Du 16 au 22 mai 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 16 mai 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 9 au 15 mai, au tarif Rochefort sur Toile, En guerre de Stéphane Brizéune femme heureuse de Dominic Savage, et toujours Everybody knows d’Asghar Farhadi et Place publique de Agnès Jaoui, 6€ toutes les séances, et la dernière semaine du cycle « Portugal ici et là-bas… » avec Aniki-Bobo de Manoel de Oliveira,  Saint-Georges de Marco Martins et Menina de Cristina Pinheiro – pass 3 films à 12,50€

En guerre

de Stéphane Brizé

Synopsis

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte?parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

 

Les séances en version française

Critique

Habité, Vincent Lindon se fait la voix du peuple alors qu’il harangue ses collègues et interpelle les responsables de l’entreprise pour leur rappeler leurs promesses. À l’opposé des rôles de taiseux (Quelques heures de printemps, La loi du marché), il campe ici un homme qui parle, se défend et résiste. Un leader acharné face à un patronat solidaire qui ne manque pas de faire profit des failles du système et du désespoir des grévistes conduisant à la désunion.

Alors que, depuis plusieurs décennies, la Grande-Bretagne peut compter sur Ken Loach pour offrir quelques piqûres de rappel virulentes et sans détour face à l’injustice sociale (son dernier Moi, Daniel Blake ne manquait pas de cette révolte saine), la France peut désormais compter sur Stéphane Brizé, en ce mois de mai où la colère gronde dans les usines comme dans les rues, pour un (r)appel aux luttes convergentes. Les documentaires n’ont pas le monopole de l’actualité. Le bleu du miroir

Ni « documenteur » ni brûlot romanesque, le film trouve son équilibre et sa puissance dans un entre-deux passionnant, dans une capacité à distinguer et à resserrer les enjeux dramatiques, à en souligner les enchaînements et la complexité, à en incarner toute la dimension humaine. Un vrai contrepoint aux images de reportages télé dont le récit est truffé, rappel constant de la manière dont cette guerre permanente, livrée à nos portes, presque sous nos yeux, est rapportée chaque jour, par bribes, tronquées, hâtives, commodément digestes. La destinée de l’irréductible Laurent Amédéo et l’histoire incandescente et douloureuse de cette lutte collective sont plus difficiles à avaler parce qu’elles n’offrent pas d’issues faciles, de réponses rassurantes. Elles se contentent de souligner l’urgence de faire face. Une insuffisante mais nécessaire condition de survie, résumée en exergue par une citation de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Cécile Mury

Une femme heureuse

de Dominic Savage

Synopsis

Tara est une jeune mère qui vit dans la banlieue de Londres. Femme au foyer, elle passe ses journées à s’occuper de ses enfants, de la maison et à attendre le retour de son mari le soir. Cette vie calme et rangée lui pèse de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter sa situation.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Critique

Portrait naturaliste et âpre, Une femme heureuse sonde de l’intérieur le quotidien d’un couple middle class en banlieue de Londres, une vie de famille placée sous le signe des privilégiés blancs hétéro-normés. Sauf que la peinture ne cesse de s’effriter autour du personnage de la mère, incarnée avec authenticité par Gemma Arterton, pour in fine faire craquer le vernis social dans lequel son mari Mark, sous les traits d’un Dominic Cooper sidérant de justesse, se conforter égoïstement.

Histoire dure par la banalité des violences infligées à Tara, où le réalisme trouble les certitudes de l’apparent bonheur masquant le viol conjugal. C’est un tremblement (non)fictionnel du quotidien qui met en exergue l’importance à revoir les schèmes familiaux pour que le foyer se gère à deux, afin de mettre fin à la charge mentale. CCorubolo

Everybody knows

d’Asghar Farhadi

Synopsis

A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Les séances en version française

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Critique

Qu’il soit en Iran, en France, en Espagne, Asghar Farhadi creuse son œuvre de cinéaste du dérèglement intime et du désordre social. Il regarde les hommes tomber et souffrir : une tragédie compassionnelle.  Jo Fishley

Le clocher domine un village où Laura (Penélope Cruz) revient avec ses deux enfants, mais sans son mari Alejandro (Ricardo Darin), resté en Argentine, à l’occasion du mariage de l’une de ses sœurs. Elle y retrouve Paco (Javier Bardem), ex-amant, acheteur de la part de la propriété familiale dont Laura avait hérité. Ces interférences entre les transactions amoureuses, juridiques et économiques, qui ont déjà tant servi au cinéaste, sont un temps cachées par l’enthousiasme décontracté avec lequel Farhadi filme une fête familiale en Espagne. Ce pourrait presque être un film de famille chaleureux, avec, en prime, la lumière euphorisante de José Luis Alcaine.

A ceci près que, bien avant que ne s’abatte la catastrophe, Farhadi dispose artistement les embûches qui feront tomber ses personnages. L’excitation des retrouvailles masque à peine la résurgence des rancœurs. A la nuit tombée (la première moitié du film se déroule sur une journée), rien ne va déjà plus, si bien que lorsque l’on apprend qu’Ana (Inma Cuesta) a été enlevée, Farhadi a déjà emmené son film dans le crépuscule des regrets, des remords et des soupçons.
Thomas Sotinel

Place publique

d’Agnès Jaoui

Synopsis

Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, soeur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions.
Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux.
Alors que Castro assiste, impuissant, à la chute inexorable de son audimat, Hélène tente désespérément d’imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein…

Les séances en version française

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Critique

« Place publique » est loin d’être une simple caricature d’une bourgeoisie médiatique en soif de visibilité. La psychologie des principaux personnages est intelligemment travaillée pour que chacun ne soit pas cantonné à ses défauts ou à ses qualités, bien au contraire. Certes, le format « film chorale » ne permet pas de retrouver l’infini justesse de ton du « Goût des autres », mais l’ensemble est bien construit et ne souffre d’aucun temps mort.

En effet, outre les bons mots qui font mouche, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri font un subtil état des lieux des rapports humains dans un monde hyper-connecté. Bien écrit, leur scénario prouve que tout n’est pas qu’une question de notoriété. Les sentiments, la peur de vieillir, le manque de reconnaissance finissent toujours par fissurer les carapaces ripolinées que l’on expose sur la place publique. En résulte une comédie efficace et sincère qui elle, mérite largement un joli succès… public. Gaëlle Bouché

Programmation art et essai à venir

CYCLE « Portugal ici et là-bas…  » du 9 mai au 22 mai 2018: Aniki-Bobo de Manoel de Oliveira, Saint-Georges  de Marco Martins et Menina de Christina Pinheiro

MENINA, de Cristina Pinheiro

Les séances en version française

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Saint-Georges, de Marco Martins

Les séances en version originale sous-titrée

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Aniki-Bóbó, de Manoel De Oliveira

Les séances en version française

Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22

Pour parler de cinéma :

le  jeudi 24 mai à partir de 18h , café ciné au Srey Nane Café  , 7 rue du 14 juillet .

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

p.s. Pour d’autres informations et adhérer à Rochefort sur Toile, naviguez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page, ou bien participez et allez à l’AG le lundi 28 mai à 18h30 au Palais des Congrès

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