemin, il va être confronté à des questionnements existentiels aussi immenses que ceux qui agitaient Willard quand il remontait le Mékong sur les traces de Kurtz.

James Gray aborde la science-fiction de la même façon que le film d’aventures dans The Lost City of Z : comme un territoire métaphorique avant tout, où il malmène les conventions du genre, les contourne, les esquive, privilégiant la dimension poétique des situations plutôt que leur « réalisme » (si tant est qu’on puisse parler de réalisme dans ce contexte). Il s’agit clairement ici d’assister à un lent voyage psychanalytique, une succession de stations où le héros plonge de plus en plus profondément en lui-même au fur et à mesure qu’il s’éloigne de la Terre. Ad Astra est superbement « designé », magnifié par la photo surréelle de Hoyte Van Hoytema (le chef opérateur de Christopher Nolan) et les envolées mélancoliques déchirantes de la partition signée Max Richter (The Leftovers). Cette dimension plastique parfois quasi abstraite ne signifie pas que Gray ne délivre pas le quota de frissons de cinéma requis par ce genre de projet : sur la Lune, il filme une course-poursuite affolante, mémorable, l’équivalent spatial de celle, new-yorkaise et pluvieuse, de La nuit nous appartient.

Dans la peau de l’astronaute qui brave les dangers en retenant ses larmes, Brad Pitt, sublime, est bouleversant de force résignée. Avec ce nouveau rôle anthologique juste après le Tarantino, 2019 est un grand cru pour le fan-club. Il faudra un jour s’interroger plus longuement sur la déferlante d’explorateurs de l’espace aux regards tristes qui se sera abattue sur les écrans ces dernières années, tous ces aventuriers cosmiques portés par l’esprit de conquête mais aux yeux embués par le chagrin et les regrets – Ryan Gosling dans First Man, Sean Penn dans la série The First, Sandra Bullock dans Gravity, Matthew McConaughey dans Interstellar, Robert Pattinson dans High Life… Les années 2010 auront définitivement été celles de la SF dépressive, endeuillée, la tête dans les étoiles, certes, mais bourrée d’idées noires. On pense aussi à la Natalie Portman d’Annihilation, qui ne quittait pas le plancher des vaches, elle, mais évoluait dans une jungle symbolique assez proche de celle arpentée ici par Pitt. Comme Annihilation, d’ailleurs, Ad Astra divisera. Mais on peut parier que ses supporters l’aimeront de manière inconditionnelle. C’est un film superbe et funambule, triste et flamboyant, une prise de risques magnifique. Et si, plutôt qu’une nouvelle variation sur Apocalypse Now, James Gray venait de signer son Coup de coeur ? Dans notre bouche, c’est un compliment.

La fameuse invasion des ours en Sicile

Film d’animation italo-français de Lorenzo Mattoti, 1h22

Synopsis

Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes…

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
13h30 13h30 13h30 15h55 13h30 13h30 13h30
15h55 15h55 15h55 18h10 15h30 15h55 15h55
18h10 18h10 18h10 19h40 18h10 18h10 18h10
19h40
Caroline Besse, pour Télérama, extrait :

Le premier long-métrage d’animation du célèbre illustrateur italien Lorenzo Mattotti, merveilleuse adaptation de l’œuvre de Dino Buzzati, a enchanté la section Un certain regard. Au 72e festival de Cannes, il y avait des ours. Une armée, même. Des ours à la tête anguleuse, taillée comme un origami. Des bruns, un blanc à longue barbe, et aussi un roi. A l’instar de La Tortue Rouge en 2017, deux films d’animation ont marqué cette année la section Un certain regard : Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, et l’adaptation du livre de Dino Buzzati, La Fameuse invasion des ours en Sicile, publié en 1945.

C’est son compatriote, le dessinateur, affichiste et illustrateur italien Lorenzo Mattotti qui le réalise, pour son tout premier long-métrage, à 65 ans. « Cette histoire, pourtant très originale, n’avait jamais été adaptée, ni par les Américains, ni les Japonais. Beaucoup de projets ont été refusés », raconte le réalisateur, sous la lumière aveuglante d’une terrasse d’un hôtel cannois.

Pour faciliter l’adaptation de La Fameuse invasion des ours en Sicile, réputée difficile, les scénaristes ont imaginé les personnages du ménestrel et de sa fille, qui racontent à un ours rencontré dans une grotte ー le divertir plutôt que se faire manger tout cru ! ー cette célèbre légende. « Je tenais absolument à garder la structure du livre, avec un narrateur. Le traitement littéraire était difficile, mais très amusant. On a mis beaucoup d’idées dedans. C’est un roman plein de personnages, qui part dans tous les sens. Et il manquait une fille ! ».

Lorenzo Mattotti, qui vient de l’illustration et de la bande-dessinée, se souvient avoir dû profondément modifier sa façon de travailler au service du film : « Ma culture de la bande dessinée en 2D et les structures narratives des pages sont très différentes de celles d’un film !  détaille-t-il. Tout le développement et l’organisation des séquences a été complexe. Mais les storyboardistes, les monteurs, et l’expérience de tout le monde, m’ont beaucoup aidé. » Le résultat, mélange de technique 2D et 3D, basé sur les dessins en couleur de Lorenzo Mattotti, est à l’image de l’œuvre de Buzzati : délicieusement inquiétant, poétique, et avant tout, merveilleux.

Cycle « Jeunes Réalisatrices » avec 3 films cette semaine

du 4 au 20 octobre, 3 semaines, 6 films – pass à 18 € pour 4 films au choix

Soirée rencontre en présence de la réalisatrice vendredi 11 octobre à 20h00

Les  éblouis

Drame de Sara Suco, 1h39, tourné à Angoulême (en avant première) – Prix Cinéma 2019 de la Fondation Barrière

Synopsis

Camille, 12 ans, passionnée de cirque, est l’aînée d’une famille nombreuse. Un jour, ses parents intègrent une communauté catholique basée sur le partage et la solidarité dans laquelle ils s’investissent pleinement. Peu à peu, la jeune fille doit accepter un mode de vie qui remet en question ses envies, sa vie sociale, et ses propres tourments. Elle commence alors un combat pour se défaire de cette emprise, affirmer sa liberté et sauver ses frères et sœurs.

Critiques indisponibles pour ce film qui sortira fin novembre >>> Interview de Sara Suco

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
20h00

Portrait de la jeune fille en feu

Drame français de Céline Sciamma, 2h02

Synopsis

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
15h20 15h20 15h20 16h50 10h50 15h20 15h20
20h00 20h00 17h30 20h00 20h00
20h00
L’avis de àVoiràLire :
Est-ce le talent de Céline Sciamma qui permet de sublimer Adèle Haenel, ou au contraire la beauté de l’actrice qui inspire la réalisatrice ? C’est précisément la question qui est posée à travers la relation entre une peintre et son modèle. Et le résultat est stupéfiant.
Le cinéma français a une sacrée dette envers Céline Sciamma : celle de nous avoir fait découvrir le charme et le talent d’Adèle Haenel, en 2007, au moment de la sortie très remarquée de La Naissance des Pieuvres. Depuis, l’actrice a tourné avec les réalisateurs les plus en vue du pays, à tel point que cette année, elle débarque à Cannes avec pas moins de trois films à défendre. Celui des trois qui concourt pour la Palme d’Or marque d’ailleurs les retrouvailles entre les deux femmes. Dans un film d’époque, ce Portrait de la Jeune Fille en Feu imagine le rapprochement entre une peintre et son modèle, et l’inévitable tension érotique qui va naître entre elles. Or, si l’homosexualité féminine est un sujet récurrent dans la filmographie de Sciamma, c’est la première qu’elle l’aborde par le prisme historique. Toutefois, en plaçant leur rencontre en 1770, il ne s’agit pas de profiter du contexte politique houleux qui précédait la Révolution française, mais bien de rappeler qu’en ces temps pas si ancestraux, les femmes avaient une liberté des plus limitées, puisqu’elles étaient contraintes de se marier, afin de sortir du couvent.
C’est exactement ce qui arrive à Héloïse -incarnée par Adèle Haenel donc-, une Bretonne virginale que sa mère a décidé d’offrir en mariage à un riche Milanais. On n’avait jamais connu l’actrice sous des airs si fragiles, elle que l’on a l’habitude de voir dans la peau de femmes fortes, mais ce changement de registre confère à son jeu une dimension encore plus appréciable. Face à elle, une peintre –soit l’ancêtre symbolique de la cinéaste–, qui elle-même se bat à sa façon, pour s’affranchir du carcan patriarcal dans lequel sa condition l’enferme, va l’initier aux joies d’une liberté, aussi éphémère soit-elle. Dans ce rôle, Noémie Merlant (découverte dans La Crème de la Crème et Des lendemains qui chantent) fait preuve d’une justesse parfaite. L’alchimie qui naît entre les deux est palpable dès leurs premières scènes en commun et atteint plusieurs fois des sommets qui rappellent parfois le Persona de Bergman, quintessence de la représentation à l’image de l’amour lesbien.
La sobriété de la mise en scène participe pour beaucoup à l’intensité du feu érotique, qui bout sous la surface des faux-semblants. Le travail effectué par la directrice de la photographie, qui vise à donner à chaque plan l’allure d’une peinture animée, n’est certainement pas pour rien dans la beauté qui se dégage du contenu. Et la splendeur des décors confère à l’ensemble un vrai charme pictural. Mais le plus magnifique du film apparaît dès que les deux femmes s’observent l’une l’autre : le jeu des regards véritablement troublant se suffit alors à lui-même pour rendre leur attirance inavouée –bien que parfaitement attendue, pour le public–. Parmi les séquences les plus marquantes du long métrage, les deux seules fois où Sciamma fait appel à une musique diégétique (une scène au milieu, qui donne justement son titre au film, et le dernier plan) apparaissent comme des apothéoses émotionnelles, telles que l’on en n’avait plus vécu depuis longtemps. Le film bouleverse, et on ne peut s’empêcher de penser que Céline Sciamma a voulu y parler d’elle et de sa propre relation avec sa muse Adèle Haenel. Que les deux continuent à s’inspirer de cette manière, on en redemande !

Curiosa

Drame français de Lou Jeunet, 1h47

Synopsis et détails

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Pour éponger les dettes de son père, Marie de Héredia épouse le poète Henri de Régnier, mais c’est Pierre Louÿs qu’elle aime, poète également, érotomane et grand voyageur. C’est avec lui qu’elle va vivre une initiation à l’amour et à l’érotisme à travers la liaison photographique et littéraire qu’ils s’inventent ensemble.
Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
17h45 17h45 17h45 17h45

La critique de àVoiràLire :

Il est un temps pas si lointain où les jeunes filles quittaient le foyer de leur famille pour intégrer directement celui de leur mari. En cette année 1897, Marie de Hérédia ne déroge pas à la régle. Ses parents la vendent à Henri de Régnier (interprété par l’impeccable Benjamin Lavernhe à l’abnégation touchante), un bourgeois honnête et droit, dépourvu de toute fantaisie mais conforme à leur rang. Si Marie (Noémie Merlant) ne le déteste pas, elle n’a aucune attirance particulière pour lui. Elle a certes épousé Henri de Régnier mais c’est avec Pierre Louys (Niels Schneider) qu’elle veut s’amuser, un ami de son mari, qui la courtise depuis longtemps. Elle devient sa muse mais même au plus fort de leur liaison amoureuse, Pierre continue d’être essentiellement animé par sa passion photographique. Pour lui, les femmes ne sont que des objets qu’il collectionne et dont il consigne les performances dans un cahier qu’il est fier d’exhiber à ses amis. Il partage d’ailleurs Zohra, sa maîtresse algérienne, avec d’autres garçons au cours d’une scène où Camelia Jordana n’en finit plus de nous surprendre, après sa prestation dans Le brio récompensée du César du meilleur espoir féminin en 2018. Elle se révèle impressionnante dans ce rôle de femme libre. Bien malgré lui, Pierre tombe sous le charme de Marie qui ne ressemble à aucune autre femme qu’il a connue. Grâce à son sens de la liberté et sa fantaisie, elle s’impose auprès de lui jusqu’à les lier par une réelle passion.

Il n’est ici nullement question de se délecter de scènes de sexe torrides. Quand il ne porte pas les superbes costumes de cette époque où plumes et bijoux étaient de mise, le corps longiligne de Noémie Merlant sert de prétexte à quelques gracieux tableaux dénudés pendant que Niels Schneider dévoile avec une désinvolture presque enfantine sa plastique avantageuse. La caméra s’attarde voluptueusement sur les visages et les corps pour nous faire partager leur jeunesse et leur fougue et créer une ambiance de légèreté (nous deux, c’est pour rire souligne Marie), qui parcourt tout le film jusqu’à ce notre machiste invétéré, désarçonné par la découverte du sentiment amoureux dont il ignorait tout jusqu’à présent, parte en Algérie retrouver Zohra qu’il imagine plus conforme à sa conception de l’amour.

L’histoire prend alors un ton plus dramatique et donne l’occasion à Noémie Merlant, (bien loin du personnage tragique de jeune fille happée par la radicalisation que lui avait offert Le ciel attendra) de déployer toute l’amplitude de son talent en passant sans encombres de la naïveté de l’oie blanche à la perversité de la femme manipulatrice. De la garçonnière de l’amant à l’appartement au décor strict de l’appartement du mari, elle transmet son énergie et sa fantaisie à Marie qui désormais fait fi de la domination mâle et va même jusqu’à signer ses œuvres d’un pseudonyme masculin. Pièce maîtresse d’un trio formé de Pierre Louys, à qui Niels Schneider prête une beauté juvénile, qui ricoche ironiquement contre le cynisme dont il fait preuve à l’égard du sexe qu’il estime faible, et de Henri de Régnier que Benjamin Lavernhe transforme avec douceur et générosité en cocu au grand cœur, Noémie Merlant se fond allégrement sous les traits de Marie de Heredia, pour hisser haut et fort les prémices de la liberté sexuelle féminine.

Alice et le maire

Comédie dramatique de Nicolas Pariser,  1h43

Synopsis

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
13h30 13h30 13h30 13h30 11h00 13h30 13h30
15h40 15h40 15h40 15h40 13h30 15h40 15h40
20h20 20h20 20h20 20h20 15h40 20h20 20h20
20h20

Critique : Lu dans LYON CAPITALE

Le film, tourné à Lyon l’été dernier n’avait pas reçu le soutien de la municipalité. Faute d’accord pour tourner à l’hôtel de ville, c’est les salons de la préfecture et l’hémicycle du conseil général qui ont servi de décor au long-métrage. Comme nous l’écrivions à l’époque, l’histoire n’avait pas franchement fait rire Gérard Collomb. “Il y a eu une consigne donnée par les équipes de Gérard Collomb de ne pas participer au tournage”, avait glissé un élu de la majorité à la Ville de Lyon. Un Lyonnais qui avait participé au tournage nous avait raconté plus en détail l’histoire : “Le maire de Lyon joué par Fabrice Luchini est épaulé par une femme qui a trente ans de moins que lui. Il est fâché avec le maire du 4e arrondissement, qui est un sosie de François Hollande. Ceux qui ont écrit ce film ont eu des infos de l’intérieur. C’est aussi vrai que nature. De Caroline Collomb à David Kimelfeld, il y a tout le monde !

La note de Jérémie Couston pour Télérama : TT (on aime beaucoup)

Shaun le mouton, la ferme contre-attaque

de Will Becher et Richard Phelan toujours en avant-première dimanche 13 octobre

Synopsis

Objectif Laine !
Shaun Le Mouton revient dans une aventure intergalactique. Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA.
Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l’aventure, et ses rots venus d’un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.
Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour une épopée…à se tondre de rire !

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
11h10

Bacurau

drame brésilien de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, 2h10

Synopsis – Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte

Séances en Version Originale (VO)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
17h45 17h45 17h45 17h45 17h45 17h45 17h45

Critique par Jacques Morice, Télérama

Bacurau, village isolé d’une région pauvre du Brésil (le Sertão, que Bernard Lavilliers a naguère chanté dans son album O Gringo), c’est jour de deuil. La matriarche Carmelita, aimée de tous, vient de s’éteindre, ayant atteint l’âge canonique de 94 ans. Tous les habitants défilent, il y a du monde, de l’animation, des discours, des chants, une tristesse mêlée de liesse, une fraternité générale, malgré quelques frictions ici et là. La chronique sociale sur les us et coutumes d’une culture immémoriale ? Oui, mais en partie. Tous ces éléments disparates, à même de composer une fresque à forte teneur ethnographique, dissimulent aussi des signes de fiction pour le moins bizarre. A commencer par ces cercueils qu’on voit un peu partout…

Kleber Mendonça Filho, l’auteur talentueux desBruits de Recifeet dAquariusquico-réalise cette fois avec son chef décorateur, Juliano Dornelles, prend son temps pour ancrer l’action, brosser des archétypes, semer un à un les éléments d’un étonnant brassage de genres : le western, l’horreur, le film d’anticipation. Pour la dystopie, on avait été prévenu dès l’entame par une prophétie au goût de cendre, incrustée dans l’image : « D’ici quelques années… »

Bacurau, dont les habitants découvrent qu’il a disparu de la carte et des GPS, vit en fait coupé du monde et tient du camp retranché, pas si éloigné du village fameux des irréductibles Gaulois. Des envahisseurs le menacent. Il y a de fréquentes incursions, des drones insolites en forme de soucoupe volante survolent le coin… Autant dire que des surprises et des télescopages saugrenus abondent dans ce film ample, sorte de western brésilien rétro-futuriste, bricolé et sophistiqué, où les objets les plus archaïques croisent la haute technologie. Où les urgences écologiques (le manque d’eau), la ghettoïsation à venir de régions entières, les nouvelles formes de colonisation des pays dominateurs, sont abordés avec cette clairvoyance politique associée, comme d’habitude chez Mendonça Filho, à un imaginaire fort.

Un bandit baroque, sorte de faune queer, un fasciste très susceptible (Udo Kier), une médecin très influente quand elle ne boit pas (Sonia Braga), une tueuse qui aime s’envoyer en l’air après avoir flingué, une infirmière lumineuse… Voilà quelques-uns des « phénomènes », bons ou méchants, qui sont réunis dans cette guerre ouverte, violente, d’une ironie truculente, de plus en plus tendue et spectaculaire à mesure qu’on en saisit les enjeux. Le film est un possible trait d’union entre le cinema novode Glauber Rocha et John Carpenter (le cinéaste fétiche de Kleber Mendonça Filho), le tout connecté à des problématiques à la fois locales et universelles. Autant dire un film hybride, parfois un peu relâché, un peu trop lent au début, encore que cette lenteur, on le devine, soit une façon de résister à l’efficacité à outrance, au montage ultra nerveux des blockbusters. Il faut dire qu’à Bacurau, comme chez Astérix et ses acolytes, il y a aussi une potion magique : des psychotropes puissants, gobés par tous les habitants, jeunes ou vieux. Est-ce pour être plus fort ou pour mieux supporter l’horreur environnante ? Cela n’est pas vraiment dit, mais on pencherait pour la seconde hypothèse.

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.9 Je.10 Ve.11 Sa.12 Di.13 Lu.14 Ma.15
16h00 15h45 13h30 16h00 11h00 13h30 13h30
20h20 18h00 15h35 20h20 16h00 15h45 15h40
20h20 17h45 22h30 20h30 20h20 20h20
22h30

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

A noter, jusqu’au 20 octobre : cycle « les jeunes réalisatrices » ( 6 films/ 4 soirées rencontres, pass à 18 euros pour 4 films au choix – les films seront programmés plusieurs fois),

et du 16 au 22 octobre: Visions d’Afrique

Et toujours : Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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