Semaine du 15 au 21 juin

Par Sophie et Anka, le 15 juin 2016

Cette semaine à l’Apollo Ciné 8

au tarif  Rochefort sur Toile (6 €)

 

Julieta

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film espagnol, de Pedro Almodovar

Au tout début de Julieta, la caméra caresse les plis d’un tissu rouge qui entoure un objet. Après les artifices outrés des Amants passagers, Pedro Almodovar signale ainsi son désir de filmer de nouveau la beauté – qui est d’ordinaire chez lui un chemin vers la douleur. Le tissu rouge servira d’emballage à un fétiche que Julieta (Emma Suarez, en ce prologue) emmènera loin de la capitale espagnole, pour suivre son amant Lorenzo (Dario Grandinetti). Une rencontre dans la rue, avec une amie de sa fille Antia, lui fait changer d’avis de façon incompréhensible pour le spectateur. <<< Thomas Sotinel, Le Monde >>>

Séances en version originale sous-titrée

Me.15 Je.16 Ve.17 Sa.18 Di.19 Lu.20 Ma.21

Séances en version française

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Ma Loute, film français de Bruno Dumond

Grand film barré, prodigieusement mal aimable et infiniment gracieux, Ma Loute est un ovni ahurissant droit sorti de la Côte d’Opale. Le huitième film de Bruno Dumont a de quoi surprendre. Imaginer la rencontre fracassante entre une famille d’aristos fin de race découvrant le tourisme balnéaire en 1910 et une troupe de cueilleurs de moules qui font passer le gué aux touristes et s’arrangent pour en saigner quelques-uns au passage. Voilà qui sort de l’ordinaire dans un cinéma français parfois dévoré par le contemporain et usé par le psychologique.

Dans ce grand bain d’autochromes Belle Epoque, Dumont convoque face à face deux races d’acteurs qu’il malaxe à l’envi. D’un côté, dans le rôle des Van Peteghem, Fabrice Luchini en aristo bossu sortant le char à voile à l’apéro, Juliette Binoche en grande baronne déglinguée et Valeria Bruni Tedeschi en épouse tragique qui a vu la Vierge. De l’autre, des non-acteurs en gueux de la mer, gueules monumentales comme Dumont a l’habitude d’en trouver chez lui, dans le Pas-de-Calais. Au centre, le coup de foudre éblouissant entre deux gamins, Ma Loute, gamin de la famille de pêcheurs et Billy, fils de bonne famille transgenre qui pourrait bien être une fille. Le tout sous le regard ahuri de deux policiers qui lévitent et grincent, cousins ch’tis de Laurel et Hardy. C’est pathétique, bouffon et trivialement burlesque. <<< Juliette Goudot >>>

 

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Café society

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film américain de Woody Allen

 

« C’est du Woody Allen pur : un délice de répliques drôles, de situations inattendues, de rencontres inopinées, de sentiments légèrement amers. L’une des comédies les plus réussies de notre Woody depuis… depuis quand, au fait ?

Tout commence à Hollywood dans les années 1930. Bobby, gamin juif du Bronx, fils d’un joaillier minable, frère d’un gangster brutal, débarque en Californie dans l’espoir de trouver un job. Maltraité par son oncle imprésario, Bobby (Jesse Eisenberg) se hisse petit à petit dans le monde du cinéma, et tombe amoureux d’une ravissante secrétaire, Vonnie (Kristen Stewart). Laquelle n’est pas libre. Secrètement, elle entretient une liaison avec l’oncle (Steve Carell). Le cœur brisé, Bobby revient à New York, ouvre une boîte de nuit, Les Tropiques, et devient le roi de la nuit à Manhattan. Un jour, Vonnie vient y prendre un verre, avec son mari. Elle est plus belle que jamais…

Des images d’une rare beauté

On retrouve l’ambiance Woody Allen : les jeux du cœur de « Comédie érotique d’une nuit d’été », la merveilleuse mélancolie de « Radio Days », les machinations de « Coups de feu sur Broadway ». Quand la maman juive de Bobby se lamente parce que l’un de ses fils, truand, a mal tourné (il est devenu catholique !), c’est irrésistible. Quand on entend qu’il faut profiter de chaque jour comme si c’était le dernier – sauf qu’un jour, zut de zut, c’est vraiment le dernier – c’est plus drôle qu’un aphorisme d’Onfray. Et quand les deux amants fêtent le Nouvel An dans deux endroits différents, une tristesse poignante au cœur, c’est magnifique. » <<< François Forestier, l’Obs >>>

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