Du 20 au 26 juin 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 20 juin 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 20 au 26 juin, au tarif Rochefort sur Toile : T’inquiète pas, il n’ira pas loin à pied de Gus Van SantKatie says goodbye de Wayne Roberts et trois documentaires: Human flow de Ai WeiweiNul homme n’est une île de Dominique MarchaisZero phyto 100% bio de Guillaume Bodin, et toujours Je vais mieux de Jean-Pierre Ameris, et La révolution silencieuse de Lars Kraume (All),  6€ toutes les séances.

T’inquiète pas, il n’ira pas loin à pied

de Gus Van Sant

Synopsis

Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

Cela ne fait aucun doute qu’il a su voir des similitudes entre son carambolage critique et ce qui a pu arriver à John Callahan, alcoolique notoire, qui a pu trouver dans son accident de voiture l’occasion d’une renaissance. Sous des atours modestes, Gus Van Sant revient de façon inattendue à ce qui constitue son talent merveilleux de metteur en scène, un regard ironique, non dénué d’empathie, évitant miraculeusement la sensiblerie larmoyante.

Loin d’être un film dépressif sur un groupe d’handicapés, T’inquiète pas…devient alors une jolie ode à la vie et à la capacité que chacun a de se relever et de transformer son existence.

Dans T’inquiète pas…, John Callahan se relève de son marasme personnel et permet ainsi à Gus Van Sant de sortir de sa traversée du désert artistique.  David Speranski

Katie says goodbye

de Wayne Roberts

Synopsis

Katie, jeune femme du sud ouest américain rêve d’une nouvelle vie à San Francisco.  Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde 

Les séances en version originale sous-titrée

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

Une chronique vibrante, mélange de douceur et de violence, sur une gamine devenue adulte trop tôt. Christophe Brangé

Pour soutenir ce personnage si attachant, qui jamais ne tombe dans l’ordinaire, l’actrice Olivia Cooke, que l’on vient de voir dans Ready Player One, met une magnifique ferveur dans chacun de ses regards, et jusque dans sa démarche volontaire. Elle rend vibrante la grâce inentamée de la serveuse, à laquelle le réalisateur Wayne Roberts s’accroche comme à une lumière. Entre lui et le personnage de Katie, on sent un lien fraternel : elle vit son premier grand amour, il fait son premier long métrage, elle voudrait s’élancer vers l’avenir, il prend son envol. Le film célèbre leur jeunesse, leur fragilité, leur persévérance. Frédéric Strauss

Human flow

de Ai Weiwei

Synopsis

Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s’agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par l’artiste de renommée internationale Ai Weiwei, HUMAN FLOW aborde l’ampleur catastrophique de la crise des migrants et ses terribles répercussions humanitaires.

Tourné sur une année dans 23 pays, le documentaire s’attache à plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l’Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l’Allemagne à l’Irak, d’Israël à l’Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. HUMAN FLOW recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Ils nous parlent des camps de réfugiés surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d’intégration. Ils évoquent la vie qu’ils ont dû abandonner et l’incertitude absolue d’un avenir meilleur.

HUMAN FLOW arrive sur nos écrans au moment même où l’humanité a plus que jamais besoin de tolérance, de compassion et de confiance en l’autre. Il témoigne de la force spirituelle de l’homme et nous interroge sur l’une des questions essentielles à notre époque : la société mondialisée parviendra-t-elle à s’extraire de la peur, de l’isolement et du repli sur soi ? Saura-t-elle se tourner vers l’ouverture aux autres, la liberté et le respect des droits de l’homme?

Les séances en version originale sous-titrée

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

La mer ou la terre vue du ciel, mais rien à voir avec Yann Arthus-Bertrand. Car la beauté de loin est contrebalancée par un mouvement de zoom avant. Non, ce ne sont pas des fleurs, ces taches magnifiquement orange sur l’eau, mais des hommes et des femmes portant des gilets de sauvetage. Non, ce ne sont pas des fourmis, ces myriades de points noirs qui grouillent à côté de carrés blancs, mais des réfugiés qui vont et viennent autour de tentes. De près, la réalité est terrible. Un chiffre la résume : plus de 65 millions de personnes ont été contraintes, ces dernières années, de quitter leur pays d’origine, pour cause de guerre ou de famine. On n’avait pas connu de tels déplacements de population depuis la Seconde Guerre mondiale. Ai Weiwei, symbole de l’art contemporain et de la dissidence têtue en Chine, a tenu à en rendre compte, par cet ample documentaire, criant de vérité.

Human Flow approche des milliers de vies humaines bouleversées, maltraitées. On a souvent l’impression de traverser des no man’s land, des régions frappées par l’apocalypse, en compagnie de fantômes. Les situations varient — les box aménagés dans le gigantesque hangar de l’aéroport de Tempelhof, à Berlin, paraissent luxueux à côté de Sangatte, des camps palestiniens ou de Dadaab, au Kenya. Le film peut paraître décousu : Ai Weiwei n’a pas de message à délivrer, il rappelle simplement de manière directe, affolante et belle, que tout être humain a le droit de migrer et d’être accueilli, mais que ce droit fondamental est bafoué. Tout près de nous, dans notre village global. Jacques Morice

Nul homme n’est une île

de Dominique Marchais

Synopsis

..« chaque homme est un morceau du continent, une partie de l’ensemble. » Nul Homme n’est une île est un voyage en Europe, de la Méditerranée aux Alpes, où l’on découvre des hommes et des femmes qui travaillent à faire vivre localement l’esprit de la démocratie et à produire le paysage du bon gouvernement. Des agriculteurs de la coopérative le Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Voralberg en Autriche, tous font de la politique à partir de leur travail et se pensent un destin commun. Le local serait-il le dernier territoire de l’utopie ?

Les séances en version française

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

Pour la première fois, explique l’his torienne Chiara Frugoni, ne sont pas seulement représentés des rois et des fidèles serviteurs de l’Eglise mais des paysans, des artisans : des citoyens qui veulent décider de leur vie. Le bien commun est leur seul idéal. Mais la fresque montre aussi des paysages : la campagne désignée, pour la première fois aussi, comme pure beauté. D’un autre regard sur le monde peut naître un autre monde… Avec cette séduisante hypothèse en poche, Dominique Marchais voyage en Europe. En Sicile, il rencontre le créateur de la coopérative Le Galline felici, fier de ses fruits et légumes bio mais aussi de ses « poules heureuses » : rescapées des usines de ponte, elles sont devenues les symboles d’un combat contre un système économique qui broie, et qui bétonne aveuglément ces terres fertiles dont l’enlaidissement en dit long. En Suisse, en Autriche, des architectes se mobilisent contre l’exode, dans les vallées reculées, en créant des lieux collectifs qui mettent en valeur le talent des artisans et la beauté de l’environnement naturel.

Partout le cinéaste filme superbement le paysage, le parcourt à un rythme lent qui lie contemplation et réflexion. Comme le titre l’indique, avec cette manière presque philosophique d’en appeler à la solidarité, Nul homme n’est une île est un essai qui milite pour une façon différente de pen ser. On y rencontre même les responsables du très sérieux Bureau des questions du futur, près du lac de Cons tance. Un voyage étonnant et plein d’enseignements. Frédéric Strauss

Zero phyto 100% bio

de Guillaume Bodin

Synopsis

Les cantines biologiques se développent presque aussi rapidement que l’arrêt des pesticides dans les communes françaises. Des femmes et des hommes, conscients de leurs responsabilités en termes de santé publique et d’environnement, agissent pour des paysages en transition au travers d’initiatives vertueuses !

Les séances en version française

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

L’ancien vigneron Guillaume Bodin est parti faire le tour de France des communes qui ont banni la chimie de leurs cantines et de leurs espaces verts. Pour prouver, dans la joie, qu’il est toujours possible d’offrir à ses administrés une agriculture biologique et une eau dépourvue de produits phystosanitaires, en suivant l’exemple de Versailles, Miramas, Grande-Synthe, Langouët. Et sans surcoût : seule compte la volonté politique (de droite comme de gauche). « Nourrir, c’est aimer », affirme le maire communiste de Barjac, Édouard Chaulet, déjà héros du film de Jean-Paul Jaud, à propos de sa cantine pionnière dans le bio, avant d’appeler ses pairs à être « insoumis à l’austérité ». On ne peut qu’approuver une parole si sage et un film si judicieux. Jérémie Couston

La révolution silencieuse

de Lars Kraume

Synopsis

Allemagne de l’est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s’apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l’armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d’Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Les séances en version originale sous-titrée

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

Le film est adapté du livre de l’un des lycéens concernés, qui a retracé en 2006 ces événements. Lars Kraume en a tiré un récit captivant. On connaissait ce cinéaste à travers Fritz Bauer, un héros allemand, très académique. La mise en scène, ici, reste convenue, mais le scénario illustre brillamment des thèmes passionnants : le sacrifice, la trahison — d’un idéal, d’un groupe ou d’un amour. Les rebondissements, inattendus, suscitent l’intérêt. Et même l’émotion. Jacques Morice

La typologie des personnages (le rebelle, le bon élève, la jeune fille déchirée entre ces deux garçons) semble empruntée à un teenage movie américain. Quant aux décors et aux accessoires d’époque, ils donnent plus l’impression de visiter le DDR Museum de Berlin que de replonger dans une époque. Reste l’intérêt d’un épisode révélateur de la violence d’un système, et l’apparition terrifiante de l’excellent Burghart Klaussner (vu chez Haneke, entre autres) dans le rôle du ministre de l’éducation, torturé par les nazis, que l’on sent prêt à torturer les jeunes dont il a la charge. Thomas Sotinel

Je vais mieux

de Jean-Pierre Ameris

Synopsis

Un quinquagénaire est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ?

Les séances en version française

Me.20 Je.21 Ve.22 Sa.23 Di.24 Lu.25 Ma.26

Critique

Le cinéaste apporte toujours une touche de légère critique sociale, dans le milieu du travail avec les relations personnelles compliquées de ceux qui aiment ou qui détestent Laurent, avec l’influence de leur comportement sur son avenir professionnel, le milieu médical pas toujours en empathie avec l’angoisse des malades, le milieu familial ou amical tout en faux-semblants. Et surtout, le comique proposé par Jean-Pierre Améris dépasse la comédie franchouillarde du moment au mieux pas drôle, et au pire franchement vulgaire. Il y a toujours de la tendresse dans les scènes, et le burlesque cache toujours une fêlure, une insécurité… Béatrice Delesalle

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

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