Du 21 au 27 février 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 20 février 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile, 6€ toutes les séances, La douleur d’Emmanuel Finkiel, Wonder Wheel de Woody Allen et Cro Man de Nick Park (film d’animation). A noter, la soirée musique et cinéma en hommage à Pierre Barouh, Samedi 24 février à 20h30 au théâtre de la Coupe d’Or, des séances en V.O. au prix normal, et les prochaines rencontres RST

La douleur

d’Emmanuel Finkiel

Synopsis

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Les séances en version française

Me.21 Je.22 Ve.23 Sa.24 Di.25 Lu.26 Ma.27

Critique

La Douleur, ce grand livre sur l’absence où, entre journal intime et roman, Marguerite Duras retrace l’attente de son mari déporté, Robert Antelme, au cours des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, puis son retour des camps. Un texte âpre, ardent, magnifique dont Emmanuel Finkiel parvient à restituer la violence des sentiments, mais aussi, grâce à une mise en scène audacieuse, la distanciation propre à l’écriture durassienne. Sans jamais sacrifier l’émotion…

La douleur de Marguerite Duras est d’abord une peur, mêlée de honte : celle de dépendre d’une « ordure » pour sauver son époux. Entre la jeune romancière (et résistante) et l’inspecteur (et collabo) Pierre Rabier débute un jeu du chat et de la souris ambigu. Benoît Magimel apporte une douceur inquiétante à ce flic trouble, dont l’admiration presque enfantine pour la jeune romancière n’est, peut-être, qu’un leurre pour la manipuler.

Mélanie Thierry exprime avec intensité « le désordre phénoménal de la pensée et du sentiment » évoqué par Duras dans le préambule du roman. Elle est constamment crédible, trouve toujours la note juste, y compris dans les réactions les plus inattendues de son personnage.

L’adaptation d’Emmanuel Finkiel est exemplaire. Samuel Douhaire

Avec ce nouveau film, Emmanuel Finkiel confirme un style cinématographique très personnel. Refusant tout réalisme, faisant appel aux sensations et aux émotions, habité par ses propres préoccupations, il a frayé avec beaucoup de sensibilité, de rigueur et d’exigence son propre chemin dans le cinéma français actuel. Anne-Marie Baron

Wonder Wheel

de Woody Allen

Synopsis

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

Les séances en version française

Me.21 Je.22 Ve.23 Sa.24 Di.25 Lu.26 Ma.27

Les séances en version originale sous-titrée

Me.21 Je.22 Ve.23 Sa.24 Di.25 Lu.26 Ma.27

Critique

Jamais le cinéaste ne s’est autant approché, par la fiction, de l’événement privé qui a marqué en profondeur son parcours : sa rupture, en 1992, avec Mia Farrow (héroïne de treize de ses films), consécutive à sa relation avec la fille adoptive de l’actrice. Le scénario romance considérablement l’épisode, mais l’analogie s’impose, comme s’il s’agissait pour Woody Allen de livrer son point de vue d’artiste sur cette histoire.

Nous sommes dans les années 1950, à Coney Island, plage du sud de Brooklyn. Plus précisément au cœur du parc d’attractions de la plage. La grande roue du titre, souvent visible à l’arrière-plan, se prête aux métaphores mélancoliques, et notamment celle de la fortune qui passe.

Woody Allen ressemble à cet enfant pyromane, dont les séances de psychothérapie (et les séances de cinéma qu’il réclame) ne soignent pas la tendance à déclencher des incendies partout. Il est aussi, évidemment, le narrateur séducteur qui, pour expliquer ses revirements fatals, n’a que cette formule désinvolte, presque testamentaire : « Le cœur a ses hiéroglyphes… » Louis Guichard

Dès le premier plan, on comprend que le film est hyper soigné et travaillé sur le plan pictural. Jolie surprise pour le casting : Jim Belushi excelle, Justin Timberlake se révèle être plus que convaincant en amoureux menteur (ou l’inverse) face à une Kate Winslet ex-comédienne de théâtre ratée, névrosée et lunatique, mariée à un mari gras qui ne pense qu’à l’amener pêcher.

Derrière ses tirs à la carabine, ses écritures vintages (néologisme) et le plaisir qu’elle donne à ses passants, la grande fête foraine de Coney Island devient rapidement un théâtre où chaque personnage joue sa propre tragédie, pour ainsi dire « theatrum mundi ». La mise en abyme est installée : le spectateur regarde un film où des acteurs jouent leurs rôles, qui consistent à jouer des rôles, qui consistent à mentir à tout le monde, y compris à eux-mêmes. Carlaglt

Cro Man

de Nick Park  (ANIMATION)

Synopsis

Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre. L’histoire d’un homme des cavernes courageux, Doug, et de son meilleur ami Crochon, qui s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi.

Les séances en version française

Me.21 Je.22 Ve.23 Sa.24 Di.25 Lu.26 Ma.27

Critique

Après les grandes théories du Big Bang et de l’évolution, Cro Man nous propose la théorie Aardman : le football aurait été inventé par des hommes préhistoriques au moment où une pluie de météorites s’abattait sur la Terre, détruisant au passage les dinosaures. Et quoi de mieux qu’une météorite encore fumante pour se faire des passes du pied, puis marquer dans des cages en os de tyrannosaures ? Quelques milliers d’années plus tard, en plein Âge de pierre, Doug et les autres membres de sa tribu chassent sereinement le lapin, dans l’ignorance totale du sport autrefois inventé par leurs ancêtres. L’ignorance est finalement ce qui les caractérise le mieux, car ils n’imaginent pas une seule seconde ce qui se dessine au-delà de leur paisible vallée verdoyante : l’Âge de bronze est déjà en marche, prêt à tout écraser sur son passage. Un programme qui semble tout à fait séduisant, mais une question pourtant dérangeante grandit à mesure que le récit avance : et  si la prouesse technique avait pris le pas sur le scénario ? Laetitia Scherier

Prochaines rencontres 

Rochefort sur Toile

jeudi 1er mars à 17h45 : café ciné à la librairie l’Arbre à mots

vendredi 9 mars à 20h15 : Goldstone de Ivan Sen, en préambule au festival Rochefort Pacifique

vendredi 23 mars à 20h15 : l’atelier de conversation de Bernard Braustein

Des séances en Version Originale

La Forme de l’eau – The Shape of Water, de Guillermo del Toro

Les séances en version originale sous-titrée

Me.21 Je.22 Ve.23 Sa.24 Di.25 Lu.26 Ma.27

Et n’oubliez pas de réserver vos billets à l’office de tourisme pour la soirée hommage à Pierre Barouh à la Coupe d’Or le 24 février.

Et toujours

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguer le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page

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