Du 20 au 26 novembre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 20 novembre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 20 au 26 novembre 2019, Les misérables de Ladj Ly, et toujours J’accuse de Roman Polanski, Joker de Todd Phillips et Au nom de la terre d’Edouard Bergeon au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Bientôt , un week-end  » MUSIQUE  et CINEMA  » avec :

Apéro-ciné « la musique au cinéma » le Vendredi 6 décembre à l’auberge de jeunesse, et

Ciné-concert Chaplin-Keaton-Lloyd  à La Coupe d’Or , le Samedi 7 décembre à 20 h 30 – Daniel YVINEC, Directeur Artistique du projet, a retenu les musiciens du groupe  » Himiko  » – Réservations ==> Concerts & spectacles

Les misérables

Drame français de Ladj Ly ,  1h42

Avec avertissements

Synopsis

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

Séances en Version Française (VF)
Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26
13h30 13h30 13h30 13h30 11h00 13h30 13h30
15h45 15h45 15h40 15h45 13h30 15h45 15h45
20h30 20h30 20h15 20h15 15h55 20h30 20h30
22h30 22h30 20h30

JKDZ29 a écrit pour « A la rencontre du septième Art » :

Régulièrement caméra à l’épaule, souvent près de ses personnages, Ladj Ly choisit d’ouvrir son film sur la journée de la finale victorieuse de l’équipe de France de football à la dernière coupe du monde. C’est la communion, tout le monde fait la fête, personne ne pense plus à rien, on chante tous la marseillaise et on court dans les rues. Puis cette ouverture heureuse laisse place au quotidien des quartiers, au retour à la réalité, loin de cette éphémère utopie. A travers son film, Ladj Ly communique toute la misère de ces quartiers, la détresse et la peur qui y règnent, les faisant basculer dans un monde sans foi ni loi où il ne s’agit plus que d’être le plus fort. Dans ce qui est devenu une véritable jungle, les individus ne s’écoutent plus, et ne sont plus capables de communiquer autrement que par la violence.

Car Les Misérables développe un climat de tension permanent et étouffant, qui va crescendo jusqu’à un dernier acte apocalyptique s’apparentant à un véritable cri de colère teinté de détresse. Toute prise de parti est évitée. Qu’il s’agisse des habitants des quartiers que des forces de police, tous sont dans la même misère, la même détresse, et n’ont plus que la violence pour s’exprimer. C’est elle qui est pointée du doigt, et surtout ses origines, que sont principalement le délaissement de ces quartiers et de toute une génération qui n’a plus de repères et ne veut pas se conformer à l’ordre établi. C’est l’ingérence et le manque de préoccupation du gouvernement envers ces quartiers que Ladj Ly, qui a lui-même vécu toutes ces situations, pointe du doigt. La rupture est proche, et si rien n’est fait, il ne restera plus que le chaos.

Aucun misérabilisme ni prise de parti, pas de volonté d’être moralisateur, juste exposer les faits tels qu’ils sont, montrer ce que l’on ne montre pas toujours, ou le montrer d’un angle véritablement neutre pour permettre au spectateur de prendre plus de recul, de mieux comprendre. En s’incarnant dans la peau du petit pilote de drones, il se fait le témoin d’une génération abandonnée, un futur sans avenir. Les Misérables offre une plongée dans l’enfer de banlieues où la misère, la peur, le désespoir et la colère ont donné naissance à un monde sans foi ni loi. Un film immersif au plus près de la réalité, avec une tension grandissante qui happe le spectateur.

et la critique de Louis Guichard pour Télérama  :

Pour Ladj Ly, 38 ans, c’est un baptême du feu absolu : premier long métrage,  première compétition cannoise. Et la réussite est éclatante. On est saisi, happé par cette histoire de bavure policière en banlieue, à la cité des Bosquets de Montfermeil (93), inspirée d’un fait réel de 2008, dont le réalisateur fut le témoin en tant que vidéaste travaillant et habitant sur place – il en tira un court métrage, Les Misérables, déjà, il y a quelques années. C’est aussi un baptême du feu au sens propre, tant le jeune réalisateur s’affronte à une violence de plus en plus incendiaire, un jour d’été brûlant, peu après la victoire des Bleus à la Coupe du monde de foot. Bienvenue dans la France des banlieues. Quant au titre, outre qu’il qualifie parfaitement les conditions de vie de la  plupart des personnages, il renvoie, bien sûr, à Victor Hugo. L’écrivain rédigea son roman dans cette même ville de Montfermeil – une scène le rappelle avec humour.

La plus évidente qualité du film est l’équilibre entre les forces en présence, les flics et les jeunes de la cité. Les policiers de la brigade anti-criminalité (dont les révélations Djebril Zonga et Alexis Manenti) qui commettent l’irréparable – un tir de Flash-Ball sur le visage d’un préadolescent – ne sont ni des salauds fachos ni des modèles de vertu. Ils ne sont jamais d’accord entre eux sur les attitudes et les stratégies à adopter. Et ils sont, eux aussi, des habitants du quartier, qu’on suit le soir, à la maison – même si le personnage principal, joué par Damien Bonnard (excellent, une fois encore), prend ses fonctions au début du film, entraînant le spectateur dans sa stupeur de « nouveau ». Ajoutons que, dans son unique scène, Jeanne Balibar, en patronne de la brigade, exprime tout son génie et pulvérise beaucoup de clichés.

En face, les petits et grands frères forment une galerie de personnages impressionnants, flamboyants, pleins de fierté taiseuse ou de colère déchaînée. Beaucoup, originaires du Mali, sont joués par des résidents réels de la cité. Eux aussi échappent à toute caricature, au fil de cette escalade de la violence, dont l’origine est presque dérisoire : le vol d’un lionceau du cirque ambulant… Ladj Ly, formidable directeur d’acteurs, parvient à faire comprendre les raisons de chacun, et pourquoi l’explosion fatale est possible à tout moment. Avec ce film extrêmement vivant, il se réclame de La Haine de Mathieu Kassovitz et du collectif Kourtrajmé qui en découla indirectement. Mais le réalisateur des Misérables évoque aussi le grand Spike Lee des débuts, sa verve, son humanité et une énergie qui n’est pas, loin s’en faut, que celle du désespoir.

J’accuse

drame de Roman Polanski, France/ Pologne/ Grande-Bretagne, 2h12

Grand Prix du Jury Mostra de Venise 2019 – Synopsis

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.
Séances en Version Française (VF)
Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26
13h30 13h30 13h30 13h30 10h50 13h30 13h30
16h40 16h40 16h40 16h40 13h40 16h40 16h40
19h40 19h40 19h30 16h40 19h40 19h40
19h40

La critique de Alexandre Janowiak pour Écran Large :

Même à qui n’a suivi que légèrement ses cours d’histoire plus jeune, Alfred Dreyfus est un nom qui évoque quelque chose. L’affaire qui lui colle à la peau est considérée comme l’une des plus grandes erreurs judiciaires de l’Histoire française (voire complot). Cependant, c’est sans doute la lettre ouverte d’Emile Zola publiée dans le journal L’Aurore – et au titre cinglant : J’accuse… ! – à propos de cette injustice qui est restée dans les mémoires. Pas étonnant donc que le nouveau long-métrage de Roman Polanski en reprenne l’intitulé dans son titre  : J’accuse.Pour autant, s’il est basé sur ce fait réel et adapté du bouquin D. du Britannique Robert Harris (co-scénariste du film), J’accuse s’attarde peu sur l’article dénonciateur du célèbre écrivain. Au contraire, le film se concentre essentiellement sur la quête de vérité du colonel Picquart, ancien professeur de Dreyfus devenu lieutenant-colonel et chef du service de renseignement militaire, lorsqu’il découvre qu’Alfred Dreyfus a été condamné à tort. De quoi lancer un récit aux multiples ressorts et manipulations.

Le cinéaste franco-polonais n’a plus tout le talent qu’il détenait dans les années 60-70 lors de la sortie de ses chefs-d’oeuvre de Rosemary’s Baby au Locataire,  mais il n’en garde pas moins une vraie intelligence de la narration.

Ainsi, l’ouverture de J’accuse impressionne par son cadre imposant et oppressant. L’instauration de l’intrigue – qui se met en place avec la dégradation militaire d’Alfred Dreyfus (incarné par un Louis Garrel austère) – est remarquable, extrêmement méticuleuse et procure une force immédiate au récit.

Loin de faire de son film une simple reconstitution historique, Polanski le transforme rapidement en thriller d’espionnage où Picquart joue au Sherlock Holmes. Une idée judicieuse qui redonne un véritable intérêt aux enjeux politiques, judiciaires et militaires derrière l’Affaire tout en lui conférant une avancée ludique et divertissante tout autant qu’instructive. Le film se veut alors une quête de vérité, de dignité et de justice au coeur d’un système perverti et manipulé par le mensonge et les préjugés, dans une première heure robuste.

Malheureusement, si les intentions de J’accuse sont louables et les choix narratifs propices à un enfièvrement progressif, le film ne décolle jamais vraiment. Jean Dujardin a beau livrer une prestation remarquable dans la peau du Colonel Picquart, les multiples trouvailles de cet homme d’honneur prêt à beaucoup de sacrifices pour prouver l’innocence de Dreyfus, se suivent, se ressemblent et finissent par tourner en rond.

L’enquête bat son plein et pourtant, J’accuse s’enlise dans un rythme neurasthénique voire totalement apathique, le récit donnant corps uniquement aux enjeux politiques et rarement à ceux humains. Nul doute que J’accuse aurait d’ailleurs pu devenir un grand film sur les défauts de la Justice tant il est le plus maitrisé et solide du réalisateur depuis The Ghost Writer en 2010, et ce malgré quelques incrustations numériques inabouties.

Pour cela, il aurait cependant fallu que Roman Polanski veuille vraiment parler de l’affaire Dreyfus dans son film. Au visionnage, difficile en effet de ne pas voir Polanski mettre en parallèle sa propre histoire avec celle du militaire français. Dans le dossier de presse du film, le cinéaste l’a d’ailleurs avoué pleinement : « Je connais bon nombre de mécanismes de persécution qui sont à l’œuvre dans ce film et cela m’a évidemment inspiré ».

Là est pourtant une immense erreur du réalisateur de penser pouvoir se comparer à la persécution dont a été victime Alfred Dreyfus. À leur grande différence, ce dernier a toujours été pleinement innocent au contraire du metteur en scène qui s’est lui même reconnu coupable de viol sur mineur, en avouant lors de son procès en 1977 avoir eu des relations sexuelles avec une jeune fille de 13 ans. Une comparaison dérangeante de la part du cinéaste de 86 ans donc qui est sans doute la raison principale de la puissance dégressive de J’accuse. À défaut de narrer jusqu’au bout avec passion l’histoire de son personnage, le cinéaste a voulu y greffer la sienne empêchant à l’ensemble de se dévoiler pleinement et d’impliquer le spectateur émotionnellement. Dommage.

Joker

Drame américain de Todd Philipps,  2h02

Synopsis – Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Séances en Version Française (VF)
Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26
17h45 16h30 17h45 17h45 18h00 17h50 18h00
22h20 22h20

Quelques critiques

Jo Fishley pour Bande à Part : Voyez comme il danse, Joaquin Phoenix ! Fou, hagard et souple. La danse de mort du Joker, enfant inconsolé, chorégraphie un film malade insensé. Un grand film.
Bruyn pour Mariane : Grand film sur la folie d’un personnage en quête d’identité (…) Joker, avec un plaisir sardonique, dérègle les codes lénifiants du blockbuster.
Thierry Chèze pour Première : Un immense film politique sous influence scorsesienne assumée, porté par l’interprétation démente de Joaquin Phoenix.
Remi Lou pour le Journal du Geek : Un film qui se veut réaliste sans jamais prendre à parti le spectateur, le laissant simplement témoin de la naissance d’un mal profond tapi dans l’ombre et nourri depuis longtemps par une société malade.

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26
18h05 18h05 18h05 18h05 18h05 18h05

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

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