Du 16 au 22 octobre 2019 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie, le 15 octobre 2019

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 16 au 22 octobre 2019, dernière semaine  du  CYCLE  « Jeunes réalisatrices » avec 3 films cette semaine et 2 soirées rencontres: vendredi 18 octobre à 20 heures Résistantes de Fatima Sissani, suivi  d’un débat avec la réalisatrice. En clôture du cycle, dimanche 20 Octobre à 18 heures FilmmakErs de Julie Gayet et Mathieu Busson, suivi d’un débat avec Brigitte Rollet, auteure de plusieurs ouvrages sur les réalisatrices puis d’un pot de l’amitié au bar du cinéma; et encore quelques séances pour le Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.

Et toujours Ad Astra de James GrayLa fameuse invasion des ours en Sicile (animation) de  Lorenzo MattottiAlice et le maire de Nicolas PariserAu nom de la terre d’Edouard Bergeon et Shaun le mouton, la ferme contre-attaque de Will Becher et Richard Phelan au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances. Enfin, n’oubliez pas de renouveler votre adhésion pour soutenir votre association rochefortaise des amoureux du cinéma!

Dernière semaine  du  CYCLE   » Jeunes Réalisatrices »  avec 3 films cette semaine et 2 soirées rencontres.

Résistantes

film documentaire de Fatima Sissani, 1h16

Synopsis

Tes cheveux démêlés cachent une guerre de 7 ans. Regard croisé de trois femmes engagées au côté du FLN sur la colonisation et la guerre d’indépendance algérienne. Elles connaîtront la clandestinité, la prison, la torture, l’hôpital psychiatrique. C’est au crépuscule de leur vie qu’elles choisissent de témoigner, après des décennies de silence. Avec clarté et pudeur, elles racontent l’Algérie coloniale, la ségrégation, le racisme, l’antisémitisme, la prison, la torture, les solidarités, la liberté et aussi la nature qui ressource, les paysages qui apaisent, la musique et la poésie qui permettent l’échappée…

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
20h15

La critique de Marie Cailletet, Télérama

Elles sont belles, pugnaces et insoumises malgré leurs 80 printemps. Après des décennies de silence, Eveline Lavalette-Safir, fille de colons, Zoulikha Bekaddour, originaire de Tlemcen, et Alice Cherki, issue d’une famille judéo-berbère, témoignent de leur engagement aux côtés du FLN durant la guerre d’indépendance. Entrelaçant leurs propos, le film explore les ressorts de leur prise de conscience et de leur basculement militant : la période coloniale, « l’invisibilité » des musulmans, la misère, la ­ségrégation sociale, l’antisémitisme…

Humbles, elles racontent les missions effectuées, leur tribut payé à la lutte par la prison, la torture, l’hôpital psychiatrique. Une fois l’Algérie émancipée, viendra pourtant, pour Zouli­kha et Alice, la désillusion : celle de voir les « résistants de la dernière heure s’accaparer le pouvoir », et le pays renoncer à ses identités plurielles. Une parole rare, souvent étouffée par celle des hommes.

vendredi 18 octobre à 20 heures Résistantes  suivi  d’un débat avec la réalisatrice Fatima Sissani

FilmmakErs

Film documentaire de Julie Gayet et Mathieu Busson (1h06)

Dimanche 20 Octobre  à 18 heures, débat avec Brigitte Rollet, auteure de plusieurs ouvrages sur les réalisatrices. Soirée suivie d’un pot de l’amitié  au bar du cinéma.

Synopsis

Est-il plus difficile pour une femme de réaliser ? De trouver les financements ? D’être respectée par son équipe ? Son regard est-il différent ? Le cinéma a-t-il un sexe ? Ces questions, terriblement dans l’air du temps, nous les avions posées à 20 réalisatrices puis à 20 réalisateurs en France, à travers deux documentaires. Mais, depuis longtemps, il nous brûlait d’élargir nos frontières, pour interroger les cinéastes femmes à travers le monde. C’est chose faite aujourd’hui, et de l’Asie à l’Afrique en passant par l’Europe, toutes celles que nous avons rencontrées ont joué le jeu face à notre caméra. Toutes drôles, sincères, investies, concernées, toutes cherchant les meilleurs moyens d’exister dans un milieu régi de tout temps par les hommes. Toutes FilmmakErs, et témoins vivantes des dysfonctionnements toujours prégnant dans l’industrie du cinéma.

Brigitte Baronnet a rencontré Julie Gayet pour AlloCiné début octobre 2019

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
18h00

Après les réalisatrices françaises et les réalisateurs français, vous vous intéressez avec Filmmakers aux réalisatrices internationales. Comment est né ce troisième volet ? C’est un peu marabout bout de ficelle. Au début, c’est une commande de Ciné+. C’est un prétexte pour voir une nouvelle génération de jeunes réalisatrices. Et après, pourquoi on pose toujours la question aux femmes ? D’aller voir les garçons, donc les réalisateurs français. Et puis après avoir fait ces réalisateurs français, ces réalisatrices françaises, se dire que c’est incroyable parce qu’en France, on a 27 % de femmes réalisatrices, qui est le plus gros pourcentage au monde. Cocorico ! Mais comment ça se passe à l’international ?

Aux Etats-Unis, il y en a 10 % mais dès qu’on est dans les gros groupes, les films de studios, elles sont 5-6. Qu’est-ce qui se passe ? Et à Bollywood, que se passe-t-il ? Donc on est allé en Inde. Après Hollywood et Bollywood, nous sommes allés à Nollywood, parce qu’on ne sait pas qu’il y a le cinéma tamoul aussi en Inde. Après l’Afrique, l’Espagne, l’Allemagne, la Suède, l’Italie… L’idée n’était pas d’aller voir une philosophe et quadriller… La construction se faisait plus par association d’idées.

On a vu Jessica Hausner qui nous parlait de l’Allemagne et de la pression culturelle sur les allemandes d’élever leurs enfants les 5 premières années parce que les enfants ont besoin de la mère et uniquement la mère. On est une mauvaise mère, une mère corbeau quand on élève pas son enfant ! De me rendre de ça, qu’ils ont peu de crèches, que la garde est compliquée… Tiens, et au Japon ? Comment ça se passe ? Donc Naomi Kawase ! Là il y a vraiment la tradition. Pareil, Naomi dit des choses assez incroyables.

De se dire à quel point chaque société nous pèse, nous empeche, nous créé nos propres interdictions. Moi je me suis empechee d’être productrice, comme si je ne m’autorisais pas à me mettre en avant, comme s’il fallait s’effacer derrière les hommes. J’ai vraiment senti qu’il a fallu de nombreuses années. Anne Le Ny le dit dans le documentaire, et ça m’a fait très plaisir : elle s’est rendue compte qu’il fallait que ce soit son compagnon, qu’elle ait l’autorisation d’un homme à côté d’elle, qui lui dise : pourquoi tu ne réalises pas ?

Moi ça a été un peu pareil, jusqu’à ce qu’il y ait quelqu’un d’extérieur… Ce n’était pas un homme, c’était Agnès Varda ! Pourquoi tu ne produis pas ? Comment on ne s’autorise pas forcément de faire les choses ? Il y a à la fois la culture qui nous empêche, mais le point commun de toutes les femmes, c’est qu’on est renvoyées à notre condition et qu’on est empêchées de part notre condition.

Maintenant, je vais faire les hommes à l’international ! Je vous le dis, je n’ai pas fini !

Ad Astra

de James Gray, 2h04

Synopsis

L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
17h50 17h50 17h50

Frédéric Foubert, Première

On pourrait envisager la filmographie entière de James Gray comme une reformulation de l’oeuvre de Francis Ford Coppola. De Little Odessa à The Immigrant, il aura passé les vingt premières années de sa carrière, et ses cinq premiers films, à réfléchir et réinvestir les thématiques du Parrain (l’immigration, les héritages impossibles, la famille qui protège et étouffe…) en les ramenant à une dimension moins épique, plus modeste et intime. Avec The Lost City of Z, il quittait l’ombre des Corleone pour s’attaquer à Apocalypse Now – le voyage, la remontée du fleuve, l’énigme existentielle, le face-à-face avec soi-même au bout du chemin. Ad Astra, sa première incursion dans le registre de la science-fiction, poursuit l’entreprise du précédent film et remixe lui aussi le souvenir de l’odyssée vietnamienne de Coppola. L’astronaute Roy McBride (Brad Pitt) est chargé de partir aux confins du système solaire à la recherche de son père (Tommy Lee Jones), pourtant donné pour mort depuis des années. En chemin, il va être confronté à des questionnements existentiels aussi immenses que ceux qui agitaient Willard quand il remontait le Mékong sur les traces de Kurtz.

James Gray aborde la science-fiction de la même façon que le film d’aventures dans The Lost City of Z : comme un territoire métaphorique avant tout, où il malmène les conventions du genre, les contourne, les esquive, privilégiant la dimension poétique des situations plutôt que leur « réalisme » (si tant est qu’on puisse parler de réalisme dans ce contexte). Il s’agit clairement ici d’assister à un lent voyage psychanalytique, une succession de stations où le héros plonge de plus en plus profondément en lui-même au fur et à mesure qu’il s’éloigne de la Terre. Ad Astra est superbement « designé », magnifié par la photo surréelle de Hoyte Van Hoytema (le chef opérateur de Christopher Nolan) et les envolées mélancoliques déchirantes de la partition signée Max Richter (The Leftovers). Cette dimension plastique parfois quasi abstraite ne signifie pas que Gray ne délivre pas le quota de frissons de cinéma requis par ce genre de projet : sur la Lune, il filme une course-poursuite affolante, mémorable, l’équivalent spatial de celle, new-yorkaise et pluvieuse, de La nuit nous appartient.

Dans la peau de l’astronaute qui brave les dangers en retenant ses larmes, Brad Pitt, sublime, est bouleversant de force résignée. Avec ce nouveau rôle anthologique juste après le Tarantino, 2019 est un grand cru pour le fan-club. Il faudra un jour s’interroger plus longuement sur la déferlante d’explorateurs de l’espace aux regards tristes qui se sera abattue sur les écrans ces dernières années, tous ces aventuriers cosmiques portés par l’esprit de conquête mais aux yeux embués par le chagrin et les regrets – Ryan Gosling dans First Man, Sean Penn dans la série The First, Sandra Bullock dans Gravity, Matthew McConaughey dans Interstellar, Robert Pattinson dans High Life… Les années 2010 auront définitivement été celles de la SF dépressive, endeuillée, la tête dans les étoiles, certes, mais bourrée d’idées noires. On pense aussi à la Natalie Portman d’Annihilation, qui ne quittait pas le plancher des vaches, elle, mais évoluait dans une jungle symbolique assez proche de celle arpentée ici par Pitt. Comme Annihilation, d’ailleurs, Ad Astra divisera. Mais on peut parier que ses supporters l’aimeront de manière inconditionnelle. C’est un film superbe et funambule, triste et flamboyant, une prise de risques magnifique. Et si, plutôt qu’une nouvelle variation sur Apocalypse Now, James Gray venait de signer son Coup de coeur ? Dans notre bouche, c’est un compliment.

La fameuse invasion des ours en Sicile

Film d’animation italo-français de Lorenzo Mattoti, 1h22

Synopsis

Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes…

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
13h30 13h30 13h45 13h45 18h10 13h45 13h30
18h10 18h10 18h10 18h10 18h10 18h00
Caroline Besse, pour Télérama, extrait :

Le premier long-métrage d’animation du célèbre illustrateur italien Lorenzo Mattotti, merveilleuse adaptation de l’œuvre de Dino Buzzati, a enchanté la section Un certain regard. Au 72e festival de Cannes, il y avait des ours. Une armée, même. Des ours à la tête anguleuse, taillée comme un origami. Des bruns, un blanc à longue barbe, et aussi un roi. A l’instar de La Tortue Rouge en 2017, deux films d’animation ont marqué cette année la section Un certain regard : Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, et l’adaptation du livre de Dino Buzzati, La Fameuse invasion des ours en Sicile, publié en 1945.

C’est son compatriote, le dessinateur, affichiste et illustrateur italien Lorenzo Mattotti qui le réalise, pour son tout premier long-métrage, à 65 ans. « Cette histoire, pourtant très originale, n’avait jamais été adaptée, ni par les Américains, ni les Japonais. Beaucoup de projets ont été refusés », raconte le réalisateur, sous la lumière aveuglante d’une terrasse d’un hôtel cannois.

Pour faciliter l’adaptation de La Fameuse invasion des ours en Sicile, réputée difficile, les scénaristes ont imaginé les personnages du ménestrel et de sa fille, qui racontent à un ours rencontré dans une grotte ー le divertir plutôt que se faire manger tout cru ! ー cette célèbre légende. « Je tenais absolument à garder la structure du livre, avec un narrateur. Le traitement littéraire était difficile, mais très amusant. On a mis beaucoup d’idées dedans. C’est un roman plein de personnages, qui part dans tous les sens. Et il manquait une fille ! ».

Lorenzo Mattotti, qui vient de l’illustration et de la bande-dessinée, se souvient avoir dû profondément modifier sa façon de travailler au service du film : « Ma culture de la bande dessinée en 2D et les structures narratives des pages sont très différentes de celles d’un film !  détaille-t-il. Tout le développement et l’organisation des séquences a été complexe. Mais les storyboardistes, les monteurs, et l’expérience de tout le monde, m’ont beaucoup aidé. » Le résultat, mélange de technique 2D et 3D, basé sur les dessins en couleur de Lorenzo Mattotti, est à l’image de l’œuvre de Buzzati : délicieusement inquiétant, poétique, et avant tout, merveilleux.

Portrait de la jeune fille en feu

Drame français de Céline Sciamma, 2h02

Synopsis

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
17h50 16h15 17h45 17h45
L’avis de àVoiràLire :
Est-ce le talent de Céline Sciamma qui permet de sublimer Adèle Haenel, ou au contraire la beauté de l’actrice qui inspire la réalisatrice ? C’est précisément la question qui est posée à travers la relation entre une peintre et son modèle. Et le résultat est stupéfiant.
Le cinéma français a une sacrée dette envers Céline Sciamma : celle de nous avoir fait découvrir le charme et le talent d’Adèle Haenel, en 2007, au moment de la sortie très remarquée de La Naissance des Pieuvres. Depuis, l’actrice a tourné avec les réalisateurs les plus en vue du pays, à tel point que cette année, elle débarque à Cannes avec pas moins de trois films à défendre. Celui des trois qui concourt pour la Palme d’Or marque d’ailleurs les retrouvailles entre les deux femmes. Dans un film d’époque, ce Portrait de la Jeune Fille en Feu imagine le rapprochement entre une peintre et son modèle, et l’inévitable tension érotique qui va naître entre elles. Or, si l’homosexualité féminine est un sujet récurrent dans la filmographie de Sciamma, c’est la première qu’elle l’aborde par le prisme historique. Toutefois, en plaçant leur rencontre en 1770, il ne s’agit pas de profiter du contexte politique houleux qui précédait la Révolution française, mais bien de rappeler qu’en ces temps pas si ancestraux, les femmes avaient une liberté des plus limitées, puisqu’elles étaient contraintes de se marier, afin de sortir du couvent.
C’est exactement ce qui arrive à Héloïse -incarnée par Adèle Haenel donc-, une Bretonne virginale que sa mère a décidé d’offrir en mariage à un riche Milanais. On n’avait jamais connu l’actrice sous des airs si fragiles, elle que l’on a l’habitude de voir dans la peau de femmes fortes, mais ce changement de registre confère à son jeu une dimension encore plus appréciable. Face à elle, une peintre –soit l’ancêtre symbolique de la cinéaste–, qui elle-même se bat à sa façon, pour s’affranchir du carcan patriarcal dans lequel sa condition l’enferme, va l’initier aux joies d’une liberté, aussi éphémère soit-elle. Dans ce rôle, Noémie Merlant (découverte dans La Crème de la Crème et Des lendemains qui chantent) fait preuve d’une justesse parfaite. L’alchimie qui naît entre les deux est palpable dès leurs premières scènes en commun et atteint plusieurs fois des sommets qui rappellent parfois le Persona de Bergman, quintessence de la représentation à l’image de l’amour lesbien.
La sobriété de la mise en scène participe pour beaucoup à l’intensité du feu érotique, qui bout sous la surface des faux-semblants. Le travail effectué par la directrice de la photographie, qui vise à donner à chaque plan l’allure d’une peinture animée, n’est certainement pas pour rien dans la beauté qui se dégage du contenu. Et la splendeur des décors confère à l’ensemble un vrai charme pictural. Mais le plus magnifique du film apparaît dès que les deux femmes s’observent l’une l’autre : le jeu des regards véritablement troublant se suffit alors à lui-même pour rendre leur attirance inavouée –bien que parfaitement attendue, pour le public–. Parmi les séquences les plus marquantes du long métrage, les deux seules fois où Sciamma fait appel à une musique diégétique (une scène au milieu, qui donne justement son titre au film, et le dernier plan) apparaissent comme des apothéoses émotionnelles, telles que l’on en n’avait plus vécu depuis longtemps. Le film bouleverse, et on ne peut s’empêcher de penser que Céline Sciamma a voulu y parler d’elle et de sa propre relation avec sa muse Adèle Haenel. Que les deux continuent à s’inspirer de cette manière, on en redemande !

Alice et le maire

Comédie dramatique de Nicolas Pariser,  1h43

Synopsis

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
20h20 20h20 13h30 13h30 20h20 13h30 20h20
20h20 20h20 20h20

Critique : Lu dans LYON CAPITALE

Le film, tourné à Lyon l’été dernier n’avait pas reçu le soutien de la municipalité. Faute d’accord pour tourner à l’hôtel de ville, c’est les salons de la préfecture et l’hémicycle du conseil général qui ont servi de décor au long-métrage. Comme nous l’écrivions à l’époque, l’histoire n’avait pas franchement fait rire Gérard Collomb. “Il y a eu une consigne donnée par les équipes de Gérard Collomb de ne pas participer au tournage”, avait glissé un élu de la majorité à la Ville de Lyon. Un Lyonnais qui avait participé au tournage nous avait raconté plus en détail l’histoire : “Le maire de Lyon joué par Fabrice Luchini est épaulé par une femme qui a trente ans de moins que lui. Il est fâché avec le maire du 4e arrondissement, qui est un sosie de François Hollande. Ceux qui ont écrit ce film ont eu des infos de l’intérieur. C’est aussi vrai que nature. De Caroline Collomb à David Kimelfeld, il y a tout le monde !

La note de Jérémie Couston pour Télérama : TT (on aime beaucoup)

Shaun le mouton, la ferme contre-attaque

de Will Becher et Richard Phelan toujours en avant-première dimanche 13 octobre

Synopsis

Objectif Laine !
Shaun Le Mouton revient dans une aventure intergalactique. Un vaisseau spatial s’est écrasé près de la ferme de Shaun. A son bord, une adorable et malicieuse petite créature, prénommée LU-LA.
Avec ses pouvoirs surnaturels, son goût pour l’aventure, et ses rots venus d’un autre monde, elle est immédiatement adoptée par le troupeau. Mais lorsqu’une sombre organisation gouvernementale se lance à sa poursuite, bien décidée à capturer la petite alien, la ferme contre-attaque ! Shaun et le troupeau vont tout faire pour aider LU-LA à rentrer chez elle.
Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour une épopée…à se tondre de rire !

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
13h30 13h30 13h30 13h30 11h10 13h30 13h30
15h55 18h00 16h00 16h00 13h30 16h00 16h00
18h00 18h00 18h00 16h00 18h00 18h00
18h00

Au nom de la terre

Drame d’Edouard Bergeon , 1h43

Synopsis

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Une histoire vraie

Au nom de la terre est tiré de la propre histoire du réalisateur Edouard Bergeon. Guillaume Canet interprète le personnage principal, Pierre, directement inspiré du père agriculteur du cinéaste. « Le film est tiré de mon vécu. Je suis descendant d’une longue lignée de paysans, fils et petit-fils de paysans, tant du côté de ma mère que de mon père.

Edouard Bergeon ne savait pas écrire un scénario. Il a donc collaboré avec deux co-auteurs – Bruno Ulmer d’abord, Emmanuel Courcol ensuite – en partant d’une feuille blanche. « Je nourrissais les séquences, eux les mettaient en forme et donnaient toute l’envergure narrative. Ce n’est qu’à la toute fin que j’ai commencé à mon tour à écrire quelques scènes. »

Séances en Version Française (VF)
Me.16 Je.17 Ve.18 Sa.19 Di.20 Lu.21 Ma.22
16h00 16h00 16h00 16h00 11h00 16h00 16h00
20h15 22h30 20h15 16h00 20h15 20h15
22h30 20h15 22h30

L’avis de àVoiràLire

Pour prendre ses traits et le représenter lorsqu’il se destinait encore à une carrière agricole, le cinéaste a choisi le jeune comédien Anthony Bajon, récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans La Prière. Il livre ici une performance profonde et bouleversante, se glissant tranquillement dans la peau d’un lycéen qui travaille comme un homme. Primé par le prix d’interprétation masculine au festival d’Angoulême, il tient l’exploitation familiale (et finalement, le film) sur ses jeunes épaules. Face à lui, Guillaume Canet est tout autant habité et témoigne du soutien qu’il affiche toujours au monde agricole, en interprétant, avec sincérité, un agriculteur qui n’arrivera plus à faire face – jusqu’au geste fatal.

Film autobiographique bouleversant, qui tire le signal d’alarme en montrant à quel point perdre pied est facile, Au nom de la terre cherche à révéler les histoires familiales qui se cachent derrière des chiffres accablants mais qui, finalement, n’ont pas suffisamment d’effet sur l’opinion publique. A la tête d’exploitations essentielles, exerçant un métier physique et compliqué, les agriculteurs ont besoin d’un soutien à grande échelle. A défaut de les protéger des aléas qui peuvent ruiner des mois de travail en quelques heures, cela leur apporterait peut-être un peu de cette sérénité qui leur fait si cruellement défaut. Une cause nationale, bien loin du simple fait divers.
Comme le chantait Anne Sylvestre : « Pleure ma Terre au ventre déchiré. Pleure la terre où mon sang a coulé ». Pauvre terre…

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

A noter, jusqu’au 20 octobre, c’est la dernière semaine du cycle « les jeunes réalisatrices » ( 6 films/ 4 soirées rencontres, pass à 18 euros pour 4 films au choix) et aussi jusqu’au 22 octobre: Visions d’Afrique

Et toujours : Les spectacles de la COMEDIE-FRANCAISE de Paris, du BOLCHOI de Moscou, du METROPOLITAN de New York : 18€ sur présentation de votre carte Rochefort sur Toile.
Pour d’autres informations , explorez le site au moyen des mots clés et onglets en haut de la page.

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