Du 31 mai au 6 juin à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 31 mai 2017

Cette semaine à l’Apollo Ciné 8 au tarif Rochefort sur Toile – 6€ tous les jours et toutes les séances – Rodin, Noces, Album de famille, De toutes mes forces, et toujours DjangoLes fantômes d’Ismaël et Aurore 

Demain soir, le 1er juin à 20h15 – Rochefort sur Toile en partenariat avec l’association Vélo pour Tous

Bikes vs Cars, film documentaire activiste, de Fredrik Gertten

Soirée-débat avec Fréderic Héran, économiste et urbaniste , spécialiste des transports

Le film, qui assume son combat contre l’hégémonie de la voiture – chiffres et témoignages à l’appui – donne la parole à ceux qui se battent aux quatre coins de la planète pour que le cycliste retrouve droit de cité. Dans le (rétro)viseur, l’exemplaire Copenhague, dont 40 % des citoyens vont au travail à bicyclette, été comme hiver.

Bikes_vs_Cars_Featured

Les séances en version originale sous-titrée

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Rodin, film français de Jacques Doillon

Résumé

À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit sa première commande de l’Etat : La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme Le Baiser et Le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Balzac, rejeté de son vivant, deviendra le point de départ incontesté de la sculpture moderne.

Les séances en version française

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Jacques Doillon signe une œuvre peu commune et magnifique : tout en créant sa propre matière, il renvoie en écho l’acte créatif de Rodin comme articulation principale d’un film dont la narration n’est que secondaire. Il faut alors peut-être beaucoup aimer le travail de conception et d’élaboration artistiques en général, et plus particulièrement celui de Rodin pour entrer dans ce film miroir qui loin d’un biopic vise à sacraliser une œuvre à jamais immortelle. Où l’on voit les affres de l’artiste face à la glaise qu’il tutoie sévèrement avant de lui donner la forme adéquate. Et puis Camille Claudel. Son histoire s’inscrit pleinement sur la palette du réalisateur toujours aussi proche de la vérité que les étreintes des amants sont des esquisses sculpturales. De l’écran à la sellette, le même vertige de la création. La même passion. Entre Rodin et Doillon, une belle osmose célébrée par une palette de comédiens ad hoc. L’heure de la sortie

Noces, film belge de Stephan Streker          

Résumé

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

Les séances en version française

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

La formule de ce long métrage réalisé par le Belge Stephan Streker (Le Monde nous appartient) semble assez identifiable: un portrait de femme d’aujourd’hui, confrontée à des traditions qui l’oppressent. Peut-être un peu trop identifiable : ces portraits pullulent en festivals et, drapés dans leur dignité, se contentent souvent de leur sujet taillé pour le journal télévisé en oubliant de vraiment faire du cinéma. Ce n’est pas le cas de Noces, qui évite l’aspect mécanique et compassé redouté.

Streker parvient à rendre vivant ce récit d’une jeune femme prise au piège. Son sens de l’ellipse laisse de l’espace, tout en parvenant à faire ressentir l’adversité et le poids de la famille. Pour cela, il n’a pas besoin d’appuyer sur le levier du manichéisme. Noces peut surtout se reposer sur ses interprètes, Lina El Arabi en tête qui joue le rôle principal. La jeune femme trouve ici son premier rôle et porte le film avec spontanéité, justesse et charisme. Une bonne surprise. Nicolas Bardot

Album de famille, film turc de Mehmet Can Mertoglu

Résumé

Comment un couple sans enfant outrepasse la honte sociale de l’infertilité et de l’adoption en faisant croire à une vraie grossesse, dans les filets d’une laborieuse bureaucratie.          

Les séances en version originale sous-titrée

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Décapante découverte que ce premier film loufoque venu de Turquie.

De la saillie initiale entre bestiaux à la scène finale en pleines eaux, le spectateur navigue entre le fou rire et l’humour noir. Le couple multiplie les subterfuges pour mener à bien son dessein, discrètement mais sans complexe. En découle des scènes tordantes de dialogues incongrus et de situations ubuesques. Qui lorgnent aussi vers le malaise. Mais toujours avec un rythme alangui, moulé sur la langueur bureaucratique et l’hypocrisie sociétale. Avec aussi un racisme latent, ordinaire. Une expérience sur le fil, audacieuse, pour cette mise en abyme de la mise en scène. Car Mertoglu aime jouer des cadres et des décadrages, et raconter le monde en le distordant, pour mieux en saisir la substantifique moelle. Avec un regard fin et pénétrant. Olivier Pélisson

De toutes mes forces, film français de Chad Chenouga

Résumé

Nassim est un lycéen dont la mère est bientôt victime de sa profonde dépression. Orphelin, le jeune est placé en foyer mais fait croire à ses amis qu’il a été recueilli par son oncle…

Les séances en version française

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

« De toutes mes forces » évite sciemment les discours moralisateurs et larmoyants au profit de beaux et longs silences lourds de conséquence. Bon choix. Wesley Bodin

La qualité première du film se trouve dans le casting, qu’il s’agisse d’acteurs professionnels (l’impériale Yolande Moreau ou la jeune Jisca Kalvanda) ou débutants, comme le héros incarné par Khaled Alouach, dont on entendra parler. Chad Chenouga a su – et c’est assez rare pour le souligner – diriger les adolescents avec une grande justesse, évitant la plupart des clichés et canalisant l’énergie brute d’acteurs non-professionnels. On regrette parfois que le scénario suive la trajectoire archi-classique du jeune héros se battant pour s’extraire de son sort, mais la mise en scène alerte et le refus du pathos apportent à l’ensemble un charme pénétrant. Hugo BrownCe menteur professionnel, qui ne se remet pas de la perte de sa mère, avec un brin de culpabilité non avoué et non assumé – du moins au début du film –, abuse de la gentillesse des gens qui l’entourent et n’en fait qu’à sa tête. Il joue un rôle face à tous ses camarades, ses profs, le personnel du centre et lui-même… Olivier Bachelard, Abus de Ciné

Django, film français d’Etienne Comar

Résumé

En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale…

Si le film comporte évidemment des séquences musicales, c’est avant tout pour cette période de la vie de Django Reinahrdt qu’il faut aller le voir Django. Les connaisseurs n’apprendront probablement pas grand chose mais, c’est tout de même intéressant de voir comment l’artiste a géré ces événements difficiles pour sa famille et lui. Etienne Comar livre un premier film réussi, pas sans défauts mais, qui fait largement le travail. Cinephiliacr

Les séances en version française

Me.24 Je.25 Ve.26 Sa.27 Di.28 Lu.29 Ma.30

Les fantômes d’Ismaël, film français d’Arnaud Desplechin

Résumé

Une femme disparue depuis 21 ans refait surface et bouleverse la vie de son mari et de sa nouvelle compagne.

Dans Les Fantômes d’Ismaël, film-somme d’Arnaud Desplechin, qui donnera le coup d’envoi du Festival de Cannes et sortira le 17 mai au cinéma. Indispensable.

Dans ce film porté par la fougue, se croisent des vivants et des morts. Ici Ismaël, un réalisateur psychiquement agité (Mathieu Amalric), qui tente de nourrir une fiction de cinéma inspirée du parcours diplomatique de son frère, Ivan (Louis Garrel). Son ami cinéaste, Bloom (László Szabó), inconsolable depuis la disparition de sa fille, Carlotta (Marion Cotillard), projette en boucle, sur un écran domestique, des diapositives d’elle enfant. Voici aussi Sylvia (Charlotte Gainsbourg), astrophysicienne, qui partage la vie d’Ismaël, qu’elle aime d’une infinie douceur.
Un beau jour, comme sortie des flots marins, Carlotta refait surface. Elle, dont chacun avait plus ou moins fait le deuil, s’incarne à nouveau et se présente au regard des siens. Quel vertige ! Dans une scène en bord de mer, d’une très belle sobriété (contrastant avec le caractère quasi baroque de l’ensemble), elle viendra tendre la main à Sylvia et tentera de réinvestir la vie et le territoire de son mari, Ismaël. Anne-Claire Cieutat 

Les séances en version française

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Les Fantômes d’Ismaël, traversé par l’eau vive, exulte, déclare son amour à la fiction, au cinéma, à l’art, à la vie. Il nous invite à rejoindre notre axe, à vivre en phase avec le moment présent. Il tord ainsi le cou aux esprits chagrins, et fait la nique aux névroses diaboliques. Pour peu qu’on soit suffisamment en forme pour le recevoir (Les Fantômes d’Ismaël n’est pas un film reposant !), il incite au mouvement, à la marche, et croit en l’amour vrai et possible. Car, oui, Desplechin peut aussi être sentimental. Son film est une source d’alacrité. Il lui va bien au teint. Bande-a-part

Aurore, film français de Blandine Lenoir

Résumé

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

Aurore, ou le portrait moderne et solaire d’une femme de cinquante ans d’aujourd’hui. C’est à l’actrice Agnès Jaoui que la cinéaste Blandine Lenoir a choisi de confier le rôle-titre de son deuxième long-métrage. Parce qu’elle voulait une comédienne connectée à son personnage, en adéquation avec sa personnalité, son esprit, son âge, et sa façon de l’assumer.

Les séances en version française

Me.31 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Aurore vit à La Rochelle avec ses deux filles sur le point de quitter la maison. Elle est séparée de son ex-mari, elle perd son boulot, et seul le spectre de la triste solitude semble se profiler à l’horizon. Comment rebondir ? Comment exister de nouveau quand on n’est plus une jeune femme désirable ou une mère potentielle ? A cet âge où l’homme peut s’enorgueillir d’embrasser le passé et le futur, la femme est brutalement réduite à l’oubli. Nicolas Rieux

Pour les opéras et ballets, 18 euros sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *