Du 7 au 13 mars 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 7 mars 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, au tarif Rochefort sur Toile, 6€ toutes les séances, In the fade  de Fatih Akin, Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, 3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance de Martin McDonagh et Cro Man de Nick Park (film d’animation). A noter, la prochaine soirée rencontre Rochefort sur Toile Vendredi  9 mars à 20h15 et des séances en V.O. au prix normal

In the fade 

de Fatih Akin 

Synopsis

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Les séances en version originale sous-titrée

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Critique

Dénonciation efficace du terrorisme néo-nazi, le film de Fatih Akin est un thriller maîtrisé tout autant qu’un touchant portrait de femme, qui offre à Diane Kruger son meilleur rôle.

Fatih Akin secoue et émeut avec ce film efficace mêlant polar, film de procès, étude de mœurs et œuvre politique, comme si les thématiques et les genres qu’il avait abordés jusqu’à présent étaient l’objet d’une synthèse. Ses admirateurs retrouveront d’ailleurs des constantes de son cinéma, de son attachement à la communauté turque (dont il est issu) à l’utilisation de la mer comme symbole de mort. Le projet du cinéaste était d’aborder les assassinats commis en Allemagne contre des personnes d’origine étrangère, notamment turque, par des membres du groupuscule néo-nazi NSU (Clandestinité Nationale-Socialiste). Un procès toujours en cours a particulièrement inspiré le récit. Gérard Crespo

Voici donc le film qui a valu à Diane Kruger le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. Elle y joue, dans sa langue natale, le rôle d’une habitante de Hambourg anéantie par la mort de son mari et de son enfant unique, tués dans un attentat. L’homme était d’origine kurde, et les terroristes s’avèrent être des néonazis. S’ensuit un procès conclu dans une injustice si flagrante que beaucoup de spectateurs se sentiront manipulés, et ce n’est qu’un début. Outrances et oppositions binaires jalonnent le film jusqu’à une fin stupide, éloge de la violence kamikaze qui achève de rendre méconnaissable le cinéaste Fatih Akin : Head-on (2004) et De l’autre côté (2007), remarquables portraits d’Allemands et de Turcs mélangés, misaient au contraire, sans candeur, sur le cosmopolitisme et la nuance. Et Diane Kruger ? Très dévouée à son rôle, mais, dans ce contexte, c’est en pure perte. Louis Guichard

Jusqu’à la garde

de Xavier Legrand    

Synopsis

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

Les séances en version française

Critique

Le souffle court. Le lourd silence qui accompagne le générique de fin de Jusqu’à la garde est emblématique de sa réussite formelle. Violence sourde, malaise et tension irriguent ce drame familial qui voit un couple qui divorce se disputer la garde de leur plus jeune fils, Julien (11 ans). Du huis clos judiciaire (scène introductive) au cauchemar domestique (irrespirable séquence finale toujours en huis clos), le premier film de Xavier Legrand impressionne d’abord par sa maîtrise. Doublement primé à Venise (Lion d’argent du meilleur réalisateur et Lion du futur du meilleur premier film), Jusqu’à la garde est une variation efficace sur le thème de l’enfermement physique et mental. Guillaume Saki

La grande force du jeu des acteurs brille surtout par ce qu’ils ne disent pas. En effet, beaucoup de choses vécues par les personnages sont du domaine de l’indicible. Un père qui n’a pas conscience de sa propre violence et qui ne voit que l’injustice de sa situation. Des enfants qui le détestent ou qui en ont peur et qui cherchent avec leurs armes à fuir cette situation. Et une mère qui tente de protéger ses enfants et qui essaie d’échapper à son ex-mari.

Dans ce registre, Léa Drucker offre une performance de haute volée. Chacun de ses silences s’avère une tirade sur sa souffrance. Ceux-ci en disent également long sur la difficulté de sa tâche, assurer la sécurité de ses enfants et à couper les liens avec un homme dont elle connaît la dangerosité. La performance de Denis Ménochet dans le rôle d’Antoine Besson est tout aussi forte. Son mutisme montre à quel point il ne voit pas sa propre violence et ce qu’il inflige à ses proches. Michael Leete

Jusqu’à la garde est un bel objet insolite, qui prendra réellement le spectateur aux tripes, avec pourtant une démarche austère et dépouillée aux antipodes d’un cinéma de l’esbroufe. Gérard Crespo

3 billboards – Les Panneaux de la Vengeance

de Martin McDonagh

Synopsis

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Critique

Mildred Hayes décide de louer trois panneaux publicitaires d’une route perdue de la petite ville d’Ebbing, et d’y placarder un message visant le manque d’efficacité des autorités. Un acte qui, en plus d’être un rappel de ce terrible drame, va ébranler la communauté et faire ressortir une forme de haine et de racisme générale – livrant ainsi un portrait sans concession de l’Amérique profonde.

Une quête de justice drôle et tragique

Avec un tel sujet, 3 Billboards aurait pu se concentrer sur sa part dramatique. D’autant plus avec cette héroïne, qui mène son combat face à la justice et son propre désespoir. Mais fidèle à son style, découvert avec Bons baisers de Bruges (2008) puis Sept psychopathes (2012), Martin McDonagh opte pour le mélange des genres, entre humour noir et tragédie. Le cinéaste trouve un équilibre parfait pour ne jamais basculer dans l’un plutôt que l’autre, grande force du film.

La drôlerie (on parle d’un humour noir assez fin) qui ressort incontestablement du film n’est jamais cynique, ni burlesque, simplement représentative des personnages singuliers qui composent le récit et offrent ainsi des situations au naturel étonnant. Pierre Siclier

Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats. Pierre Murat

Cro Man

de Nick Park  (ANIMATION)

Synopsis

Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre. L’histoire d’un homme des cavernes courageux, Doug, et de son meilleur ami Crochon, qui s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi.

Les séances en version française

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

 Critique

Après les grandes théories du Big Bang et de l’évolution, Cro Man nous propose la théorie Aardman : le football aurait été inventé par des hommes préhistoriques au moment où une pluie de météorites s’abattait sur la Terre, détruisant au passage les dinosaures. Et quoi de mieux qu’une météorite encore fumante pour se faire des passes du pied, puis marquer dans des cages en os de tyrannosaures ? Quelques milliers d’années plus tard, en plein Âge de pierre, Doug et les autres membres de sa tribu chassent sereinement le lapin, dans l’ignorance totale du sport autrefois inventé par leurs ancêtres. L’ignorance est finalement ce qui les caractérise le mieux, car ils n’imaginent pas une seule seconde ce qui se dessine au-delà de leur paisible vallée verdoyante : l’Âge de bronze est déjà en marche, prêt à tout écraser sur son passage. Un programme qui semble tout à fait séduisant, mais une question pourtant dérangeante grandit à mesure que le récit avance : et  si la prouesse technique avait pris le pas sur le scénario ? Laetitia Scherier

Prochaines rencontres 

Rochefort sur Toile

vendredi 9 mars à 20h15 : Goldstone de Ivan Sen, en préambule au festival Rochefort Pacifique

vendredi 23 mars à 20h15 : l’atelier de conversation de Bernard Braustein

Des séances en Version Originale

La Forme de l’eau – The Shape of Water, de Guillermo del Toro

Les séances en version originale sous-titrée

Me.7 Je.8 Ve.9 Sa.10 Di.11 Lu.12 Ma.13

Et toujours

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguer le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page

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