Du 5 au 12 novembre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 6 novembre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 6 au 12 novembre 2019, Soirée hommage à Jean Vigo, vendredi 8 novembre à 20h15, Invasion Los Angeles de John Carpenter, et toujours Joker de Todd PhillipsLa fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo MattotiSorry we missed you de Ken LoachAu nom de la terre d’Edouard Bergeon et Shaun le mouton, la ferme contre-attaque de Will Becher et Richard Phelan au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

*** à ne pas manquer:

Soirée Hommage à JEAN VIGO Vendredi 8 novembre à 20h15, en présence de Thierry GUILABERT,  auteur  du livre  » Jean Vigo libertaire ».

A Propos de Nice : documentaire muet (1930), 23 mn

Première œuvre de Jean Vigo qui « allait, férocement, révéler la vraie nature de la Cité des Anges« . On y découvre la face cachée pauvre et misérable de Nice la Belle, symbole d’élégance et de richesse aux yeux du monde.

Zéro de Conduite : film dramatique (1933), 47 mn

La rentrée ramène les collégiens vers leurs classes. La vie scolaire reprend, scandée par les chahuts dans le dortoir, les punitions et les «zéro de conduite». Seul Huguet, un surveillant, sait s’attirer les bonnes grâces des enfants. Pour le reste, les meneurs, excédés de discipline et d’ennui, s’affairent à la préparation d’une révolte.

Invasion Los Angeles

ciné club *** Soirée Débat Jeudi 7 Novembre à 20h15 *** animée par Olivier Lolmede et les élèves de la classe cinéma du lycée Merleau Ponty

Science fiction (1988), américain, de John Carpenter, 1h33

Synopsis

Un ouvrier au chômage découvre un groupe discret qui fabrique des lunettes noires. Intrigué, il en essaie une paire et découvre un monde effrayant : de nombreux humains sont en réalité des extraterrestres aux visages hideux et écorchés ; les panneaux publicitaires ordonnent la soumission dans des termes dignes de Big Brother.  Avec un autre ouvrier, il affronte les envahisseurs. Mais quel jeu joue Holly, la séduisante responsable des programmes du canal 54 ?

Séances en Version Originale (VO)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
20h20 18h15 18h15

L’avis de Léo Moser, les Inrocks :

Dans une Amérique asphyxiée par la crise, John Nada, ouvrier au chômage (campé par l’ex-catcheur Roddy Piper, mulet réglementaire sur la nuque) parcourt les routes à la recherche d’un emploi. Embauché sur un chantier à Los Angeles, il intègre un groupe de sans-abri qu’il découvrira investi d’une mission secrète : celle de résister au règne totalitaire d’un oppresseur omniprésent, mais invisible (du moins à l’œil nu). Muni de lunettes de soleil au pouvoir révélateur, John découvre le monde tel qu’il est réellement : contrôlé par des extra-terrestres pouvant prendre une apparence humaine, qui exercent sur les Terriens une propagande subliminale. Derrière les panneaux publicitaires, les émissions télévisées, et même les billets de banque, se dissimulent des messages d’asservissement (dont le célèbre “obey”) rendant la population aussi aveugle qu’apathique. Avec ses lunettes, son mulet, et un bon vieux shotgun pétaradant (mais sans gilet jaune), John va mener l’insurrection pour mettre fin au règne occulte de ces sinistres extra-terrestres en col blanc.

Avec son dispositif formel ludique, révélant une réalité anxiogène (filmée en noir et blanc) sous le vernis d’illusion du monde moderne, They Live est une charge anticapitaliste furieuse, et une satire désenchantée d’une Amérique reaganienne à bout de souffle, étouffée par une politique libérale agressive et un consumérisme forcené. On y retrouve le pessimisme patenté et la paranoïa rampante qui contaminaient déjà les précédents films de Carpenter, et notamment The Thing, chef-d’œuvre claustrophobe dans lequel une monstruosité mutagène pouvait prendre l’apparence de n’importe quel humain.

Joker

Drame américain de Todd Philipps,  2h02

Synopsis – Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Séances en Version Française (VF)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
20h00 17h50 16h40 16h30 16h45 16h45 20h15
19h55 19h45 20h15 20h15
22h20 22h20

Quelques critiques

Jo Fishley pour Bande à Part : Voyez comme il danse, Joaquin Phoenix ! Fou, hagard et souple. La danse de mort du Joker, enfant inconsolé, chorégraphie un film malade insensé. Un grand film.
Bruyn pour Mariane : Grand film sur la folie d’un personnage en quête d’identité (…) Joker, avec un plaisir sardonique, dérègle les codes lénifiants du blockbuster.
Thierry Chèze pour Première : Un immense film politique sous influence scorsesienne assumée, porté par l’interprétation démente de Joaquin Phoenix.
Remi Lou pour le Journal du Geek : Un film qui se veut réaliste sans jamais prendre à parti le spectateur, le laissant simplement témoin de la naissance d’un mal profond tapi dans l’ombre et nourri depuis longtemps par une société malade.

La fameuse invasion des ours en Sicile

Film d’animation italo-français de Lorenzo Mattoti, 1h22

Synopsis – à partir de 6 ans

Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes…

Séances en Version Française (VF)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
18h15 18h10 18h15 18h15 18h15

Télérama aime passionnément. La critique de Guillemette Odicino :

Adaptée d’un roman de Buzzati, cette fable écologique montre des ours ravir le pouvoir aux hommes. Entre Fantasia de Disney et commedia dell’arte.

Il était une fois… le pouvoir de la narration. Pour amadouer un ours qu’ils ont réveillé dans sa caverne, le saltimbanque Gédéone et sa petite assistante entreprennent de lui raconter une histoire : celle, légendaire, de ce roi des ours, Léonce, dont le fils fut enlevé. Pour retrouver son petit Tonio, le père décide de faire descendre son peuple des montagnes vers la vallée des hommes. Après un combat contre les troupes du vaniteux grand-duc de Sicile, les plantigrades s’installent au pouvoir et les deux peuples fraternisent. Mais les ours sont-ils vraiment faits pour vivre au pays des hommes ?

Adapter le roman pour enfants publié en 1945 par Dino Buzzati semblait impossible. Lorenzo Mattotti, grand illustrateur de BD, mais aussi réalisateur d’un segment de Peur(s) du noir (2007), a fait appel à Jean-Luc Fromental, auteur du scénario de Loulou, l’incroyable secret (2013), et à Thomas Bidegain, scénariste fétiche de Jacques Audiard, entre autres. Leur grande idée a été de reconstruire le récit autour de deux narrateurs, le forain puis l’ours, pour une version complémentaire de l’histoire. Et les deux bénéficient des voix d’authentiques raconteurs d’histoires : Thomas Bidegain lui-même et le grand Jean-Claude Carrière.

Fable écologique qui confronte la candeur animale à la corruption politique, ce film à tiroirs puise ses charmes à de multiples sources, des légendes méditerranéennes à la Renaissance italienne, en passant par la commedia dell’arte et Paul Grimault. Guidés par la faim, l’art de la guerre ou les ruses de la magie, les animaux forment de splendides cortèges d’un orange sanguin à géométrie variable dans le bleu roi et le vert sapin. Certaines liesses, éphémères, forment des ballets à la fantasmagorie pop proche du Fantasia de Disney. Sur les escaliers sans fin d’une citadelle sur la mer, et jusqu’aux dangereux tréfonds d’une gentilhommière, court et virevolte la jeune et fière Almérida, qui mettra au jour un complot. Avec sa divine profusion de lignes (de perspective et de fuite) et de couleurs éclatantes, ce grand film d’animation impose sa vérité : quand deux logiques s’affrontent, c’est la nature, et non l’homme, qui a le dernier mot.

Sorry we missed you

Drame britannique de Ken Loach, 1h40

Synopsis

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir
indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Séances en Version Originale (VO)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
18h00 15h45 15h45 15h45 18h00 11h00 18h00
20h15 20h15 18h00

L’avis de AvoirAlire :

A 82 ans, Ken Loach réussit à parfaitement dessiner les évolutions libérales du marché du travail et leurs dérives aliénantes. Il en profite également pour dépeindre un portrait de ses contemporains avec la justesse dont il a le secret.

Déjà lauréat de deux Palmes d’Or, c’est avec l’histoire d’une famille en pleine dislocation que Ken Loach est revenu cette année concourir à Cannes. Bien entendu, son approche d’une chronique familiale se fait moins sur le ton mélodramatique conventionnel que via le prisme de ses thématiques sociales favorites. Le spectateur n’est d’ailleurs pas pris au dépourvu puisque Sorry, we Missed You s’ouvre sur un entretien d’embauche. Ainsi, à l’inverse de Daniel Blake, le rôle-titre de son précédent film, Ricky Turner ne va pas devoir affronter une perte d’emploi mais bien l’acquisition d’un nouveau job. Il est dès lors d’autant plus intéressant de découvrir comment le cinéaste parvient à faire de ce point de départ, à priori positif, la source d’une série d’ennuis, voir même d’un cercle vicieux tout aussi destructeur que les situations qu’il avait déjà pu croqué au cours de sa carrière.

Les compromis que Ricky et sa femme Abbie doivent faire pour cumuler deux emplois et ainsi rembourser leurs dettes et nourrir leurs enfants, en dit long sur le regard que Loach porte sur le marché du travail actuel. Soit, comment, sous couvert d’un semblant de liberté, les employeurs ne font que renforcer la précarité, et donc l’asservissement, de leurs salariés. C’est tout un système qui se voit pointer du doigt à travers les conditions de travail au demeurant inhumaines des deux personnages : le système UBER. Ainsi, il apparait que Ken Loach a parfaitement su moderniser son regard sur le sujet depuis Riff-Raff qui, en 1991, dénonçait déjà la façon dont le patronat imposait sa mainmise sur la classe ouvrière. Les acquis sociaux que le prolétariat croyaient avoir acquis depuis n’étaient alors qu’une vaste fumisterie.

Shaun le mouton, la ferme contre-attaque

de Will Becher et Richard Phelan

Synopsis

Objectif Laine !
Shaun Le Mouton revient dans une aventure intergalactique. Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA.
Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l’aventure, et ses rots venus d’un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.
Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour une épopée…à se tondre de rire !

Séances en Version Française (VF)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
18h15 11h10 13h30
18h15

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.6 Je.7 Ve.8 Sa.9 Di.10 Lu.11 Ma.12
17h45 15h40 15h40 18h05 18h05 18h00

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

Et toujours : Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
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