SIDEWALK STORIES

Par rochefort.sur.toile, le 27 avril 2015

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Photographies et témoignages : Fonds numérique René Vendôme, AMR

Cartes postales : Fonds numérique Michel Basse, AMR

A l’occasion de l’ouverture de l’Apollo Ciné8

l’association Rochefort sur Toile organise

UNE SOIREE  » HOMMAGE AU CINEMA   » 

    LE MARDI 12 MAI A 20 HEURES

autour du film  » Sidewalk stories « , film muet en noir et blanc

clin d’œil  à C.Chaplin.

Francesca Veneziano, spécialiste en Arts Visuels

nous parlera de l’histoire du cinéma.

La soirée s’achèvera autour d’un verre de l’amitié.

Nous serions heureux de vous compter parmi nous.
La séance est au tarif Rochefort sur Toile.

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Portrait d’un vagabond chaplinien dans un New York sans pitié. Près de vingt-cinq ans après sa réalisation, reprise d’un film méconnu et merveilleux.
La reprise contemporaine du cinéma muet en noir et blanc, devenue synonyme de succès, ne saurait plus nous étonner. Mais il y a plusieurs façons de reprendre. Là où The Artist ou Tabou de Miguel Gomes orientent leur amour de la référence vers la déploration d’un passé perdu, ce premier long métrage, réalisé à 26 ans par Charles Lane (qui a très peu tourné par la suite), retrouvait en 1989 la formidable force de subversion du burlesque américain de Charlie Chaplin et Buster Keaton.
Un vagabond solitaire (Lane lui-même) vit en dessinant des portraits dans les rues délabrées de Greenwich Village, à New York. Un soir, alors qu’il vient d’assister au meurtre de son père, il recueille une petite fille et prend soin d’elle, de squats écroulés en foyers d’urgence. Silent-movie bercé par un jazz doux, cette réécriture du Kid promène dans l’adversité de la grande ville une grâce radicale, où chaque gag mélancolique révèle et conjure la violence du quotidien. Plus encore que chez Chaplin, le burlesque se soutient d’un imparable réalisme. Ce dont on ne parle pas, celui qui doit se taire, il faut le montrer. Ses gestes fragiles, ses solutions immédiates à chaque situation, sa gaucherie dans l’amour avec une jeune femme dont il fait le portrait, c’est la joie folle retrouvée auprès d’un Keaton noir, tours et retours de l’homme qui ne rit jamais.
Les premiers plans du film, dans l’accéléré de Wall Street, nous balancent au visage une métropole où les traders se bastonnent pour attraper un taxi. Plus tard, ce gardien d’immeuble qui s’agite pour empêcher l’homme et l’enfant d’entrer se prend, de la part de l’amoureuse, un calme gnon. Sidewalk Stories ouvre dans l’espace de turbulences d’une ville capitaliste une zone de repos, un slapstick de la lenteur. Les gestes sont tranquilles, non appuyés mais parfaitement lisibles sans parole, et par leur grâce l’empire de la vitesse se désactive.
Les dernières minutes du film à leur tour sont une irruption dans l’ordre muet des choses. Sur une place où les deux amoureux se retrouvent, des clochards déambulent, tentant de se réchauffer ou de mendier une cigarette, et le son revient : on entend leurs voix pour la première fois, le film ouvre les bras à son dehors documentaire. Le film muet et sa belle politique de la maladresse s’allient à un street art brut, refusant le happy end d’une paix sociale fictive. Un très grand espoir s’y expose, sans fausses promesses de réconciliation.

Luc Chessel les inrocks

 

Tourné à New York en février 1989, Sidewalk Stories (Histoires de trottoir) a été, la même année, présenté à Cannes dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs. L’enthousiasme des spectateurs, qui ont applaudi debout le film pendant plus d’un quart d’heure, lui a valu de remporter le Prix du Public. Puis, accompagné cette fois de la musique de Marc Marder, le film a remporté le Grand Prix et le Prix de la Mise en Scène au festival de l’Humour de Chamrousse. D’autres prix internationaux viendront consacrer le succès de Sidewalk Stories , parmi lesquels on peut remarquer le Prix Spécial Guggenheim, couronnant le film comme meilleure « Source d’inspiration pour les enfants ». Sorti aux Etats-Unis le 3 novembre 1989, il remporte un vif succès auprès du public et de la critique. Dès sa sortie en France, le 25 avril 1990, il est loué par une presse nationale presque unanime et remporte un beau succès commercial. Aussi bien, c’est sur des bases solides que le film s’est construit : sur l’amitié et la complicité, nouées dès les années 70 dans les sous-sols de l’université, entre Charles Lane et le compositeur Marc Marder.

Enfants de Cinéma

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