Du 11 au 17 mars 2020 à l’Apollo Ciné 8

Par Sophie et Anka, le 11 mars 2020

A l’Apollo Ciné 8 cette semaine, du 11 au 17 mars 2020 La bonne épouse de Martin ProvostLettre à Franco de Alejandro Amenabar et toujours Dark Waters de Todd Haynes et Le cas Richard Jewell de Clint Eastwood au tarif Rochefort sur Toile : 6€ toutes les séances avec des séances en version originale pour tous les trois.

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La bonne épouse

comédie de Martin Provost, 1h49

Synopsis

Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ?

Séances en Version Française (VF)
Me.11 Je.12 Ve.13 Sa.14 Di.15 Lu.16 Ma.17
13h30 13h30 13h30 13h30 11h00 13h30 13h30
15h50 15h50 15h45 15h35 13h30 15h50 15h50
20h15 20h15 19h55 20h10 16h00 20h15 20h15
20h15

L’avis de AvoirAlire : Il fut une époque, pas si lointaine, où la France était réellement le pays des droits de l’homme….un peu moins celui des droits de la femme. Ce n’est qu’en 1965 que les Françaises obtiennent le droit d’exercer une activité professionnelle ou d’ouvrir un compte bancaire, sans l’autorisation de leur mari. Dans ce contexte passablement rigide, toutes les citoyennes sont, dès leur naissance, perçues comme des esclaves domestiques essentiellement destinées à assouvir tous les désirs du mâle dominateur. Pour les y préparer, fleurit dans cette bonne France catholique où traînent encore les relents de la devise nationaliste et nataliste (Travail, Famille, Patrie) chère à un certain maréchal Pétain, pléthore d’écoles ménagères où l’on enseigne les sept piliers indispensables, pour faire de ces jeunes filles naïves l’élite des ménagères, le rêve de leurs futurs époux. Il n’est pourtant pas ici question de dénoncer une quelconque injustice sociale, si avérée soit-elle. En optant pour la malice et la légèreté, Martin Provost, comme il l’a déjà fait avec, entre autres, Séraphine, puis Violette rend un hommage chaleureux aux femmes qui, par leur courage et leur vitalité, parviennent à s’échapper du carcan dans lequel leur appartenance au sexe dit faible les maintient.

Aidée de sa belle-sœur, une vieille fille qui rêve du grand amour (Yolande Moreau), et d’une nonne (Noémie Lvovsky) au caractère bien trempé, l’élégante Paulette (Juliette Binoche) dirige d’une main de fer son établissement. En revanche, elle ne s’est jamais penchée sur les comptes de sa petite entreprise. L’argent, c’est réservé aux hommes. Elle découvre pourtant, à la mort de son mari (François Berléand), que celui-ci n’était qu’un piètre gestionnaire qui ne lui laisse que des dettes. Ce qui s’annonce comme une catastrophe se révèle être un sacré propulseur d’énergie, d’autant qu’en ces prémices de mai 68 souffle un vent de liberté. Il n’en faudra pas plus pour que Paulette réponde enfin aux avances de son amoureux (Edouard Baer), trop longtemps éconduit qui, pour la séduire définitivement, s’engage à se mettre aux fourneaux dans les meilleurs délais. Nul doute, la révolution pour l’égalité des sexes est en marche !

De situations cocasses en dialogues pétillants, La bonne épouse suit son cheminement de comédie mutine et gentiment désuète, que l’évocation des célébrités du moment (d’Adamo à Anne-Marie Peysson, en passant par Joe Dassin, Ménie Grégoire ou Guy Lux) enrichit d’une tendre nostalgie.
Si le trait est grossi à plaisir, c’est pour mieux souligner les paradoxes d’une époque aussi joyeuse que sexiste. On ne résiste pas à la bonne humeur et à l’enthousiasme que dégage ce trio de femmes, doublé d’un trio d’actrices épatantes (Juliette Binoche réjouissante de dérision sous les traits de cette directrice très chic et un peu coincée, Yolande Moreau toujours émouvante entre tendresse et fantaisie et Noémie Lvovsky d’un naturel désarmant en bonne sœur dominatrice). Malgré des personnalités bien différentes, toutes trois font preuve d’un même talent, pour manier avec dextérité, détermination et goguenardise.

Leur confrontation avec les jeunes filles dont elles ont la charge, toutes caractéristiques de l’époque (Albane, issue d’un milieu favorisé, ne manque jamais d’afficher sa supposée supériorité ; Corinne sacrifiée au bénéfice d’un frère à qui son statut de mâle confère le droit de poursuivre des études supérieures ; Annie, la rebelle qui peu à peu dévergonde Yvette, à qui son père a enseigné la soumission depuis son plus jeune âge) est prétexte à des scènes débordantes d’humour et de vivacité.
La fin se perd certes dans un activisme un peu trop poussé. Pourtant, à l’heure où le féminisme penche dangereusement vers l’intégrisme, on se surprend à sourire de l’innocence d’une époque qui a cru que l’abolition du conservatisme suffirait à accorder aux femmes libération et épanouissement.

Lettre à Franco

Drame espagnol de Alejandro Amenábar, 1h47

Nominé 17 fois aux Goyas – dossier pédagogique disponible sur https://www.zerodeconduite.net/film/5890

Synopsis

Espagne, été 1936. Le célèbre écrivain Miguel de Unamuno décide de soutenir publiquement la rébellion militaire avec la conviction qu’elle va rétablir l’ordre. Pendant ce temps, fort de ses succès militaires, le général Francisco Franco prend les rênes de l’insurrection. Alors que les incarcérations d’opposants se multiplient, Miguel de Unamuno se rend compte que l’ascension de Franco au pouvoir est devenue inéluctable.

Séances en Version Originale (VO)
Me.11 Je.12 Ve.13 Sa.14 Di.15 Lu.16 Ma.17
20h15 15h45 15h45 18h00 11h00 15h45 15h45
20h15 20h15 20h20 20h15 20h15

Critique par Cécile Mury

L’ascension et la prise de pouvoir du dictateur espagnol vues à travers les yeux d’intellectuels qui se fourvoient. Par le réalisateur de Mar Adentro.

Le réalisateur espagnol Alejandro Amenábar (Ouvre les yeux, Les Autres) se penche sur l’une des pages les plus noires de l’histoire de son pays. Retour en 1936, dans les premiers mois de la guerre civile qui débouchera sur presque quarante ans de dictature. Le général Franco, futur « Caudillo » jusqu’à sa mort en 1975, n’est alors que l’un des membres de la junte militaire qui vient de se dresser contre la jeune république espagnole. Pour évoquer son ascension et la propagation de la peste brune, le cinéaste a choisi un lieu, Salamanque, vénérable cité dont la splendeur rousse semble s’éteindre à mesure que le film progresse. Et un grand témoin : le romancier, poète et philosophe Miguel de Unamuno (interprété par le vibrant Karra Elejalde), doyen de l’université et trésor culturel national, qui passe à côté de l’Histoire. Républicain convaincu, l’illustre vieillard soutient pourtant d’abord le camp de la junte, plus préoccupé du danger que représentent les « rouges » que d’une éventuelle peste brune, à laquelle il ne croit pas. Il s’apercevra trop tard de son erreur.

Académique et sage dans sa forme, le film approche toutefois avec une finesse douloureuse le désarroi d’une classe intellectuelle face à la barbarie. Un thème assez proche de celui qu’Amenábar avait déjà abordé dans le monde antique d’Agora, son autre film historique, sur la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie. Cette barbarie, qui s’incarne cette fois dans le fascisme espagnol, a deux visages : le masque patelin, trompeur, presque falot, d’un Franco manipulateur et discret ; et son envers, d’une bouffonnerie flamboyante et sinistre à la ­Mussolini, le général borgne Millán-Astray, inventeur du tristement célèbre slogan « Viva la muerte » (« Vive la mort »). C’est à ce dernier qu’Unamuno s’opposa publiquement, dans un coup d’éclat resté célèbre : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas », avait dit le vieil homme, au péril de sa vie, devant un amphithéâtre grouillant de fascistes. C’est le morceau de bravoure du film, la dernière étincelle, avant que la nuit tombe pour quatre décennies.

Dark Waters

Biopic américain de Todd Haynes,  2h08 min

Synopsis

Robert Bilott est un avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques. Interpellé par un paysan, voisin de sa grand-mère, il va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due aux rejets toxiques de l’usine, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie…

Séances en Version Française (VF)
Me.11 Je.12 Ve.13 Sa.14 Di.15 Lu.16 Ma.17
17h40 15h20 17h35 17h35 15h20 17h40 17h40

Le film judiciaire de Todd Haynes. Lu dans Le Bleu du Miroir :

Qui ?

Deux après la sortie du splendide Le musée des merveilles, le réalisateur américain Todd Haynes revient au devant de la scène avec Dark Waters, un drame judiciaire en apparence tributaire du cinéma de Sydney Lumet ou de celui d’Alan J. Pakula.

Todd Haynes est sans doute l’une des grandes figures du mélodrame américain contemporain (dans la lignée de Douglas Sirk). Son cinéma pourrait être qualifié de néoclassique, dans la mesure ou la beauté et l’épure classique de ses films sont au service d’une passionnante exploration de l’identité sociale des personnages. Ainsi, la transparence du style classique est souvent perturbée dans le cinéma de Todd Haynes, au nom d’une subversion queer du récit, nous montrant, dans un geste presque proustien, l’envers (parfois violent) de nos sociétés d’apparence.

La question des institutions de pouvoir (politique et/ou symbolique) est donc profondément lié au thème de l’identité. Elle semble être au coeur de Dark Waters, qui s’offre par ailleurs un casting prestigieux : Mark Ruffalo dans le rôle titre de Robert Bilott, mais aussi Anne Hathaway, Bill Pulman, Tim Robbins, ou bien encore Bill Camp.

Quoi ?

Le film raconte l’histoire vraie de l’avocat américain Robert Bilott (Mark Ruffalo), qui, contre l’avis de ses employeurs, a révélé l’implication des usines chimiques DuPont dans la pollution et l’empoisonnement de l’eau de Virginie.

Pourquoi ?

Todd Haynes abordant le film judiciaire ne peut qu’attiser notre curiosité. Là encore, le réalisateur semble opérer un syncrétisme entre une certaine histoire du cinéma (politique) américain et des enjeux sociétaux (en l’occurence ici, l’environnement) tout à fait contemporains.

Le cas Richard Jewell

Américain, drame de Clint Eastwood, 2h09

Synopsis

En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté… de terrorisme, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l’expérience.

Séances en Version Française (VF)
Me.11 Je.12 Ve.13 Sa.14 Di.15 Lu.16 Ma.17
17h45 17h50 17h45 17h40
Séances en Version Originale (VO)
Me.11 Je.12 Ve.13 Sa.14 Di.15 Lu.16 Ma.17
17h45 17h45

Adhérer à Rochefort sur Toile pour la saison 2019-2020 !!!

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