Du 8 au 14 août 2018 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 8 août 2018

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine du 8 au 14 août, Dogman de Mateo GaronneTully de Jason Rotman2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick,  et toujours Woman at war de Benedikt Erlingsson et Parvana (animation) de Nora Twomey, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances.

Dogman

de Mateo Garonne

Synopsis

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Dogman est une fable, un conte macabre au réalisme rendu possible grâce à l’immersion de la caméra. Tantôt le spectateur regarde une peinture sombre, tantôt il regarde la réalité d’une vie qui ne tient qu’à un fil. Les situations s’emmêlent, débordent et très vite le personnage principal se retrouve dans des situations qui ne contrôlent plus jusqu’au moment où il plonge dans son contraire et ne fait plus qu’un avec ce personnage qui contrastait avec le sien.

Pour illustrer un peu plus la misère, le réalisateur cadre son récit sur un toiletteur pour chiens, timide et au physique frêle qui s’improvise dealer pour arrondir les fins de mois. Récompensé pour son rôle par le prix de l’interprétation masculine, Marcello Fonte incarne un personnage émouvant où sa gentillesse et sa presque bonté contrastent avec un personnage brut, féroce et dangereux, brillamment joué par Edoardo Pesce. Sous la forme d’un duo qui ressemble de loin à Laurel et Hardy, mais de près à l’exact opposé, les deux personnages s’opposent physiquement et mentalement. Pourtant, l’un complète l’autre, l’un incarne ce que tout le monde aime, l’autre incarne ce que tout le monde déteste, une espèce de corps à deux visages. Une chimère qui porte sur ses épaules les facettes sombres de l’Italie: la pauvreté et la violence. Pauline Mallet

Dogman est avant tout «un film magnifique sur le besoin d’exister et d’être aimé», résume Amélie Cordonnier pour Femme Actuelle. Matteo Garrone choisit le chemin vertigineux du drame pour partager son propos et s’inspire d’un fait divers ayant secoué l’Italie à la fin des années 1980. «La noirceur du film est radicale», constate Emmanuelle Spadacenta pour CinemaTeaser . Le cinéma italien renoue avec l’atmosphère étouffante et morbide de Gomorra, peut-on lire dans les pages du Figaroscope. La réussite du film «tient dans cet équilibre délicat, cette manière de faire croire à une nature grotesque, mais non irréaliste, de la vie elle-même», selon Jean-François Rauger du Monde. Robin Cannone

Tully

de Jason Rotman

Synopsis

Marlo, la petite quarantaine, vient d’avoir son troisième enfant. Entre son corps malmené par les grossesses qu’elle ne reconnaît plus, les nuits sans sommeil, les repas à préparer, les lessives incessantes et ses deux aînés qui ne lui laissent aucun répit, elle est au bout du rouleau.
Un soir, son frère lui propose de lui offrir, comme cadeau de naissance, une nounou de nuit. D’abord réticente, elle finit par accepter. Du jour au lendemain, sa vie va changer avec l’arrivée de Tully…

Les séances en version française

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Il y a une récurrence évidente dans les personnages de Jason Reitman (Juno, Young Adult, Last Days of Summer…). Qu’ils soient adolescents ou adultes, aucun n’est jamais épanoui. Stressé ou carrément dépressif, en pleine remise en question, s’inquiétant pour le futur ou regrettant le passé. En cela, celui de Tully, Marlo (Charlize Theron), est un personnage typique de Reitman. La quarantaine, mère de deux enfants et avec un troisième en route, elle est épuisée physiquement et moralement. Son mari est bien là, s’occupant des enfants le soir, notamment pour les devoirs, mais ce n’est pas suffisant.

Avec Tully, Jason Reitman et sa complice Diablo Cody (scénariste déjà de Juno et Young Adults) brassent plus large et approfondissent le personnage de Marlo en la confrontant à une crise de la quarantaine. Celle où on se demande si on a fait les bons choix, si on a épousé la bonne personne, et où on se met à regretter sa jeunesse. Dès lors, Charlize Theron, méconnaissable et dans un de ses meilleurs rôles depuis longtemps, dégage une émotion remarquable. Particulièrement bien écrit, son personnage est extrêmement proche de Diablo Cody (ayant bénéficié d’une nounou de nuit pour son troisième enfant).

On notera alors l’intelligence d’avoir mis face à elle un mari ordinaire, attentionné mais simplement insuffisant. Ainsi, avec ces personnages défaillants (comme n’importe qui), Tully est peut-être le film le plus pertinent de Jason Reitman, éminemment personnel à Diablo Cody, porteur d’un sentiment de tendresse puissant, et aussi intéressant vis-à-vis de ses auteurs que du message qu’il véhicule. Pierre Ciclier

Ils s’attaquent, cette fois, à l’épuisement maternel et à la dépression postpartum, dans un mélange efficace de chronique minutieuse et d’humour piquant. Oui, être mère peut être un enfer pavé de larmes, et le mari a beau être gentil, il n’a, à l’évidence, jamais entendu parler de la « charge mentale » qui pèse sur les mères. Certaines scènes sont d’une vérité cuisante, comme lorsque Marlo tente de reprendre une silhouette qui ne ressemble pas à « une benne à ordures » en faisant un jogging… Charlize Theron, remarquable, assume un corps de femme réel, avec ses empâtements et ses cernes, et balance avec naturel les dialogues sans filtre. En parlant de la nounou : « Elle savait exactement quoi faire. » « Comme moi, au lit », plaisante le mari. « Non, elle regarde dans les yeux », répond l’épouse. Guillemette Odicino

2001 L’odyssée de l’espace

de Stanley Kubrick

Synopsis

A l’aube de l’Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d’une bande rivale, qui lui dispute un point d’eau. La découverte d’un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l’attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né.En 2001, quatre millions d’années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du « Beau Danube Bleu ». A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d’un monolithe noir qui émet d’étranges signaux vers Jupiter.Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d’intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d’inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?

Les séances en version originale sous-titrée

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Pas besoin de critiques si vous l’avez vu, si non, allez le voir!!!

Mardi prochain, projection en 70 mm argentique, un soir seulement!

Woman at war

de Benedikt Erlingsson

Synopsis

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Les séances en version originale sous-titrée

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Une comédie pétillante d’énergies… renouvelables – Le changement climatique est déjà dangereusement engagé et les autorités mettent tout en œuvre pour neutraliser celles et ceux qui cherchent à enrayer le processus. Certes, Halla ne lésine pas sur les moyens mais la cause est noble et l’urgence bien réelle. Truculente comédie parfaitement orchestrée, « Woman at War » apporte ainsi sa pierre à l’édifice en distillant, telle la petite musique de trois musiciens désinvoltes qui vous suivraient partout, ce message simple mais essentiel : « Notre terre est précieuse, préservons-la ! » Gaëlle Bouché

Parvana (animation)

de Nora Twomey

Synopsis

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l’argent ni même acheter de la nourriture.
Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d’être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l’émancipation des femmes et l’imagination face à l’oppression.

Les séances en version française

Me.8 Je.9 Ve.10 Sa.11 Di.12 Lu.13 Ma.14

Critique

Sacrée audace que de vouloir raconter la tragédie de l’Afghanistan sous le régime des talibans par le biais d’un film d’animation pour jeune public. L’Irlandaise Nora Twomey relève brillamment le défi dans son premier long métrage réalisé en solo. Une fable bouleversante, qui trouve toujours la bonne distance entre réalisme et merveilleux. Samuel Douhaire

Dotée d’un savoir-faire graphique incontestable, Nora Twomey, qui a notamment coréalisé « Brendan et le Secret de Kells » et travaillé sur « Le Chant de la mer », alterne entre deux techniques pour représenter réalité et passages contés. Ainsi le conte, témoignage d’une tradition orale et traduction d’un espoir chevillé aux corps, se distingue de l’animation traditionnelle du reste du film, par l’utilisation de la technique du papier découpé et un travail sur les formes géométriques. Une raison supplémentaire pour emmener petits et grands voir « Parvana ». Olivier Bachelard

Et toujours :

Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile

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