Du 28 février au 6 mars 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 28 février 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile, 6€ toutes les séances, 3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance de Martin McDonagh, L’insulte de Ziad Doueiri, La douleur d’Emmanuel Finkiel et Cro Man de Nick Park (film d’animation). A noter, la prochaine soirée rencontre Rochefort sur Toile Vendredi  9 mars à 20h15, des séances en V.O. au prix normal

3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance

de Martin McDonagh

Synopsis

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Les séances en version française

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Les séances en version originale sous-titrée

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Critique

Mildred Hayes décide de louer trois panneaux publicitaires d’une route perdue de la petite ville d’Ebbing, et d’y placarder un message visant le manque d’efficacité des autorités. Un acte qui, en plus d’être un rappel de ce terrible drame, va ébranler la communauté et faire ressortir une forme de haine et de racisme générale – livrant ainsi un portrait sans concession de l’Amérique profonde.

Une quête de justice drôle et tragique

Avec un tel sujet, 3 Billboards aurait pu se concentrer sur sa part dramatique. D’autant plus avec cette héroïne, qui mène son combat face à la justice et son propre désespoir. Mais fidèle à son style, découvert avec Bons baisers de Bruges (2008) puis Sept psychopathes (2012), Martin McDonagh opte pour le mélange des genres, entre humour noir et tragédie. Le cinéaste trouve un équilibre parfait pour ne jamais basculer dans l’un plutôt que l’autre, grande force du film.

La drôlerie (on parle d’un humour noir assez fin) qui ressort incontestablement du film n’est jamais cynique, ni burlesque, simplement représentative des personnages singuliers qui composent le récit et offrent ainsi des situations au naturel étonnant. Pierre Siclier

Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats. Pierre Murat

L’insulte 

de Ziad Doueiri

Synopsis

A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l’affrontement des avocats porte le Liban au bord de l’explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Critique

Avec un humour très noir, il vise et pulvérise, cette fois, pas mal de préjugés et de tabous qui pèsent sur son propre pays. L’histoire se déroule dans le Beyrouth d’aujourd’hui, mais rappelle, aussi, des faits historiques, dont certains étouffés, comme le massacre de Damour, en 1976, où des centaines de civils chrétiens ont été brutalement assassinés par des milices palestiniennes. Or, dès qu’un pays escamote ou enfouit une partie de sa mémoire nationale, la violence ne tend plus qu’à rejaillir.

D’abord farce caustique, L’Insulte devient, un moment, un film de procès, à l’américaine, qui se plie fort bien aux lois du genre : tension, émotion, révélations inattendues, irruption du doute sur les torts de chacun… Servi par deux acteurs très convaincants dans un jeu opposé (réserve du Palestinien, fureur du chrétien), le cinéaste parvient à éviter la démonstration univoque, en liant constamment l’intime et le politique. Le film n’épouse aucun camp, préférant éclairer les effets pervers de toute cause. Il œuvre pour la vérité, même si elle est blessante. Ce n’est pas si courant. Jacques Morice

Un film au message optimiste, qui invite à la réconciliation

Dans le film de Ziad Doueiri, il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » personne et c’est cela qui est apprécié et appréciable. Les deux partis ont eu leur lot de souffrances et le but n’est certainement pas d’en appuyer une plus que l’autre. Cela est clairement montré. Bien entendu, aucun film n’est vraiment impartial au risque, peut être, de devenir ennuyant. Mais malgré cette once de partialité (que je ne dévoilerai pas), Ziad Doueiri a su montrer avec brio, les souffrances de deux partis qui s’opposent, et cela n’est pas toujours une évidence (et même plutôt de le voir à l’écran). Inès Baalouche

La douleur

d’Emmanuel Finkiel

Synopsis

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Les séances en version française

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Critique

La Douleur, ce grand livre sur l’absence où, entre journal intime et roman, Marguerite Duras retrace l’attente de son mari déporté, Robert Antelme, au cours des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, puis son retour des camps. Un texte âpre, ardent, magnifique dont Emmanuel Finkiel parvient à restituer la violence des sentiments, mais aussi, grâce à une mise en scène audacieuse, la distanciation propre à l’écriture durassienne. Sans jamais sacrifier l’émotion…

La douleur de Marguerite Duras est d’abord une peur, mêlée de honte : celle de dépendre d’une « ordure » pour sauver son époux. Entre la jeune romancière (et résistante) et l’inspecteur (et collabo) Pierre Rabier débute un jeu du chat et de la souris ambigu. Benoît Magimel apporte une douceur inquiétante à ce flic trouble, dont l’admiration presque enfantine pour la jeune romancière n’est, peut-être, qu’un leurre pour la manipuler.

Mélanie Thierry exprime avec intensité « le désordre phénoménal de la pensée et du sentiment » évoqué par Duras dans le préambule du roman. Elle est constamment crédible, trouve toujours la note juste, y compris dans les réactions les plus inattendues de son personnage.

L’adaptation d’Emmanuel Finkiel est exemplaire. Samuel Douhaire

Avec ce nouveau film, Emmanuel Finkiel confirme un style cinématographique très personnel. Refusant tout réalisme, faisant appel aux sensations et aux émotions, habité par ses propres préoccupations, il a frayé avec beaucoup de sensibilité, de rigueur et d’exigence son propre chemin dans le cinéma français actuel. Anne-Marie Baron

Cro Man

de Nick Park  (ANIMATION)

Synopsis

Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre. L’histoire d’un homme des cavernes courageux, Doug, et de son meilleur ami Crochon, qui s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi.

Les séances en version française

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

 Critique

Après les grandes théories du Big Bang et de l’évolution, Cro Man nous propose la théorie Aardman : le football aurait été inventé par des hommes préhistoriques au moment où une pluie de météorites s’abattait sur la Terre, détruisant au passage les dinosaures. Et quoi de mieux qu’une météorite encore fumante pour se faire des passes du pied, puis marquer dans des cages en os de tyrannosaures ? Quelques milliers d’années plus tard, en plein Âge de pierre, Doug et les autres membres de sa tribu chassent sereinement le lapin, dans l’ignorance totale du sport autrefois inventé par leurs ancêtres. L’ignorance est finalement ce qui les caractérise le mieux, car ils n’imaginent pas une seule seconde ce qui se dessine au-delà de leur paisible vallée verdoyante : l’Âge de bronze est déjà en marche, prêt à tout écraser sur son passage. Un programme qui semble tout à fait séduisant, mais une question pourtant dérangeante grandit à mesure que le récit avance : et  si la prouesse technique avait pris le pas sur le scénario ? Laetitia Scherier

Prochaines rencontres 

Rochefort sur Toile

jeudi 1er mars à 17h45 : café ciné à la librairie l’Arbre à mots

vendredi 9 mars à 20h15 : Goldstone de Ivan Sen, en préambule au festival Rochefort Pacifique

vendredi 23 mars à 20h15 : l’atelier de conversation de Bernard Braustein

Des séances en Version Originale

La Forme de l’eau – The Shape of Water, de Guillermo del Toro

Les séances en version originale sous-titrée

Me.28 Je.1 Ve.2 Sa.3 Di.4 Lu.5 Ma.6

Et toujours

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguer le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page

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