Du 13 au 19 novembre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 12 novembre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 13 au 19 novembre 2019, J’accuse de Roman Polanski et toujours Joker de Todd PhillipsSorry we missed you de Ken LoachAu nom de la terre d’Edouard Bergeon et Shaun le mouton, la ferme contre-attaque de Will Becher et Richard Phelan au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

et bientôt , la soirée  « Ciné Concert » à La Coupe d’Or : Samedi 7 DÉCEMBRE à 20h30!!!

J’accuse

drame de Roman Polanski, France/ Pologne/ Grande-Bretagne, 2h12

Grand Prix du Jury Mostra de Venise 2019 – Synopsis

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.
Séances en Version Française (VF)
Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19
13h30 13h30 13h30 13h30 10h50 13h30 13h30
16h30 16h30 16h30 16h30 13h45 16h30 16h30
19h45 20h00 19h30 19h30 16h45 19h45 19h45
19h45

La critique de Alexandre Janowiak pour Écran Large :

Même à qui n’a suivi que légèrement ses cours d’histoire plus jeune, Alfred Dreyfus est un nom qui évoque quelque chose. L’affaire qui lui colle à la peau est considérée comme l’une des plus grandes erreurs judiciaires de l’Histoire française (voire complot). Cependant, c’est sans doute la lettre ouverte d’Emile Zola publiée dans le journal L’Aurore – et au titre cinglant : J’accuse… ! – à propos de cette injustice qui est restée dans les mémoires. Pas étonnant donc que le nouveau long-métrage de Roman Polanski en reprenne l’intitulé dans son titre  : J’accuse.Pour autant, s’il est basé sur ce fait réel et adapté du bouquin D. du Britannique Robert Harris (co-scénariste du film), J’accuse s’attarde peu sur l’article dénonciateur du célèbre écrivain. Au contraire, le film se concentre essentiellement sur la quête de vérité du colonel Picquart, ancien professeur de Dreyfus devenu lieutenant-colonel et chef du service de renseignement militaire, lorsqu’il découvre qu’Alfred Dreyfus a été condamné à tort. De quoi lancer un récit aux multiples ressorts et manipulations.

Le cinéaste franco-polonais n’a plus tout le talent qu’il détenait dans les années 60-70 lors de la sortie de ses chefs-d’oeuvre de Rosemary’s Baby au Locataire,  mais il n’en garde pas moins une vraie intelligence de la narration.

Ainsi, l’ouverture de J’accuse impressionne par son cadre imposant et oppressant. L’instauration de l’intrigue – qui se met en place avec la dégradation militaire d’Alfred Dreyfus (incarné par un Louis Garrel austère) – est remarquable, extrêmement méticuleuse et procure une force immédiate au récit.

Loin de faire de son film une simple reconstitution historique, Polanski le transforme rapidement en thriller d’espionnage où Picquart joue au Sherlock Holmes. Une idée judicieuse qui redonne un véritable intérêt aux enjeux politiques, judiciaires et militaires derrière l’Affaire tout en lui conférant une avancée ludique et divertissante tout autant qu’instructive. Le film se veut alors une quête de vérité, de dignité et de justice au coeur d’un système perverti et manipulé par le mensonge et les préjugés, dans une première heure robuste.

Malheureusement, si les intentions de J’accuse sont louables et les choix narratifs propices à un enfièvrement progressif, le film ne décolle jamais vraiment. Jean Dujardin a beau livrer une prestation remarquable dans la peau du Colonel Picquart, les multiples trouvailles de cet homme d’honneur prêt à beaucoup de sacrifices pour prouver l’innocence de Dreyfus, se suivent, se ressemblent et finissent par tourner en rond.

L’enquête bat son plein et pourtant, J’accuse s’enlise dans un rythme neurasthénique voire totalement apathique, le récit donnant corps uniquement aux enjeux politiques et rarement à ceux humains. Nul doute que J’accuse aurait d’ailleurs pu devenir un grand film sur les défauts de la Justice tant il est le plus maitrisé et solide du réalisateur depuis The Ghost Writer en 2010, et ce malgré quelques incrustations numériques inabouties.

Pour cela, il aurait cependant fallu que Roman Polanski veuille vraiment parler de l’affaire Dreyfus dans son film. Au visionnage, difficile en effet de ne pas voir Polanski mettre en parallèle sa propre histoire avec celle du militaire français. Dans le dossier de presse du film, le cinéaste l’a d’ailleurs avoué pleinement : « Je connais bon nombre de mécanismes de persécution qui sont à l’œuvre dans ce film et cela m’a évidemment inspiré ».

Là est pourtant une immense erreur du réalisateur de penser pouvoir se comparer à la persécution dont a été victime Alfred Dreyfus. À leur grande différence, ce dernier a toujours été pleinement innocent au contraire du metteur en scène qui s’est lui même reconnu coupable de viol sur mineur, en avouant lors de son procès en 1977 avoir eu des relations sexuelles avec une jeune fille de 13 ans. Une comparaison dérangeante de la part du cinéaste de 86 ans donc qui est sans doute la raison principale de la puissance dégressive de J’accuse. À défaut de narrer jusqu’au bout avec passion l’histoire de son personnage, le cinéaste a voulu y greffer la sienne empêchant à l’ensemble de se dévoiler pleinement et d’impliquer le spectateur émotionnellement. Dommage.

Joker

Drame américain de Todd Philipps,  2h02

Synopsis – Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Séances en Version Française (VF)
Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19
20h00 20h00 20h00 17h30 17h50 20h00 20h00
22h30 22h25 20h10

Quelques critiques

Jo Fishley pour Bande à Part : Voyez comme il danse, Joaquin Phoenix ! Fou, hagard et souple. La danse de mort du Joker, enfant inconsolé, chorégraphie un film malade insensé. Un grand film.
Bruyn pour Mariane : Grand film sur la folie d’un personnage en quête d’identité (…) Joker, avec un plaisir sardonique, dérègle les codes lénifiants du blockbuster.
Thierry Chèze pour Première : Un immense film politique sous influence scorsesienne assumée, porté par l’interprétation démente de Joaquin Phoenix.
Remi Lou pour le Journal du Geek : Un film qui se veut réaliste sans jamais prendre à parti le spectateur, le laissant simplement témoin de la naissance d’un mal profond tapi dans l’ombre et nourri depuis longtemps par une société malade.

Sorry we missed you

Drame britannique de Ken Loach, 1h40

Synopsis

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir
indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Séances en Version Originale (VO)
Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19
15h50 15h50 18h00 15h50 18h00

L’avis de AvoirAlire :

A 82 ans, Ken Loach réussit à parfaitement dessiner les évolutions libérales du marché du travail et leurs dérives aliénantes. Il en profite également pour dépeindre un portrait de ses contemporains avec la justesse dont il a le secret.

Déjà lauréat de deux Palmes d’Or, c’est avec l’histoire d’une famille en pleine dislocation que Ken Loach est revenu cette année concourir à Cannes. Bien entendu, son approche d’une chronique familiale se fait moins sur le ton mélodramatique conventionnel que via le prisme de ses thématiques sociales favorites. Le spectateur n’est d’ailleurs pas pris au dépourvu puisque Sorry, we Missed You s’ouvre sur un entretien d’embauche. Ainsi, à l’inverse de Daniel Blake, le rôle-titre de son précédent film, Ricky Turner ne va pas devoir affronter une perte d’emploi mais bien l’acquisition d’un nouveau job. Il est dès lors d’autant plus intéressant de découvrir comment le cinéaste parvient à faire de ce point de départ, à priori positif, la source d’une série d’ennuis, voir même d’un cercle vicieux tout aussi destructeur que les situations qu’il avait déjà pu croqué au cours de sa carrière.

Les compromis que Ricky et sa femme Abbie doivent faire pour cumuler deux emplois et ainsi rembourser leurs dettes et nourrir leurs enfants, en dit long sur le regard que Loach porte sur le marché du travail actuel. Soit, comment, sous couvert d’un semblant de liberté, les employeurs ne font que renforcer la précarité, et donc l’asservissement, de leurs salariés. C’est tout un système qui se voit pointer du doigt à travers les conditions de travail au demeurant inhumaines des deux personnages : le système UBER. Ainsi, il apparait que Ken Loach a parfaitement su moderniser son regard sur le sujet depuis Riff-Raff qui, en 1991, dénonçait déjà la façon dont le patronat imposait sa mainmise sur la classe ouvrière. Les acquis sociaux que le prolétariat croyaient avoir acquis depuis n’étaient alors qu’une vaste fumisterie.

Shaun le mouton, la ferme contre-attaque

de Will Becher et Richard Phelan

Synopsis

Objectif Laine !
Shaun Le Mouton revient dans une aventure intergalactique. Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA.
Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l’aventure, et ses rots venus d’un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.
Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour une épopée…à se tondre de rire !

Séances en Version Française (VF)
Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19
15h35 11h10

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.13 Je.14 Ve.15 Sa.16 Di.17 Lu.18 Ma.19
17h50 17h50 17h50 17h45 18h00 17h50 17h50

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

Et toujours : Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
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