Du 2 au 8 octobre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 2 octobre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 2 au 8 octobre 2019, Alice et le maire de Nicolas PariserTetro de Francis Ford Coppola soirée ciné-club le jeudi 3 octobreShaun le mouton, la ferme contre-attaque de Will Becher et Richard Phelan en avant-première, et début du cycle « Jeunes Réalisatrices » avec 2 films cette semaine : Ouverture du cycle : Soirée évènement vendredi 4 octobre à 20h00,  #Female pleasure de Barbara Miller et Curiosa de Lou Jeunet. Et toujours Bacurau de Kléber Mendonça Filho et Juliano DornellesAu nom de la terre d’Edouard BergeonLes hirondelles de Kaboul de Zabou Bretman et Fête de famille de Cédric Khan, au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Enfin, n’oubliez pas de renouveler votre adhésion pour soutenir votre association rochefortaise des amoureux du cinéma!

Alice et le maire

Comédie dramatique de Nicolas Pariser,  1h43

Synopsis

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
13h30 13h30 13h30 13h30 11h00 13h30 13h30
15h45 15h45 15h45 15h45 13h30 15h45 15h45
20h15 20h30 20h15 20h15 15h45 20h15 20h30
20h30

Critique : Lu dans LYON CAPITALE

Le film, tourné à Lyon l’été dernier n’avait pas reçu le soutien de la municipalité. Faute d’accord pour tourner à l’hôtel de ville, c’est les salons de la préfecture et l’hémicycle du conseil général qui ont servi de décor au long-métrage. Comme nous l’écrivions à l’époque, l’histoire n’avait pas franchement fait rire Gérard Collomb. “Il y a eu une consigne donnée par les équipes de Gérard Collomb de ne pas participer au tournage”, avait glissé un élu de la majorité à la Ville de Lyon. Un Lyonnais qui avait participé au tournage nous avait raconté plus en détail l’histoire : “Le maire de Lyon joué par Fabrice Luchini est épaulé par une femme qui a trente ans de moins que lui. Il est fâché avec le maire du 4e arrondissement, qui est un sosie de François Hollande. Ceux qui ont écrit ce film ont eu des infos de l’intérieur. C’est aussi vrai que nature. De Caroline Collomb à David Kimelfeld, il y a tout le monde !

La note de Jérémie Couston pour Télérama : TT (on aime beaucoup)

Tetro

Drame de Francis Ford Coppola, 2009 (2h07) soirée ciné-club le jeudi 3 octobre

Synopsis

Tetro est un homme sans passé. Il y a dix ans, il a rompu tout lien avec sa famille pour s’exiler en Argentine.
A l’aube de ses 18 ans, Bennie, son frère cadet, part le retrouver à Buenos Aires.
Entre les deux frères, l’ombre d’un père despotique, illustre chef d’orchestre, continue de planer et de les opposer.
Mais, Bennie veut comprendre. A tout prix. Quitte à rouvrir certaines blessures et à faire remonter à la surface des secrets de famille jusqu’ici bien enfouis.
Séances en Version Originale (VO)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
20h00 17h55 17h55

Shaun le mouton, la ferme contre-attaque

de Will Becher et Richard Phelan en avant-première dimanche 6 octobre, plus de détail la semaine prochaine

Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
16h10

Début du cycle « Jeunes Réalisatrices » avec 2 films cette semaine

Soirée d’ouverture le vendredi  4 octobre à  20h 

#Female pleasure

Documentaire germano-suisse de Barbara Miller (1h37)

suivi d’une discussion avec Véronique  le Bris, journaliste et critique de cinéma

Synopsis

Cinq héroïnes, cinq pays, même combat : s’affranchir des préjugés, combattre les violences faites aux femmes, conquérir le droit à disposer de son propre corps. Brisons le silence, soyons invincibles, revendiquons #Female Pleasure !

Séances en Version Originale (VO)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
20h15 18h10 18h10

La critique de Renger, internaute :

Très beau documentaire qui, à travers 5 pays, nous invite à suivre le parcours de 5 militantes pour le droit & la cause des femmes.

Leurs témoignages sont sidérants (victime de viol, d’attouchements, d’excision, du judaïsme radical ou encore de la liberté de penser et d’utiliser son corps comme bon lui semble), toutes sont des victimes du patriarcat ou de la société qui en est arrivée à oublier la place de la femme.

Victime de viol au sein de l’église, d’attouchements dans l’un des pays les plus dangereux au monde pour les femmes (en Inde, une femme y est violée toutes les 2h), d’excision (acte d’une extrême barbarie et d’un autre temps) qui,aussi surprenant soit-il, y est encore largement pratiquée à notre époque, l’emprise du judaïsme radical (aussi bien mental que physique), l’aberrante misogynie qui règne au Japon où l’on célèbre en grande pompe le « Kanamara Matsuri » (fête de la fertilité où le thème central est le pénis (où est la place de la femme ?) alors qu’au même moment, des juges s’indignent qu’une artiste performeuse fasse un moule de sa vulve et l’expose comme une oeuvre d’art (la vulve et les organes sexuels féminin ont été déclaré obscène par les juges).

Deux poids, deux mesures. Les femmes sont cantonnées à rester dans l’ignorance (la vulve, le vagin et tout ce qui s’ensuit sont tabou dans certains pays/religions car ce sont des sujets tabous, « sales », que l’on ne doit pas aborder. A contrario, parler du pénis et de la sexualité masculine n’a jamais gêné qui que ce soit.

Curiosa

Drame français de Lou Jeunet (1h47)

Synopsis et détails

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Pour éponger les dettes de son père, Marie de Héredia épouse le poète Henri de Régnier, mais c’est Pierre Louÿs qu’elle aime, poète également, érotomane et grand voyageur. C’est avec lui qu’elle va vivre une initiation à l’amour et à l’érotisme à travers la liaison photographique et littéraire qu’ils s’inventent ensemble.
Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
17h50 18h00 11h00 15h45 13h30
16h50 18h10 18h00

La critique de àVoiràLire :

Il est un temps pas si lointain où les jeunes filles quittaient le foyer de leur famille pour intégrer directement celui de leur mari. En cette année 1897, Marie de Hérédia ne déroge pas à la régle. Ses parents la vendent à Henri de Régnier (interprété par l’impeccable Benjamin Lavernhe à l’abnégation touchante), un bourgeois honnête et droit, dépourvu de toute fantaisie mais conforme à leur rang. Si Marie (Noémie Merlant) ne le déteste pas, elle n’a aucune attirance particulière pour lui. Elle a certes épousé Henri de Régnier mais c’est avec Pierre Louys (Niels Schneider) qu’elle veut s’amuser, un ami de son mari, qui la courtise depuis longtemps. Elle devient sa muse mais même au plus fort de leur liaison amoureuse, Pierre continue d’être essentiellement animé par sa passion photographique. Pour lui, les femmes ne sont que des objets qu’il collectionne et dont il consigne les performances dans un cahier qu’il est fier d’exhiber à ses amis. Il partage d’ailleurs Zohra, sa maîtresse algérienne, avec d’autres garçons au cours d’une scène où Camelia Jordana n’en finit plus de nous surprendre, après sa prestation dans Le brio récompensée du César du meilleur espoir féminin en 2018. Elle se révèle impressionnante dans ce rôle de femme libre. Bien malgré lui, Pierre tombe sous le charme de Marie qui ne ressemble à aucune autre femme qu’il a connue. Grâce à son sens de la liberté et sa fantaisie, elle s’impose auprès de lui jusqu’à les lier par une réelle passion.

Il n’est ici nullement question de se délecter de scènes de sexe torrides. Quand il ne porte pas les superbes costumes de cette époque où plumes et bijoux étaient de mise, le corps longiligne de Noémie Merlant sert de prétexte à quelques gracieux tableaux dénudés pendant que Niels Schneider dévoile avec une désinvolture presque enfantine sa plastique avantageuse. La caméra s’attarde voluptueusement sur les visages et les corps pour nous faire partager leur jeunesse et leur fougue et créer une ambiance de légèreté (nous deux, c’est pour rire souligne Marie), qui parcourt tout le film jusqu’à ce notre machiste invétéré, désarçonné par la découverte du sentiment amoureux dont il ignorait tout jusqu’à présent, parte en Algérie retrouver Zohra qu’il imagine plus conforme à sa conception de l’amour.

L’histoire prend alors un ton plus dramatique et donne l’occasion à Noémie Merlant, (bien loin du personnage tragique de jeune fille happée par la radicalisation que lui avait offert Le ciel attendra) de déployer toute l’amplitude de son talent en passant sans encombres de la naïveté de l’oie blanche à la perversité de la femme manipulatrice. De la garçonnière de l’amant à l’appartement au décor strict de l’appartement du mari, elle transmet son énergie et sa fantaisie à Marie qui désormais fait fi de la domination mâle et va même jusqu’à signer ses œuvres d’un pseudonyme masculin. Pièce maîtresse d’un trio formé de Pierre Louys, à qui Niels Schneider prête une beauté juvénile, qui ricoche ironiquement contre le cynisme dont il fait preuve à l’égard du sexe qu’il estime faible, et de Henri de Régnier que Benjamin Lavernhe transforme avec douceur et générosité en cocu au grand cœur, Noémie Merlant se fond allégrement sous les traits de Marie de Heredia, pour hisser haut et fort les prémices de la liberté sexuelle féminine.

Bacurau

drame brésilien de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, 2h10

Synopsis – Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte

Séances en Version Originale (VO)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
16h50 16h50 13h30 19h55 15h30 15h15 15h30
19h55 19h55 16h15 19h55 20h05 19h55
19h55

Critique par Jacques Morice, Télérama

Bacurau, village isolé d’une région pauvre du Brésil (le Sertão, que Bernard Lavilliers a naguère chanté dans son album O Gringo), c’est jour de deuil. La matriarche Carmelita, aimée de tous, vient de s’éteindre, ayant atteint l’âge canonique de 94 ans. Tous les habitants défilent, il y a du monde, de l’animation, des discours, des chants, une tristesse mêlée de liesse, une fraternité générale, malgré quelques frictions ici et là. La chronique sociale sur les us et coutumes d’une culture immémoriale ? Oui, mais en partie. Tous ces éléments disparates, à même de composer une fresque à forte teneur ethnographique, dissimulent aussi des signes de fiction pour le moins bizarre. A commencer par ces cercueils qu’on voit un peu partout…

Kleber Mendonça Filho, l’auteur talentueux desBruits de Recifeet dAquariusquico-réalise cette fois avec son chef décorateur, Juliano Dornelles, prend son temps pour ancrer l’action, brosser des archétypes, semer un à un les éléments d’un étonnant brassage de genres : le western, l’horreur, le film d’anticipation. Pour la dystopie, on avait été prévenu dès l’entame par une prophétie au goût de cendre, incrustée dans l’image : « D’ici quelques années… »

Bacurau, dont les habitants découvrent qu’il a disparu de la carte et des GPS, vit en fait coupé du monde et tient du camp retranché, pas si éloigné du village fameux des irréductibles Gaulois. Des envahisseurs le menacent. Il y a de fréquentes incursions, des drones insolites en forme de soucoupe volante survolent le coin… Autant dire que des surprises et des télescopages saugrenus abondent dans ce film ample, sorte de western brésilien rétro-futuriste, bricolé et sophistiqué, où les objets les plus archaïques croisent la haute technologie. Où les urgences écologiques (le manque d’eau), la ghettoïsation à venir de régions entières, les nouvelles formes de colonisation des pays dominateurs, sont abordés avec cette clairvoyance politique associée, comme d’habitude chez Mendonça Filho, à un imaginaire fort.

Un bandit baroque, sorte de faune queer, un fasciste très susceptible (Udo Kier), une médecin très influente quand elle ne boit pas (Sonia Braga), une tueuse qui aime s’envoyer en l’air après avoir flingué, une infirmière lumineuse… Voilà quelques-uns des « phénomènes », bons ou méchants, qui sont réunis dans cette guerre ouverte, violente, d’une ironie truculente, de plus en plus tendue et spectaculaire à mesure qu’on en saisit les enjeux. Le film est un possible trait d’union entre le cinema novode Glauber Rocha et John Carpenter (le cinéaste fétiche de Kleber Mendonça Filho), le tout connecté à des problématiques à la fois locales et universelles. Autant dire un film hybride, parfois un peu relâché, un peu trop lent au début, encore que cette lenteur, on le devine, soit une façon de résister à l’efficacité à outrance, au montage ultra nerveux des blockbusters. Il faut dire qu’à Bacurau, comme chez Astérix et ses acolytes, il y a aussi une potion magique : des psychotropes puissants, gobés par tous les habitants, jeunes ou vieux. Est-ce pour être plus fort ou pour mieux supporter l’horreur environnante ? Cela n’est pas vraiment dit, mais on pencherait pour la seconde hypothèse.

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
13h30 13h30 13h30 15h50 11h00 13h30 13h30
16h00 15h45 15h40 20h20 13h30 15h45 15h45
20h15 20h10 22h30 16h00 20h25 20h20
20h20

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Les hirondelles de Kaboul

Film d’animation français de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec,  1h21

Synopsis

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
13h45 18h00 18h00 18h10 13h30 13h30
15h40 18h05
Extrait de l’avis de Christophe Foltzer, Ecran Large :

Publié en 2002, le roman Les Hirondelles de Kaboul, de Yasmina Khadra, fait partie de sa trilogie consacrée aux conflits Orient-Occident, en compagnie de L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad mais il reste l’une de ses oeuvres les plus populaires. Logique donc, qu’un film arrive un moment ou un autre.

Le choix de l’animation pourrait surprendre au début pour un projet de ce type, mais il se révèle très rapidement comme la meilleure solution pour raconter cette histoire. Déjà parce que tourner cette adaptation en live coûterait très cher, mais aussi parce que la forme enrichit constamment le fond. Ne serait-ce que dans ses décors épurés, qui virent parfois à l’abstraction, et qui donnent cette impression d’irréalité totale face à ce régime inhumain.Comme si la ville en ruine tout entière était encore frappée que cela lui soit arrivé et refusait toujours de le croire.

Ensuite, dans le design de ses personnages, c’est aussi un excellent moyen d’identification pour le spectateur même si le film se permet une audace fort bienvenue : le character-design reprend quelques traits des comédiens qui leur prêtent leur voix (Zita Hanrot, Swann Arlaud, Simon Abkarian et Hiam Abbass, tous parfaits), dans un équilibre fragile, suffisamment pour qu’on les reconnaisse, tout en restant très discret pour que l’on n’oublie pas les personnages qu’ils incarnent.

En résulte un effet assez inédit et particulièrement efficace de familiarité et de proximité qui permet au spectateur de réellement plonger dans cette histoire orientale tout en ayant dès le départ un certain nombre de repères pour y prendre ses marques. Une excellente idée.

Si le film change pas mal d’éléments du roman, notamment dans sa conclusion, le travail d’adaptation est à saluer, tant il est réussi et tant l’histoire est puissante et prenante. Bien sûr, certains aspects fonctionnent moins que d’autres, notamment le basculement d’un personnage principal dans une décision qui va sceller son destin, un peu trop précipité pour atteindre son objectif et dont on ne comprend pas vraiment la logique. Dans la même idée, la conclusion s’avère quelque peu abrupte en regard de la tension installée et c’est un peu dommage. Mais rien cependant qui nous fasse sortir du film ou nous frustre, juste du pinaillage.

Les Hirondelles de Kaboul touche profondément lorsqu’il nous montre ces personnages brisés, mais idéalistes qui croient en un avenir meilleur alors que tout joue contre eux. Mais il nous perturbe lorsqu’il aborde la question la plus importante de toutes : que se passe-t-il lorsque le conflit s’installe en nous et nous force à lui ressembler, voire à l’épouser pour continuer sa vie, aussi misérable soit-elle ?

C’est dans cette démonstration terriblement efficace du changement intérieur qui s’opère dans ces situations extrêmes que le film nous emporte, quand l’horreur générale s’égraine dans le coeur des hommes et des femmes, divisant les populations jusque dans leurs strates les plus intimes pour les dominer. On en ressort le coeur lourd, l’âme abimée, mais plus que jamais déterminé à ne pas se laisser prendre au piège.

Fête de famille, Comédie dramatique

de Cédric Kahn (1h41)

Synopsis

« Aujourd’hui c’est mon anniversaire et j’aimerais qu’on ne parle que de choses joyeuses. »
Andréa ne sait pas encore que l’arrivée « surprise » de sa fille aînée, Claire, disparue depuis 3 ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

Séances en Version Française (VF)
Me.2 Je.3 Ve.4 Sa.5 Di.6 Lu.7 Ma.8
17h50 18h00 17h50

Critique par Hélène Marzolf, Télérama (on aime beaucoup TT)

Prises de bec entre mère trop placide, fille dérangée et fils lunaire. Avec une dose d’acide et une fantaisie bienvenue, le cinéaste revisite le film de famille.

Il y a là une maison fastueuse au charme élimé, des herbes folles dans le jardin, une table dressée, des gamins surexcités en pleine répétition d’une pièce de théâtre… A l’occasion de son anniversaire, Andréa (Catherine Deneuve) accueille ses deux fils : Vincent (Cédric Kahn), avec sa femme et ses enfants. Et Romain (Vincent Macaigne), accompagné par sa nouvelle — et énième — petite amie. En dépit de quelques menues prises de bec, le séjour s’annonce festif. Et puis, à l’improviste, débarque leur sœur, Claire (Emmanuelle Bercot). De retour après des années d’absence, traumatisée par une relation amoureuse ratée, elle souhaite refaire sa vie. Et pour cela compte bien récupérer sa part d’héritage…

Après le dépouillement de La Prière, Cédric Kahn revisite avec brio le « film de famille ». Un genre surexploité, auquel il insuffle une cruauté d’autant plus saillante qu’elle s’accompagne d’élans d’amour puissants, de vrais moments de complicité entre les protagonistes. Dans cette tragicomédie fantasque, le cinéaste crée des dérèglements progressifs, des dissonances, qui obligent le spectateur à réajuster sans arrêt son point de vue. A l’évidence Claire est folle. Du moins, elle le paraît, au début. Mère déficiente — sa fille adolescente est élevée par Andréa — et femme borderline : elle est le mouton noir, qu’on cherche à la fois à protéger et à écarter. Mais peu à peu les certitudes vacillent, et l’on ne sait plus qui manipule qui. Cédric Kahn fait monter le malaise, tandis que le comportement de Claire contamine la maisonnée. En faisant toujours comme si de rien n’était, Andréa masque peut-être une capacité de déni et un égoïsme hors du commun. Quant à Romain, son obsession de profiter des retrouvailles pour tourner un documentaire, « avec des cadrages à la Ozu », sur sa famille cache sans doute autre chose. La théâtralité assumée de la réalisation, la mise en abyme servent admirablement un jeu psychologique inconfortable de bout en bout.

Par ses ruptures de ton incessantes, ce film déploie aussi une fantaisie brouillonne et chaleureuse qui vire parfois à la farce. Par exemple au détour d’un accident de voiture ridicule, impliquant une bouteille de vodka et de la fumette au volant… Avec cette déclaration d’amour-haine à la famille, Cédric Kahn révèle un sens comique inattendu. Et ses acteurs s’en donnent à cœur joie dans le registre vachard : Vincent Macaigne en cadet immature, faussement naïf et affreusement tyrannique ; Catherine Deneuve en matriarche angoissante de placidité et de bonne humeur forcée. Quant à Emmanuelle Bercot, elle n’a jamais été aussi subtilement dérangeante.

Lu dans Sud-Ouest :

Tourné à Nérac dans le Lot-et-Garonne, ce film de Cédric Kahn rassemble Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Vincent MacaigneC’est une famille explosive mais cultivée. On y cite Ozu, on y lit Maupassant. Les enfants préparent une pièce de théâtre, et dans la vaste maison au charme suranné, Jean (Alain Artur) cuisine un plat savant. « Il se prend pour Robuchon », lance Andréa, sa femme (Catherine Deneuve) qui fête son anniversaire …

Les comédiens : 

Claire, jouée par Emmanuelle Bercot, est disparue depuis plusieurs années et réapparait en espérant récupérer ce qui lui revient de droit : son argent. « La souffrance de cette fille, c’est qu’elle n’est pas reconnue à sa juste place, elle n’est pas aimée comme elle a besoin de l’être et surtout, elle est considérée comme la folle, donc elle est mise au ban de la famille. C’est ça qui est douloureux pour elle », raconte l’actrice française.

Le film alterne entre les moments légers et ceux plus émouvants. Il essaye également de mettre la lumière sur les familles recomposées, dont le nombre a doublé en 20 ans en France. « Ce genre de rapports où on se voit comme ça pour les fêtes, où on est quand même proche sans être si proche que ça finalement parce qu’on est tous à droite et à gauche… Les gens reconnaîtront forcément quelque chose d’eux ou d’une situation qu’ils ont connu », explique Catherine Deneuve.

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

A noter, jusqu’au 20 octobre : cycle « les jeunes réalisatrices » ( 6 films/ 4 soirées rencontres, pass à 18 euros pour 4 films au choix – les films seront programmés plusieurs fois),

et du 16 au 22 octobre: Visions d’Afrique

Et toujours : Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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